Comment se sortir de la lombalgie chronique, avec Greg Lehman (Vidéo)

Bonjour à tous,


J'ai été en formation ces deux derniers jours avec Greg Lehman, un physiothérapeute et chercheur canadien qui influence beaucoup ce que vous trouvez sur Comprendre Son Dos.

Il a accepté de vous transmettre un message avant de repartir, et je le remercie encore une fois.

​Bien évidemment, il s'agit d'un court message qui invite à plus de discussions et d'approfondissement. À aucun moment il n'est dit que la douleur chronique disparaissait facilement et qu'il suffisait de se remettre à ses activités comme si de rien n'était.

C'est évidemment bien plus complexe que cela !

À bientôt pour quelques articles en lien avec cela.

Eric

5 idées reçues sur la lombalgie chronique

Aujourd’hui, je vous présente un article plus court afin de résumer cinq points que j’ai abordés dans mes premiers articles, à propos de cinq idées reçues sur la lombalgie.

Gardez en tête que ces points concernent notamment les maux de dos chroniques ou récidivants, même s’ils sont souvent vrais pour les douleurs aigües également.

Numéro 1 : La douleur signifie forcément qu’il y a une blessure ou un problème dans le corps
Motif de la consultation : mal de tête

Il existe de nombreuses situations dans lesquelles nous ne ressentons pas de douleur alors que quelque chose d’anormal se passe dans notre corps, et également de nombreux cas dans lesquels nous avons mal alors que nous ne sommes pas blessés.  De nombreuses informations sont prises en compte par le cerveau lorsqu’il décide de générer de la douleur, y compris des informations qui ne proviennent pas des tissus, d’où l’existence de telles situations.L’intensité de la douleur ressentie est mal corrélée à l’intensité des « blessures » présentes.

Pour mieux comprendre cette notion et ses implications, voir l’article Ne recherchez plus de traitement miracle !

Numéro 2 : La douleur, c’est dans la tête
Une représentation précise des phénomènes à l’oeuvre

Cet adage laisse entendre que la douleur n’existe pas réellement et qu’il suffirait presque de ne pas y  « croire » pour qu’elle cesse. Bien que la douleur soit toujours une décision du cerveau, cela ne veut pas dire pour autant qu’il s’agit juste d’un fruit de l’imagination. Toute douleur est réelle. Disons que la douleur est influencée par nombreuses choses, dont ce qu’il y a dans votre tête :).

Pour en savoir plus sur les liens entre psychologie et douleurs, voir La douleur c’est dans la tête ?

Numéro 3 : Il faut trouver et traiter LA cause pour que tout s’arrange
Nom de Zeus !

Si vous avez mal depuis plusieurs mois ou même plusieurs années, il est fort probable qu’il n’existe plus de cause unique à votre douleur. De nombreux thérapeutes et/ou commerciaux entretiennent la croyance selon laquelle votre douleur est due à UNE chose en particulier, pour mieux vendre leurs services. En vérité, plusieurs choses entrent en jeu et vous êtes le principal acteur de votre changement !

De nouveau, rendez-vous sur Ne recherchez plus de traitement miracle ! pour approfondir le sujet, dans cet article très personnel.

Numéro 4 : Si on a mal au dos en faisant quelque chose, il faut arrêter complètement cette activité pour ne pas abîmer son dos.
Lui n’a pas arrêté son activité favorite…

Étant donné que la douleur ne signifie pas que vous êtes en train d’abîmer votre dos, il n’y a pas de raison d’arrêter complètement une activité pour cette raison. Un repos excessif a des conséquences négatives sur le corps et l’esprit. Reprendre progressivement ses activités en les adaptant semble être la meilleure manière de faire face à la douleur. Cela représente souvent un défi de taille, mais qui vaut la peine d’être relevé !

Pour les conséquences du repos excessif, voir Faut-il se reposer quand on a mal ? et plus généralement la trilogie « No Pain No Gain ? ».

Numéro 5 : Dans la plupart des cas, la douleur s’explique par une anomalie retrouvée par un examen complémentaire (radiographie, IRM,…).
Duh !

Les douleurs au dos sont effectivement expliquées par une anomalie à l’imagerie (telle qu’une hernie, de l’arthrose, etc..) dans 5 à 10% des cas. On est loin de « la plupart des cas » !

 

Pas encore d’article à ce sujet, même si j’en parle dans Quand faut-il réellement s’inquiéter ?  .

 

À bientôt.

Eric

Quand faut-il réellement s’inquiéter ?

Le mal de dos peut-il être grave ?

Bonjour à tous,

Ceci est un article ESSENTIEL avant de passer à la suite.

Au fil des articles, vous remarquerez que beaucoup de choses seront dédramatisées et relativisées. Pour pouvoir avoir cette approche en toute sécurité, il est indispensable d’être sûrs d’avoir écarté les dangers potentiels.

On estime que 1 à 2% de toutes les lombalgies ont une cause grave qui nécessite un traitement médical spécifique et/ou des examens complémentaires. Il est donc très peu probable que vous rentriez dans cette catégorie. Par précaution, il est obligatoire d’éliminer cette hypothèse avant de passer au reste. C’est d’ailleurs une partie à part entière des examens cliniques (réalisés par les médecins, les kinés, et d’autres professionnels de santé).

Ensuite, 5 à 10% de toutes les lombalgies ont une cause anatomique identifiée qui correspond bien aux symptômes.

Les 90% qui restent n’ont pas de cause anatomique identifiée (mais qu’est-ce qui fait mal alors ? Articles à venir...).

Le petit détail

Avant toute chose, faisons la distinction entre deux entités:

  • Les symptômes : ce sont les choses que vous ressentez, dont vous vous plaignez, dont vous parlez au médecin et qui vous conduisent à aller le consulter.

Exemple : une céphalée (mal de tête)

  • Les signes cliniques : ce sont les choses que les professionnels de santé vont évaluer lors de leur bilan clinique, grâce à diverses techniques et outils de mesures.

Exemple : la traditionnelle vérification des réflexes patellaires, quand le médecin vient percuter le tendon juste sous la rotule en position assise.

Je tiens à souligner la nuance entre les deux pour une raison très simple. Vous êtes par définition les plus compétents pour définir vos symptômes : il s’agit de votre ressenti ! En revanche, la recherche des signes cliniques nécessite une expertise médicale. C’est le boulot des professionnels de santé.

Dans cet article, je donnerai autant que possible des symptômes à rechercher. Vous risqueriez de mal interpréter les signes et de vous alarmer inutilement.

Enfin, il existe de nombreux éléments dans l’histoire de votre douleur qui peuvent aiguiller les praticiens vers un diagnostic particulier. Ils seront inclus dans la liste.

Le but de l’article

Aujourd’hui, l’objectif est de vous fournir une liste non exhaustive des éléments qui nécessitent une consultation médicale, car étant potentiellement révélateurs d’une pathologie à traiter.

Cet article peut éventuellement mettre « la puce à l’oreille » à certaines personnes qui rechigneraient à consulter un médecin. Il peut également attirer l’attention sur un élément que vous auriez omis de mentionner à votre médecin.

Je fais le choix de ne pas relier chaque élément à une ou plusieurs pathologies en particulier, parce que cela risquerait fortement d’effrayer inutilement une partie d’entre vous. De plus, le diagnostic médical est, comme son nom l’indique, l’affaire du médecin.

Attention

Cet article ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale. Si quelque chose vous inquiète, si vous avez peur de quelque chose, vous devez consulter. Peu importe si l’objet de vos doutes figure dans cet article ou pas. La consultation médicale reste incontournable en ce qui concerne la détection d’une pathologie sous-jacente.

La liste

En rapport avec la sensibilité
  • Perte de sensibilité au toucher, voire anesthésie, dans la région génitale, fessière et/ou péri-anale.
En rapport avec les caractéristiques de la douleur
  • Douleur ne disparaissant pas au repos allongé sur le dos, voire qui empire.
  • Forte augmentation de la douleur la nuit, empêchant le sommeil
  • Besoin de plus d’une heure pour se « dérouiller » le matin et faire diminuer la douleur ainsi que la sensation de raideur.
  • Douleur très forte irradiant jusqu’au-delà du genou
  • Pas de soulagement même avec des médicaments anti-douleur type morphine
  • Douleur augmentée à la toux, à la défécation, ou lors de la  manœuvre de Vasalva  .
En rapport avec l’histoire de la douleur
  • Perte de poids récente non expliquée
  • Altération de l’état générale (amaigrissement, anorexie, fatigue importante)
  • Fièvre non expliquée
  • Traumatisme majeur (chute, choc direct important), ou mineur pour les personnes âgées ostéoporotiques.
En rapport avec des antécédents ou des caractéristiques personnelles
  • Antécédent récent de tumeur
  • Toxicomanie par voie intraveineuse
  • Antécédent récent d’infection urinaire et/ou d’infection cutanée
  • Antécédent récent d’intervention chirurgicale gastro-intestinale ou génito-urinaire
  • Age inférieur à 20 ans ou supérieur à 50 ans
En rapport avec la force musculaire
  • Perte de force importante au niveau des jambes : difficulté à monter les genoux, à les tendre en position assise, à ramener la pointe du pied vers vous ou à monter sur la pointe des pieds en position debout.
  • Perte de force empirant progressivement au fil du temps
En rapport avec un traitement médicamenteux
  • Prise d’un traitement à base de corticoïdes de manière prolongée, ou d’un autre traitement médicamenteux entrainant un affaiblissement du système immunitaire.
En rapport avec des troubles vésico-sphinctériens et sexuels
  • Apparition d’une incontinence urinaire et/ou fécale, ou au contraire d’une constipation.
  • Dysfonction sexuelle (masculine ou féminine), à relier toutefois à une perte de sensibilité au toucher dans la région génitale et péri-anale.

Conclusion

Tout mal de dos mérite une consultation médicale, afin d’exclure les quelques problèmes sérieux qui peuvent se présenter (dans environ 1% des cas maximum rappelons-le).

Il est important de mentionner à votre médecin la présence d’un des éléments présents dans la liste si jamais ils se vérifient chez vous.

Une fois ces risques écartés, vous pourrez suivre les conseils de vos professionnels de santé et de ce blog avec une dose d’inquiétude en moins :).

A très bientôt.

Recevez gratuitement près d'une heure de vidéo pour reprendre le contrôle sur le mal de dos

​​Vous y découvrirez plusieurs ​exercices faciles à faire au quotidien​​, ainsi que leurs explications. Ma priorité est d'augmenter considérablement votre compréhension du mal de dos pour vous permettre de vous en libérer.

  • ​L'accès aux 30 questions/réponses sur la sciatique et la cruralgie
  • ​L'accès au bonus pour comprendre les bases de la douleur