Quel est le point commun entre la phobie des araignées, l’allergie au pollen et le mal de dos chronique ?

Je vous écris ce court billet de blog à la suite d'une discussion avec un patient ce matin.

Je lui ai proposé un exercice en position debout qui consistait simplement à s'enrouler vers l'avant, comme s'il allait toucher ses pieds, puis à revenir en position initiale.

Après quelques répétitions, il me demande d'un air suspicieux : " Mais là, mon dos... il est rond, non ? ".  Ce à quoi je lui réponds " Parfaitement rond, en effet !". 

Ce mouvement est associé chez lui à du danger, à cause de ses représentations sur le dos, et à cause de ses expériences personnelles : son lumbago s'est produit pendant le même mouvement !

C'est alors que je lui ai posé cette question : " Quel est le point commun entre la phobie des araignées, l'allergie au pollen et le mal de dos chronique ?"

Comment se débarrasse-t-on d'une phobie des araignées ?

L'une des approches utilisées en psychologie est l'exposition graduelle.

Il s'agit de s'exposer très progressivement à l'objet de la phobie dans un contexte de sécurité et sans en craindre les conséquences négatives. 

Voilà un exemple de progression (je ne suis pas du tout expert, c'est un exemple) : 

  • Discuter d'un sujet qui mentionne des araignées
  • Voir de loin une photo d'araignée, puis de plus près
  • Voir une fausse araignée, puis la toucher
  • Être en présence d'une araignée dans la même salle
  • etc.. jusqu'à prendre une araignée dans sa main

L'objet de la phobie est bien ce qui va constituer le traitement. Pas n'importe comment : de façon progressive et dans un contexte où la personne se sent en sécurité. 

Comment guérit-on d'une allergie au pollen ?

Lors d'une allergie, votre système immunitaire réagit de façon démesurée à une molécule normalement bien tolérée . La réponse immunitaire peut être très importante, allant jusqu'à l'oedème de Quincke.

Pour certains types d'allergie, il est possible de bénéficier d'une désensibilisation.  Le principe ? Exposer progressivement l’organisme à l’allergène afin que le système immunitaire finisse par le tolérer. 

Il s'agit d'un traitement au long cours, car l'organisme a besoin de temps pour s'adapter.

Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?

Comment se libère-t-on du mal de dos chronique ?

Il serait bien prétentieux (et faux) de répondre à cette question aussi rapidement.

Toutefois, l'exposition progressive aux mouvements et aux activités douloureuses semble réellement faire partie de la réponse.

Les douleurs persistantes semblent mettre en jeu à la fois des mécanismes psychologiques (d'où le parallèle avec la phobie) et des mécanismes neuro-immunitaires (d'où le parallèle avec l'allergie).

La recherche scientifique a encore du chemin à faire pour comprendre parfaitement les mécanismes en jeu dans la lombalgie chronique. Pour l'instant, nous disposons de plusieurs pièces du puzzle, et nous faisons de notre mieux pour les assembler de façon cohérente.

C'est tout pour ce petit article du vendredi !

Pouvez-vous trouver d'autres choses qui fonctionnent de la même manière que la phobie, l'allergie, etc ? Répondez-en commentaire !

10 techniques imparables pour avoir mal au dos (prouvé par la science !)

​Environ 80% de la population aura mal au dos au moins une fois dans sa vie. Cela signifie que 20% de la population passe à côté de cette expérience mémorable. Si vous en faites partie, vous vous demandez peut-être ce que vous pouvez faire pour pouvoir enfin rejoindre le cercle des 80%.

Cet article est fait pour vous !

1) Se tenir droit tout le temps

​La posture est LE facteur le plus déterminant dans le mal de dos. Aucune étude ne parvient à le montrer, mais cela n'a pas d'importance. Il suffit d'écouter attentivement ce que nous expliquent les entreprises qui vendent des tee-shirts correcteurs de posture. Elles ont bien compris le fonctionnement du corps.

C'est la première règle : se tenir droit au maximum. Tout le temps, si possible.

​2) Garder impérativement le dos droit à tout moment

​Vous avez bien lu. À TOUT MOMENT. Même quand vous dormez. 

Chaque mouvement doit être contrôlé au maximum pour être sûr que votre dos ne bouge pas. Il existe une seule façon de bien réaliser chaque mouvement. Dévier de cette technique présente d'énormes risques !

​Vous ne savez pas comment faire ? Pas de souci, le pack complet de DVD par Jean-Michel Posture (vu sur France 5) vous montrera l'unique bonne façon de bouger.

​3) Regarder beaucoup de vidéos anxiogènes à propos de la hernie discale

​Rassurez-vous : Internet regorge de ces vidéos. Attention à ne pas les choisir à la va-vite cependant. Choisissez en priorité les vidéos avec des explosions et de la couleur rouge.

Elles vous permettront d'acquérir des connaissances précises sur le fonctionnement réel du corps. Ci-dessous, découvrez comment le dos peut littéralement exploser.

​4) Acquérir son propre modèle vertébral en résine

​Pour les plus aguerris d'entre vous, je vous propose d'acheter votre propre modèle vertébral. Plus besoin d'aller chez le rhumatologue ou le chirurgien pour voir des disques intervertébraux se déplacer ou une hernie en mouvement.

​Si la hernie est rouge et gonfle lors de la flexion, c'est un gros avantage à prendre en compte.

​5)Se mettre à soulever des charges lourdes du jour au lendemain, de façon répétée

​Rien de tel pour obtenir un bon mal de dos si vous ne soulevez jamais de charges lourdes. Une solution de facilité, même. Un seul piège : le temps de récupération. Il doit être le plus court possible.

Cependant, ne vous reposez pas sur vos acquis. Il faudra faire d'autres efforts si vous voulez que ce mal de dos persiste. En effet, le mal de dos est complexe et dépend de nombreux facteurs. Si vous voulez tirer le gros lot avec la lombalgie chronique, cela nécessite une approche globale.

​6) Rendre régulièrement visite à un thérapeute alternatif qui vous "remet en place"

​Un outil sous estimé, et pourtant terriblement puissant ! 

Attention à ne pas choisir quelqu'un qui cherche à vous rendre indépendant en vous apprenant à gérer le problème tout seul.

Préférez quelqu'un qui vous rappelle à chaque consultation à quel point vous êtes mal fichu, désaligné, et comment vos articulations sont bloquées et déplacées.

Lui seul doit avoir la solution au problème qu'il vous annonce, c'est essentiel.

​7) Éviter à tout prix la douleur au quotidien

​Il faut supprimer toute activité qui provoque une douleur dans le dos.

C'est le signe que la colonne vertébrale est en train de se désintégrer.  Souvenez-vous de l'explosion et des flammes dans la vidéo présentée plus haut.

​8) User et abuser du repos au lit

​Si jamais vous n'avez pas réussi à suivre la règle précédente (pourtant simple), il faut impérativement rester au lit jusqu'à la disparition complète de la douleur.

Autre alternative possible : partir en voyage spatial pour profiter des nombreux bénéfices de l'apesanteur sur le corps.

​9) Accrocher ses résultats d'IRM sur son réfrigérateur

​Si vous n'en avez pas, n'hésitez pas à en passer une pour pouvoir les afficher chez vous. Même si vous n'avez pas encore mal au dos. De cette façon, vous pourrez d'ores et déjà vous inquiéter à propos de changements structurels qui ne sont pas douloureux. 

L'idéal est de les lire chaque jour, pour bien se convaincre qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans votre dos. 

​Vous aurez évidemment plus de résultats si vous réussissez à vous convaincre que cela va forcément s'empirer avec le temps.

​10) Se mettre d'accord avec ses proches pour ne parler exclusivement que de la douleur

​Avoir mal au dos, c'est également un travail d'équipe. Je vous conseille de briefer vos proches parler autant que possible du mal de dos. Il va de soi que vos connaissances les plus pessimistes et négatives seront celles qui vous aideront le plus dans votre quête.

Une exception peut être faite pour parler du mauvais temps. Et surtout du lien entre le mauvais temps et le mal de dos. C'est un très bon moyen pour amener la discussion vers l'arthrose.

​Joyeux 1er avril à tous !

Une infographie pour commencer 2019 sur de bonnes bases !

Pour partir sur de bonnes bases, j'ai voulu faire une infographie qui regroupe les points les plus essentiels lorsque l'on souffre de lombalgie chronique.

​Ces points ne sont pas hiérarchisés et l'ordre d'apparition n'est pas à interpréter comme une liste d'étapes.

J'espère que vous trouverez cela intéressant !

​À bientôt

Eric

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Quand faut-il lâcher prise avec le mal de dos ?

Une discussion avec un patient au cabinet m'a rappelé que le problème ne vient pas toujours d'une peur ou d'un évitement des activités problématiques.  Parfois, le souci peut venir d'un manque de lâcher prise.

Beaucoup de personnes lombalgiques chroniques ​évitent les activités problématiques de peur de déclencher une fois de plus la douleur, et cet évitement devient une partie intégrante du problème (​on appelle cela le modèle de peur-évitement).

​Peut-on généraliser cela à tout le monde ?

Cependant, une partie d'entre vous n'est pas concernée par cela.

​Il est possible que vous ne cherchiez pas du tout à esquiver la douleur et qu'au contraire, que vous ayez l'habitude de vous exposer encore et toujours à la douleur, en serrant les dents et en pensant que cela finira par cesser.

Il est possible que vous essayiez un maximum de techniques et d'astuces pour lutter autant que possible contre la douleur.

Si tel est le cas, alors cet article vous est destiné.

​Technique ou rituel ?

J'ai récemment lu un livre sur le sommeil qui s'intitule ​"The Sleep School : How to sleep well every night".

J'ai été surpris de voir à quel point il existait des similitudes entre la gestion des troubles de sommeil et la gestion de la douleur !

​Les personnes qui ont des difficultés à s'endormir développent parfois tout un tas de techniques censées les aider à dormir. Certains peuvent être utiles, et d'autres non. Toute technique ou astuce est volontiers acceptée, car ces personnes ont vraiment envie de régler leur problème.

Progressivement, le nombre de techniques augmente, et ces techniques deviennent des règles, voire des rituels.

Bâtons Jenga empilés

Dans le doute, il est tentant d'accumuler ces rituels pour mettre toutes les chances de son côté.

​On peut être anxieux à l'idée même de supprimer l'un de de ces rituels, même si l'on devine qu'ils ne sont pas réellement utiles. 

Nous les maintenons juste parce qu'on "ne sait jamais", et parce qu'en enlever un risquerait de tout faire s’effondrer.

Quels sont ces rituels lorsqu'il est question de mal de dos ?

  • ​Utiliser un coussin en particulier pour s'asseoir ou s'allonger
  • ​Contracter ses abdominaux et retenir sa respiration lorsque l'on ramasse quelque chose
  • Garder la même position sur le canapé pour ne pas trop se relâcher
  • Réaliser très régulièrement un étirement ou se faire craquer le dos dès que l'on ressent un inconfort
  • Se tenir droit autant que possible pour avoir une bonne posture même si cela fait mal
  • ​Quels autres exemples vous viennent en tête ?

​Faut-il changer de cible ou changer de focale ?

" N'est-ce pas paradoxal ? Vous répétez qu'il faut être actif et se prendre en main, puis vous dites qu'il ne faut pas trop l'être ? "

Je comprends que cela puisse paraître paradoxal. Ça l'est !

Voilà néanmoins la réponse :

Les comportements que j'ai décrit jusqu'à présent focalisent l'attention sur le fait de changer la douleur, plutôt que de se focaliser sur le fait de bouger librement et de faire les activités qui vous tiennent à cœur.

Mener une lutte sans merci contre la douleur peut être contre-productif. C'est comme braquer un projecteur sur un joueur de musique en particulier sur une scène : cela attire toute l'attention sur lui. 

Les pensées sont alors également braquées sur la douleur :

" Est-ce que je suis en train de bien faire ?"

"Est-ce que la technique marche ?"

"Pourquoi est-ce que cela ne marche pas ? "

Souvenez-vous que votre système nerveux est constamment en train d'évaluer les menaces potentielles auxquelles est exposé votre corps. À votre avis, lorsque toute l'attention est accordée à la zone douloureuse et que l'objectif principal est de supprimer la douleur, la menace paraît plus ou moins grande ?

​La manière dont on perçoit les choses est souvent plus importante que les choses en elles-mêmes.

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Ce que l'on ne vous dit pas

Essayer de supprimer complètement la douleur n'est pas seulement contre-productif.

C'est impossible.

​Une dose raisonnable de douleur fait partie intégrante de la vie, et pour cause : c'est à la base un mécanisme très utile.

Il y aura toujours de la douleur de temps à autre, pour chacun d'entre vous, et c'est parfaitement normal.

Comme le dit Greg Lehman dans son Programme de rétablissement :

​" Plutôt que d’espérer que la douleur disparaisse à jamais, nous pourrions nous concentrer sur ce que nous pouvons faire et qui nous rend heureux et en bonne santé. La douleur peut être présente mais ne doit pas être un obstacle aux choses qui sont importantes et pertinentes à vos yeux. "

​Êtes-vous en train de dire qu'il faut se résigner à vivre avec la douleur ?

​Je répète régulièrement que le corps humain est capable d'adaptations étonnantes, et que les changements qui se produisent au sein du système nerveux sont quasiment toujours réversibles.

Bien que ces changements soient possibles, ils peuvent prendre du temps : cela se compte parfois plus en années qu'en mois. Il devient alors impératif de reprendre ses activités avant la disparition de la douleur, d'autant plus que le fait d'être actif aide à la faire disparaître.

Certaines douleurs ne disparaissent jamais complètement, mais cela doit-il vous empêcher de vivre la vie dont vous rêvez ? Non !

Il ne s'agit donc pas d'abandonner, mais d'accepter qu'il faille recommencer​ à vivre les expériences que vous souhaitez avec un certain niveau de douleur​. Au moins pour l'instant ! Personne ne peut prédire si votre douleur disparaitra complètement ou non​.

La douleur est quelque chose qui CHANGE.

Les bénéfices que vous tirerez de vos efforts et de cette aventure seront certainement au delà de vos espérances.

​De l'importance de changer les messages transmis par la société

​Il est plus difficile de retirer des mots et des idées une fois qu'elles sont implantées dans notre esprit.

Pourtant, quels sont les messages actuellement transmis par les médias et par de nombreuses personnes ?

  • ​La douleur signifie que vous devez arrêter ce que vous faites.
  • Évitez la douleur pour ne pas abîmer votre corps.
  • Telle ou telle activité n'est pas faite pour vous car votre corps est abîmé/décalé/pas en place/déséquilibré/etc..
  • Et bien d'autres encore malheureusement

​J'espère honnêtement que ces messages changeront dans les années à venir. Cela me paraît nécessaire si l'on espérer diminuer la prévalence des douleurs chroniques.

Nous avons besoin d'un réel changement de paradigme. Pas uniquement  au niveau d'une profession en particulier, mais au niveau de la société.

logo Comprendre Son Dos

Comment se sortir de la lombalgie chronique, avec Greg Lehman (Vidéo)

Bonjour à tous,


J'ai été en formation ces deux derniers jours avec Greg Lehman, un physiothérapeute et chercheur canadien qui influence beaucoup ce que vous trouvez sur Comprendre Son Dos.

Il a accepté de vous transmettre un message avant de repartir, et je le remercie encore une fois.

​Bien évidemment, il s'agit d'un court message qui invite à plus de discussions et d'approfondissement. À aucun moment il n'est dit que la douleur chronique disparaissait facilement et qu'il suffisait de se remettre à ses activités comme si de rien n'était.

C'est évidemment bien plus complexe que cela !

À bientôt pour quelques articles en lien avec cela.

Eric

5 idées reçues sur la lombalgie chronique

Aujourd’hui, je vous présente un article plus court afin de résumer cinq points que j’ai abordés dans mes premiers articles, à propos de cinq idées reçues sur la lombalgie.

Gardez en tête que ces points concernent notamment les maux de dos chroniques ou récidivants, même s’ils sont souvent vrais pour les douleurs aigües également.

Numéro 1 : La douleur signifie forcément qu’il y a une blessure ou un problème dans le corps
Motif de la consultation : mal de tête

Il existe de nombreuses situations dans lesquelles nous ne ressentons pas de douleur alors que quelque chose d’anormal se passe dans notre corps, et également de nombreux cas dans lesquels nous avons mal alors que nous ne sommes pas blessés.  De nombreuses informations sont prises en compte par le cerveau lorsqu’il décide de générer de la douleur, y compris des informations qui ne proviennent pas des tissus, d’où l’existence de telles situations.
L’intensité de la douleur ressentie est mal corrélée à l’intensité des « blessures » présentes.

Pour mieux comprendre cette notion et ses implications, voir l’article Ne recherchez plus de traitement miracle !

Numéro 2 : La douleur, c’est dans la tête
Une représentation précise des phénomènes à l’oeuvre

Cet adage laisse entendre que la douleur n’existe pas réellement et qu’il suffirait presque de ne pas y  « croire » pour qu’elle cesse. Bien que la douleur soit toujours une décision du cerveau, cela ne veut pas dire pour autant qu’il s’agit juste d’un fruit de l’imagination. Toute douleur est réelle. Disons que la douleur est fortement influencée par ce qu’il y a dans votre tête :).

Pour en savoir plus sur les liens entre psychologie et douleurs, voir La douleur c’est dans la tête ?

Numéro 3 : Il faut trouver et traiter LA cause pour que tout s’arrange
Nom de Zeus !

Si vous avez mal depuis plusieurs mois ou même plusieurs années, il est fort probable qu’il n’existe plus de cause unique à votre douleur. De nombreux thérapeutes et/ou commerciaux entretiennent la croyance selon laquelle votre douleur est due à UNE chose en particulier, pour mieux vendre leurs services. En vérité, plusieurs choses entrent en jeu et vous êtes le principal acteur de votre changement !

De nouveau, rendez-vous sur Ne recherchez plus de traitement miracle ! pour approfondir le sujet, dans cet article très personnel.

Numéro 4 : Si on a mal au dos en faisant quelque chose, il faut arrêter complètement cette activité pour ne pas abîmer son dos.
Lui n’a pas arrêté son activité favorite…

Étant donné que la douleur ne signifie pas que vous êtes en train d’abîmer votre dos, il n’y a pas de raison d’arrêter complètement une activité pour cette raison. Un repos excessif a des conséquences négatives sur le corps et l’esprit. Reprendre progressivement ses activités en les adaptant semble être la meilleure manière de faire face à la douleur. Cela représente souvent un défi de taille, mais qui vaut la peine d’être relevé !

Pour les conséquences du repos excessif, voir Faut-il se reposer quand on a mal ? et plus généralement la trilogie « No Pain No Gain ? ».

Numéro 5 : Dans la plupart des cas, la douleur s’explique par une anomalie retrouvée par un examen complémentaire (radiographie, IRM,…).
Duh !

Les douleurs au dos sont effectivement expliquées par une anomalie à l’imagerie (telle qu’une hernie, de l’arthrose, etc..) dans 5 à 10% des cas. On est loin de « la plupart des cas » !

 

Pas encore d’article à ce sujet, même si j’en parle dans Quand faut-il réellement s’inquiéter ?  .

 

À bientôt.

Eric

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  • ​L'accès au bonus pour comprendre les bases de la douleur

Quand faut-il réellement s’inquiéter ?

Votre dos vous fait souffrir le martyre, les médicaments sont peu efficaces et vous angoissez à l'idée que cela puisse être quelque chose de grave ? Voilà un article qui vous permettra d'aller consulter votre médecin sans omettre un détail parfois crucial.

Le mal de dos peut-il être grave ?

Bonjour à tous,

Ceci est un article ESSENTIEL avant de passer à la suite.

Au fil des articles, vous remarquerez que beaucoup de choses seront dédramatisées et relativisées. Pour pouvoir avoir cette approche en toute sécurité, il est indispensable d’être sûrs d’avoir écarté les dangers potentiels.

On estime que 1 à 2% de toutes les lombalgies ont une cause grave qui nécessite un traitement médical spécifique et/ou des examens complémentaires. Il est donc très peu probable que vous rentriez dans cette catégorie. Par précaution, il est obligatoire d’éliminer cette hypothèse avant de passer au reste. C’est d’ailleurs une partie à part entière des examens cliniques (réalisés par les médecins, les kinés, et d’autres professionnels de santé).

Ensuite, 5 à 10% de toutes les lombalgies ont une cause anatomique identifiée qui correspond bien aux symptômes.

Les 90% qui restent n’ont pas de cause anatomique identifiée (mais qu’est-ce qui fait mal alors ? Articles à venir...).

Le petit détail

Avant toute chose, faisons la distinction entre deux entités:

  • Les symptômes : ce sont les choses que vous ressentez, dont vous vous plaignez, dont vous parlez au médecin et qui vous conduisent à aller le consulter.

Exemple : une céphalée (mal de tête)

  • Les signes cliniques : ce sont les choses que les professionnels de santé vont évaluer lors de leur bilan clinique, grâce à diverses techniques et outils de mesures.

Exemple : la traditionnelle vérification des réflexes patellaires, quand le médecin vient percuter le tendon juste sous la rotule en position assise.

Je tiens à souligner la nuance entre les deux pour une raison très simple. Vous êtes par définition les plus compétents pour définir vos symptômes : il s’agit de votre ressenti ! En revanche, la recherche des signes cliniques nécessite une expertise médicale. C’est le boulot des professionnels de santé.

Dans cet article, je donnerai autant que possible des symptômes à rechercher. Vous risqueriez de mal interpréter les signes et de vous alarmer inutilement.

Enfin, il existe de nombreux éléments dans l’histoire de votre douleur qui peuvent aiguiller les praticiens vers un diagnostic particulier. Ils seront inclus dans la liste.

Le but de l’article

Aujourd’hui, l’objectif est de vous fournir une liste non exhaustive des éléments qui nécessitent une consultation médicale, car étant potentiellement révélateurs d’une pathologie à traiter.

Cet article peut éventuellement mettre « la puce à l’oreille » à certaines personnes qui rechigneraient à consulter un médecin. Il peut également attirer l’attention sur un élément que vous auriez omis de mentionner à votre médecin.

Je fais le choix de ne pas relier chaque élément à une ou plusieurs pathologies en particulier, parce que cela risquerait fortement d’effrayer inutilement une partie d’entre vous. De plus, le diagnostic médical est, comme son nom l’indique, l’affaire du médecin.

Attention

Cet article ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale. Si quelque chose vous inquiète, si vous avez peur de quelque chose, vous devez consulter. Peu importe si l’objet de vos doutes figure dans cet article ou pas. La consultation médicale reste incontournable en ce qui concerne la détection d’une pathologie sous-jacente.

La liste

En rapport avec la sensibilité
  • Perte de sensibilité au toucher, voire anesthésie, dans la région génitale, fessière et/ou péri-anale.
En rapport avec les caractéristiques de la douleur
  • Douleur ne disparaissant pas au repos allongé sur le dos, voire qui empire.
  • Forte augmentation de la douleur la nuit, empêchant le sommeil
  • Besoin de plus d’une heure pour se « dérouiller » le matin et faire diminuer la douleur ainsi que la sensation de raideur.
  • Douleur très forte irradiant jusqu’au-delà du genou
  • Pas de soulagement même avec des médicaments anti-douleur type morphine
  • Douleur augmentée à la toux, à la défécation, ou lors de la  manœuvre de Vasalva  .
En rapport avec l’histoire de la douleur
  • Perte de poids récente non expliquée
  • Altération de l’état générale (amaigrissement, anorexie, fatigue importante)
  • Fièvre non expliquée
  • Traumatisme majeur (chute, choc direct important), ou mineur pour les personnes âgées ostéoporotiques.
En rapport avec des antécédents ou des caractéristiques personnelles
  • Antécédent récent de tumeur
  • Toxicomanie par voie intraveineuse
  • Antécédent récent d’infection urinaire et/ou d’infection cutanée
  • Antécédent récent d’intervention chirurgicale gastro-intestinale ou génito-urinaire
  • Age inférieur à 20 ans ou supérieur à 50 ans
En rapport avec la force musculaire
  • Perte de force importante au niveau des jambes : difficulté à monter les genoux, à les tendre en position assise, à ramener la pointe du pied vers vous ou à monter sur la pointe des pieds en position debout.
  • Perte de force empirant progressivement au fil du temps
En rapport avec un traitement médicamenteux
  • Prise d’un traitement à base de corticoïdes de manière prolongée, ou d’un autre traitement médicamenteux entrainant un affaiblissement du système immunitaire.
En rapport avec des troubles vésico-sphinctériens et sexuels
  • Apparition d’une incontinence urinaire et/ou fécale, ou au contraire d’une constipation.
  • Dysfonction sexuelle (masculine ou féminine), à relier toutefois à une perte de sensibilité au toucher dans la région génitale et péri-anale.

Conclusion

Tout mal de dos mérite une consultation médicale, afin d’exclure les quelques problèmes sérieux qui peuvent se présenter (dans environ 1% des cas maximum rappelons-le).

Il est important de mentionner à votre médecin la présence d’un des éléments présents dans la liste si jamais ils se vérifient chez vous.

Une fois ces risques écartés, vous pourrez suivre les conseils de vos professionnels de santé et de ce blog avec une dose d’inquiétude en moins :).

A très bientôt.