Les moyens du kinésithérapeute dans la lombalgie chronique

​​La kinésithérapie n'est ni une technique, ni un ensemble de techniques. La plupart des moyens utilisés (exercice, manipulations, utilisation d'outils, etc) ne sont pas spécifiques au kiné, et sont utilisés par d'autres professionnels (de manière plus ou moins justifiée, voire carrément illégale).

Ce qui fait la différence, c'est que les kinésithérapeutes utilisent un raisonnement clinique sérieux, reposant sur des bases solides et sur une expertise qui recouvre de très nombreux champs de la médecine. Nous avons une formation initiale universitaire, dense et exigeante, nous permettant de comprendre en profondeur la globalité de chaque individu. De très nombreux kinés font l'effort de se tenir à jour de la littérature scientifique​ et de maintenir un esprit critique vif pour tenir les patients à l'écart des pseudo-médecines qui pullulent aujourd'hui.

​Du mouvement sous toutes ses formes

​​Avec une partie du corps aussi complexe, centrale et sollicitée que le dos, les possibilités de mouvement sont tout simplement illimitées. Voilà une liste non-exhaustive de ce que le kinésithérapeute peut utiliser avec vous :

Des mouvements "actifs" (c'est-à-dire que c'est vous qui les réalisez) du dos.  
Ces mouvements peuvent ​être très simples (se pencher en avant, en arrière, sur les côtés, se tourner, en sont les exemples les plus basiques), ou être de plus en plus complexes (reproduction d'un geste sportif ou professionnel, contrôler différentes parties du corps dans différents plans).  

​Quelque chose de simple 😉


Chaque mouvement peut lui-même être décliné en​ plusieurs variations, en fonction de la position, de la vitesse, de la durée, de l'amplitude,de la précision, etc. C'est la beauté de la variabilité humaine ! 😉

C'est une première étape vers les mouvements actifs. Les manipulations, celles qui vont vite et qui provoquent souvent un "craquement", ont le même objectif : offrir un soulagement temporaire, permettant de recommencer à bouger un peu plus (et de profiter des effets plus durables de l'activité physique).

Des mobilisations "passives" et des manipulations.

Cette fois-ci c'est le thérapeute qui bosse, profitez-en.  Cela peut être un bon moyen d'apprendre à se relâcher pendant le mouvement, avant de le faire soi-même.

​ Cela reste un traitement de seconde intention car ce n'est pas le plus efficace en cas de lombalgie chronique.

Dans certains cas, le mouvement est trop douloureux pour être fait dans un premier temps. Des techniques d'imagerie motrice sont parfois utilisées pour activer le cerveau de la même manière que si vous étiez réellement en train de faire le mouvement.

L'imagerie motrice est un ensemble de techniques, peut-être en avez-vous déjà fait sans le savoir. L'une d'entre elles, par exemple, consiste à imaginer un mouvement, en se focalisant sur différentes sensations et avec le guidage du kinésithérapeute.

À l'inverse, lorsque la situation le permet, des exercices plus intenses tels que du renforcement peuvent être utilisés. Le kinésithérapeute adapte la progression des exercices en fonction de vos capacités, de vos objectifs et d'autres caractéristiques personnelles. Cela peut être un moyen d'aider votre corps à mieux tolérer les activités quotidiennes, une position en particulier, ou encore un sport.

​Une prise de conscience du corps

​Grâce à tous ces mouvements, le kinésithérapeute aide chaque personne à ressentir différemment son corps. Beaucoup de personnes (lombalgiques ou non) semblent déconnectées de leur corps. Travailler sur la prise de conscience corporelle est l'un des plus grands outils du kinésithérapeute. En voilà quelques aspects.

​Le feedback

C'est le fait d'obtenir des informations sur ce que l'on vient de faire, ce qui nous permet d'ajuster notre action si besoin. Le simple fait de regarder ce que l'on fait est un feedback visuel : si vous voyez que vous versez du café à côté de votre tasse, vous corrigez cela (​enfin j'espère).

Plusieurs types de feedback peuvent être utilisés en kinésithérapie, tels que :

Le guidage manuel : le kinésithérapeute peut utiliser ses mains pour guider vos mouvements, et vous aider à mieux les ressentir. Le cas qui me vient en tête est le guidage lors des mouvements de bassin (vidéo n°1 pour les abonnés au blog).  Le kinésithérapeute utilise également le toucher pour ressentir votre état de contraction, et éventuellement vous asséner le fameux "Relâchez-vous" ;).

​Si votre kiné vous dit que vous êtes tendu(e)...

Une surface plane : c'est le mot savant que j'ai trouvé pour désigner une table ou un mur. Lorsque vous êtes allongé sur le dos, les points d'appui de votre corps sur la table sont de bons points de départ pour se concentrer sur vos sensations.

 Le kinésithérapeute peut guider cette introspection, et vous proposer différents mouvements subtils pour faire varier ces points d'appui. Cela permet de rafraichir la représentation de votre dos dans votre cerveau. Le contact avec une table, un tapis ou un mur aide également à reproduire certains mouvements du dos et du bassin.

​Cela marche aussi sur l'herbe, sur le sable.. Tous les prétextes sont bons pour se concentrer sur ses sensations !

Des outils plus ou moins élaborés : du manche à balai à la plateforme multi-fonction dernier cri, la panoplie technique du kinésithérapeute est vaste. Je pense qu'il n'y a pas de bon ou de mauvais outil : chacun d'entre eux permet de découvrir différents mouvements !

Le feedback visuel est plus compliqué pour le dos (vu que.. c'est dans votre dos), mais pas impossible. Un jeu de miroir peut faire l'affaire, et peut vous permettre de réaliser plusieurs mouvements avec une vue directe sur votre dos.

Le feedback verbal : certains exercices sur la sensibilité tactile consiste à reconnaître des chiffres ou des lettres tracées sur la peau, pour mettre à l'épreuve les sensations que la personne possède dans cette zone. Le kiné peut donc dans un premier temps dire quelle lettre/chiffre il trace, puis procéder à l'exercice, en donnant la bonne réponse si la personne se trompe.

​La respiration

​Difficile de faire rentrer la respiration dans une case, tant elle influence beaucoup de paramètres. Voilà quelques liens entre respiration, mal de dos et kinésithérapie.

​En cas de lombalgie chronique, la respiration est souvent altérée. D'une part, les douleurs tendent à rendre la respiration plus courte, plus superficielle et plus rapide. D'autre part, certains mouvements se font avec plus de contractions musculaires au niveau des abdominaux, ce qui gène également la respiration. 

​Le kinésithérapeute vous aide à adopter différents types de respiration, au travers d'une prise de conscience des différents niveaux de ventilation (thoracique haut et bas et abdominal notamment).

Il peut vous proposer des exercices afin de vous apprendre à utiliser la respiration pour vous détendre et soulager la douleur ainsi que le stress. Il vous aide aussi à associer la respiration aux différents mouvements.

Lorsque c'est nécessaire, différents exercices, étirements, mobilisations ou autres peuvent être utilisés pour améliorer la ventilation.

​Proposer des changements dans le style de vie

​Comme je l'ai dit dans la partie sur les objectifs, les 23h30 passées hors de la séance comptent plus que les 30 minutes de séance (du moins c'est mon opinion). 

Le style de vie, c'est-à-dire l'activité physique, l'alimentation, le sommeil, les activités sociales, le stress et l'anxiété (et probablement d'autres encore), a une influence considérable sur l'apparition ou non de douleurs.

​Le kinésithérapeute, à partir des éléments que vous lui fournissez, peut vous proposer des pistes de changement sur ces différents éléments. Si besoin, il pourra vous conseiller de consulter un autre professionnel plus spécialisé dans l'un de ces domaines.

​Donner du sens à la douleur

​Les kinésithérapeutes se forment de plus en plus à la prise en charge de la douleur, pour offrir les meilleures explications possibles aux patients souffrant de lombalgie chronique.


Afin d'aider chaque personne à comprendre les mécanismes et les facteurs en jeu, le kiné propose une explication claire et adaptée à l'histoire du patient.

Ensemble, ils réfléchissent pour trouver les différents éléments dans la vie du patient qui favorisent l'apparition de la douleur, et ils trouvent des moyens à mettre en place pour changer certains d'entre eux.

​Encourager le retour aux activités favorites

​Le kinésithérapeute vous accompagne tout au long du retour aux activités favorites (si vous aviez arrêté de faire certaines choses à cause du mal de dos). Plusieurs idées en vrac sur le sujet :

​Il construit avec vous un programme d'exercices en autonomie pour que vous puissiez continuer de faire certains exercices entre les séances. Certains exercices ne se font souvent qu'une seule fois par jour, comme les exercices au sol ou allongé sur le lit, et certains peuvent être faits plusieurs fois dans la journée, comme les mouvements de bassin en position assise. Cela permet de rendre ces exercices bien plus efficaces, et de vous rapprocher de vos objectifs.

​Il vous aide à planifier le retour à certaines activités jusqu'à présent douloureuses. Par exemple, vous souhaitez reprendre le footing, le vélo (ou un autre sport), mais vos tentatives échouent car la douleur reprend le dessus à chaque fois ?​

Le kinésithérapeute est là pour vous apprendre à doser votre effort, et à identifier certains points à améliorer si besoin (force, souplesse, etc).  Il est également le mieux placé pour découvrir avec vous plusieurs manières de diminuer la douleur avant, pendant ou après l'activité.

 Vous pouvez ensuite utiliser ces astuces pour pratiquer votre activité physique de façon plus sereine.

​Engager et maintenir une relation de qualité avec vous

​Une relation thérapeutique solide est un outil indispensable pour le kinésithérapeute. Voici quelques piliers de cette relation : l'écoute, la confiance, le partage d'expertise (le kiné est un expert du corps humain et du mouvement, vous êtes un expert de vous-même) et l'individualisation du traitement.

​Il y a beaucoup à dire sur cette partie, mais ce n'est probablement pas la partie qui vous intéresse le plus. C'est ouvert à la discussion, si vous le souhaitez. 🙂

​Le kinésithérapeute possède donc de très nombreux moyens pour aider les personnes souffrant de lombalgie chronique (exercices, mobilisations, massage, étirements, éducation à la douleur, programmes d'auto-prise en charge, conseils sur le style de vie, techniques de modifications des symptômes, et bien d'autres). La prise en charge est globale et personnalisée, pour vous permettre d'améliorer votre qualité de vie, de réussir vos objectifs et d'en ressortir plus autonome.

Le rôle du kinésithérapeute dans la lombalgie chronique

​Je suis kinésithérapeute et, parfois, j'ai mal à ma profession.

​Tout particulièrement lorsque je surfe sur Internet (c'est-à-dire tout le temps), et que je lis des choses plus ou moins fausses sur le rôle du kiné dans le mal de dos, sur ce qu'il est censé apporter ou ne pas apporter.

Certaines discussions sur les réseaux sociaux (ainsi que le contexte actuel de ma profession) m'ont donné envie de partager mon point de vue (nécessairement subjectif) sur cette question, et de présenter une kinésithérapie que j'espère "moderne".  Je me focaliserai sur la lombalgie chronique, mais la plupart des réflexions seront probablement valables pour d'autres situations. 

Afin de ne pas vous perdre au cours de cette introspection, je vais tâcher d'aller à l'essentiel pour chacun des points. Ces derniers sont tous ouverts à la discussion et au débat.

Nous commencerons par l​es objectifs de la kinésithérapie, ses différents moyens, puis nous finirons par déconstruire un certain nombre de mythes (une section un tantinet plus polémique, soyez prévenus 😉 ).

​L​es objectifs de la kinésithérapie

​La kinésithérapie, étymologiquement, c'est le soin par le mouvement. Boris Dolto disait même que c'était le soin ​du​ mouvement. C'est donc la pierre angulaire de tout traitement kinésithérapique. ​​​ Au vu des innombrables études scientifiques qui en montrent les bienfaits, je rajouterais même :

"Le mouvement est un médicament"

​Je pense discerner trois grands objectifs en ce qui concerne le mal de dos chronique. Les voici :

​1) Aider la personne à atteindre ses objectifs

​Le plus évident de tous.

La plupart du temps il s'agit d'apaiser la douleur, qui est plus ou moins intense et invalidante au quotidien. L'objectif est alors de diminuer progressivement cette douleur grâce à différents moyens.  Cependant, certains d'entre vous ont d'autres objectifs, tels que :

- Pouvoir refaire une activité en particulier, même si cela fait quand même un peu mal

- Pouvoir (re)trouver une vie sociale épanouissante

- Améliorer leurs performances sportives

- Éviter une opération

- Pouvoir être présent au maximum pour leurs enfants

- ​...

​Les objectifs peuvent être très différents d'une personne lombalgique à une autre, et la kinésithérapie a plus d'une corde à son arc pour aider chacune d'entre elles.

​2) Aider la personne à comprendre ce qu'il se passe

​​La lombalgie chronique est associée à plusieurs émotions négatives : la frustration de ne pas/plus réussir à faire certaines choses, l'incompréhension, la peur, l'inquiétude, etc...

Je considère que l'un des rôles du kinésithérapeute est d'aider chaque personne à comprendre sa situation, avec des explications claires, personnalisées et basées sur les données actuelles de la science. À comprendre quels sont les facteurs qui interagissent pour provoquer la douleur chronique dont elle souffre.

C'est très délicat, et j'ai parfois l'impression de jouer au funambule lorsque je le fais, mais c'est nécessaire pour parvenir au troisième objectif.

​3) Aider la personne à devenir plus autonome

​Peut-être  un point plus controversé ?

Dans la lombalgie chronique, les vrais progrès ne sont pas faits pendant les 30 minutes de séance, mais plutôt pendant les 23h30 que le patient passe en dehors de la séance, dans sa vie quotidienne.

Pendant la séance, les moyens utilisés peuvent avoir un effet immédiat, bien sûr. Mais c'est surtout l'influence de ce qui est vu en séance (mouvements, techniques, informations, etc) sur le quotidien de la personne qui va avoir un effet plus durable.

Le fait de réaliser à nouveau certains mouvements de son côté. De refaire cette technique de respiration, de relaxation. D'appliquer le programme de retour au sport. De repenser à certaines informations et discussions sur la douleur. D'expérimenter.

​Cela n'est possible que si le thérapeute vous a donné des clés pour vous débrouiller tout seul. Des moyens de faire face à différentes situations (comme une augmentation temporaire des douleurs), ou simplement de doser votre effort si vous voulez reprendre le footing ou le vélo.

​Attention, il ne s'agit pas de transformer les gens en médecins, kinés ou autre : les professionnels de santé seront toujours indispensables. Cependant, est-ce que vous préférez devoir consulter un professionnel au moindre petit pépin car lui seul est capable de vous apporter la solution, ou bien être capable de gérer les petits imprévus et vous sentir autonome et confiant ?

La lombalgie chronique, c’est définitif ?

Aujourd'hui, je vous présente la deuxième (micro) interview que j'ai faite à Oslo en avril.

La lombalgie chronique est parfois (souvent ?) présentée comme quelque chose de définitif, d'irrévocable... Est-ce vrai ?

Joletta Belton participe à de nombreuses conférences sur la prise en charge de la douleur, pour apporter son expérience de patiente douloureuse chronique. Ses connaissances en sciences de la douleur lui permettent de faire le pont entre la théorie et le vécu des personnes qui souffrent de douleurs chroniques.

Désolé pour le mauvais cadrage de la vidéo pendant la première moitié de l'interview !

J'espère que le message de Joletta ainsi que les précisions que j'apporte ensuite auront un impact positif sur votre vie.

Pour découvrir la première interview réalisée à Oslo, cliquez sur ce lien : La douleur, une ennemie qui vous veut du bien ?​

À bientôt,

Eric

 

Comment le surpoids influence-t-il votre mal de dos ?

​On entend fréquemment les personnes qui ont mal au dos dire "J'ai pris du poids depuis quelques temps, cela ne doit pas aider...". Le surpoids est souvent associé au mal de dos dans notre esprit. Dans 99% des cas, nous nous représentons la surcharge pondérale comme un fardeau supplémentaire pour le dos, ce qui reflète une vision très mécanique de notre douleur.

​Cet article s'intéresse au lien entre surpoids et mal de dos. L'objectif n'est pas d'apporter des solutions au surpoids. C'est d'ailleurs hors de mon champ de compétence : un(e) médecin nutritionniste et un(e) diététicien(ne) sont les professionnels à consulter si vous recherchez de l'aide.

​Comment définit-on une surcharge pondérale ?

​Massivement utilisé dans les bilans médicaux et par les compagnies d'assurances​, l'Indice de Masse Corporelle n'est plus à présenter.

Tout le monde (ou presque) a déjà calculé son IMC en utilisant la formule (Poids en kg)/(Taille en cm)² . Si ce n'est pas le cas, vous pouvez le faire maintenant sur le site IMC.fr .

​Un IMC normal est compris entre 18.5 et 25. Entre 25 et 30, on parle de surcharge pondérale ou de surpoids. À partir de 30, on parle d'obésité (avec différents stades de gravité qui ne sont pas le sujet de cet article).

​L'indice de masse corporelle présente toutefois plusieurs défauts. L'un des plus gênants est le fait qu'il y a aucune distinction entre masse musculaire et masse grasse. ​Un rubgyman aura un IMC élevé, mais il ne sera pas en mauvaise santé pour autant.​​​

​Il reste très utilisé car facile et rapide à calculer, sans outil à manipuler et évidemment très fiable d'une mesure à l'autre.

​J'en profite pour citer un élément qui vient compléter tout examen lié au poids : le périmètre abdominal. Cette mesure reflète la graisse viscérale, c'est-à-dire autour des organes. La présence de cette graisse dite "blanche" est un facteur de risque cardiovasculaire. 

Comment mesurer son périmètre abdominal ? C'est très simple : prenez un mètre de couturier, faites le tour de votre ventre au niveau du nombril  en gardant le ruban horizontal et appliquez le ruban sans trop serrer (et sans rentrer le ventre bien sûr !).  Le résultat doit être inférieur à 88 cm pour les femmes, et 102 cm pour les hommes. Au delà de ces valeurs, on considère qu'il y a une prédisposition aux troubles cardio-vasculaires (pour les intéressés, se renseigner sur le syndrome métabolique).

​Rondeur = douleur ?

​Le lien entre surpoids et lombalgie est étonnement obscur et controversé (pour changer).

​La plupart des études ​concluent que le surpoids est un facteur de risque pour la lombalgie chronique. C'est-à-dire que les personnes obèses ou en surpoids ont statistiquement plus de risque d'avoir mal au dos que les personnes ayant un poids normal. L'importance du lien varie en fonction des articles, mais il tend tout de même à être assez faible.

Les personnes obèses (IMC>30) auraient encore plus souvent mal au dos que les personnes en surpoids (IMC entre 25 et 30)​, et ce lien semble encore plus vrai chez les femmes.

"Donc être en surpoids favorise le mal de dos ?" Doucement, malheureux...

Une étude parue en 2017 a suivi 1098 jumeaux, initialement sans douleur au dos, pour évaluer la relation entre le poids (masse graisseuse, périmètre abdominal, etc) et le mal de dos (intensité, impact au quotidien). L'analyse tient compte des facteurs génétiques car les jumeaux sont également comparés entre eux.

Le résultat ? Les facteurs de surpoids n'augmentent pas le risque de développer une lombalgie chronique.

J'avoue avoir été moi-même déçu en lisant cet article car il ne retrouve même pas de lien... Malgré la qualité de l'étude, ce n'est pas une réponse catégorique et définitive à notre question. Toutefois, cela ​apporte quand même une sacrée nuance aux conclusions précédentes.

​Prenez un instant pour profiter du contenu gratuit Comprendre Son Dos.

  • check
    ​5 vidéos pour vous aider à passer l'action avec des conseils concrets à appliquer dès aujourd'hui (près d'une heure de contenu)
  • check
    ​Un accès à la version complète de "30 questions/réponses sur la sciatique et la cruralgie"
  • check
    ​Un accès exclusif au bonus pour comprendre la douleur
  • check
    Un accès à tous les futurs bonus dès leur sortie

​​S'il y a un lien, comment le surpoids influence-t-il le mal de dos ?

​Je pense qu'il est sage de dire que s'il y a un lien, il n'est probablement pas celui auquel on pense habituellement.

L'hypothèse que le surpoids augmente la charge sur la colonne vertébrale ne semble pas expliquer à elle seule une augmentation du risque d'avoir mal au dos. C'est l'explication la plus simple, celle qui vient en tête en premier, et pourtant d'autres facteurs semblent encore plus importants.


La masse graisseuse (ou adipeuse) semble être un facteur déterminant dans l'apparition de douleurs à différents endroits du corps, pas uniquement au dos ! Nous savons maintenant que le tissu adipeux présent au niveau du tronc, et particulièrement au niveau abdominal et péri-viscéral, produit de nombreuses substances pro-inflammatoires. C'est l'essence même du syndrome métabolique, cité plus haut.

​Un excès de masse adipeuse au niveau de l'abdomen participe donc à un état d'inflammation systémique. Il est maintenant reconnu qu'une inflammation systémique module l'action du système nerveux, parfois drastiquement, en facilitant le déclenchement des neurones par exemple.

​Ceci n'est pas une inflammation systémique.


C'est comme si vous décidiez d'étaler du beurre partout dans vos escaliers. Les malheureux qui arriveront près de l'escalier vont être précipités dedans, descendre bien plus vite qu'à leur habitude et arriver en bas avec fracas, la tête à l'envers. Certains curieux alertés par le bruit vont s'approcher, et peut-être eux-aussi tomber à la renverse.

Pour votre système nerveux, c'est pareil ! Avec de l'inflammation, les informations vont voyager beaaaaucoup plus vite,​ et débouler dans le système nerveux central avec une force qu'elles n'auraient pas eu autrement. De petites stimulations qui ne créent pas d'influx nerveux habituellement vont commencer à en créer, et peut-être même que les neurones d'à-côté vont se laisser entraîner par tant d'enthousiasme neuronal.

​Que retenir ?

  • ​L'IMC est facile et rapide à utiliser, mais vous pouvez mesurer votre périmètre abdominal pour vérifier si vous êtes sujet au syndrome métabolique, un facteur de risque cardio-vasculaire.
  • Être en surpoids semble favoriser l'apparition du mal de dos, mais le lien est beaucoup complexe que l'on ne le pense.
  • Le poids rajouté sur la colonne ne semble pas expliquer ce lien.
  • check
    La masse graisseuse au niveau abdominal produit de nombreuses substances pro-inflammatoires, ce qui contribue à un état d'inflammation systémique.
  • check
    L'inflammation systémique sensibilise le système nerveux et augmente le risque de ressentir de la douleur de manière générale.
  • check
    ​Le lien entre surpoids et mal de dos est très probablement influencé par de nombreux facteurs biologiques (inflammation, contraintes mécaniques, sensibilisation du système nerveux,etc), psychologiques (anxiété, dépression..) et sociaux (activités sociales, discrimination..).
  • check
    Perdre du poids pourrait faire partie des choses que vous pouvez changer pour avoir moins mal au dos , si vous êtes en surpoids.

​Quelques sources pour les curieux

​Sur le périmètre abdominal : Périmètre abdominal augmenté et facteurs de risque cardio-vasculaires, Revue Médicale Suisse 2009

​Quelques études qui retrouvent un lien entre surpoids et mal de dos : ici, ici et ici

​L'étude de 2017 qui ne retrouve pas de lien ici

​Sur les liens entre mal de dos, obésité et inflammation : ici et ici

​N'hésitez pas à commenter et à partager cet article si vous l'avez trouvé intéressant.

À bientôt.


Arthrose et lombalgie

​​Il suffit de feuilleter un magazine sur la santé pour voir apparaître son nom. L'arthrose fait partie des bêtes noires du 21e siècle, et elle est fréquemment accusée de provoquer des douleurs et des raideurs partout où elle apparaît. La lombalgie est évidemment inclue dans le lot.

​Est-ce vraiment le cas ? Quel est le vrai lien entre arthrose et lombalgie ?

​L'arthrose est-elle forcément responsable de douleurs à cet endroit ?

Comme toujours, embarquons pour un petit état des lieux de la science à ce sujet.

​DISCLAIMER: Ceci n'est pas un article sur l'arthrose en général. Il ne sera pas exhaustif à ce sujet. Néanmoins, vous pouvez tout à fait poser des questions dans les commentaires ! 🙂

​Qu'est-ce que l'arthrose ?

​La plupart de nos articulations sont recouvertes d'un revêtement appelé cartilage hyalin. Il est lisse et permet aux articulations de bouger avec le moins de forces de frottement possible. 

Au fil des années, le cartilage peut se dégrader et l'on peut voir apparaître quelques défauts dans sa structure. Par exemple, il peut s'amincir, ou avoir une surface plus irrégulière qu'à l'origine. C'est l'arthrose (arthron : articulation, osis: dégénérescence).

En fonction de nombreux facteurs, dont des facteurs génétiques, endocriniens et environnementaux, cette évolution est plus ou moins rapide.

Des marathoniens qui n'ont pas plus d'arthrose que les autres

​Pourquoi l'arthrose peut contribuer à la douleur

L'arthrose peut contribuer à la douleur de plusieurs manières. Le cartilage n'étant pas innervé, ce sont surtout les conséquences sur les structures adjacentes qui peuvent créer des symptômes.

Lorsque les contraintes ne sont plus assez absorbées par le cartilage, elles sont transmises à l'os sous-chondral (c'est-à-dire, l'os sur lequel repose le cartilage), qui est innervé. Un excès de contraintes peut donc produire de la nociception (c'est-à-dire des messages de danger envoyés vers le cerveau) de cette manière.

L'arthrose peut s'accompagner d'épisodes inflammatoires temporaires, pendant lesquels les petits nerfs qui se trouvent dans la membrane de l'articulation sont sensibilisés.

​Il est important de comprendre que l'arthrose est un processus NORMAL qui survient chez tout le monde, de façon plus ou moins prononcée. Et ce n'est très certainement pas une fatalité.

Quel est le lien entre arthrose et mal de dos ?

L'arthrose lombaire concerne soit les articulations entre les corps vertébraux (par l'intermédiaire du disque intervertébral), soit les articulations zygapophysaires (voir ci-dessous). 

​Plusieurs études épidémiologiques se sont intéressées au lien entre arthrose lombaire et lombalgie. Ces études recrutent un certain nombre de participants et leur font passer des questionnaires ainsi que des examens complémentaires.

La majorité arrivent à la conclusion qu'il n'existe pas de corrélation satisfaisante entre les deux.

La sévérité des modifications repérées à l'imagerie n'est pas proportionnelle à l'intensité de la douleur ! Autrement dit, vous pouvez avoir une douleur intense sans aucune arthrose, tout comme vous pouvez n'avoir aucun symptôme alors que vous présentez une arthrose importante.

​La fameuse Imagerie Par Résonance Magnétique

Nous savons également que les personnes qui n'ont pas mal au dos ont pourtant des "anomalies" lorsqu'on leur fait passer un IRM.

Par exemple, 1 personne de 50 ans sur 3  qui n'ont pas mal au dos présente de l'arthrose au niveau des articulations zygapophysaires. 

À 60 ans, cela passe à 1 personne sur 2 !

Ces personnes n'ont pas de douleur alors que leur IRM montre des anomalies, et elle n'ont pas plus de chance de développer une lombalgie que les autres

​Prenez un instant pour profiter du contenu gratuit Comprendre Son Dos.

  • check
    ​Un accès exclusif au bonus pour comprendre la douleur
  • check
    ​Un accès à la version complète de "30 questions/réponses sur la sciatique et la cruralgie"
  • check
    (bientôt) 5 vidéos pour vous aider à passer l'action avec des conseils concrets à appliquer dès aujourd'hui
  • check
    Un accès à tous les futurs bonus dès leur sortie

​Donc l'arthrose ne fait pas mal ?

​Ce n'est pas tout à fait cela.

L'arthrose peut parfaitement participer aux symptômes que vous ressentez. Cependant, nous avons de nombreuses raisons de penser que le lien n'est pas aussi clair et direct que nous le pensions.

​Les changements observés à la radio ou à l'IRM (tels que l'arthrose) doivent évidemment être pris en compte, mais ils ne représentent qu'une seule pièce d'un grand puzzle. Rappelez-vous que plus la douleur persiste, moins elle est liée à un problème unique.  En cas d'arthrose sévère, des ostéophytes peuvent irriter certaines racines nerveuses et participer aux symptômes.

​Il existe des moyens de savoir si votre arthrose contribue ou non à vos symptômes. Un bilan par un professionnel de santé permet d'évaluer les facteurs qui sont à l’œuvre dans votre cas. ​

Si vous en avez et si elle contribue effectivement à vos symptômes, il existe de nombreuses choses à mettre en place pour se sentir mieux.

Celles et ceux qui adaptent leur style de vie, leur activité physique, et même leur gestion du stress, voient leur douleur et leur raideur diminuer efficacement. Pourtant, rien n'a changé au niveau du cartilage...

​Votre corps est résiliant et adaptable

​Je ne le répéterai jamais assez.

Votre corps n'est pas une machine qui s'use progressivement jusqu'à partir à la casse ! C'est un organisme vivant qui s'adapte à son environnement et qui possède des capacités d'auto-guérison étonnantes.

​Votre corps n'est pas une machine...

​Les modifications arthrosiques sont une marque du temps et des contraintes qui sont passées par là. Elles peuvent même être utiles : les ostéophytes qui se développent parfois aident à répartir les contraintes au niveau des vertèbres.

​Greg Lehman compare les changements tels que l'arthrose à des "rides de l'intérieur". Notre visage se ride en vieillissant. Devient-il pour autant douloureux ? Faut-il arrêter de sourire ? 🙂

​... c'est un jardin

​Quelques sources

P. Goode, S. Carey, M. Jordan, Low Back Pain and Lumbar Spine Osteoarthritis : how are they related ? Curr Rheumatol Rep. 2013 February ; 15(2): 305

Videman T, et al. Associations between back pain history and lumbar MRI findings. Spine. 2003.

Kalichman L, et al. ​Facet joint osteoarthritis and low back pain in the community-based population, Spine 2008

Brinjikji W & al. Systematic literature review of imaging features of spinal degeneration in asymptomatic populations. American Journal of Neuroradiology 2015, 36 :811–816

Continue Reading

30 questions/réponses sur la sciatique et la cruralgie

​Au programme

​1) Qu'est-ce que la sciatique ?

2) Qu'est-ce que la cruralgie ?

3) Qu'est-ce qui peut provoquer ces symptômes ?

4) Dois-je me faire opérer ?

​5) Dois-je passer une radio ou un IRM ?

6) Je me suis déjà fait opérer et j'ai toujours ces douleurs , pourquoi ?

7) Combien de temps cela peut-il prendre pour disparaitre ?

​8) Pourquoi la douleur descend-elle plus ou moins bas en fonction des jours ?

9) Pourquoi la douleur irradie-t-elle dans des nouveaux endroits ?

10) Quels mouvements dois-je éviter ?

11) Quelle activité physique puis-je faire ?

12) Que puis-je faire pour diminuer la sensibilité du nerf ?

13) J'ai mal depuis longtemps et de plus en plus : ma colonne vertébrale s'abime-t-elle de plus en plus ?

14) Est-ce que ma sciatique/cruralgie dépend du stress ?

15) Devrais-je essayer des thérapies alternatives ?

​16) Que peut faire mon kinésithérapeute ?

​17) Dois-je prendre des médicaments ?

​18) Faut-il faire craquer mon dos ?

19) Dans quelle position dormir ?

20) Pourquoi est-ce que je ressens des fourmillements/picotements/décharges même sans bouger ?

​21) Dois-je me tenir droit pour avoir moins mal ?

​22) Est-ce que la marche est utile pour diminuer la douleur ?

​23) Dois-je mettre du chaud ou du froid ?

​24) Est-ce que cela peut être grave ?

25) Est-ce que les infiltrations sont efficaces ?

26) Peut-on avoir une sciatique des deux côtés ?

27) Est-ce que j'ai une sciatique/cruralgie a cause de mon hyperlordose/scoliose ?

28) ​Est-ce qu'aller à la piscine est utile pour avoir moins mal ?

29) Est-ce que le nerf sciatique ou crural peut se coincer ?

30) Est-ce qu'un surpoids participe au problème ?

​1) Qu'est-ce que la sciatique ?

Le terme de "sciatique" n'est pas un terme médical, et il est utilisé à tort et à travers. Sciatique est le nom d'un nerf, rien de plus.

Ce que l'on désigne habituellement par "sciatique" est une douleur provoquée par une sensibilisation du nerf sciatique. Ce nerf est issu des racines nerveuses L4, L5, S1 et S2.

Le terme correct est "sciatalgie".  Elle peut suivre différents trajets qui ont en commun de descendre plutôt derrière la fesse et le long de la jambe, parfois jusqu'au pied. Vous pouvez également n'avoir mal que sur une partie de ce fameux trajet (on parle alors de sciatique tronquée).

Il existe une autre entité qui s'abrite parfois sous ce terme parapluie : la radiculopathie. Lorsque le nerf sciatique est comprimé, la transmission des influx nerveux peut être altérée, et la fonction du nerf est dégradée. Il en résulte dans un premier temps une perte de sensibilité cutanée dans les zones innervées par ce nerf . Dans un second temps, on observe une perte de force musculaire au niveau de certains muscles : les muscles releveurs du pied lorsque l'atteinte porte sur les fibres nerveuses issues de l'étage L4-L5 (d'où le "pied tombant"), ou le muscle triceps sural alias le mollet, lorsqu'il s'agit de S1 (impossible alors de monter sur la pointe du pied).

La radiculopathie est différente de la sciatalgie, même si les deux peuvent coexister !

2) Qu'est-ce que la cruralgie ?

​La cruralgie est une douleur provoquée par une sensibilisation du nerf fémoral (anciennement appelé nerf crural, d'où le nom). Le nerf fémoral naît des racines nerveuses L2, L3 et L4.

Cette fois-ci, le trajet de la douleur se dirige en avant de la hanche pour descendre le long de la face antérieure de la cuisse, ​parfois légèrement vers l'intérieur de la cuisse. La douleur ne descend pas plus bas que le genou dans la grande majorité des cas.

Il existe également la radiculopathie L2, L3 ou L4, qui provoque des déficits sensitifs et moteurs.

3) Qu'est-ce qui peut provoquer ces symptômes ?

​Dans la plupart des articles, il est fait un lien direct entre ces douleurs et une compression nerveuse par une hernie discale au niveau de la colonne vertébrale. Sachez que cette compression nerveuse n'est ​qu'un facteur parmi d'autres.

​Une compression de la racine nerveuse par une hernie discale peut participer à la douleur, SURTOUT s'il y  a inflammation.  Sans inflammation, la compression peut être asymptomatique.

​En cas d'arthrose, des ostéophytes (sortes d'excroissances osseuses que le corps développe pour mieux répartir les contraintes) peuvent également irriter les racines nerveuses.

Des mouvements répétitifs peuvent ​générer des contraintes de manière répétée sur le système nerveux, ce qui peut également le rendre plus sensible. Par exemple, des flexions de hanche répétée de grande amplitude peuvent sensibiliser le nerf sciatique qui est mis en tension à chaque fois, surtout s'il n'en a pas l'habitude.

​Les nerfs ont des rapports assez étroits avec certains muscles. Des contractions intenses et/ou répétées de certains muscles peuvent donc​ participer à la sensibilisation. Le lien le plus connu et cité est évidemment la proximité entre le nerf sciatique et le muscle piriforme, au milieu de la fesse. 

D'autres causes en pagaille : piqûre dans la fesse qui touche le nerf sciatique, compression par la tête du foetus lors de la grossesse, tumeur du plancher pelvien (très très rare, je ne fais que le citer).

​Dans tous les cas, n'oubliez pas que ce ne sont que des facteurs parmi d'autres, et qu'il est possible de ne plus avoir mal même s'il y a toujours un contact entre une structure et le système nerveux !

4) Dois-je me faire opérer ?

​​​​La chirurgie en cas de sciatalgie/cruralgie est la dernière option, quand tous les traitements pertinents ont été essayés et se sont soldés par un échec au bout de plusieurs mois.

Il n'y a normalement que deux indications à la chirurgie :  

- Perte de force musculaire importante et/ou progressive : cela témoigne d'une compression sévère et évolutive du système nerveux, dans ce cas pas de temps à perdre.

- Syndrome de la queue de cheval : cela témoigne également d'une compression sévère, cette fois-ci des racines nerveuses descendant dans le canal vertébral (au centre des vertèbres puis du sacrum). Les signes sont évocateurs : anesthésie de la région génitale, incontinence ou au contraire difficulté à uriner/déféquer, perte de force importante,... L'une des rares urgences chirurgicales.

​La troisième indication, discutée et à ne pas prendre à la légère, est donc l'échec des autres traitements au bout de plusieurs mois de prise en charge adaptée.

5) Dois-je passer une radio ou un IRM ?

​Je vous invite à lire l'article sur le sujet pour avoir la réponse détaillée. 

En résumé, il est probable que vous n'ayez pas besoin de radio ou d'IRM.

Les examens complémentaires devraient être utilisés quand:

- vous présentez des signes de compression sévère du système nerveux (cités dans la réponse précédente).

- vous présentez des signes pouvant évoquer une pathologie nécessitant un traitement spécifique (fracture, infection, cancer,..).

Cela parait contre-intuitif, mais le fait de faire des examens complémentaires de façon injustifiée peut avoir des effets néfastes, à cause de l'effet nocebo induit par les résultats.

6) Je me suis déjà fait opérer et j'ai toujours ces douleurs , pourquoi ?

​L'opération permet d'enlever la compression de la racine nerveuse, mais comme dit précédemment ce n'est qu'un facteur parmi tant d'autres. Le nerf sciatique ou le nerf fémoral peuvent rester sensibilisés par d'autres facteurs tels que ceux cités dans la question 4, le stress, l'anxiété, la sédentarité,...

Il faut savoir que si la douleur est présente depuis longtemps (plusieurs mois/années), alors elle ne disparait pas du jour au lendemain. C'est probablement le cas si vous vous êtes fait opéré.

Votre système nerveux est devenu de plus en plus fort pour créer cette même douleur, et maintenant il lui faut du temps pour dés-apprendre tout cela.  Cela reste POSSIBLE, vous n'avez pas à vous coltiner cela toute votre vie.

7) Combien de temps cela peut-il prendre pour disparaitre ?

​Cette durée est différente pour chaque personne, car elle dépend de l'ensemble des facteurs qui contribuent à votre douleur.

S'il s'agit d'une douleur aigüe (quelques semaines tout au plus), alors les études suggèrent qu'elle disparaitra rapidement dans la majorité des cas ! Bonne nouvelle !

​En cas de douleur chronique (plus de trois mois), le système nerveux s'est adapté et cela prend un peu plus de temps pour qu'il revienne à son état antérieur. Globalement, plus la douleur est ancienne, plus elle mettra du temps à partir.

Le plus important à retenir est que votre corps reste capable de s'adapter et de se modifier même si vous avez mal depuis des années : c'est la bioplasticité.

 Une progression lente n'est pas un signe d'échec ! Pour ce genre de souci, il n'existe malheureusement pas de solution miracle.  Plusieurs mois, un an, deux ans,... sont parfois nécessaires pour se débarrasser d'uns sciatalgie/cruralgie tenace.

8) Pourquoi la douleur descend-elle plus ou moins bas en fonction des jours ?

​Vous avez peut-être remarqué que la douleur descend plus ou moins bas dans la jambe certains jours. Peut-être même en fonction des mouvements (c'est l'un des critères d'évaluation de la méthode McKenzie).

Nous savons maintenant que plus la douleur descend bas, plus le nerf est irrité.  A contrario, moins le nerf est irrité, plus la douleur se rapproche de la colonne (on dit qu'elle se centralise).  Ce phénomène peut être assez déroutant car il dépend de nombreux facteurs, pas uniquement de la compression.

Si vous passez une sale journée, pleine d'anxiété et de stress, vous remarquerez peut-être que la douleur s'aventure plus loin que d'habitude. Rien n'aura changé au niveau de la compression du tissu nerveux.

9) Pourquoi la douleur irradie dans de nouveaux endroits ?

​Un autre phénomène très déroutant, dont peu de monde parle dans les articles.

Lorsqu'une douleur telle qu'une sciatalgie ou une cruralgie persiste dans le temps, il est possible que la douleur s'étende à des territoires qui n'appartiennent pourtant pas au nerf irrité. Il est tentant de se dire : "J'ai aggravé mon cas, je me suis fait une autre blessure, etc", pourtant ce n'est probablement pas le cas. 

​Les messages qui transitent par les nerfs sciatiques et fémoraux pénètrent la moelle épinière avant de remonter vers le cerveau. Lors de cette entrée dans la moelle épinière, ils côtoient d'autres neurones qui sont responsables d'une autre partie de la jambe, et qui n'ont rien demandé !

L'excitation constante d'un groupe de neurones peut finir par sensibiliser les neurones adjacents. De plus, votre cerveau finit par s'intéresser de plus près à ce qu'il se passe en bas, et décide de réveiller toute cette section de la moelle épinière.  

Vous pouvez alors ressentir des symptômes dans une partie de la jambe qui ne correspond pas au nerf initialement irrité.

10) Quels mouvements dois-je éviter ?

​En soi, très peu de mouvements sont mauvais pour la colonne vertébrale. Un ​geste ne devient néfaste que lorsque son intensité, son amplitude, ou sa fréquence excède ce que vous pouvez supporter à un instant t.

Néanmoins, si vous souffrez de sciatalgie ou de cruralgie, force est de constater que votre système nerveux vous rappelle à l'ordre dès que vous tentez de bouger librement. Je distingue deux stratégies principales :

- La première est celle de l'exposition graduelle. Vous ne supportez plus tel ou tel mouvement, alors vous vous y ré-exposez très progressivement, pour permettre à votre corps de mieux le supporter.

De la même manière que l'on traite une allergie par exposition graduelle à l'élément allergène, il est possible d'améliorer la tolérance du corps à un mouvement en le ré-introduisant suffisamment progressivement.

- La deuxième est d'éviter temporairement les mouvements et les positions douloureuses. Parfois, il est préférable de faire un pas en arrière, pour mieux pouvoir avancer ensuite. L'idée est retourner ensuite à la première stratégie.

​Une prise en charge avec un professionnel de santé spécialisé (un kinésithérapeute formé) vous permet de faire les bons choix et de mettre toutes les chances de votre côté.

11) Quelle activité physique puis-je faire ?

​L'activité physique possède une myriade d'effets bénéfiques pour le corps qu'aucun médicament ne peut apporter.

La durée et la fréquence importent beaucoup plus que le type d'activité physique. L'idéal est de pouvoir réaliser une activité physique qui vous plaît, car vous aurez beaucoup plus de motivation pour la pratiquer ! Ce n'est malheureusement pas toujours possible, alors voilà quelques propositions en fonction des positions que vous supportez:

- Si vous préférez la flexion (avoir le bas du dos arrondi), le vélo est une possibilité intéressante.

-Si vous préférez l'extension (avoir le bas du dos bien droit), vous pouvez essayer la marche, la natation ou encore le vélo elliptique.

Là encore, un professionnel de santé sera plus à même de vous conseiller de manière personnelle. Vous avez peut-être un sport ou une activité favorite qui n'est ni la marche, le vélo ou la natation, et vous voulez savoir si vous pouvez continuer à le/la pratiquer. Vous avez tout à fait raison ! Demandez conseil à un professionnel de santé formé à ce sujet.


Accéder à la suite (en une minute top chrono)

​En vous inscrivant ci-dessous, vous accédez gratuitement à la​ version complète de cet article, au bonus sur la douleur et à d'autres quiz ! 

Si vous faites déjà partie de la communauté Comprendre Son Dos, pas besoin de ré-entrer votre mail : vous avez déjà reçu votre lien d'accès. N'oubliez pas de vérifier dans vos indésirables​.

Votre mail n'est donné à personne et vous ne recevrez pas de spam, promis !

Faut-il réellement garder le dos droit quand on soulève un objet ? (La grande im-posture partie 3)

Bonjour à tous,

Cet article clôt la série « La grande im-posture  » dédiée aux idées reçues associées à la posture. Après nous être intéressés à la posture de manière générale ( Faut-il vraiment se tenir droit ? puis une analyse des accessoires correcteurs de posture), nous nous attaquons à un gros morceau  :

Faut-il réellement garder le dos droit quand on soulève un objet ?

Devons-nous faire attention tout le temps, ou seulement dans certaines situations ?

Garder le dos droit est-il suffisant pour ne pas se blesser ?

J’apporte des éléments de réponse dans un article publié en collaboration avec BodyScience, un blog dédié à la recherche scientifique sur le corps humain et la santé.  Je remercie François Grandemange pour m’avoir permis de publier sur son blog !

 

Je vous invite dès maintenant à découvrir l’article ici : http://www.bodyscience.fr/?Faut-il-reellement-garder-le-dos

 

 

​Prenez un instant pour profiter du contenu gratuit Comprendre Son Dos.

  • check
    ​Un accès exclusif au bonus pour comprendre la douleur
  • check
    ​Un accès à la version complète de "30 questions/réponses sur la sciatique et la cruralgie"
  • check
    ​5 vidéos pour vous aider à passer l'action avec des conseils concrets à appliquer dès aujourd'hui
  • check
    Un accès à tous les futurs bonus dès leur sortie

Doit-on se tenir droit ? (La grande im-posture partie 1)

Le rôle de la posture dans le mal de dos est sujet à débat depuis de nombreuses années. Il est communément admis que nous devrions nous tenir droit pour protéger notre dos et éviter les douleurs. Cette croyance amène de très nombreuses personnes, y compris des personnes sans problème particulier, à mener une lutte sans merci contre leur « mauvaise posture ».

Nous avons aujourd’hui de bonnes raisons de penser que cette idée reçue ne correspond pas tout à fait à la réalité, et que la relation entre posture et douleur est beaucoup plus obscure qu’on ne le pense. Cette quête sans fin de la « posture idéale » peut même avoir des effets négatifs (et c’est en particulier ce dernier point qui me motive à écrire un article sur le sujet).

Ce sujet est très, trèèèèèèèès riche et cet article sera aussi synthétique que possible, pour ne pas s’éparpiller :).

Messages-clés (pour les flemmards pressés)

  • Il n’existe pas une unique bonne posture, toute droite, tout le temps.
  • Une « bonne » posture est efficiente (efficace à moindre coût) et adaptée à l’activité réalisée.
  • Toute posture maintenue longtemps devient désagréable: le problème provient surtout du manque de mouvement.
  • S’asseoir avachi(e) ou se pencher en avant n’est pas dangereux, même si vous avez une hernie.
  • Il existe beaucoup de raisons de se tenir droit sans rapport à la douleur : une meilleure respiration, une plus belle image sociale, une stature plus imposante, plus assurée…
  • Stigmatiser des postures comme « mauvaises » crée un effet nocebo qui tend à créer plus de problèmes que cela n’en résout.

Peut-on parler de bonne ou mauvaise posture ?

En voilà un qui ne doit jamais avoir mal au dos !

En général, lorsqu’on cherche à comprendre ce qui est perçu comme une « mauvaise posture », on s’aperçoit rapidement que toutes les positions qui dévient de la rectitude, de la position érigée, sont considérées comme potentiellement dangereuses. Il faudrait donc se tenir droit le plus souvent possible. Vraiment ?

Aujourd’hui, beaucoup de spécialistes remettent sérieusement en question le concept de « mauvaise posture ». Étonnant, non ? Trois points pour commencer :

  • Le dos est SOLIDE. Il possède de formidables capacités d’adaptation, et peut tolérer de nombreuses postures différentes sans s’abîmer, contrairement à une croyance largement répandue. De plus, le dos n’est pas une machine : il ne s’use pas au fur et à mesure que vous l’utilisez, comme une voiture ou un simple outil. Il fait partie d’un organisme vivant hautement complexe (vous), capable d’auto-réparation et d’adaptation.

 

  • Nous avons de bonnes raisons de penser que les douleurs sont dues au manque de mouvement plutôt qu’à la position en elle-même. Faites-en l’expérience : tenez vous dans la position que vous jugez idéale, et restez-y. Il y a fort à parier que vous en ayez marre au bout d’une minute, et pour cause : toute posture devient désagréable lorsqu’elle est maintenue trop longtemps. Le garde londonien ci-dessus s’en est sûrement rendu compte…  Lorsque vous ne bougez pas pendant plusieurs minutes, certaines parties de votre corps sont moins bien oxygénées et font remonter cette information au cerveau qui, à son tour, décide s’il faut intervenir ou pas. S’il décide qu’il faut intervenir, alors il génère de la douleur pour que vous bougiez. Rappelez-vous, vous êtes fait pour le mouvement !

 

  • Tout le monde ne réagit pas de la même manière à une posture. Pourquoi est-ce que certaines personnes peuvent rester des heures allongées sur le côté dans leur canapé, alors que d’autres trouvent cette position insupportable ? Plusieurs facteurs peuvent avoir une influence positive sur la douleur (être habitué à la position en question) ou négatives (système nerveux sensibilisé).  Dès lors, le problème ne vient plus de la posture en elle-même, mais de la sensibilité et de tolérance à cette posture.

À droite, vous pouvez admirer des laotiens en pleine cueillette dans leur rizière. Ont-ils plus mal au dos que nous ? Ou se sont-ils habitués à cette position qui en ferait trembler plus d’un ?

 

Une posture n’est mauvaise que si elle est inadaptée à une activité

Je ne suis pas en train de dire que toutes les postures se valent. Il faut remettre chaque posture dans son contexte : chacune reflète une réponse aux différentes forces qui s’appliquent à nous lors d’une activité, les émotions qui nous traversent, et les interactions sociales qui se déroulent.

Le domaine de la posture est animé par de nombreux débats, et il n’existe pas une seule façon de voir les choses. Personnellement, je rejoins plutôt l’hypothèse qu’une mauvaise posture est une posture inadaptée, évitable et non nécessaire. Par exemple, être assis sur une chaise avec un genou replié sous soi remplit ces trois conditions. En revanche, être penché en avant en position assise peut être adapté et nécessaire si l’on réalise un travail de précision qui nécessite de se rapprocher de son travail.

La caractère bon ou mauvais d’une posture dépend de vous (habitudes, forme physique, etc…) et de ce que vous êtes en train de faire. L’idée reçue selon laquelle la seule et unique bonne posture est de se tenir droit est erronée.

Que risque-t-on à « mal se tenir  » ?

Il est possible qu’à présent vous vous disiez : « D’accord, peut-être que sur le moment on a pas forcément mal, mais on le regrette plus tard ! » . Voyons donc quels sont les risques liés aux principales « mauvaises postures » !

Il n’y a pas de lien entre la courbure cervicale et la douleur ( réf, réf). Si votre tête a tendance à partir en avant, position diabolisée par beaucoup de professionnels, votre courbure cervicale augmente mais ce ne semble pas être le facteur générateur de douleur.

Idem pour la courbure lombaire : pas de lien avec la douleur (réf). Autrement dit, vous pouvez être cambré sans avoir mal !

Attention : vous pouvez évidemment avoir une courbure particulière au niveau du dos ET avoir mal. Simplement, il est faux de dire que c’est la courbure qui provoque la douleur.

Une autre étude n’a pas retrouvé de lien solide entre le fait de s’asseoir de manière avachie et le mal de dos (réf).

En ce qui concerne toutes les postures bizarres dans lesquelles on peut se retrouver (penché sur le côté, assis avec un genou replié,…), le risque principal est d’en ressortir avec des douleurs musculaires. Notamment si vous n’êtes pas habitués à cette position. Il s’agit la plupart du temps d’une posture inadaptée, non nécessaire et évitable ! Les conséquences n’en sont que temporaires.

je peux pas, j’ai hernie…

Deux disques en pleine évasion

Les modèles avec deux ou trois vertèbres et leurs disques foisonnent sur les bureaux des rhumatologues et des chirurgiens. On y voit des disques très indépendants des corps vertébraux, parfois carrément en dehors de la colonne.

On explique généralement au patient que lorsque la colonne se fléchit vers l’avant, la hernie ressort encore plus vers l’arrière, et qu’il faut donc éviter ce mouvement. Des explications très rassurantes, n’est-ce pas ?

Les disques intervertébraux sont des structures solides, fermement ancrées dans la colonne, même lorsqu’ils présentent une hernie. Cette hernie ne bouge pas au gré des mouvements. Elle ne rentre pas dans le disque quand vous vous redressez, et ne ressort pas davantage lors d’une flexion. Pourquoi est-ce que j’ai mal quand je me penche en avant alors ? Très bonne question, qui méritera sûrement un article à elle seule.

En définitive, vous n’aggravez pas votre hernie lorsque vous vous asseyez de manière détendue, ou si vous vous penchez vers l’avant.

Pourquoi se tenir droit reste une bonne chose

Il existe de nombreuses raisons de se tenir droit sans rapport avec la douleur :

  • La respiration : Se tenir relativement droit permet une meilleure amplitude thoracique et une mécanique diaphragmatique optimale.
  • L’esthétique : Nous voulons tous avoir l’air plus grands, plus dignes, plus minces… C’est aussi pour cela que nous cherchons sans arrêt à nous grandir. L’image du bossu de Notre-Dame fait rarement rêver.
  • Les relations sociales : Certaines professions, par exemple, appellent à un rôle de domination qui passe nécessairement par la posture. Imaginez-vous un patron donner des directives en étant voûté et en regardant vers le sol ?
  • Les émotions : Chose étonnante, la posture dans laquelle vous vous trouvez influence les émotions que vous ressentez. Adopter une posture fermée et voutée augmentera plutôt votre stress et vos émotions négatives, tandis qu’une posture ouverte, détendue et redressé aura l’effet inverse. Vous l’avez peut-être deviné : un cercle vicieux peut facilement se développer ici. À ce sujet, je vous conseille ce très bon TED Talk . Il est raisonnable de penser qu’une diminution temporaire du stress peut permettre à son tour de diminuer temporairement la douleur. Alors cela vaut le coup d’essayer : arborez une posture fière et souriez à la vie ! 😉

Pourquoi cela ne doit pas devenir une obsession

Le revers de la médaille, c’est que les messages appelant à adopter une position droite sont légion. Il suffit de se plonger dans un magazine de santé, de se rendre à son cours de Pilates préféré ou encore de chercher des informations sur le net (quelle idée…) pour le constater. Les exercices posturaux, à base de contraction des abdominaux et d’auto-grandissement se multiplient à vitesse grand V.

Quelles conséquences cela peut-il bien avoir ?

  • De la raideur : Faisons une expérience : d’abord, faites bouger votre poignet dans tous les sens. Maintenant serrer le poing, et refaites l’expérience en gardant le poing serré. Est-ce facile, souple et confortable ? Seriez-vous capable d’utiliser vos mains de manière efficace en les gardant toujours contractées ? Bien sûr que non. Pourtant beaucoup d’entre nous avons tendance à faire la même chose avec notre dos : rentrer le ventre, contracter les muscles du dos, ramener les épaules en arrière… Il est nettement plus agréable de bouger son dos en étant détendu 🙂
  • De l’inconfort : Rester dans une même position de façon prolongée est désagréable. Cela peut devenir carrément douloureux si vous tentez de rester « droit » coûte que coûte, dans une situation où vous seriez naturellement penché. Lorsque vous gardez les muscles de votre dos contractés longtemps, ils finissent par manquer d’oxygène. Ils le signalent au cerveau qui vous le fera comprendre à sa manière, par de l’inconfort, pour que vous changiez quelque chose à la situation.
  • De la frustration : Votre posture actuelle est le fruit de (plus ou moins) nombreuses années de vie, d’activité, d’adaptation, etc.. Elle reflète qui vous êtes, votre personnalité et vos émotions. Il est par conséquent très difficile de la changer ! Un travail de longue haleine, avec des effets indésirables importants, pour une récompense très, très incertaine.. Cela vaut-il le coup d’essayer ? Le débat reste ouvert, personne ne détient la réponse à cette question !
  • De la douleur : Les croyances influencent énormément la douleur. Si vous êtes convaincus qu’être assis est mauvais pour votre dos, alors il est probable que vous ressentiez de la douleur lorsque vous êtes dans cette position. Les messages diffusés massivement dans les médias et dans votre entourage (« Il ne faut pas se tenir penché », « Vous risquez d’abîmer votre dos »,…) ont en fait un effet nocebo (l’inverse de l’effet placebo) !  Dans un contexte de lombalgie ou de cervicalgie chronique, les croyances sont parfois un facteur prépondérant dans la genèse de la douleur. Avoir peur de se pencher ou d’être assis de manière « avachie » aggrave le problème. Considérer son dos comme une structure solide et lui faire confiance vous fait progresser dans le bon sens.

Intéressé(e) par le sujet ?

Découvrez la suite de cette série d’articles, à propos du tee-shirt correcteur de posture Percko :  Les accessoires correcteurs de posture : révolution ou effet de mode ?

Quelques sources (pour les curieux ET anglophones)

Pain Science – Posture correction : does it matter ? https://www.painscience.com/articles/posture.php

Cheryl Lee – Bullshit about posture causes pain and suffering http://www.huffingtonpost.co.uk/cheryl-lee/bullshit-about-posture-ca_b_17319358.html

​Prenez un instant pour profiter du contenu gratuit Comprendre Son Dos.

  • check​Un accès exclusif au bonus pour comprendre la douleur
  • check​Un accès à la version complète de « 30 questions/réponses sur la sciatique et la cruralgie »
  • check(bientôt) 5 vidéos pour vous aider à passer l’action avec des conseils concrets à appliquer dès aujourd’hui
  • checkUn accès à tous les futurs bonus dès leur sortie

Oui, je veux recevoir mon contenu gratuit

5 idées reçues sur la lombalgie chronique

Aujourd’hui, je vous présente un article plus court afin de résumer cinq points que j’ai abordés dans mes premiers articles, à propos de cinq idées reçues sur la lombalgie.

Gardez en tête que ces points concernent notamment les maux de dos chroniques ou récidivants, même s’ils sont souvent vrais pour les douleurs aigües également.

Numéro 1 : La douleur signifie forcément qu’il y a une blessure ou un problème dans le corps
Motif de la consultation : mal de tête

Il existe de nombreuses situations dans lesquelles nous ne ressentons pas de douleur alors que quelque chose d’anormal se passe dans notre corps, et également de nombreux cas dans lesquels nous avons mal alors que nous ne sommes pas blessés.  De nombreuses informations sont prises en compte par le cerveau lorsqu’il décide de générer de la douleur, y compris des informations qui ne proviennent pas des tissus, d’où l’existence de telles situations.
L’intensité de la douleur ressentie est mal corrélée à l’intensité des « blessures » présentes.

Pour mieux comprendre cette notion et ses implications, voir l’article Ne recherchez plus de traitement miracle !

Numéro 2 : La douleur, c’est dans la tête
Une représentation précise des phénomènes à l’oeuvre

Cet adage laisse entendre que la douleur n’existe pas réellement et qu’il suffirait presque de ne pas y  « croire » pour qu’elle cesse. Bien que la douleur soit toujours une décision du cerveau, cela ne veut pas dire pour autant qu’il s’agit juste d’un fruit de l’imagination. Toute douleur est réelle. Disons que la douleur est fortement influencée par ce qu’il y a dans votre tête :).

Pour en savoir plus sur les liens entre psychologie et douleurs, voir La douleur c’est dans la tête ?

Numéro 3 : Il faut trouver et traiter LA cause pour que tout s’arrange
Nom de Zeus !

Si vous avez mal depuis plusieurs mois ou même plusieurs années, il est fort probable qu’il n’existe plus de cause unique à votre douleur. De nombreux thérapeutes et/ou commerciaux entretiennent la croyance selon laquelle votre douleur est due à UNE chose en particulier, pour mieux vendre leurs services. En vérité, plusieurs choses entrent en jeu et vous êtes le principal acteur de votre changement !

De nouveau, rendez-vous sur Ne recherchez plus de traitement miracle ! pour approfondir le sujet, dans cet article très personnel.

Numéro 4 : Si on a mal au dos en faisant quelque chose, il faut arrêter complètement cette activité pour ne pas abîmer son dos.
Lui n’a pas arrêté son activité favorite…

Étant donné que la douleur ne signifie pas que vous êtes en train d’abîmer votre dos, il n’y a pas de raison d’arrêter complètement une activité pour cette raison. Un repos excessif a des conséquences négatives sur le corps et l’esprit. Reprendre progressivement ses activités en les adaptant semble être la meilleure manière de faire face à la douleur. Cela représente souvent un défi de taille, mais qui vaut la peine d’être relevé !

Pour les conséquences du repos excessif, voir Faut-il se reposer quand on a mal ? et plus généralement la trilogie « No Pain No Gain ? ».

Numéro 5 : Dans la plupart des cas, la douleur s’explique par une anomalie retrouvée par un examen complémentaire (radiographie, IRM,…).
Duh !

Les douleurs au dos sont effectivement expliquées par une anomalie à l’imagerie (telle qu’une hernie, de l’arthrose, etc..) dans 5 à 10% des cas. On est loin de « la plupart des cas » !

 

Pas encore d’article à ce sujet, même si j’en parle dans Quand faut-il réellement s’inquiéter ?  .

 

À bientôt.

Eric

​Prenez un instant pour profiter du contenu gratuit Comprendre Son Dos.

  • check
    ​Un accès exclusif au bonus pour comprendre la douleur
  • check
    ​Un accès à la version complète de "30 questions/réponses sur la sciatique et la cruralgie"
  • check
    (bientôt) 5 vidéos pour vous aider à passer l'action avec des conseils concrets à appliquer dès aujourd'hui
  • check
    Un accès à tous les futurs bonus dès leur sortie

Quand faut-il réellement s’inquiéter ?

Le mal de dos peut-il être grave ?

Bonjour à tous,

Ceci est un article ESSENTIEL avant de passer à la suite.

Au fil des articles, vous remarquerez que beaucoup de choses seront dédramatisées et relativisées. Pour pouvoir avoir cette approche en toute sécurité, il est indispensable d’être sûrs d’avoir écarté les dangers potentiels.

On estime que 1 à 2% de toutes les lombalgies ont une cause grave qui nécessite un traitement médical spécifique et/ou des examens complémentaires. Il est donc très peu probable que vous rentriez dans cette catégorie. Par précaution, il est obligatoire d’éliminer cette hypothèse avant de passer au reste. C’est d’ailleurs une partie à part entière des examens cliniques (réalisés par les médecins, les kinés, et d’autres professionnels de santé).

Ensuite, 5 à 10% de toutes les lombalgies ont une cause anatomique identifiée qui correspond bien aux symptômes.

Les 90% qui restent n’ont pas de cause anatomique identifiée (mais qu’est-ce qui fait mal alors ? Articles à venir...).

Le petit détail

Avant toute chose, faisons la distinction entre deux entités:

  • Les symptômes : ce sont les choses que vous ressentez, dont vous vous plaignez, dont vous parlez au médecin et qui vous conduisent à aller le consulter.

Exemple : une céphalée (mal de tête)

  • Les signes cliniques : ce sont les choses que les professionnels de santé vont évaluer lors de leur bilan clinique, grâce à diverses techniques et outils de mesures.

Exemple : la traditionnelle vérification des réflexes patellaires, quand le médecin vient percuter le tendon juste sous la rotule en position assise.

Je tiens à souligner la nuance entre les deux pour une raison très simple. Vous êtes par définition les plus compétents pour définir vos symptômes : il s’agit de votre ressenti ! En revanche, la recherche des signes cliniques nécessite une expertise médicale. C’est le boulot des professionnels de santé.

Dans cet article, je donnerai autant que possible des symptômes à rechercher. Vous risqueriez de mal interpréter les signes et de vous alarmer inutilement.

Enfin, il existe de nombreux éléments dans l’histoire de votre douleur qui peuvent aiguiller les praticiens vers un diagnostic particulier. Ils seront inclus dans la liste.

Le but de l’article

Aujourd’hui, l’objectif est de vous fournir une liste non exhaustive des éléments qui nécessitent une consultation médicale, car étant potentiellement révélateurs d’une pathologie à traiter.

Cet article peut éventuellement mettre « la puce à l’oreille » à certaines personnes qui rechigneraient à consulter un médecin. Il peut également attirer l’attention sur un élément que vous auriez omis de mentionner à votre médecin.

Je fais le choix de ne pas relier chaque élément à une ou plusieurs pathologies en particulier, parce que cela risquerait fortement d’effrayer inutilement une partie d’entre vous. De plus, le diagnostic médical est, comme son nom l’indique, l’affaire du médecin.

Attention

Cet article ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale. Si quelque chose vous inquiète, si vous avez peur de quelque chose, vous devez consulter. Peu importe si l’objet de vos doutes figure dans cet article ou pas. La consultation médicale reste incontournable en ce qui concerne la détection d’une pathologie sous-jacente.

La liste

En rapport avec la sensibilité
  • Perte de sensibilité au toucher, voire anesthésie, dans la région génitale, fessière et/ou péri-anale.
En rapport avec les caractéristiques de la douleur
  • Douleur ne disparaissant pas au repos allongé sur le dos, voire qui empire.
  • Forte augmentation de la douleur la nuit, empêchant le sommeil
  • Besoin de plus d’une heure pour se « dérouiller » le matin et faire diminuer la douleur ainsi que la sensation de raideur.
  • Douleur très forte irradiant jusqu’au-delà du genou
  • Pas de soulagement même avec des médicaments anti-douleur type morphine
  • Douleur augmentée à la toux, à la défécation, ou lors de la  manœuvre de Vasalva  .
En rapport avec l’histoire de la douleur
  • Perte de poids récente non expliquée
  • Altération de l’état générale (amaigrissement, anorexie, fatigue importante)
  • Fièvre non expliquée
  • Traumatisme majeur (chute, choc direct important), ou mineur pour les personnes âgées ostéoporotiques.
En rapport avec des antécédents ou des caractéristiques personnelles
  • Antécédent récent de tumeur
  • Toxicomanie par voie intraveineuse
  • Antécédent récent d’infection urinaire et/ou d’infection cutanée
  • Antécédent récent d’intervention chirurgicale gastro-intestinale ou génito-urinaire
  • Age inférieur à 20 ans ou supérieur à 50 ans
En rapport avec la force musculaire
  • Perte de force importante au niveau des jambes : difficulté à monter les genoux, à les tendre en position assise, à ramener la pointe du pied vers vous ou à monter sur la pointe des pieds en position debout.
  • Perte de force empirant progressivement au fil du temps
En rapport avec un traitement médicamenteux
  • Prise d’un traitement à base de corticoïdes de manière prolongée, ou d’un autre traitement médicamenteux entrainant un affaiblissement du système immunitaire.
En rapport avec des troubles vésico-sphinctériens et sexuels
  • Apparition d’une incontinence urinaire et/ou fécale, ou au contraire d’une constipation.
  • Dysfonction sexuelle (masculine ou féminine), à relier toutefois à une perte de sensibilité au toucher dans la région génitale et péri-anale.

Conclusion

Tout mal de dos mérite une consultation médicale, afin d’exclure les quelques problèmes sérieux qui peuvent se présenter (dans environ 1% des cas maximum rappelons-le).

Il est important de mentionner à votre médecin la présence d’un des éléments présents dans la liste si jamais ils se vérifient chez vous.

Une fois ces risques écartés, vous pourrez suivre les conseils de vos professionnels de santé et de ce blog avec une dose d’inquiétude en moins :).

A très bientôt.