Partie 7

Les résultats d'examen n'expliquent pas forcément ce que vous ressentez

​Voilà le parcours d'un nombre affolant de  patients qui consultent pour une douleur musculo-squelettique (genou, hanche, dos, épaule,...). Attention, tous les médecins ne sont pas comme cela, je grossis le trait pour décrire une situation qui a besoin de changer dans les années qui viennent.

M. K, 45 ans, a mal dans le bas du dos depuis 2 ans environ, et cela ne l'avait jamais particulièrement gêné jusqu'à récemment. Son rythme de travail a augmenté depuis ​qu'il a quelques ennuis au boulot, et sa lombalgie commence sérieusement à l'enquiquiner.

Il consulte son médecin généraliste, qui après lui avoir vaguement expliqué "qu'il doit avoir un peu trop forcé ces derniers temps", lui prescrit un antalgique et un anti-inflammatoire non-stéroïdien. Au cours des semaines qui suivent, M. K est légèrement soulagé, mais ce n'est pas la folie non plus. Il retourne consulter un mois plus tard.

Cette fois-ci, le médecin lui prescrit une radiographie et un IRM (ils sont plus souvent décalés dans le temps, mais vous n'avez pas envie de tout savoir de la vie de M.K). La radiographie ne montre rien de particulier. L'IRM en revanche... Le diagnostic tombe comme un couperet de la bouche du médecin : "Vous avez une discopathie en L5-S1, cela veut dire que votre disque est abîmé et vous fait mal".


​Je vous laisse repérer au passage les quelques "informations de danger" présentes dans cet extrait.

Quelque chose ne tourne pas rond dans cet exemple. Le professionnel de santé (je ne cible pas les médecins en particulier) se fixe uniquement sur les examens complémentaires pour poser un diagnostic. 

Peut-on réellement se tromper en se fiant à des radios et à des IRM ? Après tout, c'est fiable et précis, non ?

Voilà quelques éléments qui donnent à réfléchir :

  • À 40 ans, une personne sur deux sans aucune douleur présente un bombement discal à l'IRM.
  • ​Seuls 10 à 15% des lombalgies sont directement liées à une anomalie repérée à l'imagerie.
  • De la même manière, on retrouve de nombreuses soit-disant anomalies chez des personnes qui n'ont pas mal au dos.
  • Plus d'un tiers de la population présente des lésions de la coiffe des rotateurs sans avoir mal.
  • Si on fait repasser un IRM à des patients qui ont bénéficé d'une chirurgie de la coiffe des rotateurs ou d'une hernie discale avec succès (ils n'ont plus mal), on verra qu'une partie significative d'entre eux possède de nouveau la même blessure.
  • Des constats similaires ont déjà été faits au niveau du genou, de la cheville, du cou,...

Je ne suis pas en train de dire que les résultats d'examens ne servent à rien. Ils doivent simplement être mis en lien avec un bon examen clinique, avec votre contexte psychosocial et avec l'histoire de vos symptômes pour pouvoir avoir du sens. 

Ce n'est pas tout !

​Ce que l'on voit sur votre IRM n'a même pas besoin de changer pour que vous ayez moins mal. Vous pouvez par exemple conserver votre "discopathie L5-S1" à l'imagerie et ne plus souffrir dans la vie de tous les jours. Vous rejoignez ainsi les 68% de personnes de votre âge (si vous avez 40 ans) qui ont la même chose sans ressentir aucune douleur (un cercle très ouvert, ne vous en faites pas! ).

​Votre progression