Lorsque l’on vous parle de discopathie lombaire, la question qui revient rapidement est la suivante : que faut-il faire pour aller mieux ?
Entre les médicaments, les infiltrations, la kinésithérapie, les manipulations, ou encore la chirurgie, les options ne manquent pas. Facile de s'y perdre ! Cependant, toutes ne répondent pas aux mêmes situations et aux mêmes standards scientifiques et surtout, toutes n’ont pas le même intérêt selon votre profil et l’évolution de vos symptômes.
Avant d’entrer dans le détail, il est important de rappeler un point essentiel : la présence d’une discopathie à l’IRM ne permet pas, à elle seule, de déterminer le traitement à mettre en place.
Dans cet article, nous allons donc passer en revue les différentes options disponibles, leurs indications, leurs limites, et ce que vous pouvez en attendre concrètement. L’objectif est de vous aider à y voir plus clair, pour mieux comprendre les choix qui peuvent vous être proposés par les professionnels de santé.
Résumé de l'article
Rappel : une discopathie n’explique pas toujours la douleur
Parler des traitements de la discopathie pourrait être mal interprété. Je veux clarifier deux points importants.
Comme nous l'avons vu dans l'article précédent, une discopathie n'explique pas nécessairement la douleur. Parfois, ce sont plutôt d'autres facteurs qui sont responsables du problème.
Par ailleurs, les traitements proposés en cas de dégénérescence discale visent plus à diminuer la douleur et à améliorer vos capacités physiques qu'à changer l'état de votre disque intervertébral.
L'évolution de vos symptômes et de votre capacité physique n'est pas bien corrélée à l'évolution de vos disques. Vous pourriez ressentir une différence énorme dans vos sensations et dans votre capacité à bouger, quand bien même l'état de vos disques n'aurait pas bougé d'un iota.
Faut-il forcément traiter une discopathie ?
Lorsqu’une discopathie lombaire est identifiée, il est tentant de vouloir “la traiter” directement, comme s’il s’agissait d’un problème à corriger en soi.
En pratique, ce n’est pas la présence d’une discopathie qui guide la prise en charge, mais les symptômes que vous ressentez et leur impact sur votre quotidien. On ne traite pas une discopathie mais une personne dans sa globalité.
Dans certains cas, aucun traitement spécifique n’est nécessaire. Les douleurs peuvent diminuer spontanément, ou s’améliorer en adaptant temporairement ses activités.
Dans d’autres situations, vous avez besoin d'aide pour traverser cette période douloureuse. Diverses options peuvent alors vous être proposées, avec des rôles complémentaires :
- certaines visent à soulager la douleur et/ou l'inflammation à court terme (médicaments, infiltrations)
- d’autres ont pour objectif de favoriser un retour progressif à l’activité (rééducation, exercices), tout en ayant elles-mêmes un effet antalgique.
- plus rarement, certaines interventions chirurgicales sont envisagées dans des situations bien spécifiques
L’enjeu est donc moins de “traiter la discopathie” que de choisir les approches les plus adaptées à votre situation, en tenant compte de tous les facteurs qui participent à vos douleurs.
Dans les sections suivantes, nous allons détailler ces différentes options pour mieux comprendre ce que vous pouvez en attendre.
Traitement médicamenteux en cas de discopathie
Antalgiques et anti-inflammatoires : Quels médicaments sont efficaces ?
Les médicaments visent habituellement à soulager la douleur et éventuellement à diminuer l'inflammation. Il n'y a pas, à ma connaissance, de médicaments qui agissent sur la discopathie.
Les recommandations actuelles sont d'utiliser la plus petite dose possible et le moins longtemps possible. (HAS 2019) Il est possible que les opioïdes finissent par augmenter la douleur, en sensibilisant davantage le système nerveux.
Les médicaments sont-ils inutiles s'ils ne font que masquer le symptôme ?
L'efficacité des médicaments est modeste, et ils visent à traiter un symptôme : la douleur. Sont-ils pour autant inutiles ?
Ce ne sont effectivement pas les médicaments qui vont régler votre problème. Cependant, un traitement antalgique au début d'un épisode douloureux (un lumbago par exemple) peut permettre d'atténuer la douleur et faciliter la poursuite des activités quotidiennes.
De plus, une forte intensité des douleurs et un sentiment de manque de contrôle sur celles-ci sont associées à davantage de risque de persistance des douleurs. Serrer les dents en cas de douleurs intolérables n'est pas forcément la meilleure idée.
Les médicaments peuvent être utilisés dans votre progression, selon des conditions bien précises et définies avec votre médecin.
N'oublions pas que, même sous l'effet des médicaments, la règle de la progressivité reste de mise. Restez mesurés dans l'intensité et le rythme de vos activités, au fur et à mesure de votre rétablissement.
Les infiltrations épidurales sont-elles efficaces sur la discopathie ?
Il existe plusieurs types d'infiltration, en fonction du produit injecté et de l'endroit où l'on injecte.
Le produit injecté est généralement un dérivé de corticoïdes, et vise à soulager la douleur liée à l'inflammation.
En France, les infiltrations se font essentiellement au niveau épidural, au niveau sacro-iliaque et au niveau des articulations zygapophysaires. Ces deux derniers types ne concernent pas la discopathie.
Les infiltrations intra-discales (directement dans le disque) sont traitées à part, dans la section des traitements expérimentaux.
Dans quels cas sont-elles proposées ?
Les infiltrations épidurales sont principalement utilisées en cas de douleur irradiant dans une jambe (comme une sciatalgie). Il s'agit de l'indication pour laquelle elles ont a priori le plus d'effet.
Elles sont parfois proposées en cas de douleurs purement lombaires (sans irradiation dans la jambe), avec néanmoins des résultats beaucoup plus incertains et un niveau de preuve scientifique insuffisant.
Quelle efficacité attendre ? Au bout de combien de temps ?
L'efficacité est donc incertaine, et dépend (très) probablement de la pertinence de ce choix dans votre situation.
Les infiltrations sont surtout réalisées en cas de sciatalgie ou de cruralgie associée, et ne visent d'ailleurs que cette composante là. Il serait faux de dire que les infiltrations de corticoïdes agissent sur la discopathie !
Lorsqu'elles sont réalisées dans les règles de l'art, les infiltrations entraînent très peu de complications majeures. Les complications mineures surviennent dans 11.5% des cas, la plus fréquente étant simplement un malaise vagal (réf).
Combien peut-on en faire ?
Dans la pratique clinique, les infiltrations peuvent se faire de façon isolée (une seule) ou bien par séries de 2 à 3 injections. Il me semble que cela dépend des habitudes de chaque médecin ou service hospitalier.
Traitement chirurgical de la discopathie
Dans quels cas la chirurgie est-elle indiquée ?
L'indication à une intervention chirurgicale dépend de multiples facteurs. Le chirurgien tient compte de tous les éléments présents sur l'imagerie, comme le degré de sévérité de la discopathie ou la présence associée d'une hernie discale ou d'un canal lombaire étroit.
Ces résultats ne sont pas suffisants pour décider : il faut tenir compte de vos symptômes, de votre parcours, de votre style de vie, de vos attentes et bien d'autres encore.
Chaque chirurgien peut être davantage formé à certaines techniques, ou bien à d'autres. Si vous consultez plusieurs chirurgiens, vous constaterez peut-être qu'ils ne vous proposent pas tous exactement la même intervention. La diversité des techniques est telle que nous allons uniquement nous concentrer sur deux grandes catégories : l'arthrodèse vertébrale et la prothèse discale.
L'arthrodèse est-elle efficace ?
L'arthrodèse est une opération chirurgicale lourde de plus en plus utilisée dans les cas de lombalgie chronique avec discopathie dégénérative. Elle consiste à fixer définitivement deux vertèbres entre elles, pour les empêcher de bouger et supprimer ainsi toute contrainte au niveau du disque intervertébral.
Le nombre d'arthrodèses réalisées a explosé, notamment depuis les années 90, ce qui devrait nous inciter à vérifier attentivement le niveau de preuve scientifique de ces interventions. Les résultats sont assez mitigés.
Les études cliniques réalisées sur le sujet ne montrent pas de bénéfice de l'arthrodèse par rapport à un programme de rééducation intensif et global en cas de discopathie dégénérative. (réf)
L'arthrodèse ne semble pas apporter de bénéfice en cas de récidive de hernie discale. (réf)
Ce que l'arthrodèse semble apporter de façon certaine, c'est un plus grand risque de complications (jusqu'à 1 patient sur 5) et de ré-opérations par la suite (jusqu'à 36% des personnes opérées en fonction des études).
Ce type de section est délicat à écrire, car il y a bien entendu des gens qui ont été parfaitement soulagés après une arthrodèse.
La question est : à qui peut-on recommander cette opération ? Sommes-nous capables de prédire avec fiabilité qui en bénéficiera ?
D'autres études scientifiques changeront peut-être ces conclusions à l'avenir. Nous manquons peut-être de recul sur les vraies indications et contre-indications à cette opération. En attendant, restons vigilants et demandez plusieurs avis chirurgicaux si vous le souhaitez.
La prothèse discale est-elle efficace ?
La prothèse discale est la deuxième grande option chirurgicale proposée en cas de discopathie dégénérative. Le principe est de remplacer le disque par une prothèse discale (on parle également d'arthroplastie discale).
Le choix entre prothèse discale et arthrodèse se fait surtout en fonction de l'état du segment vertébral concerné, des habitudes du chirurgien et des nombreuses contre-indications aux prothèses discales.
Les indications aux prothèses discales sont peu nombreuses et discutées par les chirurgiens. Elles semblent se cantonner à des cas assez spécifiques comme une discopathie active limitée à un seul étage vertébral. (réf) Il faut également qu'il reste suffisamment d'espace entre les deux vertèbres concernées.
Les prothèses discales doivent encore faire la preuve de leur efficacité. La plupart des études scientifiques les comparent à une arthrodèse, et ne retrouvent pas de bénéfice significatif. Cela ne nous permet pas de conclure sur leur efficacité dans une prise en charge globale. (réf)
Une étude a comparé la pose d'une prothèse discale à un programme de rééducation intense et global. Huit ans après, la différence entre les deux groupes était très faible (légèrement en faveur de la prothèse discale). (réf)
La kinésithérapie : un des piliers du traitement
À quoi sert la kinésithérapie en cas de dégénérescence discale ?
Les kinésithérapeutes font partie des professionnels les mieux placés pour vous aider en cas de douleurs lombaires persistantes. Que peut vous apporter la kinésithérapie ?
- Une meilleure compréhension de votre situation
- Un plan d'action pour reprendre les activités que vous ne pouvez plus faire
- Une stratégie applicable en cas de crise de douleur, pour se sentir plus en confiance
- De nouvelles façons de bouger qui peuvent vous aider à en faire plus au quotidien
- Plus d'autonomie dans votre gestion de la douleur
Mon conseil serait de choisir un praticien qui vous écoute et qui adapte le traitement à votre situation. C'est un travail d'équipe !
Ce qui fonctionne vraiment
Vous le savez peut-être déjà : il existe de nombreuses approches différentes en kinésithérapie. 10 kinésithérapeutes pourraient vous proposer 10 rééducations différentes, expliquées avec 10 explications différentes.
Le consensus actuel est de privilégier une rééducation active, qui comprend des exercices thérapeutiques, des stratégies de gestion de la douleur et des activités du quotidien, des améliorations de l'hygiène de vie et qui tient compte de facteurs cognitifs et émotionnels (comme la peur du mouvement, l'anxiété, le manque de confiance).
Il me semble important d'aborder trois catégories d'exercices (direction les commentaires pour discuter des autres !) :
Travail de la mobilité articulaire
Il s'agit de tous les exercices qui visent à faire bouger votre dos, comme l'étirement "prière", le cobra, les rotations lombaires, et toutes les combinaisons de mouvements possibles et imaginables.
Ce type d'exercice peut être réalisé quotidiennement, dans n'importe quelle position. Certains mouvements peuvent soulager les douleurs et améliorer votre sensation de souplesse, et même servir d'échauffement avant les exercices plus intenses.
Renforcement musculaire
Il s'agit de tous les exercices qui sollicitent vos muscles jusqu'à obtenir une sensation de fatigue musculaire, voire de brûlure musculaire.
Le point le plus important est que vous pouvez faire travailler l'ensemble de votre corps. Il n'y a pas besoin de se focaliser outre mesure sur le dos et les abdominaux, si vous avez du mal à le faire ou si vous n'aimez pas cela.
Entrainement aérobie ou "cardio"
Il s'agit des activités physiques d'intensité modérées à intenses que vous maintenez pendant au moins 15 à 20 minutes. Vous pouvez trouver l'option qui vous plaît le plus : marche, course à pied, vélo, vélo elliptique, natation, marche nordique, etc.
Certains préfèrent maintenir la même intensité d'exercice tout du long, tandis que d'autres tolèrent mieux une alternance entre des phases très intenses et des phases plus tranquilles.
Dans tous les cas, les principes généraux restent les mêmes : dosage, progression et régularité. Nous verrons davantage de détails sur l'activité physique en général dans le troisième article sur les discopathies.
Quels exercices spécifiques faire pour la discopathie ?
Il n'existe pas d'exercices particulier "spécial discopathie". De la même manière, il n'existe pas d'exercices interdits aux personnes qui ont une discopathie. On ne choisit pas des exercices en fonction d'un "diagnostic", mais en fonction de la personne concernée. Alors comment choisir ses exercices ?
Il existe peut-être une direction de mouvement dans laquelle vous vous sentez mieux : se pencher en avant, se pencher en arrière, sur les côtés... Vous pouvez commencer par des exercices qui vous emmènent dans la direction que vous préférez. Par la suite, vous pouvez progresser vers les directions qui restent les moins agréables.
Par exemple : si je préfère les mouvements qui vont vers la flexion (vers l'avant, qui arrondissent le bas du dos), je peux commencer principalement par des mouvements qui vont dans ce sens : position de la prière, se relâcher vers l'avant en position assise, etc. Je peux progressivement intégrer à ma routine des mouvements vers l'extension (vers l'arrière, qui creusent le bas du dos).
Si un mouvement est trop intense pour vous à un moment donné, vous pouvez peut-être le rendre plus facile ! Par exemple : se pencher en avant en position debout est trop difficile ? Alors pouvez-vous le faire depuis la position assise ? En étant bien relâché et avec la respiration ? Vous pourriez même pratiquer le mouvement de la "prière" au sol pour commencer, si besoin.
En définitive, il existe énormément d'exercices valables en cas de discopathie. Les lister ici reviendrait à lister tous les exercices qui sollicitent d'une façon ou d'une autre le dos. Les études scientifiques sur le sujet sont assez libératrices ! Pas besoin d'un type d'exercice en particulier. Choisissez les mouvements que vous préférez, pratiquez-les régulièrement et faites-vous plaisir !
J'en profite pour vous dire que j'ai crée une méthode d'exercices qui regroupe plus de 180 mouvements et exercices spécialement conçus pour le mal de dos. Plus d'infos ici : Méthode d'exercices Comprendre Son Dos
Est-ce que la kinésithérapie aide vraiment à soigner une discopathie ?
D'un point de vue de kinésithérapeute, ce que l'on fait n'est jamais uniquement ciblé sur le disque. Même si je vous proposais un "exercice ultime pour soigner le disque", je serais également en train de :
Bref, tout un tas de choses qui pourraient vous aider, sans avoir besoin d'évoquer un changement dans la discopathie. Les situations dans lesquelles il est nécessaire d'agir SUR le disque sont probablement minoritaires, et sont traitées dans la section chirurgie.
Si je prends le temps de rappeler tout cela, c'est pour que vous gardiez bien en tête le fait que le traitement mis en place ne découle pas uniquement de vos résultats d'IRM, mais d'un bilan GLOBAL.
Les manipulations vertébrales sont-elles utiles en cas de discopathie ?
Les manipulations vertébrales sont fréquemment citées parmi les options de traitement non médicamenteux. Que valent-elles ? Voilà trois choses importantes à savoir à ce sujet :
Limites et précautions
Si vous tombez sur un professionnel qui vous vend des manipulations miracles qui remettent les vertèbres en place, j'entrevois deux possibilités.
La première est que vous vous trouviez dans un musée d'histoire du vingtième siècle. La seconde est que vous soyez tombé sur la fabuleuse histoire du bassin décalé et de la vertèbre déplacée.
Faut-il porter une ceinture lombaire en cas de discopathie dégénérative ?
Dans quelle situation ?
L'idée générale est de limiter les mouvements du dos pour éviter de reproduire les mouvements douloureux. Si cela semble une bonne idée au court terme, les ceintures lombaires posent problème dès qu'elles sont utilisées régulièrement.
D'une part, votre dos a besoin de mouvements pour être en bonne santé. Les disques intervertébraux ne nourrissent des mouvements et des contraintes qu'ils reçoivent. S'il on cherche à entretenir ses disques intervertébraux, bloquer les mouvements semble assez contre-productif.
Faut-il éviter un usage prolongé ?
D'autre part, l'utilisation régulière d'une ceinture lombaire instille dans votre esprit que votre dos est fragile, qu'il a besoin d'un soutien extérieur. Bien que cette pensée soit totalement normale lorsque l'on souffre, elle ne correspond pas nécessairement à la réalité. Votre dos est peut-être très sensible, mais il n'est pas fragile.
Par ailleurs, les études scientifiques ne retrouvent aucune efficacité des ceintures lombaires dans la prévention et le traitement du mal de dos.
Existe-t-il d'autres accessoires pouvant m'aider ?
Vous pouvez facilement vous perdre dans la jungle d'accessoires proposés sur Internet et propulsés par un marketing souvent agressif. Que valent-ils réellement ?
Les accessoires correcteurs de posture, parfois pompeusement désignés comme "LA solution contre le mal de dos" par certaines entreprises. Pourtant, les liens entre posture et mal de dos sont très obscurs et controversés ! Voir l'article sur l'analyse du tee-shirt Percko .
Les tapis d'acupression agissent sur votre système nerveux central en activant des mécanismes anti-douleur. Cela peut vous apporter un soulagement au court terme, ce qui est utile quand cela vous permet d'être davantage actif. Plus de précisions voilà un article entièrement dédié aux tapis d'acupression.
Beaucoup d'entreprises font leur publicité sur Facebook pour des produits parfois ridicules. Entre autres : stylo d'acupuncture électrique, semelles magnétiques détoxifiantes, oreiller postural,... Votre temps et votre argent valent mieux que cela.
Faut-il mettre du chaud ou du froid sur son dos ?
Voilà une question qui revient très souvent. Pourtant, la réponse n'est pas si évidente que cela.
Le principe général (et quelque peu cynique) : mettez ce que vous préférez, la différence ne sera pas si grande que cela.
Beaucoup de personnes préfèrent la chaleur et la trouvent plus agréable et plus rassurante. C'est très bien comme ça, mais vous n'êtes pas un alien si vous préférez le froid.
La chaleur et le froid agissent sur nos perceptions plus que sur notre dos. La plupart des structures du dos sont de toute façon trop profondes pour que nous ayons une quelconque influence sur elles.
Voilà un article (en anglais) sur le sujet : cliquez ici.
Les traitements “innovants” : que faut-il en penser ?
Le CBD permet-il de soulager efficacement les douleurs ?
Le cannabidiol (CBD) est un cannabinoïde présent dans le cannabis, dont les applications thérapeutiques sont étudiées depuis plusieurs années dans divers domaines. Je ne parlerai ici que de l'application aux douleurs chroniques.
L'efficacité du CBD sur la douleur chronique reste à ce jour incertaine. La dernière revue systématique sur le sujet (réf) conclut : " Des preuves limitées suggèrent que le cannabis pourrait être efficace pour soulager la douleur neuropathique chez certains patients, mais les preuves sont insuffisantes concernant les autres types de douleurs chroniques".
Une autre revue de 2019 porte la même conclusion (réf). Des effets indésirables existent : confusion mentale (sans blague), accidents et parfois apparition de troubles mentaux.
En définitive, le niveau de preuve scientifique du CBD n'est pas inexistant, mais il semble très modeste et limité aux douleurs neuropathiques persistantes. Restez vigilants quant au discours marketing parfois insistant des vendeurs de CBD.
Les injections intra-discales sont-elles efficaces en cas de discopathie (PRP, DiscoGel, ozone) ?
Les injections intra-discales (PRP, DiscoGel, biomatériaux) sont des techniques en cours de développement, visant à agir directement sur le disque.
Certaines études suggèrent un effet possible sur la douleur, mais les résultats restent très hétérogènes et reposent souvent sur des études de faible qualité méthodologique.
À ce jour, il n’existe pas de consensus solide permettant de recommander ces techniques en pratique courante.
Infiltration de PRP pour la discopathie
L'utilisation du PRP (Plasma Riche en Plaquettes) dans le cadre des discopathies dégénératives est récente. Aujourd'hui, les premières études réalisées ne permettent pas de montrer l'efficacité des injections de PRP pour la discopathie dégénérative.
Des études scientifiques de meilleure qualité sont nécessaires avant de recommander ce traitement. (méta-analyse de 2017)
Le Discogel® est-il efficace pour la discopathie ?
Le Discogel® est un gel d’éthanol radio-opaque introduit par le docteur français, le Pr Jacques Théron, en 2007.
Le but annoncé est de réduire la pression intra-discale et de réduire les hernies discales par la même occasion, afin de diminuer le mal de dos.
À ce jour, les études publiées sur ce sujet ne permettent pas de se prononcer sur l'efficacité de ce produit. Il s'agit principalement d'études rétrospectives (analyser les résultats de précédents patients) ou d'essais cliniques sans groupe contrôle (à haut risque de biais). (réf, réf, réf , réf, réf)
Il est possible que l'efficacité du Discogel® dépende de la réelle responsabilité du disque intervertébral dans la douleur de la personne concernée. Le disque n'est parfois pas responsable de la douleur lombaire. Focaliser les thérapies sur le disque n'a alors que très peu de chances de fonctionner.
Est-ce que les injections de cellules souches peuvent soigner une discopathie ?
Il existe actuellement très peu d'études sur le sujet, et celles qui existent sont de très faible qualité. Leurs conclusions ne permettent pas de conclure à un quelconque intérêt de la procédure. (réf)
Neurolyse ou ablation du nerf basivertébral
Les plus curieux d'entre vous ont peut-être entendu parler d'un autre type d'intervention, appelé en français "ablation du nerf basi-vertébral". (ici une revue récente)
Le nerf basi-vertébral est un petit nerf qui transmet les informations venant des plateaux vertébraux, c'est-à-dire la zone en dessous et au dessus de chaque disque intervertébral. Le concept est simple : neutraliser ce nerf pour en quelque sorte "couper le signal", et soulager les douleurs.
Si l'idée paraît séduisante, il faut tout de même faire quelques rappels. Pour qu'une telle intervention soit efficace, la douleur doit être principalement liée aux messages de danger en provenance des plateaux vertébraux. Les articles scientifiques précisent bien que seules les personnes avec des signes de Modic 1 ou 2 peuvent être concernées.
La littérature scientifique regorge d'exemples d'intervention où l'on a "coupé le signal", et où les douleurs persistent malgré tout. Ce n'est donc pas un geste miracle : il doit y avoir une indication bien précise. En définitive, la plupart des discopathies dégénératives ne remplissent pas les conditions pour ce geste.
Quels sont les traitements naturels et les thérapies alternatives en cas de discopathies ?
Les thérapies alternatives peuvent-elles être utiles en cas de discopathie ?
La plupart des thérapies alternatives procurent au mieux un bénéfice sur la douleur faible et limité au court terme. Certaines ont été davantage étudiées : c'est le cas de l'acupuncture par exemple (voir question si dessous). Hélas, plus les études sont rigoureuses, plus le bénéfice observé est faible. (réf, réf)
Il semble que les bénéfices ressentis soient majoritairement liés à :
Il existe une place pour les thérapies alternatives dans la prise en charge du mal de dos, mais elle doit se faire selon certaines conditions. Pour plus d'informations : 6 effets secondaires méconnus des thérapies alternatives sur le mal de dos chronique
Existe-t-il des compléments alimentaires pour la discopathie ?
Des compléments alimentaires sont parfois proposés pour favoriser la régénération de certaines structures, notamment le cartilage des articulations. Séduisant, n'est-ce pas ? Les entreprises l'ont bien compris.
Actuellement, il n'existe aucune preuve d'efficacité de ces compléments, qu'il s'agisse des vitamines, des minéraux, ou des composés plus exotiques comme la bave d'escargot, le cartilage de requin, et bien d'autres.
Est-ce que l'acupuncture est efficace contre le mal de dos ?
L'efficacité d'une thérapie s'évalue grâce à des études scientifiques rigoureuses, indépendamment de la satisfaction et des témoignages que l'on peut trouver sur ce sujet.
Dans le cas de l'acupuncture, les études retrouvent globalement un bénéfice faible voire inexistant par rapport à un placebo ou une absence de traitement.
L'effet semble identique peu importe où l'on place les aiguilles et peu importe la profondeur. Les méridiens d'acupuncture n'ont jamais été prouvés malgré de multiples tentatives infructueuses.
L'un des facteurs qui prédisent le plus l'efficacité de l'acupuncture est... de penser que l'acupuncture va être efficace. Avoir des attentes positives et des expériences de réussite avec une thérapie sont en effet deux grands générateurs d'effet placebo (réf, réf, réf, réf).
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Un traitement n'a pas été traité dans cet article ?
Je me suis efforcé d'écrire un article le plus complet possible. Toutefois, si je n'ai pas répondu à votre question, n'hésitez pas à me la poser dans les commentaires ci-dessous. Vous pouvez aussi apporter votre témoignage !
J'espère que les informations présentes dans cet article vous aideront à avancer et à reprendre le contrôle sur votre situation.
À bientôt
Éric





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