​Dans cet article, vous allez découvrir tout ce que vous devez savoir sur la discopathie dégénérative lombaire (L5-S1 en étant un exemple). Vous pouvez cliquer sur les items du menu ci-dessous pour accéder directement à la section désirée. La section commentaires est disponible tout en bas pour vos éventuelles questions. Bonne lecture !

​Qu'est-ce qu'une discopathie L5-S1 ?

Généralités

​Qu'est-ce qu'un disque intervertébral ?

Un disque intervertébral est une structure fibreuse présente entre toutes les vertèbres du rachis (sauf entre C1 et C2). Il est composé d'une partie périphérique plus fibreuse, l'annulus fibrosus, et d'un noyau central plus gélatineux appelé nucleus pulposus. 

Voilà deux choses essentielles à savoir sur ces fameux disques :

  • Ils sont SOLIDES : lorsqu'il est mis en charge, le disque est à la fois solide et mobile grâce à sa structure unique. Les couches de collagène de l'annulus fibrosus résistent aux mouvements dans les trois dimensions. Cet anneau fibreux s'attache solidement aux vertèbres sus et sous jacentes.
  • Ils sont VIVANTS : le disque s'adapte aux contraintes qu'il transmet. Ce n'est pas une structure inerte qui ne fait que s'user au fil du temps. Il peut également s'auto-réparer grâce à des molécules qu'il sécrète, notamment après une lésion.

​​​Qu'est-ce qu'une discopathie ?

Une discopathie est une modification de la structure, de la composition chimique et des caractéristiques mécaniques d'un disque intervertébral.

  • ​​Au niveau de la structure : la hauteur du disque diminue, parfois de façon homogène sur tout le disque, parfois de façon plus marquée dans sa partie arrière. Des fissures apparaissent au sein de l'annulus fibrosus. Les plateaux vertébraux peuvent également présenter des changements.
  • ​Au niveau de la composition chimique : le disque tend à se déshydrater. Ses cellules sont moins nombreuses et moins actives dans le nucleus pulposus.
  • Au niveau de la mécanique : le disque réagit différemment aux contraintes. Il se déforme plus et transmet les contraintes aux structures adjacentes.

Le disque L5-S1 est-il le plus atteint de la colonne ?

Il existe une idée reçue selon laquelle le disque L5-S1 serait celui qui "s'use le plus", du fait de sa position. Ce n'est en réalité pas vrai, d'après une étude épidémiologique sur le sujet. (réf) Voyons ensemble​ quels sont les disques les plus ​concernés​ par chaque modification observable à l'imagerie.

  • Perte de hauteur discale : L4-L5
  • Hernies discales : T12-L1, L4-L5 et L5-S1
  • Présence d'ostéophytes : entre T12 et L4
  • Bombements discaux : L2-L3 , L3-L4 et L4-L5

​Quels sont les différents types de discopathie à cet endroit ?

La grande majorité des discopathie sont de type dégénératif : une usure progressive des disques, comme expliqué précédemment. Ces modifications expliquent rarement à elles seules les douleurs qui conduisent à leur découverte (réf).

Un autre type moins fréquent existe : la discopathie active. Cette fois-ci, le souci est d'ordre inflammatoire, et ces discopathies expliquent bien plus souvent les douleurs ressenties. Dans le compte-rendu d'IRM, ce phénomène correspond au "Modic 1". Néanmoins, cela ne veut pas dire que c'est définitif : la plupart se résolvent spontanément.

​Est-ce grave ?

Une discopathie n'est pas une pathologie grave, au sens qu'elle ne met pas votre vie en jeu. Les seules séquelles possibles ne sont pas dues à la discopathie en elle-même, mais plutôt aux particularités qui peuvent l'accompagner (telles qu'une hernie qui viendrait comprimer fortement une racine nerveuse et bloquer la transmission nerveuse).

Il est important de rappeler dès maintenant que la discopathie fait partie du vieillissement naturel du corps, de la même manière que notre peau perd en élasticité au fil des années, et laisse apparaître des rides.


​Est-il anormal d'avoir cela jeune ?

Il est normal de s'inquiéter lorsque vos compte-rendus d'examen contiennent des termes effrayants, tels que "dégénérescence discale", "arthrose interapophysaire postérieure" ou encore "protrusion discale".

Avoir des modifications structurales à l'IRM est perçu comme "un truc de vieux". Notamment quand on est limité par son mal de dos en parallèle.


Je tiens à vous rappeler que beaucoup de personnes jeunes POSSÈDENT ces modifications au niveau des disques, souvent sans le savoir car elles ne sont pas forcément douloureuses. Par ailleurs, ces variations présentes au niveau des disques ne prédisposent pas à plus de douleurs par la suite !


Malheureusement, beaucoup de personnes de 20, 30 ou même 40 ans se sont entendues dire : " Vous avez le dos d'une personne de 70 ans".  Comment se sentir en confiance après cela ?

Dans ce genre de situation, il me semble absolument nécessaire de faire un bon bilan afin de comprendre tout ce qui peut participer aux symptômes de la personne concernée. Autrement, il est extrêmement facile de s'enfermer dans plusieurs cercles vicieux. Éviter de plus en plus d'activités pour ne pas "abîmer" davantage son dos, par exemple.


​Quelles sont les principales idées reçues à ce sujet ?

Les idées reçues au sujet de la discopathie sont, il me semble, similaires aux idées reçues sur le mal de dos en général.

L'une des plus répandues est que la discopathie serait le résultat d'un travail physique, de charges soulevées, etc. Aucune étude solide à ma connaissance ne permet de justifier cela (voir la section suivante). On retrouve des personnes avec des discopathies et des douleurs importantes chez les secrétaires comme chez les maçons.

Une autre idée reçue est que les mouvements et les efforts vont continuer à "user" le disque. Cette idée amène de nombreuses personnes à éviter toute activité douloureuse, de peur que cela n'aggrave l'état de leur dos.

Il est tout à fait normal de penser cela, compte-tenu des messages alarmants que vous recevez régulièrement. Cependant, la balance bénéfice-risque de l'activité physique en cas de discopathie penche énormément du côté des bénéfices !

Bouger et solliciter le dos aide à le renforcer, pas à l'abîmer davantage.

Les causes

​Qu'est-ce qui provoque les discopathies ?


Plusieurs facteurs semblent s'entremêler pour expliquer l'usure progressive de nos disques. Attention, ce ne sont pas forcément ceux auxquels nous pensons en premier.

Un programme de recherche international a suivi plusieurs centaines de paires de jumeaux (partageant donc le même matériel génétique) pendant plusieurs années, en leur faisant passer des IRM de temps en temps. Les chercheurs ont été surpris de constater que des jumeaux vivant des vies très différentes avaient des dos qui se ressemblaient étrangement ! Un jumeau secrétaire et un jumeau maçon pouvaient avoir des "anomalies" similaires au niveau du dos, quand bien même ils étaient exposés à des contraintes très différentes.


L'étude a permis d'évaluer les facteurs qui influencent le plus la discopathie dégénérative :

  •  des facteurs génétiques, qui occupent une place étonnamment importante
  • l'âge
  • les contraintes physiques auxquelles nous sommes exposés représentent une part bien plus petite que nous l'imaginions
  • d'autres facteurs tels que le tabagisme et le surpoids (voir la prochaine question)

L'idée reçue selon laquelle on "use" son dos principalement à cause des efforts et du travail n'est donc pas vérifiée. Cela rejoint la conclusion d'autres études à ce sujet (réf, réf)


Est-ce que le surpoids aggrave les discopathies ?

Le surpoids semble effectivement être un facteur aggravant pour les discopathies dégénératives (réf). Les personnes en surcharges pondérales présentent en moyenne plus de dégénérescence discale que les autres (réf, réf). Néanmoins, il y a deux choses à souligner, s'il on veut être rigoureux.

Le fait que l'on remarque plus de dégénérescence discale chez les sujets en surpoids ne signifie pas nécessairement que le surpoids en est la cause. Le surpoids est en moyenne associé à une moindre activité physique, à un style de vie moins sain et à des facteurs génétiques particuliers. Ces autres facteurs peuvent tout à fait participer à la discopathie observée.

Le surpoids influence la dégénérescence discale de plusieurs façons. La surcharge mécanique joue probablement un rôle, mais ce n'est pas tout. L'inflammation systémique et la dégradation de la micro-circulation sanguine, associées à l'obésité, pourraient participer à la dégénérescence discale. (réf)

Est-ce que la discopathie est due à un manque de muscles  à l'étage concerné ?

Il ne semble pas y avoir de lien solide entre une discopathie et un manque de muscles à l'étage concerné (réf). On ne peut pas affirmer qu'une faible masse musculaire lombaire est à l'origine de la dégénérescence discale ou de la douleur. 

Par ailleurs, le renforcement musculaire lombaire ne permet systématiquement de réduire les douleurs lombaires. Notamment quand ... vous n'avez pas besoin de davantage de muscles.


​Est-ce en lien avec une "mauvaise" posture ou une "mauvaise" façon de soulever les charges ?

Le concept de "mauvaise posture" est de plus en plus controversé au sein des professionnels. Les études ne retrouvent pas de lien solide entre les postures considérées comme mauvaises et le mal de dos.  Voilà l'article à ce sujet : 8 raisons pour lesquelles les mauvaises postures n'existent pas.

La position assise avachie, décriée dans tous les médias, n'est pourtant pas mauvaise pour le dos. Si vous y restez sans bouger pendant plusieurs heures, cela peut effectivement devenir douloureux. Vous obtiendrez le même effet si vous restez immobile plusieurs heures dans n'importe quelle position, alignée ou non.

En ce qui concerne le disque intervertébral, il faudrait rester parfaitement immobile pendant très longtemps pour avoir un effet délétère. Lorsqu'on y reste peu longtemps et qu'on alterne avec une position assise redressée, cela pourrait même aider le disque à être plus hydraté et épais ! (référence)

En ce qui concerne la façon de soulever les charges, le débat a encore lieu à l'heure actuelle. Je retrouve régulièrement dans d'autres blogs l'idée que certaines façons de bouger favorisent les discopathies. J'attends toujours de voir les preuves. Voilà un article complet sur cette question : Faut-il réellement garder le dos droit quand on soulève un objet ?

Les symptômes et signes liés à la discopathie

​Est-ce qu'une discopathie fait toujours mal ?

​Beaucoup de personnes qui ne ressentent pas de douleurs lombaires ont pourtant une discopathie dégénérative à l'imagerie, sans le savoir. À 30 ans, il s'agit déjà de 52% de la population asymptomatique (qui n'a pas mal). À 50 ans, le chiffre monte à 80%. À 80 ans, quasiment tout le monde.

Le tableau ci-dessous (issue de cette revue systématique) regroupe ces données.

Vous pouvez visualiser la discopathie comme une pièce d'un puzzle : cela peut participer à l'image finale (la douleur), mais c'est loin d'être tout. On peut détruire l'image même s'il on garde cette petite pièce.

​Pourquoi certaines discopathies font mal et d'autres non ?

Nous avons vu que les discopathies étaient présentes dans une grande partie de la population, sans forcément entraîner de douleur. Alors, comment se fait-il que votre voisin puisse avoir la même chose à l'IRM sans avoir mal ? Quel chanceux !

En réalité, le mal de dos dépend de facteurs qui vont bien au delà des facteurs anatomiques (la forme du disque, les courbures de la colonne, etc).

Le style de vie peut jouer un rôle prépondérant : les troubles du sommeil, le stress, le manque d'activité physique, peut-être une alimentation non saine, le consommation de tabac et l'alcool, etc.

L'état d'esprit et la façon de réagir à la douleur ont également une influence significative. Considérer son dos comme fragile et instable tend à favoriser la douleur. Interpréter la douleur comme l'expression directe d'une blessure vous incite à éviter de plus en plus d'activités, ce qui ​aggrave le problème.

Les facteurs génétiques font aussi partie de l'équation. Leur rôle exact reste encore à élucider. Ils ne constituent pas une "condamnation" à toujours avoir mal !

La charge physique à laquelle vous faites face au quotidien est plus ou moins bien tolérée par votre corps. Certains efforts peuvent être douloureux, non pas parce que vous abîmez votre corps, mais parce que votre système nerveux vous protège d'un effort inhabituel.

​Où peuvent être ressenties les douleurs dues à une discopathie L5-S1 ?

La localisation des douleurs liées à la discopathie en elle-même peut varier d'une personne à une autre. Il n'existe pas d'endroit dans le dos où une douleur vient forcément du disque intervertébral.

Lorsque le disque fait saillie au contact des racines nerveuses et déclenche de l'inflammation (notamment les racines S1 à cet étage), cela peut irriter les racines nerveuses et déclencher une radiculalgie (douleur liée à la racine nerveuse). Il arrive aussi qu'il y ait de l'inflammation sans compression.

Typiquement, cette douleur peut descendre dans la fesse et le long de la jambe jusqu'au talon et/ou au bord latéral du pied. Toutefois : ce trajet peut varier d'une personne à une autre, il peut n'existe que partiellement (par exemple, uniquement derrière la cuisse). Pour être exact, c'est l'inflammation qui vient favoriser cette douleur, plus que la discopathie en tant que t​elle.

Toutes les informations sur la douleur sciatique et la cruralgie sont présentes dans cet article.

​Est-ce que les douleurs que je ressens sont dues à une discopathie L5-S1 ?

Les professionnels de santé peuvent évaluer la probabilité que votre discopathie participe à vos symptômes.

Pour cela, le test le plus pertinent est celui des mouvements répétés. Le principe est de répéter un mouvement du dos dans une même direction, et de voir si ce mouvement influence la localisation de la douleur. Plusieurs directions sont ainsi évaluées.  Le professionnel interprète l'influence des mouvements sur votre douleur pour lui donner du sens (réf).

​Est-ce que la discopathie L5-S1 favorise des douleurs dans d'autres parties du corps comme les bras ?


Premièrement, la douleur peut nous faire bouger différemment.

Pour éviter de provoquer une douleur, nous sommes capables de modifier notre façon de faire certains gestes et certaines activités. Il est possible que certaines façons de bouger soient plus ou moins faciles à tolérer, notamment lorsqu'il s'agit de gestes répétés. Par exemple, si vous ne bougez plus le dos, vos autres articulations doivent logiquement compenser ce manque de mouvement, ce qui peut être difficile à tolérer.


Deuxièmement, lorsque la douleur persiste, elle tend à se diffuser davantage aux zones adjacentes.

Elle devient moins précise et nous avons plus de mal à la localiser. Cela ne veut pas dire que ces zones adjacentes deviennent abîmées, mais plutôt que votre système nerveux amplifie les messages qui proviennent d'une région de plus en plus grande. Comme un bouton de volume qui augmente l'amplitude du signal qui arrive dans une enceinte. Le message reçu reste le même, mais on l'entend beaucoup plus fort.

Quand bien même ce phénomène est frustrant (on ne fait rien de plus, et la douleur s'élargit), il est RÉVERSIBLE.

Enfin, cette situation peut être associée à une plus grande sédentarité, à une moindre forme physique et à un style de vie moins sain (dont la qualité du sommeil).

​Ces choses-là peuvent expliquer la présence de différents sites douloureux dans votre corps. Le fait d'avoir mal à différents endroits est également associé à plus de symptômes "non musculo-squelettiques" (mal de tête, ballonnements, palpitations, constipation, etc) (réf)

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​L'évolution des discopathies au fil du temps

​Est-ce qu​'une discopathie s'aggrave avec l'âge ?

L'apparition de la discopathie L5 S1 est la plupart du temps l'expression du vieillissement naturel du disque intervertébral.

Cependant, l'âge semble beaucoup moins jouer sur la PROGRESSION de la discopathie (réf) !  L'évolution de la discopathie n'est pas linéaire, c'est-à-dire qu'elle ne s'aggrave pas de plus en plus, de façon constante. Certaines lésions dégénératives peuvent se soigner. Certaines protrusions et hernies se résorbent spontanément. Certains disques retrouvent de la hauteur. 

Vos disques intervertébraux sont des structures VIVANTES, capables de régénération et d'adaptation.  Plusieurs facteurs agissent sur ces phénomènes. 

Si nous ne pouvons pas prévoir avec certitude l'évolution de nos disques intervertébraux, il semble injuste et injustifié de penser qu'ils ne feront que se détériorer. Notre corps n'est pas une machine !


​Est-il possible de ralentir ou de stopper la dégénérescence du disque ?

Actuellement, aucune thérapie sérieuse ne prétend ralentir voire stopper la dégénérescence des disques intervertébraux.

Néanmoins, certaines études nous aident à comprendre ce que les disques "aiment" et ce qu'ils "n'aiment pas". Il semble que nos amis les disques apprécient fortement le mouvement et la mise en charge dynamique : cela leur permet de se nourrir, de se renouveler, de guérir et d'être en bonne santé. (réf, réf​)

A contrario, les charges statiques et les positions prolongées semblent ralentir la régénération des disques. Cela veut-il dire que la position assise est dangereuse pour nous ? Je n'irai pas jusque là : à moins d'être dans le coma ou sous sédatif, il est extrêmement rare de rester parfaitement immobile ! C'est souvent dans l'objectif de vous faire bouger que votre corps vous fait ressentir de la douleur après une heure sans bouger.

En résumé, il est conseillé de bouger et de solliciter le dos pour le garder en bonne santé. Nous n'avons probablement pas énormément d'influence sur la structure des disques, mais c'est ainsi qu'il faut s'y prendre si l'on veut mettre toutes les chances de son côté.

​Est-ce que les vertèbres finissent par se souder lorsque le disque est très amoindri ? Les douleurs disparaissent-elles alors ?

​Cette idée est fréquemment retrouvée sur des forums de patients, mais elle ne correspond pas à une réalité biologique.

​Un disque peut effectivement perdre beaucoup de hauteur et de mobilité, mais il ne disparaît pas, sauf peut-être dans des cas exceptionnels.

Espérer que les vertèbres se "soudent" pourrait par ailleurs avoir des effets néfastes. Cela pourrait vous amener à éviter de bouger pour favoriser cette supposée fusion. Comme vous avez pu le lire dans cet article, l'absence de mouvement et de mise en charge est fortement déconseillée si l'on souhaite mettre toutes les chances de notre côté.

Quels professionnels de santé devez-vous consulter en cas de discopathie ?

​Qui faut-il consulter ?

Si vous savez déjà que vous avez une discopathie, vous avez déjà consulté. Reprenons depuis le début.

Le médecin généraliste est la première personne à consulter. En première ligne, il détermine si vous avez besoin d'examens complémentaires, d'un traitement particulier, ou de consulter un spécialiste.

Le spécialiste sollicité dépend de votre cas : rhumatologue, neurologue, chirurgien, ou médecin de la douleur

Vous pouvez également consulter un kinésithérapeute, spécialiste du mouvement et des troubles musculo-squelettiques. Le rôle du kinésithérapeute est décrit en détails dans cet article.

Quels​ sont les examens complémentaires disponibles en cas de discopathie ?

​Faut-il contrôler avec des radios et IRM ?

La discopathie L5 S1 en soi n'est pas un problème grave. Les examens complémentaires sont normalement utilisés pour exclure des pathologies sérieuses en cas de signes de gravité : perte de force musculaire dans une ou deux jambes, perte des réflexes, anesthésie de la zone génitale, incontinence, fièvre, antécédent de cancer, etc.

Si vos symptômes n'ont pas évolué, il semble inutile de refaire un examen complémentaire. Les indications aux radiographies et IRM sont décrites dans cet article.


​Y a-t-il d'autres examens complémentaires à faire ?

​La radiographie, le scanner et l'IRM sont les trois examens de références en cas de discopathie. Il n'existe pas d'autre examen complémentaire utilisé en pratique courante. Exceptionnellement, une discographie peut être pratiqué, à visée diagnostic ou thérapeutique, mais cela reste très rare.

​Quels sont les traitements et les solutions disponibles ? Que faire ?

Traitement médicamenteux de la discopathie

​Quels médicaments sont efficaces ?

Les médicaments visent habituellement à soulager la douleur. Il n'y a pas, à ma connaissance, de médicaments qui agissent sur la discopathie.

Le paracétamol (Doliprane, Dafalgan, etc) n'a montré d'efficacité supérieure au placebo en cas de lombalgie récente ou ancienne. (réf, réf)

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (aspirine, médicaments qui finissent en -ène) ont une efficacité supérieure au placebo au court terme. L'auto-médication est déconseillé, compte-tenu des effets secondaires possibles.

Les antalgiques opioïdes (codéine, tramadol, lamaline, dérivés de morphines, etc) semblent posséder une efficacité supérieure au placebo à court terme. (réf, réf, réf) Nous n'avons pas de données pour conclure sur l'efficacité au long terme, en raison des risques importants liés à la prise prolongée de ces médicaments. 

Les recommandations actuelles sont d'utiliser la plus petite dose possible et le moins longtemps possible. (HAS 2019) Il est possible que les opioïdes finissent par augmenter la douleur, en sensibilisant davantage le système nerveux.

Les médicaments sont-ils inutiles s'ils ne font que masquer le symptôme ?

L'efficacité des médicaments est modeste, et ils visent à traiter un symptôme : la douleur. Sont-ils pour autant inutiles ?

Ce ne sont effectivement pas les médicaments qui vont régler votre problème. Cependant, un soulagement temporaire de la douleur peut vous aider à bouger et à reprendre/poursuivre vos activités. Ce sont ces choses-là qui peuvent vous aider au moyen et au long terme. 

Les médicaments peuvent être utilisés dans votre progression, selon des conditions bien précises et définies avec votre médecin. N'oublions pas que, même sous l'effet des médicaments, la règle de la progressivité reste de mise.  

Alterner des périodes hyperactives sous antalgiques et des crises de douleur n'est pas une alternative viable.

​Les infiltrations sont-elles efficaces sur la discopathie ?

Le produit injecté est généralement un dérivé de corticoïdes, et vise à soulager la douleur liée à l'inflammation.

Les infiltrations semblent apporter une amélioration modeste à court et moyen terme, variable d'une personne à une autre.  Au long terme (>6 semaines, dans les études), il ne semble plus y avoir de bénéfice (réf, réf).

L'efficacité est donc incertaine.

Lorsqu'elles sont réalisées dans les règles de l'art, les infiltrations entraînent très peu de complications majeures. Les complications mineures surviennent dans 11.5% des cas, la plus fréquente étant simplement un malaise vagal (réf).

Traitement ​chirurgical de la discopathie

​L'arthrodèse est-elle efficace ?

​L'arthrodèse est une opération chirurgicale lourde de plus en plus utilisée dans les cas de lombalgie chronique avec discopathie dégénérative. Le nombre d'arthrodèses réalisées a explosé, notamment depuis les années 90.  CEPENDANT (je ne peux pas accentuer suffisamment ce mot) : est-ce justifié ?

Les études cliniques réalisées sur le sujet ne montrent pas de bénéfice de l'arthrodèse par rapport à un programme de rééducation intensif et global en cas de discopathie dégénérative. (réf)

L'arthrodèse ne semble pas apporter de bénéfice en cas de récidive de hernie discale. (réf)

​Ce que l'arthrodèse semble apporter de façon certaine, c'est un plus grand risque de complications (jusqu'à 1 patient sur 5) et de ré-opérations par la suite (jusqu'à 36% des personnes opérées en fonction des études).

​La prothèse discale est-elle efficace ?

La prothèse discale est la deuxième grande option chirurgicale proposée en cas de discopathie dégénérative. Le choix entre prothèse discale et arthrodèse se fait surtout en fonction de l'état du segment vertébral concerné, des habitudes du chirurgien et des nombreuses contre-indications aux prothèses discales. 

Les indications aux prothèses discales sont peu nombreuses et discutées par les chirurgiens. Elles semblent se  cantonner à des cas assez spécifiques comme une discopathie active limitée à un seul étage vertébral. (réf)

Les prothèses discales doivent encore faire la preuve de leur efficacité. La plupart des études scientifiques les comparent à une arthrodèse, et ne retrouvent pas de bénéfice significatif. Cela ne nous permet pas de conclure sur leur efficacité dans une prise en charge globale. (réf)

Une étude a comparé la pose d'une prothèse discale à un programme de rééducation intense et global. Huit ans après, la différence entre les deux groupes était très faible (légèrement en faveur de la prothèse discale). (réf)

Traitement ​non médicamenteux de la discopathie

​Les manipulations vertébrales sont-elles utiles en cas de discopathie ?

Les manipulations vertébrales sont fréquemment citées parmi les options de traitement non médicamenteux. Que valent-elles ? Voilà trois choses importantes à savoir à ce sujet :

  • Les manipulations peuvent procurer un soulagement de la douleur au court terme. L'action des manipulations ne se poursuit pas au moyen et long terme. Cela s'explique par le point suivant.
  • ​Elles n'agissent pas sur l'état du disque ou sur la position des vertèbres. L'idée selon laquelle une manipulation pourrait "guérir" un disque est fausse, et doit vous alerter quant aux intentions de la personne qui vous dit cela. Le mécanisme des manipulations est neurophysiologique : votre système nerveux central est calmé temporairement et accorde moins d'importance aux informations qui proviennent de votre dos.
  • Elles doivent rester un complément à une prise en charge active. Reprendre le contrôle sur la lombalgie chronique est un processus actif. Le meilleur des thérapeutes ne sera jamais qu'un copilote, pour vous accompagner dans votre progression.

​À quoi sert la kinésithérapie dans ce cas ?

Les kinésithérapeutes font partie des professionnels les mieux placés pour vous aider en cas de douleurs lombaires persistantes. Que peut vous apporter la kinésithérapie ?

  • Une meilleure compréhension de votre situation
  • Des moyens de contrôler votre douleur
  • Un plan d'action pour reprendre les activités que vous ne pouvez plus faire
  • Une stratégie applicable en cas de crise de douleur, pour se sentir plus en confiance
  • De nouvelles façons de bouger qui peuvent vous aider à en faire plus au quotidien
  • Plus d'autonomie dans votre gestion de la douleur

Mon conseil serait de choisir un praticien qui vous écoute et qui adapte le traitement à votre situation. C'est un travail d'équipe !

​Faut-il mettre du chaud ou du froid sur son dos ?

​Voilà une question qui revient très souvent. Pourtant, la réponse n'est pas si évidente que cela. 

Le principe général (et quelque peu cynique) : mettez ce que vous préférez, la différence ne sera pas si grande que cela.

Beaucoup de personnes préfèrent la chaleur et la trouvent plus agréable et plus rassurante. C'est très bien comme ça, mais vous n'êtes pas un alien si vous préférez le froid.

​La chaleur et le froid agissent sur nos perceptions plus que sur notre dos. La plupart des structures du dos sont de toute façon trop profondes pour que nous ayons une quelconque influence sur elles.

Voilà un article (en anglais) sur le sujet : cliquez ici.


​Les semelles orthopédiques sont-elles efficaces pour la discopathie ?

Les semelles orthopédiques n'ont pas montré leur efficacité, que ce soit dans la prévention ou le traitement des douleurs lombaires.

Innovations et nouvelles techniques

Le CBD permet-il de soulager efficacement les douleurs ?

Le cannabidiol (CBD) est un cannabinoïde présent dans le cannabis, dont les applications thérapeutiques sont étudiées depuis plusieurs années dans divers domaines. Je ne parlerai ici que de l'application aux douleurs chroniques.

L'efficacité du CBD sur la douleur chronique reste à ce jour incertaine. La dernière revue systématique sur le sujet (réf) conclut : " Des preuves limitées suggèrent que le cannabis pourrait être efficace pour soulager la douleur neuropathique chez certains patients, mais les preuves sont insuffisantes concernant les autres types de douleurs chroniques"

Une autre revue de 2019 porte la même conclusion (réf). Des effets indésirables existent : confusion mentale (sans blague), accidents et parfois apparition de troubles mentaux. 

En définitive, le niveau de preuve scientifique du CBD n'est pas inexistant, mais il semble très modeste et limité aux douleurs neuropathiques persistantes. Restez vigilants quant au discours marketing parfois insistant des vendeurs de CBD.

Les injections de PRP sont-elles efficaces en cas de discopathie ?

L'utilisation du PRP (Plasma Riche en Plaquettes) dans le cadre des discopathies dégénératives est récente. Aujourd'hui, les premières études réalisées ne permettent pas de montrer l'efficacité des injections de PRP pour la discopathie dégénérative. Des études scientifiques de meilleure qualité sont nécessaires avant de  recommander ce traitement. (méta-analyse de 2017)

Le Discogel® est-il efficace pour la discopathie ?

Le Discogel® est un gel d’éthanol radio-opaque introduit par le docteur français, le Pr Jacques Théron, en 2007.

Le but annoncé est de réduire la pression intra-discale et de réduire les hernies discales par la même occasion, afin de diminuer le mal de dos.

​À ce jour, les études publiées sur ce sujet ne permettent pas de se prononcer sur l'efficacité de ce produit. Il s'agit principalement d'études rétrospectives (analyser les résultats de précédents patients) ou d'essais cliniques sans groupe contrôle (à haut risque de biais). (réf, réf, réf , réf​, réf​)

Il est possible que l'efficacité du Discogel® dépende de la réelle responsabilité du disque intervertébral dans la douleur de la personne concernée. Le disque n'est parfois pas responsable de la douleur lombaire. Focaliser les thérapies sur le disque n'a alors que très peu de chances de fonctionner. 

Est-ce que les injections de cellules souches peuvent soigner une discopathie ?

Il existe actuellement très peu d'études sur le sujet, et celles qui existent sont de très faible qualité. Leurs conclusions ne permettent pas de conclure à un quelconque intérêt de la procédure. (réf)

Existe-t-il des compléments alimentaires pour la discopathie ?

Des compléments alimentaires sont parfois proposés pour favoriser la régénération de certaines structures, notamment le cartilage des articulations. Séduisant, n'est-ce pas ? Les entreprises l'ont bien compris. 

Actuellement, il n'existe aucune preuve d'efficacité de ces compléments, qu'il s'agisse des vitamines, des minéraux, ou des composés plus exotiques comme la bave d'escargot, le cartilage de requin, et bien d'autres. 

Thérapies alternatives et discopathies

​Les thérapies alternatives peuvent-elles être utiles en cas de discopathie ?

​​La plupart des thérapies alternatives procurent au mieux un bénéfice sur la douleur faible et limité au court terme. Certaines ont été davantage étudiées : c'est le cas de l'acupuncture par exemple (voir question si dessous). ​Hélas, plus les études sont rigoureuses, plus le bénéfice observé est faible. (réf, réf)

​Il semble que les bénéfices ressentis soient majoritairement liés à :

  • Des effets contextuels : l'attention du thérapeute, son contact, son discours, les caractéristiques de la thérapie, le prix et l'attente avant de voir le thérapeute, le fait que la thérapie vienne "corriger" ce que le thérapeute a désigné comme la cause de la douleur, etc.  
  • Des effets neurophysiologiques : des thérapies comme l'acupuncture et la thérapie manuelle déclenchent certains mécanismes anti-douleur du système nerveux central. Ce n'est cependant pas le mécanisme annoncé par ces thérapies, et il existe d'autres moyens pour y parvenir. 
  • D'autres facteurs : l'évolution naturelle de la douleur, l'influence d'autres choses présentes dans votre vie à ce moment-là, etc.

Il existe une place pour les thérapies alternatives dans la prise en charge du mal de dos, mais elle doit se faire selon certaines conditions. Pour plus d'informations : 6 effets secondaires méconnus des thérapies alternatives sur le mal de dos chronique.

Est-ce que l'acupuncture ​est efficace contre le mal de dos ?

L'efficacité d'une thérapie s'évalue grâce à des études scientifiques rigoureuses, indépendamment de la satisfaction et des témoignages que l'on peut trouver sur ce sujet.

Dans le cas de l'acupuncture, les études retrouvent globalement un bénéfice faible voire inexistant par rapport à un placebo ou une absence de traitement. L'effet semble identique peu importe où l'on place les aiguilles et peu importe la profondeur. Les méridiens d'acupuncture n'ont jamais été prouvés malgré de multiples tentatives infructueuses.

L'un des facteurs qui prédisent le plus l'efficacité de l'acupuncture est... de penser que l'acupuncture va être efficace.

(réf, réf, réf, réf, article)

​Vivre avec une discopathie au quotidien

​Que peut-on faire pour avoir moins mal au dos ?

​Bouger et s'impliquer dans des activités physiques est une constante parmi les approches modernes du mal de dos. Vous n'avez pas besoin de devenir fan de sport si vous détestez ​cela (bien que cela puisse être l'occasion de découvrir de nouvelles choses).

La marche, le jardinage, jouer avec ses enfants, faire du bricolage .. sont également des activités physiques qui peuvent vous apporter des bénéfices et de la satisfaction.

​Les troubles du sommeil font partie des plus grands facteurs d'apparition et de persistance de la douleur. Assurez-vous de dormir au moins 7 heures par nuit, et demandez-vous si votre sommeil n'est pas perturbé par quelque chose d'évitable (trop de lumière, mauvaise literie, etc).  Le stress joue aussi un rôle important.

Mieux comprendre votre situation et votre douleur vous aide à vous sentir en contrôle ! Les articles et vidéos de Comprendre Son Dos visent justement à vous remettre à la place du conducteur, le volant entre les mains. Cela peut sembler accessoire, voire inutile, mais cela peut réellement vous aider à savoir dans quelle direction aller.

Faut-il se reposer allongé au lit ?

C'est maintenant bien intégré dans la plupart des recommandations sur le mal de dos : le repos strict au lit est déconseillé ! (revue Cochrane)

Rien ne vous empêche de faire une sieste dans la journée, ou de faire une pause après une activité intense. Ce qui est déconseillé, c'est :

  • ​rester au lit pour une période prolongée (dont la durée est mal définie, disons à partir d'un jour)
  • ​avoir une seule stratégie pour faire face à la douleur : se reposer en position allongée.
  • ​éviter complètement de bouger par peur de déclencher la douleur

Quels accessoires peuvent-être utiles en cas de discopathie ?

Vous pouvez facilement vous perdre dans la jungle d'accessoires proposés sur Internet et propulsés par un marketing souvent agressif. Que valent-ils réellement ?

Les accessoires correcteurs de posture, parfois pompeusement désignés comme "LA solution contre le mal de dos" par certaines entreprises. Pourtant, les liens entre posture et mal de dos sont très obscurs et controversés ! Voir les articles suivants : 8 raisons pour lesquels les mauvaises postures n'existent pas  et Analyse du tee-shirt Percko .

Les tapis d'acupression agissent sur votre système nerveux central en activant des mécanismes anti-douleur. Cela peut vous apporter un soulagement au court terme, ce qui est ​utile quand cela vous permet d'être davantage actif. Plus de précisions prochainement dans un article dédié aux tapis d'acupression.

Beaucoup d'entreprises font leur publicité sur Facebook pour des produits parfois ridicules. Entre autres : stylo d'acupuncture électrique, semelles magnétiques détoxifiantes, oreiller postural,... Votre temps et votre argent valent mieux  que cela.


Faut-il mettre une ceinture lombaire ou même un corset ?

​L'idée générale est de limiter les mouvements du dos pour éviter de reproduire les mouvements douloureux. Si cela semble une bonne idée au court terme, les ceintures lombaires posent problème dès qu'elles sont utilisées régulièrement.

D'une part, votre dos a besoin de mouvements pour être en bonne santé. Les disques intervertébraux ne nourrissent des mouvements et des contraintes qu'ils reçoivent. S'il on cherche à entretenir ses disques intervertébraux, bloquer les mouvements semble assez contre-productif.

D'autre part, l'utilisation régulière d'une ceinture lombaire instille dans votre esprit que votre dos est fragile, qu'il a besoin d'un soutien extérieur. Bien que cette pensée soit totalement normale lorsque l'on souffre, elle ne correspond pas nécessairement à la réalité. Votre dos est peut-être très sensible, mais il n'est pas fragile. 

Par ailleurs, les études scientifiques ne retrouvent aucune efficacité des ceintures lombaires dans la prévention et le traitement du mal de dos.

Quels exercices faire pour la discopathie ?

​Il n'existe pas d'exercices particulier "spécial discopathie". De la même manière, il n'existe pas d'exercices interdits aux personnes qui ont une discopathie. On ne choisit pas des exercices en fonction d'un "diagnostic", mais en fonction de la personne concernée. Alors comment choisir ses exercices ? 

Il existe peut-être une direction de mouvement dans laquelle vous vous sentez mieux : se pencher en avant, se pencher en arrière, sur les côtés...  Vous pouvez commencer par des exercices qui vous emmènent dans la direction que vous préférez. Par la suite, vous pouvez progresser vers les directions qui restent les moins agréables.

Par exemple : si je préfère les mouvements qui vont vers la flexion (vers l'avant, qui arrondissent le bas du dos), je peux commencer principalement par des mouvements qui vont dans ce sens : position de la prière, se relâcher vers l'avant en position assise, etc. Je peux progressivement intégrer à ma routine des mouvements vers l'extension (vers l'arrière, qui creusent le bas du dos).

​Si un mouvement est trop intense pour vous à un moment donné, vous pouvez peut-être le rendre plus facile ! Par exemple : se pencher en avant en position debout est trop difficile ? Alors pouvez-vous le faire depuis la position assise ? En étant bien relâché et avec la respiration ? Vous pourriez même pratiquer le mouvement de la "prière" au sol pour commencer, si besoin.

​En définitive, il existe énormément d'exercices valables en cas de discopathie. Les lister ici reviendrait à lister tous les exercices qui sollicitent d'une façon ou d'une autre le dos. Les études scientifiques sur le sujet sont assez libératrices ! Pas besoin d'un type d'exercice en particulier. Choisissez les mouvements que vous préférez, pratiquez-les régulièrement et faites-vous plaisir !

Activités du quotidien

​​Quel sport/activité physique choisir en cas de discopathie ?

​Aucun sport n'est meilleur que les autres pour le mal de dos. La soi-disant supériorité de la natation est ... une idée reçue ! Les sports "sans impact" ne sont pas non plus une panacée.

​Le meilleur sport que vous puissiez choisir est celui qui vous plaît ! ​​Peut-être avez-vous arrêté certaines activités à cause des douleurs ?

Il est d'autant plus important de poursuivre ou reprendre ces activités si ce sont des choses importantes pour vous, qui font partie de votre routine. Bien souvent ce sont des loisirs qui nous font plaisir et qui nous aident à évacuer le stress. Imaginez la catastrophe lorsqu'on arrête tout !

Les contraintes, les efforts et les mouvements sont la nourriture même de votre corps. Nous avons besoin de cela pour nous développer et nous adapter. ​N'hésitez pas à travailler avec un kinésithérapeute pour atteindre vos objectifs.

Faut-il éviter certaines activités intenses et ou à choc (dont le jogging) ?

Certains sports ont mauvaise réputation lorsque l'on parle du mal de dos : la course et les sports à impact par exemple. Faut-il vraiment les éviter ? Sont-ils réellement mauvais pour le dos ?

Une étude publiée en 2017 (réf) a fait passer des IRM à des personnes pratiquant le footing de façon régulière et à des personnes ne pratiquant pas le footing. Le résultat ? Les personnes qui couraient régulièrement avec des disques intervertébraux plus épais et mieux hydratés, c'est-à-dire en meilleure santé.

​En réalité, il n'existe pas de "mauvaise activité" ou de "mauvais mouvement". Il n'existe que des activités ou des mouvements :

  • ​auxquels nous ne sommes pas préparés
  • ​que nous ne tolérons pas à un instant donné

​Ce n'est pas la discopathie mais la douleur qui nous fait éviter telle ou telle activité. Certains mouvements ou efforts peuvent être douloureux, mais il est peu probable que vous vous blessiez à partir du moment où vous reprenez progressivement votre activité.

Est-ce que le fait d'avoir mal au dos signifie qu​e la discopathie s'aggrave ?

​L'une des principales peurs que l'on peut avoir lorsque l'on souffre du dos est d'aggraver une "lésion". Pourtant, la douleur survient bien avant que l'on aggrave quoique ce soit. Avoir mal au dos pendant un mouvement ne signifie pas que l'on est en train "d'abîmer" ou "d'user"davantage son dos.

​Les périodes d'évolution de la discopathie pourraient être liées à des périodes plus douloureuses, car elles seraient liées à des phénomènes inflammatoires. Cependant, nous parlons bien ici de périodes, et pas d'augmentation définitive de la douleur.


Quelles positions sexuelles privilégier ou éviter ?

​Les différentes positions sexuelles peuvent être classées en trois catégories : celles qui entraînent des mouvements surtout en flexion, celles qui entraînent des mouvements surtout en extension, et celles qui n'entraînent peu de mouvements

Quelqu'un qui supporte mal les mouvements en flexion appréciera davantage les positions qui le maintiennent vers l'extension. Et inversement !

Quelqu'un qui supporte mal le mouvement tout court appréciera davantage une position qui lui demande peu de mouvements.


Tout est expliqué clairement dans cet article : ​Choisir une position pour faire l'amour quand on a mal au dos.


Quelle position peut-on adopter en voiture (passager et conducteur) ?

​Il est conseillé d'adopter une position confortable et dans laquelle vous pouvez vous relâcher. Certaines personnes se sentent mieux avec le bas du dos arrondi/enroulé. D'autres préfèrent avoir un support qui maintient le bas du dos cambré.

L'angle entre le tronc et les cuisses devrait être suffisamment ouvert (au moins 100°) pour ne pas générer d'inconfort au niveau de l'aine, ou de lourdeur dans les jambes.

Gardez à l'esprit qu'aucune position n'est parfaite. Vous pouvez régler votre posture au degré près, il faudra toujours faire quelques mouvements et se dégourdir les jambes de temps en temps. Alterner entre une position redressée et une position relâchée peut être une solution simple en cas de gêne.

Je tiens également à souligner un piège à éviter. Certains accessoires, comme les coussins lombaires, peuvent vous aider à parcourir de plus longues distances en voiture. Cependant, lorsque ces accessoires deviennent indispensables, cela peut créer une dépendance à ces accessoires, et limiter vos capacités. ​Cela ne vous aide plus à devenir plus forts et plus tolérants aux activités quotidiennes.

Faut-il changer de métier pour que cela s'arrange ?

​Mon avis personnel est qu'il y a beaucoup de choses à essayer avant de prendre la décision de se ré-orienter. Si votre travail vous tient à cœur alors tout devrait être fait pour vous permettre de le garder. 

Il me semble que cette question devrait se discuter avec un professionnel de santé qualifié, qui saura évaluer le rôle de votre métier dans votre situation. Dans certains cas, le métier n'est pas le vrai coupable, et en changer n'améliore pas la situation, bien au contraire.

​Style de vie

Est-ce que le fait de rester assis aggrave la discopathie ?

Les disques intervertébraux n'apprécient pas l'immobilité prolongée (plusieurs heures). Heureusement, il est très rare de rester dans une seule position pendant plusieurs heures : nous bougeons naturellement ! C'est d'ailleurs l'un des rôles de notre système nerveux : nous prévenir lorsqu'il faut bouger. 

Le fait de travailler en position assise ne favorise pas les discopathies, à condition de bouger de temps en temps. Souvenez-vous que vos disques intervertébraux ont besoin de mouvements et de contraintes pour être bien hydratés et solides. 

Le mouvement est un médicament.

Comment bien dormir quand on a une discopathie L5-S1 ?

​Avoir mal gêne le sommeil, et mal dormir favorise la douleur... Alors comment sortir de ce cercle vicieux ?  Voilà quelques idées.

Effectuer quelques mouvements peu de temps avant de dormir. Les mouvements de bassin montrés dans la vidéo bonus n°1 sont particulièrement adaptés à cette situation. Cela peut vous constituer une "réserve de mouvements" avant de rester relativement immobile pendant la nuit.

Trouver une position confortable, peu importe laquelle. Je suis toujours abasourdi par les recommandations de certaines personnes, notamment dans les médias. Il y aurait une seule bonne position pour dormir, et les autres seraient dangereuses. Qu'en pensez-vous ? Pensez-vous que l'on puisse se blesser en dormant ?  

Mieux vaut adopter une position confortable pour vous, dans laquelle vous vous sentez bien, même si elle ne correspond pas aux recommandations habituelles. Si vous dormez bien sur le ventre, allez-y. Si vous dormez bien dans une position un peu bizarre, allez-y. 

Connaître quelques techniques de respiration pour se détendre. Il en existe au moins une dizaine. Prenons pour exemple la respiration carrée. 4 secondes d'inspiration, 4 secondes d'apnée, 4 secondes d'expiration, 4 secondes d'apnée. Tout simplement. Vous trouvez facilement des vidéos Youtube en guise de support visuel : https://www.youtube.com/watch?v=vg__S5bVqnw .

D'autres astuces sont développées dans la fiche pratique à ce sujet.

Que puis-je modifier dans mon alimentation pour avoir moins mal ?

N'étant pas formé en nutrition, je ne pourrai pas vous apporter de réponse précise à cette question.

Éviter de consommer trop d'aliments pro-inflammatoires (les sucres rapides et les graisses saturées par exemple) semble une bonne idée.

Les régimes sans gluten n'ont un intérêt que si vous souffrez d'une intolérance au gluten avérée.

Quels sont les liens entre stress, discopathie et douleur ?

Les liens entre stress et mal de dos sont bien réels. Néanmoins, comment ça marche ? 

Le mécanisme le plus évident est le fait de se contracter en cas de stress. Cela joue effectivement un rôle. Être constamment en tension favorise une sensation de raideur désagréable. Mais ce n'est pas tout !

Le stress peut également rendre votre système nerveux plus sensible et exciter votre système immunitaire et endocrinien. Plus de détails et des solutions ici : Stress et mal de dos chronique : 4 conséquences et comment les inverser.

Une autre question ?

Je me suis efforcé d'écrire un article le plus complet possible. Toutefois, si je n'ai pas répondu à votre question, n'hésitez pas à me la poser dans les commentaires ci-dessous.

J'espère que les informations présentes dans cet article vous aideront à avancer et à reprendre le contrôle sur votre situation.

À bientôt

Éric

Catégories : L'origine de la douleur

  • Morgane dit :

    Merci pour cet article très complet!

  • Thil Josiane dit :

    Merci pour ces explications. Elles permettent une bonne dédramatisation des douleurs dorsales, et donnent de bons conseils

  • Thil Josiane dit :

    On m’a diagnostiqué une cruralgie côté gauche. Mais ce dont je souffre le plus, c’est une douleur localisée dans le mollet gauche et une gêne type engourdissement. Cela dure depuis 6 semaines et j’ai des difficultés à marcher plus de 500 mètres.

    • Eric Bouthier dit :

      Merci pour votre commentaire.
      J’espère que l’article vous aidera à progresser contre cette douleur qui doit être très gênante pour vous déplacer au quotidien. Peut-être qu’un kinésithérapeute pourrait vous aider !

  • Aurélie dit :

    Merci d’éclaircir toutes les questions liées au mal de dos en les ramenant aux études cliniques réalisées 🙂 Le mouvement avant tout.

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