Hydrotomie percutanée et lombalgie chronique : ce qu’il faut savoir

Quelques précisions avant de commencer : 

  • Je m'intéresse surtout à l'application de l'hydrotomie percutanée au mal de dos.
  • ​Chacun est libre de décider ce qu'il veut pour sa santé. Je souhaite simplement que ce choix soit éclairé. Cela me paraît essentiel, au vu des campagnes de publicité parfois insistantes des adeptes de la méthode.
  • ​​Je n'ai pas de conflit d'intérêt en faveur ou contre l'hydrotomie percutanée.

Histoire de la thérapie et techniques utilisées

​L'hydrotomie percutanée (HP) est née à la fin des années 80, en empruntant à plusieurs thérapies pré-existantes. La mésothérapie semble avoir fortement influencé les concepts de l'hydrotomie, au point que l'HP est considérée comme "une technique de mésothérapie très diluée" par la Société Internationale d'Hydrotomie Percutanée.

​Son inventeur est un médecin niçois, le Dr Bernard Guez.

La thérapie comprend, d'après le site officiel, trois techniques différentes :

La mésoperfusion

Cette technique consiste en l'injection sous-cutanée ou intra-dermique d'une solution saline physiologique, associée ou non à d'autres molécules diverses et variées : vitamines, minéraux, anti-inflammatoires, antalgiques,vasodilatateurs, etc...

Nous nous intéresserons surtout à celle-ci car elle semble la plus répandue dans le traitement du mal de dos.

​La mésochélation

 Il s'agit d'une mésoperfusion dans laquelle on a rajouté un autre produit nommé EDTA. Ce dernier est censé lutter contre les pathologies dégénératives comme l'arthrose par une action sur le calcium. Une courte recherche nous montre que l'EDTA est surtout utilisé à d'autres fins (lien Wikipédia).

​La mésovaccination

​Il s'agit de stimuler les "muqueuses" avec de petites quantités de vaccins non-spécifiques pour réinitialiser leur fonctionnement et améliorer leurs défenses immunitaires. Si vous comprenez ce que cela signifie, prévenez-moi.

​Maintenant que les bases sont posées, nous pouvons commencer. ​

Des affirmations extraordinaires nécessitent des preuves solides

​Si je vous dis que j'ai un chat, vous n'allez pas me demander de vous le montrer en vrai pour me croire. Une simple ​parole suffit.

En revanche, si je vous dis que j'ai un chat qui m'accompagne à la batterie lorsque je joue de la basse, vous allez probablement me demander des preuves solides. A priori, le consensus actuel est que les chats ne jouent pas de la batterie, donc il est normal que vous ne me croyiez pas sur parole.

​De la même manière, j'aimerais avoir plus de preuves scientifiques pour adhérer aux explications fournies par les praticiens en hydrotomie percutanée. Prenons le cas du traitement d'une hernie discale.

​Le principe de base est apparemment d'injecter une dose importante de sérum physiologique sous la peau, pour qu'elle diffuse jusqu'aux disques intervertébraux, puis qu'elle les ré-hydrate, pour leur donner leurs qualités initiales afin de faire disparaître la douleur.

Quelles questions peut-on se poser ?

  • Est-ce que le produit diffuse réellement jusqu'aux disques ? 
  • C'est très, trèèèès profond ! Il y a une tonne d'éléments interposés entre la peau et les disques intervertébraux (y compris ​votre moelle épinière et une partie de vos vertèbres !), et une tonne de vaisseaux sanguins prêts à ré-absorber cet oedème sur le trajet.

  • Est-ce que les disques intervertébraux se "ré-hydratent" et se "réparent" réellement au contact du produit ? 
  • Le disque adore l'eau (comme Jean-Claude Van Damme) et son environnement en contient déjà beaucoup, alors est-ce qu'un rajout d'eau change quelque chose ?

  • Est-ce que la "guérison" du disque est forcément associée à une disparition de la douleur ? 
  • Il existe de nombreuses lombalgies et radiculalgies sans anomalie au niveau du disque. Si vous lisez le blog régulièrement, vous savez que beaucoup d'autres facteurs interviennent.

​Chacune de ces questions est vérifiable et mérite une réponse scientifique.

Pourtant, impossible d'en trouver, que ce soit sur les sites web ou dans les vidéos.

On trouve en revanche beaucoup de témoignages de patients et de thérapeutes, ainsi que des remarques sur l'expérience des praticiens.

Malheureusement, ces derniers éléments n'ont que très peu de valeur scientifique.

​Tant qu'aucune étude sérieuse ne sera réalisée, ces mécanismes relèvent de la pensée magique.

​Une thérapie doit être évaluée avant d'être dite "efficace"

​Certaines thérapies ont fait leurs preuves avant que leurs mécanismes d'action soient expliqués. Je me permets donc de rajouter cette section.

L'absence d'essai clinique

Les affirmations sur l'efficacité, sur la longue durée des effets et sur l'absence d'effets secondaires sont infondées, dans la mesure où aucun essai clinique sérieux n'a été réalisé. Si les fondateurs pensent que cela marche, cela ne les dispense en aucun cas de tester ces hypothèses.

L'hydrotomie percutanée est complètement absente des plus grandes bases de recherche scientifiques françaises et internationales (les sites sur lesquels sont référencées les études scientifiques publiées). Aucun essai clinique n'est disponible, à ma connaissance, sur Internet.

Dans ce cas, sommes-nous obligés de croire sur parole les affirmations des promoteurs de cette technique ?

Que nous propose-t-on comme preuve ?

Les références "scientifiques" listées sur le site officiel sont soit des mémoires de diplôme de mésothérapie, soit des communications lors de congrès d'hydrotomie percutanée ou de mésothérapie.

Quel est le souci ? Ces références ne sont lues et vérifiées que par d'autres adeptes de ces thérapies, déjà convaincus de leur valeur.  La vérification d'une publication par des pairs neutres est pourtant un critère de qualité nécessaire. Si quelqu'un défend l'idée que la Terre est plate, et que toutes les "preuves" qu'il vous donne proviennent de l'Association Internationale des Platistes, vous allez probablement douter de la validité de ses preuves.

​Vérifier d'où provient l'information est essentiel pour pouvoir l'interpréter correctement.

Enfin, ce sont soit des communications lors de congrès (qui sont intéressantes pour partager des idées avec d'autres confrères, sans pour autant constituer une preuve), soit des études de cas (qui permettent tout au plus de dire "Il y a quelque chose à étudier ici").

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​Avoir une démarche scientifique, c'est bien. Se faire passer pour un scientifique, c'est mal.

​Les promoteurs véhiculent l'idée que la thérapie est scientifiquement fondée, validée et éprouvée, et en accord avec le reste des thérapies "conventionnelles".

​Jouer sur les mots ?

Par exemple, vous apprenez sur le site officiel que la solution saline physiologique est " en accord avec l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM)". S'agissant du sérum physiologique que l'on retrouve dans la majorité des perfusions classiques, ce n'est pas surprenant.

De la même manière, les médicaments délivrés ont des "propriétés pharmacodynamiques établies scientifiquement". Ces médicaments ont en effet des propriétés lorsqu'ils sont administrés de manière habituelle. Impossible de définir leur action dans cette procédure là, d'autant plus qu'ils sont apparemment fortement dilués.

​Trop de jargon tue le jargon

​Les pages du site officiel (sur lesquelles sont dirigées beaucoup de personnes en quête d'information) sont parsemées de jargon technique, souvent à outrance (du moins c'est mon avis). ​Je conçois que le site puisse être destiné aussi bien aux patients qu'aux professionnels, mais je le ressens comme une volonté d’impressionner les lecteurs et, encore une fois, de se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas. 

​Le pouvoir de la blouse blanche

​Le fait que ces soins soient réalisés par un professionnel de santé en blouse blanche, stéthoscope autour du cou, leur confère une crédibilité et une légitimité qui n'est pas forcément méritée.

Des infirmiers et des médecins peuvent réaliser ces techniques, en effet, mais cela ne rend ni les affirmations plus vraies ni les soins plus efficaces. Si les diplômes immunisaient leurs détenteurs des erreurs, je pense que cela se saurait. Pourtant, cela sème la confusion dans l'esprit des patients, notamment quand certaines thérapies sont partiellement prises en charge par la sécu !

Rajoutez à tout cela les promotions régulières de ce traitement lorsque des personnes vulnérables recherchent de l'aide sur les réseaux sociaux, et vous obtenez la raison de cet article aujourd'hui.

"​Traiter la cause et non le symptôme"

​Comme l'intégralité des thérapies alternatives, l'hydrotomie percutanée prétend traiter la cause de la douleur, et non le symptôme.

​Vraiment ?

​Imaginons que l'HP permette effectivement de redonner aux disques intervertébraux leur forme et leur état initial (une grosse hypothèse, oui). Pour que cette affirmation soit vraie, il faut être en mesure de montrer que l'état des disques est effectivement LA cause de la douleur.

Nous savons maintenant que de très nombreuses personnes ​sans douleur ont des disques dégénérés, des protrusions, des hernies, de l'arthrose, etc.. et que la présence de ces "anomalies" ne les rend pas plus vulnérables par la suite. (Brinjikji 2015, Jarvik 2005, Steffens 2014). 

​On retrouve de très nombreuses "anomalies" au niveau des disques intervertébraux des personnes qui n'ont pas mal. Peut-être n'est-ce pas là le plus important ?

​La lombalgie chronique n'est pas qu'une affaire de disque.

​Que l'on me corrige si je me trompe, mais il me semble que l'hydrotomie percutanée est notamment destinée aux personnes souffrant de lombalgies et de radiculalgies sévères, chroniques et handicapantes. Des personnes qui ont souvent déjà tenté plusieurs traitements sans succès. Or, il est très clair aujourd'hui que, dans ces situations-là, la douleur n'est pas due à un seul facteur anatomique !

La douleur est le fruit d'une interaction complexe entre de nombreux facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. Ces liens sont différents d'une personne à l'autre, et même au sein d'une seule personne en fonction du temps.

Une thérapie telle que l'hydrotomie percutanée me paraît complètement incompatible avec les données scientifiques actuelles.

​Une thérapie sans aucun effet secondaire ?

​L'un des arguments mis en avant pour promouvoir l'HP est l'absence supposée d'effets secondaires.

Il s'agit d'une procédure invasive : on pénètre la barrière de la peau et on y injecte une ou plusieurs substances. ​Il y a dès lors, au minimum, un risque potentiel d'infection au niveau des points d'injection.

Aucune mention n'en est faite et je trouve cela dommage.

Que trouve-t-on à ce propos sur le site officiel ?

"Après une séance, vous pouvez avoir une réaction avec douleur, chaleur, rougeur pendant quelques heures. Ces réactions n'ont rien d'inquiétant; au contraire, c'est l'effet thérapeutique."

​Pour rappel : la douleur, la chaleur, la rougeur et le gonflement sont les 4 signes typiques de l'inflammation. Est-ce que l'inflammation est l'objectif de l'hydrotomie percutanée ? Je ne crois pas. Cette propension à considérer les effets secondaires comme un signe d'efficacité de la technique est pour moi dangereuse.

C'est un autre signe qui devrait éveiller vos soupçons à propos d'une thérapie : l'irréfutabilité. Lorsqu'une thérapie ne peut pas être mise en défaut, lorsqu'elle ne peut pas avoir tort.

Imaginons que vous fassiez des séances d'hydrotomie.

Vous avez mal ? C'est un signe d'efficacité.

Vous n'avez pas mal ? C'est aussi un signe d'efficacité. 

Dans tous les cas, la théorie est validée, peu importe les faits : c'est une caractéristique des pseudosciences.

​Quelques effets secondaires auxquels on ne pense pas

​Dernière remarque à ce sujet : l'hydrotomie percutanée persuade les patients qu'ils ont mal parce que leurs disques sont abîmés et déshydratés.

Double conséquence.

D'une part, ce genre de croyances est associé à plus de douleurs et d'incapacités : votre organisme vous protège d'autant plus s'il sait que votre dos est potentiellement abîmé.

D'autre part, vous avez alors besoin des services de l'hydrotomie percutanée, qui elle-seule peut "réhydrater" vos disques. Il s'instaure alors une forme de dépendance au thérapeute, là où on aimerait trouver une relation de coopération. Peut-on parler d'effet secondaire ?

​Mais alors, pourquoi est-ce que ça marche pour certaines personnes ?

​L'une des réactions que je m'attends à recevoir est la suivante :

"Si vous voulez, mais dans ce cas, pourquoi y a-t-il tant de témoignages positifs de patients qui ont été guéris par cette méthode ?"

C'est une très bonne question !

L'une des difficultés que l'on rencontre lorsqu'on cherche à déterminer l'efficacité d'un traitement est de parvenir à éliminer autant de biais que possible.

Éliminer les biais (c'est-à-dire les erreurs de jugement, de raisonnement), c'est arriver à isoler l'efficacité spécifique du traitement, en enlevant par exemple l'effet placebo.

​Or, les témoignages (ou une simple expérience personnelle) possèdent malheureusement trop de biais pour servir de preuves. Il existe en effet plusieurs facteurs qui nous trompent très souvent lorsqu'on cherche à interpréter ce qui nous arrive. En voici quelques exemples.

La régression à la moyenne

Si vous souffrez de douleurs chroniques, il est probable que la douleur oscille au fil du temps. Il y a des périodes plus ou moins douloureuses, avec des pics et des accalmies.

​Quand seriez-vous prêts à vous engager dans une thérapie comme l'hydrotomie percutanée ? Certainement lors d'un pic de douleur.

Il est alors très probable que la douleur diminue après le traitement, indépendamment de son efficacité...  (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Cliquer pour agrandir

​Gardez à l'esprit qu'il s'agit d'un schéma : les variations de douleur ne sont pas forcément aussi grandes, et l'échelle de temps peut s'étaler sur plusieurs mois ! ​

​Les effets contextuels

Ce sont tous les changements que l'on observe lors d'une prise en charge, mais qui ne sont pas dus à l'efficacité spécifique du traitement utilisé. L'effet placebo en fait évidemment partie.

Soyons clairs : tous les traitements possèdent une part d'effets contextuels/placebo, comme une cerise sur le gâteau.

Tout le monde y est sensible (autant vous que moi), et l'intelligence n'a rien à voir là-dedans.

Il faut simplement en être conscient, et s'assurer que l'on n'est pas en train de vous proposer une cerise sans gâteau.

Quels sont les facteurs qui peuvent contribuer à l'amélioration des douleurs (indépendamment de l'efficacité de la technique) ?​

  • ​La technique est impressionnante : on vous pique à de nombreux endroits pour vous injecter un liquide spécialement préparé pour vous, le tout pile poil à l'endroit qui pose problème !
  • ​On vous a expliqué que le traitement visait la cause exacte de votre problème, avec de longues explications sur les mécanismes de cette thérapie.
  • ​La technique est réalisée par des professionnels de santé en blouse blanche et en qui vous avez confiance. Un proche ou une autre personne vous a peut-être conseillé tel praticien pour ses compétences.
  • Vous vous êtes engagés pour plusieurs séances, vous payez au moins une partie de vos séances de votre poche, et vous avez peut-être du attendre avoir de pouvoir les commencer.
  • Vous avez un bon contact avec le professionnel qui réalise la technique : il vous écoute attentivement et vous vous sentez compris(e).

​ATTENTION : ​Même si certains points peuvent paraître farfelus, ce sont effectivement des facteurs qui peuvent moduler l'évolution de la douleur. Ce n'est pas une question de faiblesse d'esprit, ou de crédulité !  Nous sommes tous sujets aux effets contextuels.

​Le recueil des témoignages et leur sélection

​Imaginez un laboratoire de cosmétique qui chercherait à prouver l'efficacité d'une crème anti-rides. L'un des représentants part interroger 100 personnes qui utilisent la crème pour obtenir des témoignages. 

À la fin, il est embarrassé : 50 témoignages sont positifs, et 50 sont négatifs. Il est très tentant de ne prendre et ne diffuser que les témoignages positifs. 

Au final, on peut très facilement retrouver une publicité avec uniquement des témoignages positifs,  alors les acheteurs ne semblent satisfaits qu'une fois sur deux (autrement dit vous avez autant de chance de viser juste à pile ou face que d'être satisfait par cette crème).  

​Pourquoi les témoignages ne sont pas une preuve d'efficacité

Cela nous amène au point suivant : les témoignages reflètent la satisfaction d'une personne, pas l'efficacité de la thérapie. La satisfaction et le ressenti de la personne sont importants, bien entendu, mais ces critères sont insuffisants pour affirmer que quelque chose "marche".

D'une part, on ne peut pas prendre un ou plusieurs cas et en faire une généralité.  D'autre part, il est impossible pour la personne qui témoigne de savoir si les bénéfices qu'elle ressent sont dus à la thérapie en elle-même, ou bien aux effets contextuels, à l'évolution naturelle de la douleur, ou à d'autres choses dans sa vie.

​Non, les personnes qui ressentent un bénéfice avec cette technique ne sont pas folles.

Les personnes qui témoignent positivement ​sont souvent persuadées que c'est bien​ cette technique qui leur a apporté un bénéfice, et pas un autre facteur. ​​

Lorsque l'on vit soi-même une telle expérience, il est impossible de distinguer l'effet du traitement, les effets contextuels, l'évolution naturelle, etc.

​Points-clés de l'article

  • Les principes de l'hydrotomie percutanée sont peu plausibles compte-tenu des connaissances scientifiques actuelles, et aucune étude sérieuse n'est proposée par les praticiens pour vérifier ces hypothèses.
  • ​La thérapie est proclamée "efficace" par les fondateurs sans aucune preuve.
  • ​Plusieurs éléments rapprochent l'hydrotomie d'une pseudoscience. Par exemple, les explications sont remplies de jargon scientifique, et tout est fait pour "paraître" scientifique et cohérent avec le reste du système de santé.
  • La technique repose sur une croyance  dépassée selon laquelle la cause de la douleur est toujours un défaut du disque intervertébral (ou d'un autre élément), et qu'il suffit de "réparer" cet élément grâce à l'hydrotomie percutanée pour voir les symptômes disparaître. Ce genre d'explications, cohérentes à la fin des années 80, n'a plus raison d'être en 2018.
  • ​Cette technique n'est pas sans effet secondaire.
  • Les témoignages ne permettent pas  de statuer sur l'efficacité d'une technique.

​Conclusion

L'hydrotomie percutanée présente un certain nombre de défauts qui ne la rendent pas crédible selon moi, et elle n'a pas sa place dans une prise en charge moderne de la lombalgie chronique.

L'hydrotomie percutanée n'est pas encore évaluée scientifiquement, et elle n'est pour l'instant pas plausible.

J'ai choisi de vous exposer les points les plus importants dans cet article. La discussion reste ouverte, et il existe encore d'autres aspects à aborder.

​Si vous découvrez le blog au travers de cet article, sachez qu'il existe d'autres articles qui répondront, je l'espère, à vos questions. Autrement, vous pouvez facilement me proposer des améliorations ou un sujet d'article avec la fonction Faire une suggestion .

Voilà quelques propositions :

​Sources

​Le site officiel disponible ici

​Vidéos d'informations et reportages sur Youtube

​Bases de recherche explorées en vain : PubMed, Google Scholar, PEDro

Quand faut-il réellement s’inquiéter ?

Votre dos vous fait souffrir le martyre, les médicaments sont peu efficaces et vous angoissez à l'idée que cela puisse être quelque chose de grave ? Voilà un article qui vous permettra d'aller consulter votre médecin sans omettre un détail parfois crucial.

Le mal de dos peut-il être grave ?

Bonjour à tous,

Ceci est un article ESSENTIEL avant de passer à la suite.

Au fil des articles, vous remarquerez que beaucoup de choses seront dédramatisées et relativisées. Pour pouvoir avoir cette approche en toute sécurité, il est indispensable d’être sûrs d’avoir écarté les dangers potentiels.

On estime que 1 à 2% de toutes les lombalgies ont une cause grave qui nécessite un traitement médical spécifique et/ou des examens complémentaires. Il est donc très peu probable que vous rentriez dans cette catégorie. Par précaution, il est obligatoire d’éliminer cette hypothèse avant de passer au reste. C’est d’ailleurs une partie à part entière des examens cliniques (réalisés par les médecins, les kinés, et d’autres professionnels de santé).

Ensuite, 5 à 10% de toutes les lombalgies ont une cause anatomique identifiée qui correspond bien aux symptômes.

Les 90% qui restent n’ont pas de cause anatomique identifiée (mais qu’est-ce qui fait mal alors ? Articles à venir...).

Le petit détail

Avant toute chose, faisons la distinction entre deux entités:

  • Les symptômes : ce sont les choses que vous ressentez, dont vous vous plaignez, dont vous parlez au médecin et qui vous conduisent à aller le consulter.

Exemple : une céphalée (mal de tête)

  • Les signes cliniques : ce sont les choses que les professionnels de santé vont évaluer lors de leur bilan clinique, grâce à diverses techniques et outils de mesures.

Exemple : la traditionnelle vérification des réflexes patellaires, quand le médecin vient percuter le tendon juste sous la rotule en position assise.

Je tiens à souligner la nuance entre les deux pour une raison très simple. Vous êtes par définition les plus compétents pour définir vos symptômes : il s’agit de votre ressenti ! En revanche, la recherche des signes cliniques nécessite une expertise médicale. C’est le boulot des professionnels de santé.

Dans cet article, je donnerai autant que possible des symptômes à rechercher. Vous risqueriez de mal interpréter les signes et de vous alarmer inutilement.

Enfin, il existe de nombreux éléments dans l’histoire de votre douleur qui peuvent aiguiller les praticiens vers un diagnostic particulier. Ils seront inclus dans la liste.

Le but de l’article

Aujourd’hui, l’objectif est de vous fournir une liste non exhaustive des éléments qui nécessitent une consultation médicale, car étant potentiellement révélateurs d’une pathologie à traiter.

Cet article peut éventuellement mettre « la puce à l’oreille » à certaines personnes qui rechigneraient à consulter un médecin. Il peut également attirer l’attention sur un élément que vous auriez omis de mentionner à votre médecin.

Je fais le choix de ne pas relier chaque élément à une ou plusieurs pathologies en particulier, parce que cela risquerait fortement d’effrayer inutilement une partie d’entre vous. De plus, le diagnostic médical est, comme son nom l’indique, l’affaire du médecin.

Attention

Cet article ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale. Si quelque chose vous inquiète, si vous avez peur de quelque chose, vous devez consulter. Peu importe si l’objet de vos doutes figure dans cet article ou pas. La consultation médicale reste incontournable en ce qui concerne la détection d’une pathologie sous-jacente.

La liste

En rapport avec la sensibilité
  • Perte de sensibilité au toucher, voire anesthésie, dans la région génitale, fessière et/ou péri-anale.
En rapport avec les caractéristiques de la douleur
  • Douleur ne disparaissant pas au repos allongé sur le dos, voire qui empire.
  • Forte augmentation de la douleur la nuit, empêchant le sommeil
  • Besoin de plus d’une heure pour se « dérouiller » le matin et faire diminuer la douleur ainsi que la sensation de raideur.
  • Douleur très forte irradiant jusqu’au-delà du genou
  • Pas de soulagement même avec des médicaments anti-douleur type morphine
  • Douleur augmentée à la toux, à la défécation, ou lors de la  manœuvre de Vasalva  .
En rapport avec l’histoire de la douleur
  • Perte de poids récente non expliquée
  • Altération de l’état générale (amaigrissement, anorexie, fatigue importante)
  • Fièvre non expliquée
  • Traumatisme majeur (chute, choc direct important), ou mineur pour les personnes âgées ostéoporotiques.
En rapport avec des antécédents ou des caractéristiques personnelles
  • Antécédent récent de tumeur
  • Toxicomanie par voie intraveineuse
  • Antécédent récent d’infection urinaire et/ou d’infection cutanée
  • Antécédent récent d’intervention chirurgicale gastro-intestinale ou génito-urinaire
  • Age inférieur à 20 ans ou supérieur à 50 ans
En rapport avec la force musculaire
  • Perte de force importante au niveau des jambes : difficulté à monter les genoux, à les tendre en position assise, à ramener la pointe du pied vers vous ou à monter sur la pointe des pieds en position debout.
  • Perte de force empirant progressivement au fil du temps
En rapport avec un traitement médicamenteux
  • Prise d’un traitement à base de corticoïdes de manière prolongée, ou d’un autre traitement médicamenteux entrainant un affaiblissement du système immunitaire.
En rapport avec des troubles vésico-sphinctériens et sexuels
  • Apparition d’une incontinence urinaire et/ou fécale, ou au contraire d’une constipation.
  • Dysfonction sexuelle (masculine ou féminine), à relier toutefois à une perte de sensibilité au toucher dans la région génitale et péri-anale.

Conclusion

Tout mal de dos mérite une consultation médicale, afin d’exclure les quelques problèmes sérieux qui peuvent se présenter (dans environ 1% des cas maximum rappelons-le).

Il est important de mentionner à votre médecin la présence d’un des éléments présents dans la liste si jamais ils se vérifient chez vous.

Une fois ces risques écartés, vous pourrez suivre les conseils de vos professionnels de santé et de ce blog avec une dose d’inquiétude en moins :).

A très bientôt.