8 raisons pour lesquelles les mauvaises postures n’existent pas

Imaginez. Vous êtes en train de travailler. Il n'est que 11h, et pourtant votre dos commence déjà à vous tirailler. Vous vous apercevez que vous ne vous tenez pas tout à fait droit. Vous pensez "Quel idiot ! Je vais encore me faire mal au dos."

Vous savez que vous devriez faire attention à votre posture au bureau. Ce matin, devant le miroir, vous avez remarqué une fois de plus que vos épaules et votre cou partent en avant.

Le professionnel que vous avez vu la semaine dernière vous avait bien dit qu'il fallait absolument se tenir droit. Et maintenant vous avez mal. Il a forcément raison.

Pourtant, vos efforts pour vous tenir droit comme un i ne semblent pas porter leurs fruits. Vous vous dites : "C'est foutu pour aujourd'hui".

Ce scénario ne pourrait-il pas se dérouler autrement ?

La relation tumultueuse entre la posture et le mal de dos

Qui d'entre vous n'a jamais entendu "Tiens-toi droit ! " ou "Ne te penche pas en avant, tu vas te faire mal" ? Personne. 

Et pour cause : dès qu'il est question de mal de dos dans les médias, les "mauvaises postures" sont constamment incriminées. Notre culture joue également un rôle important dans ce processus.

Le souci ? D'abord, le lien entre posture et douleur est en réalité TRÈS obscur. Mais ça, personne ne vous le dira sur un plateau télé.

Ensuite, chercher à tout prix à éviter les mauvaises postures est potentiellement néfaste. C'est la raison principale de cet article, et cela constituera le point n°5.

Raison n°1 : Tout le monde ne tolère pas chaque posture de la même manière

Comment se fait-il que ce garde londonien et ces laotiens en pleine cueillette ont pu s'habituer à ces postures (prolongées) si différentes ?

Honnêtement, ni vous ni moi ne supporterions bien longtemps la posture du  garde londonien. Pourtant, elle est .. parfaite, non ?

Plusieurs facteurs peuvent rendre une position plus confortable. Par exemple, être habitué à cette position. D'autres facteurs favorisent l'apparition de la douleur : si votre système nerveux est sensibilisé, ou si vous n'êtes pas habitué à adopter cette position.

Dès lors, le problème ne vient plus de la posture en elle-même, mais de la sensibilité et de la tolérance à cette posture.

Raison n°2 : La posture doit être au service de l'activité réalisée, pas l'inverse !

Je ne suis pas en train de dire que toutes les postures se valent. Il faut remettre chaque posture dans son contexte. Oui, pour une activité donnée et pour une personne donnée, il y a des postures plus intéressantes que d'autres.

Si vous êtes en train de faire un travail de précision qui nécessite de se rapprocher de l'objet en question, alors être penché en avant est adapté.

Imaginez-vous un joaillier se tenir droit comme un i pendant qu'il tient à bout de bras l'horlogerie suisse sur laquelle il travaille ? 

Mon point de vue est le suivant. Une posture peut être décrite comme mauvaise s'il existe une alternative plus confortable et efficace. Si cette alternative implique d'être relâché et en flexion, je dis amen !

La caractère "bon" ou "mauvais" d'une posture dépend de ce que vous êtes en train de faire. L'idée reçue selon laquelle la seule et unique bonne posture est de se tenir droit est erronée.

Raison n°3 : Toute posture maintenue dans le temps devient désagréable

Nous avons de bonnes raisons de penser que les douleurs sont dues au manque de mouvement plutôt qu'à la position en elle-même.

Faites-en l'expérience : tenez vous dans la position que vous jugez idéale, et restez-y.

Il y a fort à parier que vous en ayez marre au bout d'une minute, et pour cause : toute posture devient désagréable lorsqu'elle est maintenue trop longtemps. Le garde londonien ci-dessus s'en est sûrement rendu compte au début de sa carrière...  

Lorsque vous ne bougez pas pendant plusieurs minutes, certaines parties de votre corps sont moins bien oxygénées. L'acidité induite par une activité musculaire prolongée peut aussi participer.

Votre système nerveux fait remonter cette information au cerveau qui, à son tour, décide s'il faut intervenir ou pas. S'il décide qu'il faut intervenir, alors il génère de la douleur pour que vous bougiez. 

Rappelez-vous, vous êtes fait pour le mouvement !

Raison n°4 : Votre dos est SOLIDE

Votre dos est SOLIDE. 

Il possède de formidables capacités d'adaptation, et peut tolérer de nombreuses postures différentes sans s'abîmer, contrairement à une croyance largement répandue.

De plus, le dos n'est pas une machine : il ne s'use pas au fur et à mesure que vous l'utilisez. Ce n'est pas une voiture dont les pièces se détériorent au fil du temps, jusqu'à la casse !

Il fait partie d'un organisme vivant hautement complexe, capable d'auto-réparation et d'adaptation.

Tout cela reste valable si vous avez une discopathie, de l'arthrose ou encore une hernie discale ! Les modèles discaux encore utilisés par de nombreux professionnels de santé NE REPRÉSENTENT PAS la réalité.

Vous n'êtes pas en train d'abîmer votre dos simplement à cause d'une mauvaise posture.

Raison n°5 : Stigmatiser des postures comme "mauvaises" crée plus de problèmes qu'autre chose

Les messages appelant à adopter une position droite sont légion.

Il suffit de se plonger dans un magazine de santé, de se rendre à son cours de Pilates préféré ou encore de chercher des informations sur le net (quelle idée...) pour le constater. Les exercices posturaux, à base de contraction des abdominaux et de "correction de posture" se multiplient à vitesse grand V.

Quelles conséquences cela peut-il bien avoir ?

Plus de raideur

Faisons une expérience : d'abord, faites bouger votre poignet dans tous les sens.

Maintenant serrer le poing, et refaites l'expérience en gardant le poing serré. Est-ce facile, souple et confortable ? Seriez-vous capable d'utiliser vos mains de manière efficace en les gardant toujours contractées ? Bien sûr que non.

Pourtant beaucoup d'entre nous avons tendance à faire la même chose avec notre dos : rentrer le ventre, contracter les muscles du dos, ramener les épaules en arrière... Il est nettement plus agréable de bouger son dos en étant détendu !

Plus d'inconfort

Rester dans une même position de façon prolongée est désagréable. Cela peut devenir carrément douloureux si vous tentez de rester "droit" coûte que coûte, dans une situation où vous seriez naturellement penché.

Lorsque vous gardez les muscles de votre dos contractés longtemps, ils finissent par manquer d'oxygène. Ils le signalent au cerveau, qui vous le fera comprendre à sa manière. Il créera une sensation d'inconfort, pour que vous changiez quelque chose à la situation.

Plus de frustration

Votre posture actuelle est le fruit de nombreuses années de vie, d'activité, d'adaptation, etc.. Il est par conséquent très difficile de la changer !

Un travail de longue haleine, avec des effets indésirables importants, pour une récompense très, très incertaine.. Cela vaut-il le coup d'essayer ? Le débat reste ouvert, personne ne détient la réponse à cette question !

Plus de douleur

Les croyances influencent énormément la douleur. Si vous êtes convaincus qu'être assis est mauvais pour votre dos, alors il est probable que vous ressentiez de la douleur lorsque vous êtes dans cette position.

Les messages diffusés massivement dans les médias et dans votre entourage ("Il ne faut pas se tenir penché", "Vous risquez d'abîmer votre dos",...) ont en fait un effet nocebo (l'inverse de l'effet placebo) !  Dans un contexte de lombalgie ou de cervicalgie chronique, les croyances sont parfois un facteur prépondérant dans la genèse de la douleur.

Avoir peur de se pencher ou d'être assis de manière "avachie" aggrave le problème.

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Raison n°6 : Votre posture est personnelle

Votre posture n'est pas qu'une question d'articulations, de muscles et de tendons.

Elle reflète qui vous êtes. Vous, votre personnalité, vos émotions, votre état d'esprit, votre histoire, votre relation avec les autres.

Elle change au cours de votre journée en fonction de nombreux facteurs.

Elle communique des traits de personnalité tels que l'ouverture, la soumission, la confiance, et bien d'autres encore.

Il y a 50 ans, nous n'avions pas les mêmes connaissances qu'aujourd'hui.

Mais en 2019 ? Qui peut encore se permettre d'affirmer qu'il faut éviter certaines postures ? Qui peut oser affirmer que tout le monde doit se tenir de la même manière ? Arrêtons les conneries.

Raison n°7 : Les études sur le lien entre posture et mal de dos sont TRÈS mitigées

Si le lien de causalité entre les "mauvaises postures" et le mal de dos était si évident, il devrait apparaître très clairement dans les études , n'est-ce pas ?

Beaucoup d'études ont évalué le lien entre plusieurs variables et le mal de dos : une inégalité de longueur des jambes, une bascule de bassin, une hyperlordose, des tensions musculaires, etc. Le résultat ? Pas de lien de causalité entre ces choses et le mal de dos. (Schmidt et al., 2017, Laird et al., 2016; Laird, Gilbert, Kent, & Keating, 2014; Lederman, 2010)

La "mauvaise posture" est-elle responsable des maux de dos chez les travailleurs ? Tout porte à croire que non. Il existe de fortes preuves que les "mauvaises postures" au travail ne sont pas responsables de maux de dos (Roffey & al 2016).  On retrouve même que les gens qui n'ont pas mal au dos sont plus souvent avachis ! (Claus & al 2016)

Parmi les facteurs qui prédisent mieux l'apparition et la persistance de la douleur, on retrouve des facteurs psychosociaux tels que les attentes de la personne (positives ou négatives) et les comportements d'évitement (éviter de faire un mouvement ou d'adopter certaines positions). 

J'ai menti dans le sous-titre de cette partie. Les études ne sont pas mitigées, elles sont claires. Nous nous trompons de cible.

Raison n°8 : Il existe plein d'autres raisons de se tenir droit que pour le mal de dos

La respiration

Se tenir relativement droit permet une meilleure amplitude thoracique et une mécanique diaphragmatique optimale.

L'esthétique

Nous voulons tous avoir l'air plus grands, plus dignes, plus minces... C'est aussi pour cela que nous cherchons sans arrêt à nous grandir. L'image du bossu de Notre-Dame fait rarement rêver.

Les relations sociales

Certaines professions, par exemple, nécessitent de s'affirmer en tant que personne. Cela passe nécessairement par la posture. Imaginez-vous un patron donner des directives en étant voûté et en regardant vers le sol ? Ou un négociateur qui arrive dans la salle tout penaud en détournant le regard ?

Les émotions

Chose étonnante, la posture dans laquelle vous vous trouvez influence les émotions que vous ressentez. Adopter une posture fermée et voûtée augmentera plutôt votre stress et vos émotions négatives, tandis qu'une posture ouverte, détendue et redressé aura l'effet inverse.

À ce sujet, je vous conseille ce très bon TED Talk . Il est raisonnable de penser qu'une diminution temporaire du stress peut permettre à son tour de diminuer temporairement la douleur.

Alors cela vaut le coup d'essayer : arborez une posture fière et souriez à la vie !

BOUGEZ !

La sédentarité est certainement beaucoup plus problématique que la posture. Contrairement à la posture, nous savons que la sédentarité influence négativement le corps à tous les niveaux ET la douleur. 

Alternez les postures, bougez, détendez-vous, respirez, dormez (pas au travail) et ayez confiance en votre corps.

Sources supplémentaires

Autres articles sur ce sujet

Non, vous n’êtes pas condamnés à avoir mal au dos parce que vous travaillez assis

​De temps en temps, il m'arrive d'être agacé​ par  certaines choses qui trainent dans les médias.

Parfois, c'est lorsque j'entends pour la 10000e fois la même idée reçue à propos du dos sur un plateau de télévision.

Parfois, c'est lorsque je tombe sur une nouvelle thérapie alternative qui promet monts et merveilles aux personnes lombalgiques chroniques sans un effort (sinon financier).

​Parfois, c'est parce qu'une fois de plus, quelqu'un prétend que la position assise provoque le mal de dos.  Je trouve cette idée reçue particulièrement vicieuse, d'où mon agacement, et ce pour plusieurs raisons.

​​Les chefs d'accusation

​Il me semble que le premier reproche fait à la position assise est sa tendance à entraîner une flexion au niveau du dos, souvent décrite comme un "enroulement" de la colonne vertébrale. Cet enroulement serait, d'après ses détracteurs, à l'origine de nombreux maux, blessures et douleurs (oui, tout à la fois).

Lorsque nous sommes assis de façon relâchée, notre bassin bascule automatiquement vers l'arrière (c'est la rétroversion, décrite dans la vidéo n°1). Cela favorise également une flexion au niveau du bas du dos.

Cette flexion est perçue comme dangereuse par de nombreuses personnes, soit parce qu'elles leur fait mal, soit parce qu'on leur a dit (et redit) qu'il ne fallait surtout pas arrondir le bas du dos.

​C'est ainsi que sont nées toutes les recommandations que vous entendez régulièrement au sujet de la posture : tenez-vous droit, redressez-vous, mettez vos épaules en arrière, ne vous avachissez pas, gardez les reins légèrement creusés, mettez un coussin dans le bas de votre dos, etc

​Image tirée du site e-rse.net. ​On aura connu des positions plus relâchées et dynamiques.

​La défense

Il y a de bonnes raisons de penser que le corps est capable de s'adapter à différentes positions et activités, notamment lorsqu'il y est exposé de façon répétée et progressive.

Les meilleures études sur le sujet (voir Hartvigsen 2000 et Roffey 2010) ne retrouvent pas de lien de cause à effet entre le fait de travailler assis et celui d'avoir mal au dos. 

On trouve également plusieurs études qui ne retrouvent pas de lien entre les soi-disant "mauvaises postures" et la douleur chez des adolescents ( Richards 2016 et O'Sullivan 2011)

​Bien entendu, vous pouvez travailler assis ET avoir mal au dos, mais il serait faux d'affirmer que le travail assis est la cause de votre mal de dos. Il y a d'autres facteurs en jeu qui semblent plus importants.

Par ailleurs, vous avez peut-être entendu que se tenir "avachi" place beaucoup de contraintes sur le dos, et qu'il ne faut pas le faire pour cette raison.

En réalité, les contractions musculaires induites lorsque l'on se tient droit placent également beaucoup de contraintes sur le dos. ​Malheureusement, celles-ci sont toujours passées sous silence.


​Il est temps de rappeler l'un des principes de base de Comprendre Son Dos :

Le mouvement est un médicament.


En fait, le problème provient surtout du fait de maintenir une seule et même position, d'être sédentaire, de ne pas offrir à son corps suffisamment de mouvement... Alors pourquoi blâmer la position assise ?

​Il faut sauver la position assise...

 Est-ce qu'on vous a déjà conseillé d'éviter de trop marcher pour ne pas abîmer vos pieds ? Ou d'éviter de garder la main fermée trop longtemps parce que cela pourrait créer des lésions ?

​Cela vous parait idiot ? Alors pourquoi propage-t-on continuellement ce genre de conseils pour le dos ?

​Il est temps de rétablir une vérité.

La position assise n'est pas dangereuse pour le dos.

​D'après vous, pourquoi aimons-nous tant être assis de façon relâchée ?  Par​ pur masochisme ? Non, bien entendu ! Parce que cette position est CONFORTABLE. C'est une position stable, qui ne demande pas d'effort.

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​.. mais quand même bouger ses fesses !

​En réalité, comme le dit Greg Lehman ici​, s'il y a quelque chose à reprocher à la position assise, c'est peut-être qu'elle est TROP confortable.

Prenons pour exemple M. K, employé dans un bureau et assis environ 8 heures par jour. Comme tout le monde, il connaît la "position idéale" à adopter, mais reconnaît volontiers qu'il "se tient mal".

Il ressent de l'inconfort en fin de journée, ainsi qu'une douleur assez embêtante lorsqu'il joue avec ses enfants le week-end.

​Il est fort probable que ses douleurs soient en grande partie dues à un manque de préparation.

Le mouvement et la charge sont deux choses essentielles pour que le corps se développe convenablement et tolère les activités de la vie quotidienne.  

Enlevez la charge, et vous vous retrouvez dans la situation des astronautes : libres comme l'air en apesanteur, mais fragiles comme du verre de retour sur terre.

Enlevez le mouvement, et vous obtenez une charge statique, qui peut facilement devenir désagréable du fait de la compression des tissus et du manque de circulation.

Enlevez les deux, et vous êtes alité(e). Les effets néfastes de l'alitement sur le mal de dos ​sont multiples (voir l'article Faut-il se reposer quand on a mal au dos ?).

Le mouvement et la charge permettent à votre corps de s'adapter à vos activités quotidiennes. Ne blâmez pas la position assise, blâmez ce qu​i n'a pas été fait pour préparer votre corps à l'activité qui pose problème.

​Et une malédiction gratuite, une !

​Imaginons que vous travailliez 8 heures par jour en position assise. Jusqu'ici, rien d'incroyable. Il arrive que vous ressentiez de l'inconfort voire de la douleur pendant la journée. Vous ne vous inquiétez pas plus que ça, vous vous dandinez sur votre chaise et vous passez à autre chose.

Maintenant, un soi-disant ami vous prévient : "Oh, fais attention, ta posture est horrible ! Quand tu te tiens comme ça, tu écrases tes disques et tu peux carrément te faire une hernie. Pas étonnant que tu aies mal si tu fais ça !".  

​Fort de ce conseil, vous faites maintenant beaucoup plus attention à votre posture. En effet, vous remarquez que vous vous tenez souvent de façon relâchée et même avachi contre votre dossier. Et vous avez mal. Votre ami a forcément raison !

Vous vous efforcez de corriger votre posture autant que possible, mais ce n'est pas facile. Vous multipliez les efforts pour vous tenir droit, mais la douleur ne cesse pas : au contraire elle augmente !

Vous vous inquiétez : "Peut-être ai-je abîmé mon dos en me tenant mal", et vous redoublez d'efforts pour conserver un dos droit. Vous terminez votre journée épuisé, frustré et complètement endolori.

Faire peur à une personne est un très bon moyen d'altérer sa perception des choses et d'influencer son comportement. ​

​Dans cette expérience, les participants sont touchés par un objet froid tandis qu'ils sont persuadés qu'ils vont être touchés par une allumette en feu. Que va-t-il se passer ?

​La douleur dépend de nos attentes et de nos prédictions. Convaincre une personne qu'elle aura mal si elle fait quelque chose est un excellent moyen de lui faire ressentir de la douleur pendant cette activité.

​Ne laissez personne vous condamner à avoir mal au dos.

​De nombreux facteurs influencent l'apparition et l'évolution du mal de dos.  Personne ne peut vous dire avec certitude "Voici LA cause de votre douleur" (sauf lorsque cette personne cherche à vous vendre quelque chose, bien entendu).

Vous êtes un organisme complexe, fort, résilient et capable de s'adapter à de nombreuses situations.

​L'un de mes objectifs est de vous aider à mieux comprendre comment tout cela fonctionne, vous aider à reprendre votre place sur le siège conducteur et à reprendre le contrôle de votre véhicule.

Primum non nocere

​alias " D'abord, ne pas nuire "

Ce principe de base de la médecine d'Hippocrate est malheureusement piétiné tous les jours lorsque des messages négatifs sur la posture sont propagés.

Imaginez qu'une intuition me vienne à l'esprit : il faudrait garder le genou tendu autant que possible pour ne pas avoir mal au genou. Je n'ai aucune preuve convaincante qui supporte cela, mais je me mets à prévenir tout le monde qu'il ne faut surtout pas plier son genou sous peine de l'abîmer sérieusement.

​Tous mes patients ressortiraient du cabinet en gardant les genoux tendus, avec une démarche semblable à quelqu'un qui marche sur des échasses. Même arrivés chez eux, ils poseraient les pieds sur la table basse pour ne pas plier les genoux, de peur que cela les abîme. 

L'image paraît risible, non ? Ne faudrait-il pas avoir des preuves solides avant de faire peur aux gens et de chercher à modifier leurs habitudes quotidiennes ?

Alors pourquoi le faisons-nous constamment pour le dos ?

Choisir une position pour faire l’amour quand on a mal au dos

La vie sexuelle a un impact non négligeable sur la qualité de vie. L'OMS reconnaît même l'activité sexuelle comme un critère de qualité de vie à part entière !

Pourtant, nous savons que la prévalence des troubles sexuels est importante chez les personnes lombalgiques chroniques. Hommes et femmes reportent une diminution de la fréquence et de la qualité des rapports, notamment à cause de la douleur.

​Deux chercheurs canadiens ont publié les résultats de leurs études sur les positions sexuelles en 2014. Ces résultats ont déjà fait l'objet d'articles de blog, mais avec plusieurs erreurs et approximations. J'ai donc décidé de vous en parler aujourd'hui. Prenez soin de lire l'article jusqu'au bout pour pouvoir appliquer au mieux les conseils.

​​Cet article ne prend pas en compte les spécificités liées au post-opératoire. Dans ce cas, quelques précautions supplémentaires sont à prendre le temps de la cicatrisation et/ou de la consolidation.

Je ne suis pas sexologue. Les conseils proposés dans les derniers paragraphes sont ceux qui me paraissent les plus pertinents, mais vous devriez bien entendu consulter un spécialiste si certains soucis venaient à persister.

Aucun mouvement n'est dangereux et ne devrait être évité en permanence. Les conseils sont donnés ici pour vous permettre de passer un (très) bon moment, pas pour vous interdire certains mouvements.

Quelques explications pour comprendre la suite de l'article

​Ce que je vous propose aujourd'hui, c'est de comparer les positions les plus connues en fonction du type de mouvement qu'elles impliquent.​ Il faut d'abord savoir quel type de mouvement vous tolérez le mieux, pour savoir quelles positions sont les plus accessibles.

​Savoir dans quelle catégorie se placer

Les catégories qui vont suivre sont volontairement simplifiées : il est possible que vous ne rentriez pas parfaitement dans l'une d'entre elles. Choisissez celle qui semble correspondre le plus à votre situation en ce moment.

Catégorie 1 : le mouvement qui déclenche le plus de douleurs est celui de se pencher en avant, de rester assis, d'aller toucher ses orteils, de ramener les genoux contre le torse, ou encore d'être accroupi(e).

Catégorie 2 : le mouvement qui déclenche le plus de douleurs est celui de se pencher en arrière, de s'étirer en tendant les bras vers le plafond, de rester debout ou allongé(e) jambes tendues.

Catégorie 3 : les deux directions (avant et arrière) déclenchent autant de douleurs, tous les mouvements augmentent la douleur ressentie.

​Liste des positions étudiées

​Les études que j'utilise comme support ont évalué 5 positions. Les images sont tirées des articles cités en bas de page. Les variantes des positions sont désignées avec des numéros (ce n'est pas très sexy, j'en conviens, mais c'est plus simple).

​Position Cuillère

Les deux partenaires sont sur le côté, et peuvent avoir les jambes tendues ou repliées.

​Position Missionnaire 1

​L'homme prend appui sur ses avant-bras. La femme replie davantage ses jambes.​​​

​Position Missionnaire 2

L'homme prend appui sur ses mains. La femme ne replie pas ses jambes.

​Position Quadrupédie 1

La femme est à quatre pattes, en appui sur ses mains. L'homme est à genoux derrière elle.

​Position Quadrupédie 2

​Cette fois-ci, la femme prend appui sur ses avant-bras. La position de l'homme ne change pas.

​Pour Monsieur

​Catégorie 1 (vous supportez mal la flexion)

​Les deux positions qui semblent les plus adaptées sont le Missionnaire 2 et la Quadrupédie 2, car ce sont celles qui impliquent le moins de flexion dans les mouvements que vous ferez. 

La position Quadrupédie 1 est également adaptée à votre situation.

Les positions Missionnaire 1 et Cuillère peuvent être plus douloureuses pour vous car elles nécessitent des mouvements assez prononcés en flexion.

​Catégorie 2 (vous supportez mal l'extension)

​Les positions Missionnaire 1 et Cuillère devraient vous convenir, car les mouvements sont en flexion, c'est-à-dire dans la direction que vous tolérez le mieux.

​Les positions qui demanderont peut-être plus de temps sont le Missionnaire 1 et les deux positions Quadrupédie. Il serait intéressant de privilégier d'abord la position Quadrupédie 2, puis la Quadrupédie 1 et le Missionnaire 1.

​Catégorie 3 (vous ​supportez mal le mouvement)

​La position qui demande le moins de mouvement d'après les mesures est la Quadrupédie 1, suivie de près par les positions Quadrupédie 2 et Missionnaire 2. Ce sont donc celles à privilégier en premier.

Les positions Cuillère et Missionnaire 1, en revanche, impliquent des mouvements plus amples, qui pourraient être mal tolérés dans votre situation actuelle.

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​Pour Madame

​Catégorie 1 (vous supportez mal la flexion)

​La position Quadrupédie 1 est la plus adaptée, car l'intégralité de vos mouvements se font en extension, et pas en flexion.

​Ensuite, les positions Cuillère et Quadrupédie 2 sont également adaptées car elles n'entrainent que peu de mouvements en flexion (à condition que les jambes ne soient pas repliées dans la position Cuillère).

Les deux variantes du missionnaire impliquent plus de flexion, ce qui peut être plus douloureux pour vous.  Une adaptation possible pour le Missionnaire 2 serait de placer un coussin dans le bas de votre dos pour maintenir le creux au niveau des lombaires.

​Catégorie 2 (vous supportez mal l'extension)

​La position Missionnaire 1 est la plus adaptée car l'intégralité des mouvements est en flexion. Il est possible de replier encore plus les jambes pour que les pieds quittent le sol, et être maintenues par votre partenaire.

Les deux autres positions adaptées sont la position Missionnaire 2, et la position Cuillère (à condition que les jambes soient bien plus repliées que sur le dessin, de manière à rapprocher les genoux de la poitrine).

Autrement, les positions Quadrupédie 2 et Cuillère (jambes tendues) semblent moins adaptées pour vous en ce moment.

La position Quadrupédie 1 sera votre "boss final" car ses mouvements sont uniquement en extension ;).

​Catégorie 3 (vous supportez mal le mouvement)

​La position qui engendre le moins de mouvement pendant l'acte semble clairement être le Missionnaire 1.

​Dans l'ordre du moins "mouvementé" au plus mouvementé : Missionnaire 1, Missionnaire 2, Cuillère, Quadrupédie 1, et enfin Quadrupédie 2.  

​Il est possible de s'entrainer à bouger à partir des hanches, en gardant la même position au niveau du bas du dos. Cela n'est pas facile à décrire par écrit, mais sachez qu'il existe différentes façons de bouger et qu'alterner entre différents mouvements est une option très intéressante.

Un kinésithérapeute peut vous aider à élargir votre palette de mouvements.

​Quelques conseils supplémentaires

​Utiliser la respiration

​La douleur et la peur de déclencher la douleur vont favoriser l'activité de votre système nerveux sympathique. Le même système qui fait tout capoter (..) lorsque l'un des partenaires est trop stressé !

Or, c'est exactement ce que l'on veut éviter pendant l'acte. Il est important de trouver des astuces qui vous permettront de gérer le stress provoqué par la douleur (ainsi que la peur de la douleur).

La respiration est un bon moyen de moduler l'activité du système sympathique.

Janet Orzechowski

​Respirez plus lentement et plus profondément, en prolongeant l'expiration à travers la bouche, en serrant légèrement les lèvres.

​Vous pouvez même essayer, si vous le souhaitez, de réaliser 5 minutes de cohérence cardiaque avant de passer à l'action. Néanmoins, cela n'est pas forcément "naturel" et il faut à mon avis éviter autant que possible de ritualiser ce moment...

​Déplacer son attention

​Lorsque l'on a peur de se faire mal en bougeant, il est normal que l'attention se dirige d'elle-même vers la zone que l'on souhaite protéger. Cela est parfois utile, mais c'est très contre-productif lorsque l'on veut passer un moment d'intimité vers son partenaire.

Une notion qui me semble intéressante est la défocalisation. Il s'agit d'une pratique proche de ce que l'on retrouve dans la méditation de pleine conscience. Vous pouvez vous y entraîner à tout moment !

Commencez par ressentir la zone qui vous pose problème habituellement, puis progressivement déplacez votre attention aux zones adjacentes. Vous pouvez ressentir votre ventre, vos hanches, vos jambes, etc. Rien ne vous empêche de retourner de temps en temps au niveau de la zone douloureuse.

Cet entraînement, s'il est réalisé régulièrement, devrait vous aider à déplacer votre attention hors de la zone endolorie en pleine action.

Cela ne signifie pas que la douleur va disparaître comme par magie, bien entendu. Il est probable que vous ressentiez encore la douleur, mais vous lui donnerez beaucoup moins d'importance et de place si vous êtes capable d'ouvrir votre conscience à toutes les autres sensations qui vous traversent à ce moment.

​Favoriser la détente

La détente est un terme assez flou. Je pense notamment à deux aspects.

La détente musculaire : il s'agit de ne pas se contracter plus que nécessaire. ​Le maintien des positions et les mouvements de bassin nécessitent évidemment un minimum d'activité musculaire, mais il serait mal avisé de contracter exagérément ses muscles (abdos, dos, etc) pour essayer de "bloquer la douleur". 

Au lieu de stabiliser davantage votre dos (qui est déjà stable et solide), cela rajoute davantage de contraintes sur la zone sensibilisée. 

La détente globale : il s'agit tout simplement de ne pas se mettre la pression. Ceci n'est pas une intervention militaire, c'est un moment privilégié d'intimité et de laisser aller.

Beaucoup de choses peuvent favoriser la détente, et ce sont des choses personnelles, propres à chacun. Jouez sur le contexte, l'environnement, amusez-vous et riez. Tous ces conseils, sans surprise, sont valables pour beaucoup d'autres activités.

​Respecter une progression logique

​Dans cet article, j'essaie de vous proposer des options adaptées à votre situation et à votre état actuel. Ce ne sont pas des solutions définitives, auxquelles vous devrez vous cantonner ad vitam eternam.

Comme pour d'autres activités (marche, sport, etc), vous pouvez progresser en suivant les mêmes principes, et​ ainsi améliorer vos capacités.

​Respecter une progression semble être une bonne idée. Si vous avez identifié un facteur qui déclenche votre douleur, vous pouvez l'utiliser pour aller des positions les plus accessibles aux positions les moins accessibles.

Il s'agit du principe d'exposition graduelle (développé plus longuement dans Comment reprendre son activité préférée ? ) : s'exposer très progressivement aux mouvements douloureux pour laisser le corps s'y adapter, et diminuer la menace associée à ces mouvements.

Une forme plutôt agréable d'exposition graduelle, qui plus est ! 😉

​Conclusion

​Plusieurs notions évoquées précédemment ne sont pas spécifiques au mal de dos.

Le mal de dos pendant les rapports fait partie des nombreuses difficultés que l'on peut rencontrer au lit. Toutefois, beaucoup de personnes parviennent à les surmonter et à retrouver une sexualité épanouie. Vous en êtes également capable.

​Pour finir, la communication avec le partenaire est probablement l'élément le plus important. Il me semble très difficile de régler ce genre de problème sans une communication efficace. Cela semble basique, mais nous avons très facilement tendance à l'oublier lorsque le problème nous concerne personnellement. Il est fréquent d'essayer de régler le problème "par nous-même", parce que l'on n'a pas envie d'embêter l'autre avec ceci. Cela semble un très bon moyen pour finir encore plus frustré au final. 

Alors, communiquez, bougez, et faites-vous plaisir !

​Sources

Stress, homéostasie et douleur, par Joletta Belton

​Voici le deuxième article de Joletta Belton que j'ai traduit pour vous. Au programme : le stress et ses conséquences sur la santé, le mental, la douleur, et la vie en général.

Pour rappel, le premier article traduit est disponible ici.

Je l'ai choisi car je trouve qu'il rend bien compte du côté multifactoriel du stress, et de ses liens étroits avec tous les autres facteurs qui modulent la douleur. J'espère qu'il vous plaira !


​L'autre jour, pendant une course de 6 km, j'ai couru mes trois premiers kilomètres les plus rapides depuis plus de sept ans et demi. Mon premier kilomètre le plus rapide, aussi. Et je l'ai fait sur du béton avec des grosses chaussures que je n'avais même pas achetées pour courir avec.  Ce sont des conditions qui m'auraient incité à éviter de courir il y a tout juste 6 mois.

​Je me sens bien. Plus que bien, je me sens en pleine forme. Bien entendu j'ai un petit peu mal, mais "ma douleur" n'a pas augmenté. Elle n'a pas "flambé". Pas une fois elle ne s'est manifestée pendant que je courrais.

​Si tout cela s'était passé pendant une période stressante ces dernières années, cela aurait pu me faire dérailler. Non, cela M'AURAIT FAIT dérailler.

Mon meilleur pote Buster est en train de récupérer d'une opération en urgence, réalisée il y a trois semaines après être soudainement devenu paralysé.

​C'était terrifiant et cela m'a brisé le coeur.

​Maintenant il se sent mieux, et il récupère bien. Il n​'a pas le droit de faire grand chose, et je suis constamment avec lui car c'est une petite tête de mule. Il est sourd, donc même si je lui expliquais, cela ne servirais à rien.

​Inutile de le préciser (au moins pour les amoureux des chiens), ce fut très stressant. La paralysie soudaine ainsi que la douleur, la rencontre avec le chirurgien, l'IRM et la chirurgie juste après, et enfin les trois jours suivants - Buster à l'hopital sans personne pour dormir avec lui.

​Et mon chien n'était pas la seule chose qui me tourmentait à cette époque. Mon mari avait été diagnostiqué d'un cancer de la peau juste avant que tout ceci n'arrive. Il s'est fait opéré d'un mélanome une semaine plus tôt, puis de nouveau opéré d'un carcinome près de son oeil la semaine dernière.

​J'ai connu des étés meilleurs ! (mais le pronostic pour mes deux garçons est bon, pas de souci à se faire)

​Pourtant, ma douleur et mon anxiété sont restées normales.

Ma douleur n'a pas flambé et mon anxiété n'est pas montée en flèche malgré toute cette inquiétude. Je m'en suis bien sorti et je suis restée capable de m'occuper de mes deux garçons. Et de courir. Courir plus vite que pendant ces sept dernières années, sur des surfaces sur lesquelles je n'aurais même pas imaginé courir aussi tôt.

J'ai tendance à cogiter pendant mes footings, et j'ai réfléchi à ce qui pourrait expliquer tout cela.

Ma conclusion : j'ai la capacité d'encaisser tout cela en ce moment. Je suis en mesure de leur donner toute mon attention parce que mon vase n'est pas en train de déborder. La douleur se rappelle à peine à ma conscience ces temps-ci, et elle ne me vole plus toute mon énergie et mon attention comme elle l'a fait ces dernières années.  De plus, j'ai des stratégies qui m'aident à gérer ce que la vie me sert chaque jour, des stratégies que je ne connaissais pas auparavant.

​Stress

​Cela m'a fait penser à un article que j'ai lu récemment à propos du stress : ​“When is stress good for you? The subtle flows and toxic hits of stress get under the skin, making and breaking the body and brain over a lifetime“ . C'est une très bonne lecture, je vous la recommande chaudement.

Tout stress n'est pas mauvais, bien entendu. Comme toujours, il y a beaucoup de nuances. Certains stress sont en fait plutôt bons pour vous. Le genre de stress qui vous permet de grandir, d'apprendre et de vous adapter, ou de saisir les occasions pour faire ce que l'on désire. Courir est un bon stress pour moi. Écrire également.

​Certains stress ne sont pas bons, en soi, mais cela reste tolérable. Nous nous sentons armés et capables de le gérer, même en cas d'imprévu. Appuyer sur le bouton "Publier" pour mes articles de blog est un stress tolérable pour moi. Tout comme l'été dernier lors des opérations inattendues de mes garçons.

Les stress "bons" ou "tolérables" sont tout deux inscrits dans le court terme : ils sont brefs, impermanents. Ils vont et viennent, modulés par tout une cohorte de réponses physiologiques et comportementales. Ces réponses sont globalement appelées allostase, and elles nous permettent de maintenir un équilibre (appelé homéostase) dans l'ensemble de nos systèmes.

​Le stress toxique

​Le stress est parfois toxique, cependant. C'est le genre de stress qui vient, mais qui ne repart pas. Par conséquent, les réponses physiologiques et comportementales qui nous permettent d'y faire face efficacement au court terme restent également actives, mais dans ce cas elles ne sont plus vraiment utiles, et elles peuvent carrément devenir néfastes. 

Ce phénomène est appelé la charge allostatique, et cela mène à une perturbation de l'homéostase. L'équilibre est brisé plus longtemps que prévu.

​Mes premières années de douleur étaient essentiellement des années de stress toxique. J'étais complètement détraquée. Voilà une liste (non-exhaustive) des facteurs de stress auxquels je n'étais pas préparée.

​Ma liste de charge allostatique 😉

  • ​Une douleur qui s'empire et qui reste inexpliquée
  • ​L'inquiétude, la peur, l'anxiété qui entourent l'incertitude à propos de ma douleur et de mon avenir
  • ​Plusieurs années d'échecs thérapeutiques avec une multitude de professionnels (des traitements que J'AI raté, dans le jargon thérapeutique, pas des traitements qui ONT raté).
  • Manque de sommeil
  • Isolation sociale, solitude et dépression
  • Être inactive, et n'être impliquée dans aucune activité qui a du sens
  • Difficultés de couple, et insécurité financière (mon mari s'est fait licencié peu après que je quitte mon travail).
  • Perdre au final ma carrière et par la même occasion mon identité, mes objectifs et tout sentiment de satisfaction personnelle.
  • Avoir des problèmes avec l'assurance, et ne pas se sentir crue par les professionnels de santé, par l'assurance maladie, et même par certaines personnes dans mon propre service (un coup dévastateur).

​Je n'avais tout simplement pas les ressources pour naviguer à travers tout cela. Même à travers un seul des éléments de cette liste. Même les petites choses étaient des obstacles trop grands pour moi, parce que mon vase était déjà en train de déborder, à cause de tous les autres éléments. J'étais perdue, effrayée, anxieuse, inquiète - au milieu de cette charge allostatique, mon homéostase qui part en sucette, et tous mes systèmes déréglés.

Est-ce que tout le monde a la même liste ? Bien sûr que non. Mais nous en avons tous une.

Est-ce que tout le monde réagirait de la même manière ? Certainement pas. Certains auraient géré la situation beaucoup mieux que moi, j'en suis sûre. Peut-être que certains l'auraient encore moins bien gérée que moi (je ne l'espère pas).

Nous sommes tous différents. Certains d'entre nous rencontrent plusieurs de stress que d'autres, et certains d'entre nous ressentent plus de stress que d'autres, et cela a aussi son importance. Rien que la perception du stress affecte notre espérance de vie. (Nos perceptions font aussi partie de la biologie !)

​Des conséquences biologies bien réelles

​Le stress toxique affecte notre biologie et notre comportement au fil du temps. Pour en savoir plus sur les effets physiologiques du stress, écoutez quelques conférences de Robert Sapolsky, un ancien élève du type qui a écrit l'article cité plus haut (cool, n'est-ce pas ?). Vous pouvez trouver ici une conférence récente sur son dernier ouvrage Pourquoi les zèbres n'ont pas d'ulcères .

Ces effets toxiques surviennent au fil de notre vie. Même le stress toxique vécu pendant l'enfance, MÊME le stress dans l'utérus, peut nous affecter à l'âge adulte. Cela semble être également le cas pour la douleur, sans surprise.

​Les interrupteurs épigénétiques sont actionnés. Les réponses endocrines (hormonales) et immunitaires sont altérées, ce qui a des conséquences sur les fonctions cardiovasculaires et digestives. Le comportement et l'humeur changent.

La neuroplasticité devient maladaptative [c'est-à-dire qu'elle permet un changement néfaste ou contre-productif] : les neurones s'atrophient, des synapses sont perdues, et l'hippocampe rétrécit (une partie du cerveau associée à la mémoire et à l'humeur). Des changements surviennent dans le cortex pré-frontal, une zone importante dans l'auto-régulation de l'humeur, de la vigilance, du self-contrôle et de plusieurs fonctions cognitives. En contrepartie, les neurones de l'amygdale (une partie liée à l'anxiété et aux réactions de défense) deviennent plus grands.

Notre corps et notre cerveau CHANGENT. L'homéostasie est menacée par les assauts de la surcharge allostatique, du stress toxique. Tout ceci est bien lié et affecté par la douleur persistante. Une douleur chronique est une source de stress majeure après tout.

​La spirale descendante

​Il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire pour influencer positivement certains effets de la charge allostatique et du stress toxique, et influencer positivement la bioplasticité. Le hic, c'est que tous ces effets listés plus haut compliquent sacrément la tâche ! 

​Quand la douleur, la peur et l'anxiété sont au rendez-vous, et que l'humeur et les fonctions cognitives sont au plus bas, il n'est pas difficile de constater que n'importe quelle tâche semble infaisable. Quand votre vase est en train de déborder, parfois, la seule chose que vous pouvez faire est d'éviter de vous y noyer.

C'est le plus regrettable : les moments où nous avons le plus besoin de nous engager dans des approches actives qui pourraient briser le cercle vicieux du stress et de la douleur, sont également les moments où ces solutions ne sont même pas sur notre radar.

​Il ne s'agit pas simplement de volonté et de motivation. Ce n'est pas aussi simple que cela.

​La douleur, particulièrement lors qu'elle n'a pas de sens ni d'explication, est très stressante. Tout ce qui tend à y être associé l'est aussi.

Le stress et la douleur ne sont pas deux processus distincts, indépendants l'un de l'autre. Je pense que c'est une erreur de considérer n'importe quel élément, n'importe quelle chose qui survient dans notre vie (pas uniquement la douleur), comme séparée de tout le reste. Tout est plus ou moins lié, en fonction des personnes et en fonction de la période, bien sûr.

​Ce que je ne savais pas à ce moment

​La douleur - ou le stress, ou n'importe quelle expérience humaine - n'est ni dans le cerveau, ni dans une partie du corps, elle est dans l'ensemble. Elle est dans la personne, dans son être. Plus précisément, elle est dans la vie de la personne. Nous existons tous au sein d'un environnement social qui a aussi une influence sur nous.

Je n'avais aucune idée à quel point le stress jouait un rôle prépondérant dans mes premières années de douleur (wow, et même ces dernières années). J'aurais aimé avoir été guidée plus tôt. Au lieu de cela, mon stress était hors de contrôle - et avec lui la douleur et l'anxiété - provoquant des ravages dans mon corps et dans mon esprit, perturbant mon équilibre, et perturbant ma vie.

​Mais attendez un petit peu ! Tout n'est pas perdu ! Il y a aussi de bonnes nouvelles dans tout cela. Ces temps-ci, j'ai de nouveau la pêche. Je suis équilibrée. En homéostase. 😉

Nous AVONS le pouvoir d'encourager une neuroplasticité utile, et de ré-équilibrer quelque peu les systèmes de notre corps, bien que cela puisse être ardu quand on part d'en bas. C'est quelque chose de magnifique et de génial. Nous avons du pouvoir, du contrôle sur tout cela. Sur notre stress, sur notre douleur, sur nos vies.

​Le parc national des Rocky Mountains - la nature a toujours été mon refuge

​La spirale ascendante

​Bien avant que j'imagine retourner faire un footing, j'ai eu des jours où sortir du lit était une réussite. Des jours où prendre une douche et peut-être aider à décider ce qu'on allait manger pour dîner (sans même cuisiner ce dîner) étaient des exploits incroyables.

​À cette époque, j'avais tout juste assez d'énergie pour traverser ma journée. Mon vase était en train de déborder. La douleur était tout ce que connaissais, tout ce à quoi je pensais, tout ce à quoi je faisais attention.

Petit à petit, j'ai commencé à faire attention à d'autres choses que la douleur. Et j'ai remarqué que lorsque je m'intéressais à ces autres choses, je n'étais pas en train de me focaliser sur ma douleur. Cela a légèrement élargi le champ des possibles.

Cela m'a pris des années pour arrêter d'organiser ma vie autour de la douleur, et pour commencer à vivre ma vie avec la douleur. La douleur était toujours présente, que je vive ma vie ou non. Et pour vivre ma vie, je savais que je devais impérativement arrêter de dépenser tant de temps, d'énergie et de ressources pour combattre la douleur, et d'espérer une réalité différente.

Accepter ce qui est, et accorder un peu de place à la douleur, m'a donné la capacité d'adopter des stratégies qui se sont révélées utiles pour contrecarrer les effets du stress toxique.

​Stratégies

​Au fil du temps, j'ai réussi à accorder plus d'attention aux choses qui comptaient pour moi. Et ma douleur, ma peur et mon anxiété se sont atténuées. Progressivement, mon vase était moins plein, ce qui a libéré de la place pour me ré-engager dans des choses qui ont de la valeur pour moi. Mon corps et mon esprit se sont ré-équilibrés. Ma vie était moins vide, plus épanouissante.

​La pleine conscience et le mouvement

​La méditation et les techniques de respiration peuvent réduire le stress toxique - ou au moins le rendre plus supportable - et nous aider à retrouver l'homéostase. La pleine conscience peut inverser certains changements qui ont lieu dans l'amygdale, l'hippocampe et le cortex préfrontal en présence de stress toxique. Cela peut aussi nous aider à répondre différemment au stress, à la douleur, à l'anxiété et à l'inconfort, ce que je trouve particulièrement utile.

​Marcher tous les jours - ou n'importe quelle activité physique, vraiment, est également associé à une production de neurones dans l'hippocampe​. La marche (et maintenant la course) est le moment où j'ai le plus d'idées pour écrire ;). C'est ce qui m'aide à booster ma créativité et ma productivité, à calmer mon esprit bavard, à améliorer ma circulation sanguine et la lubrification de mes articulations, et à me retrouver dans mon endroit préféré au monde : dehors.

​Le mouvement et la pleine conscience sont les deux stratégies que j'utilise le plus (elles peuvent l'être absolument partout et à tout moment) et qui m'apportent le plus de bénéfices, en particulier lors je les combine.

​Le sommeil et la socialisation

​Un bon sommeil est aussi important. Tout comme les interactions sociales. ​Nous devenons tellement isolés et séparés du reste du monde lorsque la douleur s'empare de nous, que cela exacerbe les effets du stress toxique et de la douleur. Cotoyer des amis et de la famille de nouveau, se reconnecter avec d'autres gens, d'autres endroits et d'autres expériences qui comptent pour moi, a fait une différence énorme (bien que progressive) pour moi.

Toutes ces choses mènent à des adaptations du système nerveux et à des changements physiologiques très positifs. Elles peuvent inverser certains effets du stress toxique et de la charge allostatique. Ce sont toutes des choses que je fais au quotidien en ce moment, et je crois honnêtement qu'elles ont contribué à l'amélioration de mon état et de ma santé au fil des années.

​Vider un petit peu le vase

​Les stratégies dont j'ai parlé plus haut permettent d'augmenter la capacité de notre vase.

Mais nous n'avons pas une capacité infinie. Parfois, nous avons simplement besoin d'enlever certaines choses de notre vase pour qu'il s'arrête de déborder. De jeter du leste, là où c'est possible.

Je l'ai fait cet été. Beaucoup de mes projets étaient en pause pendant ces quelques semaines, et c'était ok. Dans l'idéal, j'aimerais tout faire en même temps, mais à ce moment-là, m'occuper de mes garçons, courir quelques fois dans la semaine et écrire un petit peu était largement suffisant.

​Je suis toujours surprise de me rendre compte que j'ai été capable de traverser cet été d'opérations et de stress sans que mon vase ne déborde. Sans douleur ni anxiété. Wow ! Je suis parfois choquée de voir le chemin que j'ai parcouru lorsque je regarde en arrière.


​J'espère que l'article vous a plu et qu'il vous a inspiré !

​Et vous, quelle est votre liste ? Quels éléments de stress s'entremêlent dans votre vie ? Lesquels semblent modifiables ?

​Portez vous bien.

À ​bientôt !

Eric.

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Arthrose et lombalgie

​​Il suffit de feuilleter un magazine sur la santé pour voir apparaître son nom. L'arthrose fait partie des bêtes noires du 21e siècle, et elle est fréquemment accusée de provoquer des douleurs et des raideurs partout où elle apparaît. La lombalgie est évidemment inclue dans le lot.

​Est-ce vraiment le cas ? Quel est le vrai lien entre arthrose et lombalgie ?

​L'arthrose est-elle forcément responsable de douleurs à cet endroit ?

Comme toujours, embarquons pour un petit état des lieux de la science à ce sujet.

​DISCLAIMER: Ceci n'est pas un article sur l'arthrose en général. Il ne sera pas exhaustif à ce sujet. Néanmoins, vous pouvez tout à fait poser des questions dans les commentaires ! 🙂

​Qu'est-ce que l'arthrose ?

​La plupart de nos articulations sont recouvertes d'un revêtement appelé cartilage hyalin. Il est lisse et permet aux articulations de bouger avec le moins de forces de frottement possible. 

Au fil des années, le cartilage peut se dégrader et l'on peut voir apparaître quelques défauts dans sa structure. Par exemple, il peut s'amincir, ou avoir une surface plus irrégulière qu'à l'origine. C'est l'arthrose (arthron : articulation, osis: dégénérescence).

En fonction de nombreux facteurs, dont des facteurs génétiques, endocriniens et environnementaux, cette évolution est plus ou moins rapide.

Des marathoniens qui n'ont pas plus d'arthrose que les autres

​Pourquoi l'arthrose peut contribuer à la douleur

L'arthrose peut contribuer à la douleur de plusieurs manières. Le cartilage n'étant pas innervé, ce sont surtout les conséquences sur les structures adjacentes qui peuvent créer des symptômes.

Lorsque les contraintes ne sont plus assez absorbées par le cartilage, elles sont transmises à l'os sous-chondral (c'est-à-dire, l'os sur lequel repose le cartilage), qui est innervé. Un excès de contraintes peut donc produire de la nociception (c'est-à-dire des messages de danger envoyés vers le cerveau) de cette manière.

L'arthrose peut s'accompagner d'épisodes inflammatoires temporaires, pendant lesquels les petits nerfs qui se trouvent dans la membrane de l'articulation sont sensibilisés.

​Il est important de comprendre que l'arthrose est un processus NORMAL qui survient chez tout le monde, de façon plus ou moins prononcée. Et ce n'est très certainement pas une fatalité.

Quel est le lien entre arthrose et mal de dos ?

L'arthrose lombaire concerne soit les articulations entre les corps vertébraux (par l'intermédiaire du disque intervertébral), soit les articulations zygapophysaires (voir ci-dessous). 

​Plusieurs études épidémiologiques se sont intéressées au lien entre arthrose lombaire et lombalgie. Ces études recrutent un certain nombre de participants et leur font passer des questionnaires ainsi que des examens complémentaires.

La majorité arrivent à la conclusion qu'il n'existe pas de corrélation satisfaisante entre les deux.

La sévérité des modifications repérées à l'imagerie n'est pas proportionnelle à l'intensité de la douleur ! Autrement dit, vous pouvez avoir une douleur intense sans aucune arthrose, tout comme vous pouvez n'avoir aucun symptôme alors que vous présentez une arthrose importante.

​La fameuse Imagerie Par Résonance Magnétique

Nous savons également que les personnes qui n'ont pas mal au dos ont pourtant des "anomalies" lorsqu'on leur fait passer un IRM.

Par exemple, 1 personne de 50 ans sur 3  qui n'ont pas mal au dos présente de l'arthrose au niveau des articulations zygapophysaires. 

À 60 ans, cela passe à 1 personne sur 2 !

Ces personnes n'ont pas de douleur alors que leur IRM montre des anomalies, et elle n'ont pas plus de chance de développer une lombalgie que les autres

​Donc l'arthrose ne fait pas mal ?

​Ce n'est pas tout à fait cela.

L'arthrose peut parfaitement participer aux symptômes que vous ressentez. Cependant, nous avons de nombreuses raisons de penser que le lien n'est pas aussi clair et direct que nous le pensions.

​Les changements observés à la radio ou à l'IRM (tels que l'arthrose) doivent évidemment être pris en compte, mais ils ne représentent qu'une seule pièce d'un grand puzzle. Rappelez-vous que plus la douleur persiste, moins elle est liée à un problème unique.  En cas d'arthrose sévère, des ostéophytes peuvent irriter certaines racines nerveuses et participer aux symptômes.

​Il existe des moyens de savoir si votre arthrose contribue ou non à vos symptômes. Un bilan par un professionnel de santé permet d'évaluer les facteurs qui sont à l’œuvre dans votre cas. ​

Si vous en avez et si elle contribue effectivement à vos symptômes, il existe de nombreuses choses à mettre en place pour se sentir mieux.

Celles et ceux qui adaptent leur style de vie, leur activité physique, et même leur gestion du stress, voient leur douleur et leur raideur diminuer efficacement. Pourtant, rien n'a changé au niveau du cartilage...

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​Votre corps est résiliant et adaptable

​Je ne le répéterai jamais assez.

Votre corps n'est pas une machine qui s'use progressivement jusqu'à partir à la casse ! C'est un organisme vivant qui s'adapte à son environnement et qui possède des capacités d'auto-guérison étonnantes.

​Votre corps n'est pas une machine...

​Les modifications arthrosiques sont une marque du temps et des contraintes qui sont passées par là. Elles peuvent même être utiles : les ostéophytes qui se développent parfois aident à répartir les contraintes au niveau des vertèbres.

​Greg Lehman compare les changements tels que l'arthrose à des "rides de l'intérieur". Notre visage se ride en vieillissant. Devient-il pour autant douloureux ? Faut-il arrêter de sourire ? 🙂

​... c'est un jardin

​Quelques sources

P. Goode, S. Carey, M. Jordan, Low Back Pain and Lumbar Spine Osteoarthritis : how are they related ? Curr Rheumatol Rep. 2013 February ; 15(2): 305

Videman T, et al. Associations between back pain history and lumbar MRI findings. Spine. 2003.

Kalichman L, et al. ​Facet joint osteoarthritis and low back pain in the community-based population, Spine 2008

Brinjikji W & al. Systematic literature review of imaging features of spinal degeneration in asymptomatic populations. American Journal of Neuroradiology 2015, 36 :811–816

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30 questions/réponses sur la sciatique et la cruralgie

​Au programme

​1) Qu'est-ce que la sciatique ?

2) Qu'est-ce que la cruralgie ?

3) Qu'est-ce qui peut provoquer ces symptômes ?

4) Dois-je me faire opérer ?

​5) Dois-je passer une radio ou un IRM ?

6) Je me suis déjà fait opérer et j'ai toujours ces douleurs , pourquoi ?

7) Combien de temps cela peut-il prendre pour disparaitre ?

​8) Pourquoi la douleur descend-elle plus ou moins bas en fonction des jours ?

9) Pourquoi la douleur irradie-t-elle dans des nouveaux endroits ?

10) Quels mouvements dois-je éviter ?

11) Quelle activité physique puis-je faire ?

12) Que puis-je faire pour diminuer la sensibilité du nerf ?

13) J'ai mal depuis longtemps et de plus en plus : ma colonne vertébrale s'abime-t-elle de plus en plus ?

14) Est-ce que ma sciatique/cruralgie dépend du stress ?

15) Devrais-je essayer des thérapies alternatives ?

​16) Que peut faire mon kinésithérapeute ?

​17) Dois-je prendre des médicaments ?

​18) Faut-il faire craquer mon dos ?

19) Dans quelle position dormir ?

20) Pourquoi est-ce que je ressens des fourmillements/picotements/décharges même sans bouger ?

​21) Dois-je me tenir droit pour avoir moins mal ?

​22) Est-ce que la marche est utile pour diminuer la douleur ?

​23) Dois-je mettre du chaud ou du froid ?

​24) Est-ce que cela peut être grave ?

25) Est-ce que les infiltrations sont efficaces ?

26) Peut-on avoir une sciatique des deux côtés ?

27) Est-ce que j'ai une sciatique/cruralgie a cause de mon hyperlordose/scoliose ?

28) ​Est-ce qu'aller à la piscine est utile pour avoir moins mal ?

29) Est-ce que le nerf sciatique ou crural peut se coincer ?

30) Est-ce qu'un surpoids participe au problème ?

​1) Qu'est-ce que la sciatique ?

Le terme de "sciatique" n'est pas un terme médical, et il est utilisé à tort et à travers. Sciatique est le nom d'un nerf, rien de plus.

Ce que l'on désigne habituellement par "sciatique" est une douleur provoquée par une sensibilisation du nerf sciatique. Ce nerf est issu des racines nerveuses L4, L5, S1 et S2.

Le terme correct est "sciatalgie".  Elle peut suivre différents trajets qui ont en commun de descendre plutôt derrière la fesse et le long de la jambe, parfois jusqu'au pied. Vous pouvez également n'avoir mal que sur une partie de ce fameux trajet (on parle alors de sciatique tronquée).

Il existe une autre entité qui s'abrite parfois sous ce terme parapluie : la radiculopathie. Lorsque le nerf sciatique est comprimé, la transmission des influx nerveux peut être altérée, et la fonction du nerf est dégradée. Il en résulte dans un premier temps une perte de sensibilité cutanée dans les zones innervées par ce nerf . Dans un second temps, on observe une perte de force musculaire au niveau de certains muscles : les muscles releveurs du pied lorsque l'atteinte porte sur les fibres nerveuses issues de l'étage L4-L5 (d'où le "pied tombant"), ou le muscle triceps sural alias le mollet, lorsqu'il s'agit de S1 (impossible alors de monter sur la pointe du pied).

La radiculopathie est différente de la sciatalgie, même si les deux peuvent coexister !

2) Qu'est-ce que la cruralgie ?

​La cruralgie est une douleur provoquée par une sensibilisation du nerf fémoral (anciennement appelé nerf crural, d'où le nom). Le nerf fémoral naît des racines nerveuses L2, L3 et L4.

Cette fois-ci, le trajet de la douleur se dirige en avant de la hanche pour descendre le long de la face antérieure de la cuisse, ​parfois légèrement vers l'intérieur de la cuisse. La douleur ne descend pas plus bas que le genou dans la grande majorité des cas.

Il existe également la radiculopathie L2, L3 ou L4, qui provoque des déficits sensitifs et moteurs.

3) Qu'est-ce qui peut provoquer ces symptômes ?

​Dans la plupart des articles, il est fait un lien direct entre ces douleurs et une compression nerveuse par une hernie discale au niveau de la colonne vertébrale. Sachez que cette compression nerveuse n'est ​qu'un facteur parmi d'autres.

​Une compression de la racine nerveuse par une hernie discale peut participer à la douleur, SURTOUT s'il y  a inflammation.  Sans inflammation, la compression peut être asymptomatique.

​En cas d'arthrose, des ostéophytes (sortes d'excroissances osseuses que le corps développe pour mieux répartir les contraintes) peuvent également irriter les racines nerveuses.

Des mouvements répétitifs peuvent ​générer des contraintes de manière répétée sur le système nerveux, ce qui peut également le rendre plus sensible. Par exemple, des flexions de hanche répétée de grande amplitude peuvent sensibiliser le nerf sciatique qui est mis en tension à chaque fois, surtout s'il n'en a pas l'habitude.

​Les nerfs ont des rapports assez étroits avec certains muscles. Des contractions intenses et/ou répétées de certains muscles peuvent donc​ participer à la sensibilisation. Le lien le plus connu et cité est évidemment la proximité entre le nerf sciatique et le muscle piriforme, au milieu de la fesse. 

D'autres causes en pagaille : piqûre dans la fesse qui touche le nerf sciatique, compression par la tête du foetus lors de la grossesse, tumeur du plancher pelvien (très très rare, je ne fais que le citer).

​Dans tous les cas, n'oubliez pas que ce ne sont que des facteurs parmi d'autres, et qu'il est possible de ne plus avoir mal même s'il y a toujours un contact entre une structure et le système nerveux !

4) Dois-je me faire opérer ?

​​​​La chirurgie en cas de sciatalgie/cruralgie est la dernière option, quand tous les traitements pertinents ont été essayés et se sont soldés par un échec au bout de plusieurs mois.

Il n'y a normalement que deux indications à la chirurgie :  

- Perte de force musculaire importante et/ou progressive : cela témoigne d'une compression sévère et évolutive du système nerveux, dans ce cas pas de temps à perdre.

- Syndrome de la queue de cheval : cela témoigne également d'une compression sévère, cette fois-ci des racines nerveuses descendant dans le canal vertébral (au centre des vertèbres puis du sacrum). Les signes sont évocateurs : anesthésie de la région génitale, incontinence ou au contraire difficulté à uriner/déféquer, perte de force importante,... L'une des rares urgences chirurgicales.

​La troisième indication, discutée et à ne pas prendre à la légère, est donc l'échec des autres traitements au bout de plusieurs mois de prise en charge adaptée.

5) Dois-je passer une radio ou un IRM ?

​Je vous invite à lire l'article sur le sujet pour avoir la réponse détaillée. 

En résumé, il est probable que vous n'ayez pas besoin de radio ou d'IRM.

Les examens complémentaires devraient être utilisés quand:

- vous présentez des signes de compression sévère du système nerveux (cités dans la réponse précédente).

- vous présentez des signes pouvant évoquer une pathologie nécessitant un traitement spécifique (fracture, infection, cancer,..).

Cela parait contre-intuitif, mais le fait de faire des examens complémentaires de façon injustifiée peut avoir des effets néfastes, à cause de l'effet nocebo induit par les résultats.

6) Je me suis déjà fait opérer et j'ai toujours ces douleurs , pourquoi ?

​L'opération permet d'enlever la compression de la racine nerveuse, mais comme dit précédemment ce n'est qu'un facteur parmi tant d'autres. Le nerf sciatique ou le nerf fémoral peuvent rester sensibilisés par d'autres facteurs tels que ceux cités dans la question 4, le stress, l'anxiété, la sédentarité,...

Il faut savoir que si la douleur est présente depuis longtemps (plusieurs mois/années), alors elle ne disparait pas du jour au lendemain. C'est probablement le cas si vous vous êtes fait opéré.

Votre système nerveux est devenu de plus en plus fort pour créer cette même douleur, et maintenant il lui faut du temps pour dés-apprendre tout cela.  Cela reste POSSIBLE, vous n'avez pas à vous coltiner cela toute votre vie.

7) Combien de temps cela peut-il prendre pour disparaitre ?

​Cette durée est différente pour chaque personne, car elle dépend de l'ensemble des facteurs qui contribuent à votre douleur.

S'il s'agit d'une douleur aigüe (quelques semaines tout au plus), alors les études suggèrent qu'elle disparaitra rapidement dans la majorité des cas ! Bonne nouvelle !

​En cas de douleur chronique (plus de trois mois), le système nerveux s'est adapté et cela prend un peu plus de temps pour qu'il revienne à son état antérieur. Globalement, plus la douleur est ancienne, plus elle mettra du temps à partir.

Le plus important à retenir est que votre corps reste capable de s'adapter et de se modifier même si vous avez mal depuis des années : c'est la bioplasticité.

 Une progression lente n'est pas un signe d'échec ! Pour ce genre de souci, il n'existe malheureusement pas de solution miracle.  Plusieurs mois, un an, deux ans,... sont parfois nécessaires pour se débarrasser d'uns sciatalgie/cruralgie tenace.

8) Pourquoi la douleur descend-elle plus ou moins bas en fonction des jours ?

​Vous avez peut-être remarqué que la douleur descend plus ou moins bas dans la jambe certains jours. Peut-être même en fonction des mouvements (c'est l'un des critères d'évaluation de la méthode McKenzie).

Nous savons maintenant que plus la douleur descend bas, plus le nerf est irrité.  A contrario, moins le nerf est irrité, plus la douleur se rapproche de la colonne (on dit qu'elle se centralise).  Ce phénomène peut être assez déroutant car il dépend de nombreux facteurs, pas uniquement de la compression.

Si vous passez une sale journée, pleine d'anxiété et de stress, vous remarquerez peut-être que la douleur s'aventure plus loin que d'habitude. Rien n'aura changé au niveau de la compression du tissu nerveux.

9) Pourquoi la douleur irradie dans de nouveaux endroits ?

​Un autre phénomène très déroutant, dont peu de monde parle dans les articles.

Lorsqu'une douleur telle qu'une sciatalgie ou une cruralgie persiste dans le temps, il est possible que la douleur s'étende à des territoires qui n'appartiennent pourtant pas au nerf irrité. Il est tentant de se dire : "J'ai aggravé mon cas, je me suis fait une autre blessure, etc", pourtant ce n'est probablement pas le cas. 

​Les messages qui transitent par les nerfs sciatiques et fémoraux pénètrent la moelle épinière avant de remonter vers le cerveau. Lors de cette entrée dans la moelle épinière, ils côtoient d'autres neurones qui sont responsables d'une autre partie de la jambe, et qui n'ont rien demandé !

L'excitation constante d'un groupe de neurones peut finir par sensibiliser les neurones adjacents. De plus, votre cerveau finit par s'intéresser de plus près à ce qu'il se passe en bas, et décide de réveiller toute cette section de la moelle épinière.  

Vous pouvez alors ressentir des symptômes dans une partie de la jambe qui ne correspond pas au nerf initialement irrité.

10) Quels mouvements dois-je éviter ?

​En soi, très peu de mouvements sont mauvais pour la colonne vertébrale. Un ​geste ne devient néfaste que lorsque son intensité, son amplitude, ou sa fréquence excède ce que vous pouvez supporter à un instant t.

Néanmoins, si vous souffrez de sciatalgie ou de cruralgie, force est de constater que votre système nerveux vous rappelle à l'ordre dès que vous tentez de bouger librement. Je distingue deux stratégies principales :

- La première est celle de l'exposition graduelle. Vous ne supportez plus tel ou tel mouvement, alors vous vous y ré-exposez très progressivement, pour permettre à votre corps de mieux le supporter.

De la même manière que l'on traite une allergie par exposition graduelle à l'élément allergène, il est possible d'améliorer la tolérance du corps à un mouvement en le ré-introduisant suffisamment progressivement.

- La deuxième est d'éviter temporairement les mouvements et les positions douloureuses. Parfois, il est préférable de faire un pas en arrière, pour mieux pouvoir avancer ensuite. L'idée est retourner ensuite à la première stratégie.

​Une prise en charge avec un professionnel de santé spécialisé (un kinésithérapeute formé) vous permet de faire les bons choix et de mettre toutes les chances de votre côté.

11) Quelle activité physique puis-je faire ?

​L'activité physique possède une myriade d'effets bénéfiques pour le corps qu'aucun médicament ne peut apporter.

La durée et la fréquence importent beaucoup plus que le type d'activité physique. L'idéal est de pouvoir réaliser une activité physique qui vous plaît, car vous aurez beaucoup plus de motivation pour la pratiquer ! Ce n'est malheureusement pas toujours possible, alors voilà quelques propositions en fonction des positions que vous supportez:

- Si vous préférez la flexion (avoir le bas du dos arrondi), le vélo est une possibilité intéressante.

-Si vous préférez l'extension (avoir le bas du dos bien droit), vous pouvez essayer la marche, la natation ou encore le vélo elliptique.

Là encore, un professionnel de santé sera plus à même de vous conseiller de manière personnelle. Vous avez peut-être un sport ou une activité favorite qui n'est ni la marche, le vélo ou la natation, et vous voulez savoir si vous pouvez continuer à le/la pratiquer. Vous avez tout à fait raison ! Demandez conseil à un professionnel de santé formé à ce sujet.


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10 choses que vous avez peut-être besoin de changer pour avoir moins mal au dos

​Avant-propos

​Tous les points qui vont suivre ne sont pas forcément adaptés à votre cas, et ce ne sont pas des "solutions miracles". Ils représentent chacun un changement dans votre style de vie, vous permettant de progresser contre le mal de dos et ses conséquences. Certains ont déjà été abordés dans des articles plus détaillés auparavant, et les autres le seront plus tard.

Comme toujours, ce genre d'article considère que les risques de pathologie grave ont été écartés au préalable (Quant faut-il s'inquiéter ?). Il n'est pas question de vous conseiller du sport ou de la méditation si vous avez une forte douleur nocturne accompagnée de troubles vésico-sphinctériens.

​Il n'est pas trop tard pour prendre de bonnes résolutions !

1) La respiration

La respiration est un acte automatique. Tellement automatique que nous avons tendance à l'oublier, puis à la négliger.

La façon dont vous respirez est pourtant révélatrice de ce qu'il se passe à l'intérieur de vous comme à l'extérieur. La douleur entraîne une modification de la respiration (pensez à la dernière fois que vous êtes cogné le petit orteil contre ce foutu meuble). Lorsque cette douleur persiste, cette altération peut avoir des conséquences telles que la fatigue et une moins bonne oxygénation des tissus.

La modification de la respiration devient alors une cause ET une conséquence de la douleur. Est-ce qu'un article détaillé sur le sujet vous intéresserait ? Faites-le moi savoir.

La relaxation et la respiration abdominale sont de bons moyens de commencer à s'intéresser à ce phénomène pourtant essentiel.

2) Vos habitudes concernant l'activité physique

​Beaucoup d'endroits sont construits de manière à nous éviter d'avoir à faire un effort. Dans les centres commerciaux, les stations de métro, ou d'autres lieux publics, les escalators sont souvent le mode de déplacement " par défaut".

​À droite l'escalator, à gauche le vide intersidéral.

Il est alors très tentant de choisir cette solution, d'autant plus que la foule s'y dirige naturellement. Prendre les escaliers au lieu de l'escalator est un exemple de bonne résolution qui a du sens 🙂 . Marcher un peu plus longtemps que prévu, faire un petit détour pour aller voir un magasin ou pour aller chercher le pain à l'autre boulangerie, tout cela est réalisable au quotidien.

3) Vos ​représentations​ au sujet de votre dos

Nos croyances sont le fruit de l'interaction entre notre expérience personnelle, les nombreux discours auquel nous sommes exposés depuis notre tendre enfance, les idées communément admises, etc...

Personne ne peut se targuer de baser toutes ses décisions sur des connaissances scientifiquement vérifiées.  Cependant, il existe un certain nombre de croyances qui ont un effet néfaste prouvé sur votre mal de dos et sur l'incapacité fonctionnelle (les choses que vous ne pouvez plus faire) qui en découle.

Au travers de mes articles, je vous propose une autre histoire, pour vous permettre de voir votre corps d'un autre œil. 

​4) Le sport

​Tout le monde n'aime pas le sport, je le conçois. Néanmoins, vous devriez peut-être reconsidérer la possibilité d'en faire, si:

 

  • vous aimeriez faire un sport en particulier mais que vous avez peur de le faire à cause de votre dos
  • vous avez arrêté un sport pour ménager votre dos et regrettez de ne plus pouvoir le faire
  • vous avez pour projet de perdre du poids ou d'améliorer votre condition physique (l'alimentation est essentielle mais ne se suffit pas à elle seule).
  • vous souffrez d'anxiété et d'un manque de gestion du stress
  • vous voulez mettre toutes les chances de votre côté pour gérer la douleur et éviter des récidives.

​Le sport s'intègre également dans une démarche de développement personnel, essentielle pour progresser contre une douleur chronique. C'est un moyen de s'épanouir physiquement et mentalement. Je vous invite dès maintenant à trouver 3 principaux avantages que vous auriez à faire un changement à ce niveau-là !

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  • ​L'accès au bonus pour comprendre les bases de la douleur

5) L'anxiété , le stress, la colère

​Toutes les émotions négatives ont une influence sur notre façon de percevoir le monde qui nous entoure.

La douleur dépendant de la menace perçue par le cerveau, on comprend aisément le lien qui s'établit entre anxiété et douleur.

Par ailleurs, les émotions négatives ont également des conséquences au niveau endocrinien qui favorisent l'apparition de la douleur.  Vous l'avez peut-être deviné : un cercle vicieux peut parfaitement s'installer entre ces émotions et la douleur. 

​Pour plus d'informations sur les liens entre pensées et douleur, lire  La douleur c'est dans la tête ? .

​De nombreux moyens existent pour progresser sur ce point, et nous aurions tous intérêt à investir du temps dans l'apprentissage de la maîtrise de nos émotions. Je rappelle au passage que la psychothérapie est bien au delà des objectifs de ce blog et de mes compétences.  Plusieurs techniques sont en vogue actuellement : citons les différentes méthodes de relaxation, le yoga et la méditation de pleine conscience.

​Bien que la méditation soit prometteuse et apporte une pléthore de bénéfices au quotidien, je tiens à rappeler qu'il ne s'agit pas d'une solution miracle. Elle s'intègre dans un changement de style de vie, et elle est associée à une philosophie bien particulière, d'une manière de voir le monde et de le vivre au quotidien.

6) Le sommeil

​Les troubles du sommeil sont fréquemment associés aux lombalgies et aux cervicalgies d'après plusieurs études épidémiologiques sur le sujet. Lequel provoque l'autre ? Les deux mon général !

​Beaucoup d'entre vous savent assurément qu'il peut être délicat d'avoir une bonne nuit de sommeil quand une douleur nous ronge de l'intérieur.  Le manque de sommeil, lorsqu'il se chronicise, entraine à son tour des modifications endocriniennes et immunitaires qui alimentent le problème.

​Cercle vicieux, vous dites ? Comme un air de déjà-vu ? Et si on faisait un petit schéma pour récapituler les derniers points ?

Par ailleurs, certaines douleurs apparaissent surtout au réveil.

Pourquoi a-t-on mal en se réveillant ?

​Plusieurs hypothèses permettent d'apporter un début d'explication à ce phénomène très frustrant. Les deux dont j'aimerais parler brièvement ici sont :

 

  • Le manque de mouvement : Nous ne bougeons pas pendant la nuit, et le manque de circulation dans les différents tissus du corps peut générer de la douleur.  Des mouvements avant de se coucher peuvent permettre de se faire une petite "marge" et retarder l'apparition de cet inconfort.
  • Une position inhabituelle ou inadaptée pendant le sommeil : Un changement de literie, de coussins et/ou de positions peut s'avérer "miraculeux" pour certaines personnes.

 

​Faites-moi savoir dans les commentaires si vous aimeriez avoir un article beaucoup plus détaillé sur ce sujet :).

7) écouter son corps

​De nombreuses personnes traversent leur journée sans s'intéresser à ce que leur communique leur corps. La société actuelle nous impose un rythme de vie toujours plus rapide qui laisse peu de place à l'introspection et à l'appréciation du moment présent.

​Il est pourtant essentiel de prendre quelques moments dans la journée pour ressentir son corps, cartographier ses sensations et éventuellement adapter ses actions par la suite. Un inconfort dans une partie du corps peut inviter à changer de position, à redonner du mouvement à cette zone, à respirer profondément quelques fois, etc...

Belle image tirée du site respirons.com

​Ignorer ses sensations corporelles est le meilleur moyen pour se retrouver avec une gêne plus importante à la fin de la journée, alors que de simples adaptations auraient permis de l'éviter.

8) Vouloir identifier LA cause à tout prix et penser que la chirurgie ou une "remise en place" est votre seule voie vers le soulagement

​La relation entre douleur et lésion est de plus en plus mauvaise au fil du temps. Plus une douleur persiste, plus les lésions qui étaient peut-être présentes ont cicatrisé. Il ne reste principalement que des problèmes liés à la sensibilité du système nerveux.

Votre corps n'est pas une machine !

​Hélas, beaucoup de personnes croient encore dur comme fer qu'il suffirait de "réparer" leur disque abîmé pour faire disparaître leur lombalgie chronique présente depuis 5 ans.

​Je ne blâme pas les patients pour cela, mais plutôt le manque d'informations pertinentes délivrées par les professionnels de santé. On frôle parfois même la désinformation, quand on voit que de nombreux professionnels participent activement à la propagation d'idées reçues aux conséquences néfastes.

​Les progrès contre la douleur chronique se font avec du temps et des changements profonds et durables de style de vie. Vous détenez donc le rôle principal dans cette aventure, et votre motivation est essentielle à son bon déroulement.

​Pour une analyse beaucoup plus détaillée sur ce sujet, je vous invite à lire l'article Ne recherchez plus de traitement miracle ! .

9) Votre posture

Si vous avez lu attentivement l'article précédent sur les 10 choses que vous n'avez probablement pas besoin de changer pour avoir moins mal au dos , vous devriez froncer les sourcils en ce moment même.

Je pense qu'il peut être intéressant de travailler sur la posture dans certains cas. J'aimerais en citer deux comme exemples :

​Vous avez une posture figée et vous ne pouvez pas en adopter d'autres à cause d'un manque d'amplitude, d'une raideur, d'une faiblesse musculaire... Dans ce cas, le problème ne vient pas tant de la posture en elle-même mais du fait qu'elle soit figée. Il y a alors un intérêt à chercher à faire varier cette posture.

Vous vous tenez régulièrement voûté(e) et vous vous penchez en avant pour réaliser un certain nombre d'activités dans la journée, alors que vous ne supportez pas la flexion ! Dans ce cas, vous venez constamment titiller votre système nerveux, et par conséquent vous alimentez le problème. Changer temporairement sa manière de se tenir et de faire certains mouvements peut permettre de calmer le jeu, avant de re-bouger librement.

Tiré d'un meme anglophone. Don't poke the bear ! Arrêtez de provoquer l'ours 😉

Consulter un professionnel de santé tel qu'un kinésithérapeute formé à ce genre de prise en charge permet d'être guidé et de ne pas s'éparpiller en efforts inutiles.

Il existe également d'autres bonnes raisons de se tenir plus droit, à (re)découvrir dans l'article Doit-on se tenir droit ? .

10) vouloir en faire trop ou pas assez

​Savoir doser ses efforts est un sujet très épineux, notamment lorsque la douleur persiste. Plusieurs experts ont planché sur le sujet et il n'existe pas de modèle unique faisant consensus.

​Éviter toute douleur est inefficace. Ignorer complètement la douleur l'est également. Il faut trouver un modèle entre ces deux extrêmes pour progresser efficacement. L'exposition graduelle semble être l'un de meilleurs moyens de reprendre progressivement une activité et de diminuer la douleur associée à celle-ci.

​Si le sujet vous intéresse, j'ai écris une série de 3 articles intitulée No Pain No Gain ? . J'y analyse les deux positions extrêmes, avant de proposer un nouveau modèle basé sur les connaissances actuelles.

​Enfin, si votre dos vous fait des misères depuis plusieurs années, soyez conscient que les progrès se font plus au long terme qu'au court terme. L'évolution peut sembler irrégulière. Il peut y avoir de nouveau un épisode douloureux inattendu. Néanmoins, ces épisodes devraient être de plus en plus espacés, et de mieux en mieux gérés grâce aux compétences que vous aurez acquises.

​BONUS

11)Porter des sous-vêtements en laine 

​"N'y pense mêêêême pas"​​​​​

​Une surprenante étude turque s'est intéressé à l'influence de sous-vêtements en laine sur les lombalgies chroniques. En porter pendant 2 mois aurait eu des effets bénéfiques pour les patients...

​Je cite cette étude comme une anecdote amusante, car cette étude, en plus d'être farfelue, souffre de nombreux biais. Étonnamment, aucun sujet de l'étude ne semble avoir abandonné à cause des démangeaisons.. 😉

​N'hésitez pas à explorer les différents articles qui détaillent certains des points abordés, et proposez des idées d'articles en commentaires !

La douleur, c’est dans la tête ?

​Image ci-dessus :

- Est-ce que tout cela est réel ? Ou cela se passe dans ma tête ?

- Bien sûr que cela se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi est-ce que cela signifierait que ce n'est pas réel ?

​Nous cherchons tous à comprendre pourquoi nous ressentons de la douleur. ​Les explications que l'on trouve à propos de la cause de la douleur sont variées, et l'on distingue deux positions extrêmes.

La première est de considérer que toute douleur est due à une lésion physique. Autrement dit : si vous avez mal, c'est qu'il y a forcément quelque chose qui ne tourne pas rond là où vous avez mal.

La seconde est de considérer que la douleur, c'est dans la tête. Cela n'existerait pas réellement, et il suffirait de volonté et de self-control pour s'en débarrasser. On entend aussi parler de douleur "psychologique".

Sommes-nous réduits à ces deux points de vue diamétralement opposés ?

​Ces propositions ne sont ni satisfaisantes, ni en phase avec les connaissances scientifiques actuelles.

Aujourd'hui nous déconstruisons une idée reçue néfaste et périmée : la douleur, ce n'est pas "dans la tête" !

Messages-clés (pour les pressés)

  • La douleur est toujours réelle, car vous la ressentez. Personne ne peut affirmer le contraire.
  • La douleur est créée par le cerveau dans 100% des cas, néanmoins cela ne signifie pas du tout que c'est "dans la tête" comme on l'entend habituellement.
  • L'apparition et l'intensité de la douleur sont modulées par ​de nombreux facteurs tels que le contexte, vos pensées, vos croyances, vos expériences, etc... ce qui explique pourquoi une même "blessure" peut être vécue très différemment d'une personne à une autre.
  • Ces facteurs sont modifiables et peuvent vous permettre d'avoir moins mal.
  • play
    Travailler uniquement sur ses croyances et ses représentations ne permet pas de régler un problème de douleur chronique, mais c'est un outil pertinent et efficace au sein d'un plan d'action global dont vous êtes l'acteur.

​Est-ce que la douleur peut-être psychologique ?

​Pour répondre à cette question, ​le plus simple me semble de passer par plusieurs questions intermédiaires.​

D'où vient la douleur ?

La douleur est produite par le cerveau dans 100% des cas. Cela ne signifie pas que c'est imaginaire !

​À quoi sert la douleur ?

​C'est une réaction de protection de l'organisme. La douleur est très utile dans la vie de tous les jours, bien que parfois elle dysfonctionne.

​Comment le cerveau prend-il la décision de créer ou non de la douleur ?

​Votre cerveau reçoit en permanence de nombreuses informations et il les interprète en fonction de ce qu'il sait déjà. Les informations qui remontent du corps sont évidemment ​importantes, mais elles sont analysées par votre cerveau à la lumière du contexte, de l'environnement, de vos pensées, de vos expériences passées,... S'il décide que vous êtes en danger et qu'il faut vous protéger, il enclenchera divers mécanismes de protection dont la douleur.

​Pourquoi je n'aime pas le terme de "douleur psychologique"

Les pensées, les peurs et les croyances ont toujours une influence sur le fonctionnement de l'organisme, car elles sont elles-mêmes sous-tendues par des réactions biochimiques.​ La douleur est toujours plus ou moins influencée par des informations autres que celles qui remontent du corps.

Vous vous souvenez probablement de situations dans lesquelles l'intensité de la douleur ne correspondait pas à la menace réelle qui pesait sur vous.  Par exemple, avez-vous déjà retiré vivement la main de l'eau ou du robinet en pensant qu'il/elle était brûlant(e), alors que c'était froid ?

​Les facteurs psychologiques "négatifs" (stress, peur de se faire mal, informations médicales anxiogènes,...) vont favoriser la mise en place de réactions de protection, qui vont entre autres rendre plus sensible à la douleur, et ainsi former un cercle vicieux.​​​​

​Les facteurs psychologiques "positifs" (gestion de l'anxiété, soutien affectif, dédramatisation, incitation à bouger,...) vous aident à être actif et vous permettent d'exploiter au maximum votre potentiel de récupération​.


Il est important de noter que ce ne sont pas des choix conscients ! La plupart de ces interactions entre le corps et la cognition se déroulent sous le seuil de notre conscience. Il ne s'agit pas de "faire semblant" ou " d'exagérer " sa douleur. Tous les systèmes du corps humain sont à l’œuvre lors de la réponse à un stimulus, que vous soyez lombalgique chronique ou non, que vous soyez parfaitement équilibré(e) ou non.

La douleur est une expérience éminemment subjective. Personne n'est en mesure de ressentir ce que vous ressentez, et encore moins d'affirmer que vous inventez vos sensations. Nous répondons tous différemment à une même situation.​

Enfin, je trouve l'adage "La douleur est dans votre tête" assez condescendant et empreint de jugement.

La douleur est toujours réelle, quelques soient les différents facteurs biologiques, psychologiques et sociaux qui ont mené à son apparition.

L'exemple de Monsieur K

Monsieur K est un homme de 50 ans, vivant avec sa femme et ses deux adolescents dans une jolie maison de plein pied (achetée grâce à Stéphane Plaza, mais nous nous égarons). Son travail n'est pas particulièrement physique, et il aime faire du vélo avec son fils le week-end. Il s'occupe également des travaux dans la maison.

Un jour, alors qu'il retourne la terre dans le jardin, il ressent une violente douleur dans le bas du dos, un éclair qui le paralyse sur place et qui lui arrache un cri de douleur. Il arrête immédiatement son activité et marche légèrement courbé le reste de la journée, en croisant les doigts pour que la douleur s'estompe.

Ce n'est pas la première fois qu'il se fait mal au dos, comme tout le monde, et il pense que cela va disparaitre. Les jours suivants, il se ménage et fait attention à son dos pour ne pas se blesser davantage. Toutefois, au bout d'une semaine, la douleur est quasiment toujours autant intense... Il s'arrange pour obtenir un rendez-vous chez le médecin dès le lendemain.

​À partir de maintenant, nous allons plier l'espace et le temps (oui oui) pour imaginer deux scénarios différents à partir de ce moment de l'histoire. Ils seront volontairement caricaturaux (bien que certaines personnes vivent réellement le scénario n°1), afin de mettre en évidence l'influence des facteurs psychologiques sur l'évolution de la douleur, chez une personne lambda.

Scénario n°1

Lors de la consultation, le médecin examine M. K puis lui donne son avis sur la situation : " Vous vous êtes probablement fait une petite hernie. Faites attention pendant les prochains jours !". En complément, le médecin lui prescrit des antalgiques, des anti-inflammatoires, et des décontractants musculaires.   En ressortant de la consultation, M. K se dit "Si je dois faire attention, c'est qu'il y a un risque que j'aggrave mon problème !".

Dans les deux semaines qui suivent, M. K s'efforce de "faire attention", sans savoir réellement ce que cela signifie. Il évite toute activité physique contraignante pour ne pas abîmer son dos. Pourtant, force est de constater que la douleur est toujours aussi présente. Parfois même, il lui semble qu'elle commence à irradier vers le bas de la fesse droite... M. K s'inquiète. Il a pourtant bien suivi les conseils et la prescription médicale. Au bout d'un mois, il reprend rendez-vous chez le médecin.

Lors de cette seconde consultation, le médecin a l'air plus inquiet. Il prescrit une IRM pour "voir ce qu'il se passe là-dedans", et écrit une lettre de recommandation pour un rhumatologue.  La dernière fois que M. K a entendu parler d'un rhumatologue, c'était pour une connaissance atteinte d'une maladie grave... Il part faire son IRM la boule au ventre.

M. K est assis devant le bureau du rhumatologue, et patiente pendant que celui-ci lit le compte-rendu de l'IRM.

Son regard s'attarde sur un empilement de vertèbres et de disques en résine. Un disque a l'air sacrément amoché, et un autre est carrément posé à côté de la maquette comme s'il avait été éjecté.

​Avez-vous déjà vu ceci ?

​Le verdict tombe : "Vous avez deux disques dégénérés, une hernie et de l'arthrose au niveau des vertèbres... Vous devriez vous arrêter de travailler quelques jours pour vous reposer. Je vous fait également une prescription de kiné si cela ne s'arrange pas dans les semaines qui viennent".

M. K repart de la consultation complètement découragé et épuisé. Il se voit déjà handicapé pour le reste de sa vie, voire en fauteuil roulant. Comment pourrait-il reprendre ses activités alors que son dos est dans un état pareil ?

En arrêt de travail, M.K ne fait pas grand chose pour ne pas abîmer davantage son dos. Il tente de s'occuper des tâches ménagères dans la maison, mais il se fait mal, se décourage et abandonne. Cela créé des tensions au sein de son couple.

​Après chaque dispute conjugale, il sent la douleur s'intensifier et descendre vers sa cuisse.  Cette situation est très dure moralement pour lui.

Il se sent complètement handicapé par la douleur, son couple et sa relation avec ses enfants en pâtissent... De plus, son patron risque de se débarrasser de lui s'il continue à prolonger son arrêt de travail ! Tout ce stress et cette anxiété parasitent son sommeil, ce qui a pour conséquence de le rendre encore plus fatigué, découragé et démuni face à la douleur...

Je pourrais continuer encore et encore, mais je pense que vous avez une bonne idée de la spirale infernale que représente le scénario n°1.

Scénario n°2

Lors de la consultation, le médecin examine M. K et lui donne son avis: "Je ne pense pas que cela soit grave. Il est normal que vous ayez mal temporairement si vous avez fait une activité trop intense. La grande majorité des lombalgies comme la votre se résolvent en moins d'un mois. ". Il lui conseille de reprendre autant que possible ses activités, et lui prescrit un antalgique pour faciliter sa reprise de l'activité physique.  M. K a toujours mal en ressortant du cabinet médical, mais il ne s'en inquiète pas.

Au cours des deux semaines suivantes, la douleur est toujours présente. M. K continue, comme conseillé, à travailler et à faire ses activités autant que possible.

Il va quand même faire du vélo avec son fils, même s'ils partent moins longtemps que d'habitude. M. K a l'impression que sa douleur l'handicape de moins en moins et qu'il réussit quasiment à faire toutes ses activités.  Sa femme et ses enfants le soutiennent et l'encouragent dans ses efforts.  Au fil des semaines, la douleur s'efface progressivement, pour laisser placer à une gêne de plus en plus faible. Un mois plus tard, cet épisode n'est plus qu'un mauvais souvenir pour M. K.

Le scénario est nécessairement plus court, vu que M. K récupère beaucoup plus vite.

M. K est-il fou ?

Dans le scénario 1, la douleur de M. K est visiblement influencée (négativement) par des facteurs psychologiques.

Que doit-on en conclure ?

Sa douleur est-elle "psychologique" ? Dans sa tête ?

Est-il fou, instable émotionnellement, faible, ou dépressif ?

NON ! (et pourtant ce sont des étiquettes qui pourraient lui être collées si on le retrouvait six mois plus tard).

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​Est-ce également vrai pour les douleurs chroniques et inflammatoires ?

​Si vous souffrez de douleurs chroniques et/ou inflammatoires, vous menez probablement un combat quotidien pour avoir une vie normale. Les pathologies telles que la spondylarthrite, la fibromyalgie, ou encore les conséquences d'un coup du lapin modifient profondément le style de vie.

Les situations comme celles-ci sont très complexes, et le sujet de cet article est certainement sensible pour vous, étant donné les choses qu'on a pu vous dire auparavant.

On pourrait penser que l'exemple précédent ne concerne que les problèmes ponctuels, aussi appelés "aigus".

Est-ce vraiment le cas ?

​Qu'est-ce qui change en cas de douleur chronique ?

Au niveau du système nerveux

​​Si vous avez une douleur importante depuis des mois ou des années, alors votre système nerveux a évolué et génère beaucoup plus facilement cette douleur.  Il est sensibilisé à plusieurs endroits. ​Cela signifie qu'il envoie des messages de danger au cerveau pour des stimulations beaucoup plus basses que la normale.

Ces messages sont également accentués, comme s'il y avait un amplificateur entre la partie de votre corps dans laquelle vous ressentez la douleur et votre cerveau​. Les messages que votre cerveau reçoit et analyse ne correspondent donc pas forcément à ce qu'il se passe en réalité dans votre corps

Si vous êtes atteint(e) de pathologie rhumatismale inflammatoire, alors l'inflammation systémique présente dans votre organisme participe à augmenter à la sensibilité du système nerveux.

Au niveau des autres systèmes

​De nombreux changements s'opèrent dans les différents systèmes de votre corps. Comprenez bien que toutes les modifications dont je parle ici sont utiles en cas de danger, mais qu'elles deviennent inadaptées et néfastes lorsqu'elles se prolongent dans le temps !

  • check
    Globalement, votre système nerveux sympathique augmente son activité et prend le pas sur son collègue, le système nerveux parasympathique. Cela fait passer votre corps en mode "alerte" et il se prépare alors à faire face à des menaces qui n'existent pas forcément.
  • check
    Votre système endocrinien modifie son activité, et se met à sécréter plus de cortisol (participant au stress) et de molécules pro-inflammatoires.
  • check
    ​Votre respiration se modifie subtilement, ce qui peut avoir des conséquences sur l'oxygénation de vos tissus.
  • check
    ​Votre système digestif ne fonctionne plus de manière optimale et cela peut entraîner quelques troubles fonctionnels sur lesquels certains posent l'étiquette de " syndrome du colon irritable".
  • check
    Le fonctionnement cérébral peut également être influencé par tout cela : anxiété, modifications de l'humeur, difficultés à se concentrer,...

Dans tous les cas, les principes de base restent les mêmes.

La douleur est toujours une réaction de protection générée par le cerveau en réponse à une menace réelle ou perçue.

Les mécanismes, toutefois, évoluent, et la situation s'enrichit de nouveaux symptômes et se complexifie​. 

​Que peut-on y faire ?

Si vous êtes dans une situation similaire à M. K, sachez qu'il existe des moyens d'améliorer ce genre de situation. Même si vous avez commencé à emprunter le scénario n°1, cela ne signifie absolument pas que c'est "trop tard", ou qu'il n'y a plus rien à faire.

C'est un cercle vicieux, mais il est possible d'en sortir ! Votre organisme reste capable d'adaptation et de changement, même si vous ressentez quelque chose depuis plusieurs années.

La douleur est multifactorielle, et on ne règle pas ce genre de souci uniquement par la pensée, en changeant ses croyances et ses représentations. Ce n'est PAS une solution miracle, mais un outil faisant partie d'une prise en charge globale.

Travailler seul, ou avec un professionnel de santé formé, peut vous permettre d'identifier les facteurs qui vous freinent ou qui au contraire vous aident. Tout l'enjeu est ensuite de favoriser les facteurs positifs et d'éliminer autant de facteurs négatifs que possible.

​N'hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous, et à partager cet article s'il vous a plu ! 

Pour découvrir d'autres idées reçues sur le mal de dos,  je vous invite à lire l'article 5 idées reçues sur la lombalgie chronique .

À bientôt

Eric

Quand faut-il réellement s’inquiéter ?

Votre dos vous fait souffrir le martyre, les médicaments sont peu efficaces et vous angoissez à l'idée que cela puisse être quelque chose de grave ? Voilà un article qui vous permettra d'aller consulter votre médecin sans omettre un détail parfois crucial.

Le mal de dos peut-il être grave ?

Bonjour à tous,

Ceci est un article ESSENTIEL avant de passer à la suite.

Au fil des articles, vous remarquerez que beaucoup de choses seront dédramatisées et relativisées. Pour pouvoir avoir cette approche en toute sécurité, il est indispensable d’être sûrs d’avoir écarté les dangers potentiels.

On estime que 1 à 2% de toutes les lombalgies ont une cause grave qui nécessite un traitement médical spécifique et/ou des examens complémentaires. Il est donc très peu probable que vous rentriez dans cette catégorie. Par précaution, il est obligatoire d’éliminer cette hypothèse avant de passer au reste. C’est d’ailleurs une partie à part entière des examens cliniques (réalisés par les médecins, les kinés, et d’autres professionnels de santé).

Ensuite, 5 à 10% de toutes les lombalgies ont une cause anatomique identifiée qui correspond bien aux symptômes.

Les 90% qui restent n’ont pas de cause anatomique identifiée (mais qu’est-ce qui fait mal alors ? Articles à venir...).

Le petit détail

Avant toute chose, faisons la distinction entre deux entités:

  • Les symptômes : ce sont les choses que vous ressentez, dont vous vous plaignez, dont vous parlez au médecin et qui vous conduisent à aller le consulter.

Exemple : une céphalée (mal de tête)

  • Les signes cliniques : ce sont les choses que les professionnels de santé vont évaluer lors de leur bilan clinique, grâce à diverses techniques et outils de mesures.

Exemple : la traditionnelle vérification des réflexes patellaires, quand le médecin vient percuter le tendon juste sous la rotule en position assise.

Je tiens à souligner la nuance entre les deux pour une raison très simple. Vous êtes par définition les plus compétents pour définir vos symptômes : il s’agit de votre ressenti ! En revanche, la recherche des signes cliniques nécessite une expertise médicale. C’est le boulot des professionnels de santé.

Dans cet article, je donnerai autant que possible des symptômes à rechercher. Vous risqueriez de mal interpréter les signes et de vous alarmer inutilement.

Enfin, il existe de nombreux éléments dans l’histoire de votre douleur qui peuvent aiguiller les praticiens vers un diagnostic particulier. Ils seront inclus dans la liste.

Le but de l’article

Aujourd’hui, l’objectif est de vous fournir une liste non exhaustive des éléments qui nécessitent une consultation médicale, car étant potentiellement révélateurs d’une pathologie à traiter.

Cet article peut éventuellement mettre « la puce à l’oreille » à certaines personnes qui rechigneraient à consulter un médecin. Il peut également attirer l’attention sur un élément que vous auriez omis de mentionner à votre médecin.

Je fais le choix de ne pas relier chaque élément à une ou plusieurs pathologies en particulier, parce que cela risquerait fortement d’effrayer inutilement une partie d’entre vous. De plus, le diagnostic médical est, comme son nom l’indique, l’affaire du médecin.

Attention

Cet article ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale. Si quelque chose vous inquiète, si vous avez peur de quelque chose, vous devez consulter. Peu importe si l’objet de vos doutes figure dans cet article ou pas. La consultation médicale reste incontournable en ce qui concerne la détection d’une pathologie sous-jacente.

La liste

En rapport avec la sensibilité
  • Perte de sensibilité au toucher, voire anesthésie, dans la région génitale, fessière et/ou péri-anale.
En rapport avec les caractéristiques de la douleur
  • Douleur ne disparaissant pas au repos allongé sur le dos, voire qui empire.
  • Forte augmentation de la douleur la nuit, empêchant le sommeil
  • Besoin de plus d’une heure pour se « dérouiller » le matin et faire diminuer la douleur ainsi que la sensation de raideur.
  • Douleur très forte irradiant jusqu’au-delà du genou
  • Pas de soulagement même avec des médicaments anti-douleur type morphine
  • Douleur augmentée à la toux, à la défécation, ou lors de la  manœuvre de Vasalva  .
En rapport avec l’histoire de la douleur
  • Perte de poids récente non expliquée
  • Altération de l’état générale (amaigrissement, anorexie, fatigue importante)
  • Fièvre non expliquée
  • Traumatisme majeur (chute, choc direct important), ou mineur pour les personnes âgées ostéoporotiques.
En rapport avec des antécédents ou des caractéristiques personnelles
  • Antécédent récent de tumeur
  • Toxicomanie par voie intraveineuse
  • Antécédent récent d’infection urinaire et/ou d’infection cutanée
  • Antécédent récent d’intervention chirurgicale gastro-intestinale ou génito-urinaire
  • Age inférieur à 20 ans ou supérieur à 50 ans
En rapport avec la force musculaire
  • Perte de force importante au niveau des jambes : difficulté à monter les genoux, à les tendre en position assise, à ramener la pointe du pied vers vous ou à monter sur la pointe des pieds en position debout.
  • Perte de force empirant progressivement au fil du temps
En rapport avec un traitement médicamenteux
  • Prise d’un traitement à base de corticoïdes de manière prolongée, ou d’un autre traitement médicamenteux entrainant un affaiblissement du système immunitaire.
En rapport avec des troubles vésico-sphinctériens et sexuels
  • Apparition d’une incontinence urinaire et/ou fécale, ou au contraire d’une constipation.
  • Dysfonction sexuelle (masculine ou féminine), à relier toutefois à une perte de sensibilité au toucher dans la région génitale et péri-anale.

Conclusion

Tout mal de dos mérite une consultation médicale, afin d’exclure les quelques problèmes sérieux qui peuvent se présenter (dans environ 1% des cas maximum rappelons-le).

Il est important de mentionner à votre médecin la présence d’un des éléments présents dans la liste si jamais ils se vérifient chez vous.

Une fois ces risques écartés, vous pourrez suivre les conseils de vos professionnels de santé et de ce blog avec une dose d’inquiétude en moins :).

A très bientôt.