8 raisons pour lesquelles les mauvaises postures n’existent pas

Imaginez. Vous êtes en train de travailler. Il n'est que 11h, et pourtant votre dos commence déjà à vous tirailler. Vous vous apercevez que vous ne vous tenez pas tout à fait droit. Vous pensez "Quel idiot ! Je vais encore me faire mal au dos."

Vous savez que vous devriez faire attention à votre posture au bureau. Ce matin, devant le miroir, vous avez remarqué une fois de plus que vos épaules et votre cou partent en avant.

Le professionnel que vous avez vu la semaine dernière vous avait bien dit qu'il fallait absolument se tenir droit. Et maintenant vous avez mal. Il a forcément raison.

Pourtant, vos efforts pour vous tenir droit comme un i ne semblent pas porter leurs fruits. Vous vous dites : "C'est foutu pour aujourd'hui".

Ce scénario ne pourrait-il pas se dérouler autrement ?

La relation tumultueuse entre la posture et le mal de dos

Qui d'entre vous n'a jamais entendu "Tiens-toi droit ! " ou "Ne te penche pas en avant, tu vas te faire mal" ? Personne. 

Et pour cause : dès qu'il est question de mal de dos dans les médias, les "mauvaises postures" sont constamment incriminées. Notre culture joue également un rôle important dans ce processus.

Le souci ? D'abord, le lien entre posture et douleur est en réalité TRÈS obscur. Mais ça, personne ne vous le dira sur un plateau télé.

Ensuite, chercher à tout prix à éviter les mauvaises postures est potentiellement néfaste. C'est la raison principale de cet article, et cela constituera le point n°5.

Raison n°1 : Tout le monde ne tolère pas chaque posture de la même manière

Comment se fait-il que ce garde londonien et ces laotiens en pleine cueillette ont pu s'habituer à ces postures (prolongées) si différentes ?

Honnêtement, ni vous ni moi ne supporterions bien longtemps la posture du  garde londonien. Pourtant, elle est .. parfaite, non ?

Plusieurs facteurs peuvent rendre une position plus confortable. Par exemple, être habitué à cette position. D'autres facteurs favorisent l'apparition de la douleur : si votre système nerveux est sensibilisé, ou si vous n'êtes pas habitué à adopter cette position.

Dès lors, le problème ne vient plus de la posture en elle-même, mais de la sensibilité et de la tolérance à cette posture.

Raison n°2 : La posture doit être au service de l'activité réalisée, pas l'inverse !

Je ne suis pas en train de dire que toutes les postures se valent. Il faut remettre chaque posture dans son contexte. Oui, pour une activité donnée et pour une personne donnée, il y a des postures plus intéressantes que d'autres.

Si vous êtes en train de faire un travail de précision qui nécessite de se rapprocher de l'objet en question, alors être penché en avant est adapté.

Imaginez-vous un joaillier se tenir droit comme un i pendant qu'il tient à bout de bras l'horlogerie suisse sur laquelle il travaille ? 

Mon point de vue est le suivant. Une posture peut être décrite comme mauvaise s'il existe une alternative plus confortable et efficace. Si cette alternative implique d'être relâché et en flexion, je dis amen !

La caractère "bon" ou "mauvais" d'une posture dépend de ce que vous êtes en train de faire. L'idée reçue selon laquelle la seule et unique bonne posture est de se tenir droit est erronée.

Raison n°3 : Toute posture maintenue dans le temps devient désagréable

Nous avons de bonnes raisons de penser que les douleurs sont dues au manque de mouvement plutôt qu'à la position en elle-même.

Faites-en l'expérience : tenez vous dans la position que vous jugez idéale, et restez-y.

Il y a fort à parier que vous en ayez marre au bout d'une minute, et pour cause : toute posture devient désagréable lorsqu'elle est maintenue trop longtemps. Le garde londonien ci-dessus s'en est sûrement rendu compte au début de sa carrière...  

Lorsque vous ne bougez pas pendant plusieurs minutes, certaines parties de votre corps sont moins bien oxygénées. L'acidité induite par une activité musculaire prolongée peut aussi participer.

Votre système nerveux fait remonter cette information au cerveau qui, à son tour, décide s'il faut intervenir ou pas. S'il décide qu'il faut intervenir, alors il génère de la douleur pour que vous bougiez. 

Rappelez-vous, vous êtes fait pour le mouvement !

Raison n°4 : Votre dos est SOLIDE

Votre dos est SOLIDE. 

Il possède de formidables capacités d'adaptation, et peut tolérer de nombreuses postures différentes sans s'abîmer, contrairement à une croyance largement répandue.

De plus, le dos n'est pas une machine : il ne s'use pas au fur et à mesure que vous l'utilisez. Ce n'est pas une voiture dont les pièces se détériorent au fil du temps, jusqu'à la casse !

Il fait partie d'un organisme vivant hautement complexe, capable d'auto-réparation et d'adaptation.

Tout cela reste valable si vous avez une discopathie, de l'arthrose ou encore une hernie discale ! Les modèles discaux encore utilisés par de nombreux professionnels de santé NE REPRÉSENTENT PAS la réalité.

Vous n'êtes pas en train d'abîmer votre dos simplement à cause d'une mauvaise posture. Que pouvez-vous faire pour permettre à votre corps de tolérer ces postures ?

Raison n°5 : Stigmatiser des postures comme "mauvaises" crée plus de problèmes qu'autre chose

Les messages appelant à adopter une position droite sont légion.

Il suffit de se plonger dans un magazine de santé, de se rendre à son cours de Pilates préféré ou encore de chercher des informations sur le net (quelle idée...) pour le constater. Les exercices posturaux, à base de contraction des abdominaux et de "correction de posture" se multiplient à vitesse grand V.

Quelles conséquences cela peut-il bien avoir ?

Plus de raideur

Faisons une expérience : d'abord, faites bouger votre poignet dans tous les sens.

Maintenant serrer le poing, et refaites l'expérience en gardant le poing serré. Est-ce facile, souple et confortable ? Seriez-vous capable d'utiliser vos mains de manière efficace en les gardant toujours contractées ? Bien sûr que non.

Pourtant beaucoup d'entre nous avons tendance à faire la même chose avec notre dos : rentrer le ventre, contracter les muscles du dos, ramener les épaules en arrière... Il est nettement plus agréable de bouger son dos en étant détendu !

Plus d'inconfort

Rester dans une même position de façon prolongée est désagréable. Cela peut devenir carrément douloureux si vous tentez de rester "droit" coûte que coûte, dans une situation où vous seriez naturellement penché.

Lorsque vous gardez les muscles de votre dos contractés longtemps, ils finissent par manquer d'oxygène. Ils le signalent au cerveau, qui vous le fera comprendre à sa manière. Il créera une sensation d'inconfort, pour que vous changiez quelque chose à la situation.

Plus de frustration

Votre posture actuelle est le fruit de nombreuses années de vie, d'activité, d'adaptation, etc.. Il est par conséquent très difficile de la changer !

Un travail de longue haleine, avec des effets indésirables importants, pour une récompense très, très incertaine.. Cela vaut-il le coup d'essayer ? Le débat reste ouvert, personne ne détient la réponse à cette question !

Plus de douleur

Les croyances influencent énormément la douleur. Si vous êtes convaincus qu'être assis est mauvais pour votre dos, alors il est probable que vous ressentiez de la douleur lorsque vous êtes dans cette position.

Les messages diffusés massivement dans les médias et dans votre entourage ("Il ne faut pas se tenir penché", "Vous risquez d'abîmer votre dos",...) ont en fait un effet nocebo (l'inverse de l'effet placebo) !  Dans un contexte de lombalgie ou de cervicalgie chronique, les croyances sont parfois un facteur prépondérant dans la genèse de la douleur.

Avoir peur de se pencher ou d'être assis de manière "avachie" aggrave le problème.

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Raison n°6 : Votre posture est personnelle

Votre posture n'est pas qu'une question d'articulations, de muscles et de tendons.

Elle reflète qui vous êtes. Vous, votre personnalité, vos émotions, votre état d'esprit, votre histoire, votre relation avec les autres.

Elle change au cours de votre journée en fonction de nombreux facteurs.

Elle communique des traits de personnalité tels que l'ouverture, la soumission, la confiance, et bien d'autres encore.

Il y a 50 ans, nous n'avions pas les mêmes connaissances qu'aujourd'hui.

Mais en 2019 ? Qui peut encore se permettre d'affirmer qu'il faut éviter certaines postures ? Qui peut oser affirmer que tout le monde doit se tenir de la même manière ? Arrêtons les conneries.

Raison n°7 : Les études sur le lien entre posture et mal de dos sont TRÈS mitigées

Si le lien de causalité entre les "mauvaises postures" et le mal de dos était si évident, il devrait apparaître très clairement dans les études , n'est-ce pas ?

Beaucoup d'études ont évalué le lien entre plusieurs variables et le mal de dos : une inégalité de longueur des jambes, une bascule de bassin, une hyperlordose, des tensions musculaires, etc. Le résultat ? Pas de lien de causalité entre ces choses et le mal de dos. (Schmidt et al., 2017, Laird et al., 2016; Laird, Gilbert, Kent, & Keating, 2014; Lederman, 2010)

La "mauvaise posture" est-elle responsable des maux de dos chez les travailleurs ? Tout porte à croire que non. Il existe de fortes preuves que les "mauvaises postures" au travail ne sont pas responsables de maux de dos (Roffey & al 2016).  On retrouve même que les gens qui n'ont pas mal au dos sont plus souvent avachis ! (Claus & al 2016)

Parmi les facteurs qui prédisent mieux l'apparition et la persistance de la douleur, on retrouve des facteurs psychosociaux tels que les attentes de la personne (positives ou négatives) et les comportements d'évitement (éviter de faire un mouvement ou d'adopter certaines positions). 

J'ai menti dans le sous-titre de cette partie. Les études ne sont pas mitigées, elles sont claires. Nous nous trompons de cible.

Raison n°8 : Il existe plein d'autres raisons de se tenir droit que pour le mal de dos

La respiration

Se tenir relativement droit permet une meilleure amplitude thoracique et une mécanique diaphragmatique optimale.

L'esthétique

Nous voulons tous avoir l'air plus grands, plus dignes, plus minces... C'est aussi pour cela que nous cherchons sans arrêt à nous grandir. L'image du bossu de Notre-Dame fait rarement rêver.

Les relations sociales

Certaines professions, par exemple, nécessitent de s'affirmer en tant que personne. Cela passe nécessairement par la posture. Imaginez-vous un patron donner des directives en étant voûté et en regardant vers le sol ? Ou un négociateur qui arrive dans la salle tout penaud en détournant le regard ?

Les émotions

Chose étonnante, la posture dans laquelle vous vous trouvez influence les émotions que vous ressentez. Adopter une posture fermée et voûtée augmentera plutôt votre stress et vos émotions négatives, tandis qu'une posture ouverte, détendue et redressé aura l'effet inverse.

À ce sujet, je vous conseille ce très bon TED Talk . Il est raisonnable de penser qu'une diminution temporaire du stress peut permettre à son tour de diminuer temporairement la douleur.

Alors cela vaut le coup d'essayer : arborez une posture fière et souriez à la vie !

BOUGEZ !

La sédentarité est certainement beaucoup plus problématique que la posture. Contrairement à la posture, nous savons que la sédentarité influence négativement le corps à tous les niveaux ET la douleur. 

Alternez les postures, bougez, détendez-vous, respirez, dormez (pas au travail) et ayez confiance en votre corps.

Sources supplémentaires

Autres articles sur ce sujet

Coussin lombaire Ad’Just pour le mal de dos en voiture : essai et analyse

​​Les trajets en voiture sont-ils un moment délicat pour vous ?

À chaque départ en vacances, à chaque déplacement professionnel, c'est la même ​rengaine. Votre dos ne vous laisse pas tranquille, et la douleur est de plus en plus dérangeante au fil du trajet. Parfois, c'est le lendemain qui s'avère le plus difficile. 

Pour certains d'entre vous, même les plus courts trajets sont une tannée. Vous vous figez à la vue du moindre ralentisseur.

Vous cherchez des solutions pour pouvoir enfin ne plus vous soucier de ces moments. Peut-être avez-vous découvert plusieurs accessoires contre le mal de dos en voiture.

Plusieurs entreprises ont en effet apporté leur pierre à l'édifice en proposant des accessoires destinés à rendre les trajets en voiture plus agréables.

Que peut-on en penser ?

Est-ce vraiment efficace contre le mal de dos en voiture ?

​​Ma démarche pour cet article

​J'ai contacté les créateurs de plusieurs accessoires anti-mal de dos en rapport avec la position assise. Après plusieurs essais infructueux, j'ai pu échanger avec les créateurs du coussin lombaire Ad'Just.

Je leur ai proposé d'essayer leur produit, et d'écrire un article à ce sujet. Ils m'ont envoyé un exemplaire de leurs deux produits. J'en profite pour les remercier de nouveau.

Je n'ai pas de conflit d'intérêt à déclarer pour cet article. Je ne suis pas rémunéré pour cet article, et je ne possède pas de lien commercial avec Ad'Just.

L'objectif de cet article est de présenter les produits Ad'Just de façon objective, afin d'informer toutes les personnes intéressées ​par ces accessoires.

​Présentation des produits essayés

​Ce sont en réalité deux produits complémentaires : le Coussin Lombaire V5, et le Coussin d'Assise V3 Confort+.

Image du coussin d'assise

Le coussin d'assise (présenté ici)  se fixe sur le siège en se combinant avec le coussin lombaire. Il présente deux renforts latéraux qui limitent le déplacement des jambes lors des virages.

Image du coussin lombaire

Le coussin lombaire (présenté ici) se fixe au niveau du dossier. Il possède trois renforts : deux renforts latéraux et un renfort lombaire. Ce dernier se gonfle grâce à une pompe.

​La fiche technique des produits est disponible sur leur site.

​Mon ​expérience personnelle

​J'ai installé ces accessoires dans ma modeste Clio 2 pendant plusieurs semaines​.

Bien entendu, cette section relate mon expérience personnelle. Cela ne constitue pas une "preuve" (positive ou négative).

Les deux produits sont de bonne qualité et possèdent de bonnes finitions. L'entreprise connaît les problèmes techniques et offre un service après-vente efficace. En cas de fuite au niveau de la pompe, par exemple. Dans mon cas, je n'ai pas eu de souci avec la pompe. 

Vous pouvez changer la position de tous les renforts pour les adapter à votre morphologie. J'ai trouvé cela très pratique.

Le maintien latéral est efficace et agréable pendant la conduite, notamment au niveau du dossier. Cela donne une sensation de sécurité. Nous y reviendrons à la fin de l'article.

​J'ai néanmoins dû écarter au maximum les renforts latéraux pour ne pas me sentir trop engoncé avec mon manteau d'hiver. Pourtant, je suis mince ! Cela pourrait donc poser souci chez quelqu'un de plus corpulent.

Je conduis une​ petite voiture (Clio 2), dont les sièges ne se règlent pas en hauteur. Je n'ai pas pu utiliser le coussin d'assise convenablement, car ma tête touchait quasiment le toit. Heureusement, le coussin lombaire est utilisable seul.

​J'ai laissé le coussin lombaire dégonflé la plupart du temps, car le coussin gonflé n'était pas très agréable pour moi. Comme dit plus haut, ce n'est que mon ressenti, pas une preuve d'efficacité ou d'inefficacité du produit.

​Pour qui ce coussin peut-il être utile ?

​Voilà les quatre situations dans lesquelles ces accessoires peuvent être utiles, au vu des connaissances scientifiques actuelles.

1) Vous préférez nettement la position "dos creux"

Position du cobra pour l'extension lombaire

​Chez certaines personnes, la flexion lombaire (arrondir le bas du dos) augmente les douleurs, tandis que l'extension lombaire (creuser le bas du dos) les soulage.

Certaines approches favorisent le mouvement dans la direction qui soulage, afin de bénéficier des effets du mouvement et d'améliorer les sensations.

Favoriser une position en extension lombaire grâce au coussin lombaire​ est une bonne idée si vous êtes dans cette situation. Il est préférable d'en discuter avec un professionnel de santé qualifié pour éviter de se tromper.

Bien entendu, le cœur de votre progression réside dans vos mouvements, vos activités, votre accompagnement, votre style de vie et votre état d'esprit. Ces accessoires peuvent être une façon de poursuivre vos activités quotidiennes pendant que vous progressez sur d'autres points.

Attention, il s'agit d'une modification TEMPORAIRE.

La flexion lombaire n'est pas mauvaise en soi, il ne s'agit que d'une question de sensibilité à un instant et dans un contexte donné. Vous n'êtes pas voués à éviter le "dos rond" ad vitam eternam.

Il s'agit à mon sens d'une aide temporaire, pendant que vous améliorez la tolérance de votre corps par d'autres moyens.

​2) Vous passez une bonne partie de votre temps au volant et ​vous avez déjà mal au dos

Personne au volant

Il s'agit d'une situation délicate, notamment lorsque vos douleurs mettent en péril votre situation professionnelle.

NB : Ce point est assez controversé. Cela peut paraître étonnant, surtout si vous venez de découvrir Comprendre Son Dos, mais sachez que les experts internationaux s'écharpent régulièrement sur des sujets comme celui-ci.

J'aurais pu rajouter "sur un siège de mauvaise qualité" au dernier titre. Dormir 7 heures par nuit sur un matelas excessivement mou ou dur peut favoriser des douleurs lombaires.

De la même manière, faire de longs trajets sur un siège inconfortable favorise l'apparition de sensations désagréables, notamment lorsque vous ne pouvez pas vous détendre dans votre position de conduite.

Si votre siège actuel laisse à désirer, un coussin lombaire comme celui-ci peut être utile en ​facilitant une position plus confortable, plus sécurisante, dans laquelle vous pourrez être plus détendus.

La position idéale n'existant pas, il est important de connaître quelques mouvements à réaliser au volant.

Deux remarques cependant :

  • ​Une prise en charge globale de votre mal de dos reste nécessaire dans tous les cas.
  • ​Ces accessoires ne sont pas là pour protéger votre dos. Comme souvent, l'état d'esprit dans lequel vous utilisez un accessoire ou une technique est primordial. Nous reviendrons sur ce point dans la dernière section.

​3) Si vous venez de vous faire opérer du dos

Salle d'opération

​Dans les semaines qui suivent une chirurgie lombaire, vous devez respecter plusieurs règles. Le protocole du chirurgien implique souvent d​e limiter les mouvements de flexion et de rotation. Cela vous permet de ne pas interférer avec la cicatrisation et/ou la consolidation​.

L'utilisation temporaire d'un coussin lombaire peut vous aider à reprendre la conduite et à recommencer certaines activités dans votre vie après une telle opération.

Vous pourrez ensuite arrêter progressivement de l'utiliser au fur et à mesure de votre évolution.

​4) Si vous venez de subir un traumatisme

Ours en peluche blessé

​De la même manière, certaines blessures telles qu'une fracture lombaire peuvent imposer de limiter certains mouvements pendant le temps de consolidation. 

Compte-tenu de la charge émotionnelle liée à ce genre de blessure, et à la peur qui peut en résulter, il est primordial d'être accompagné par un professionnel de santé qualifié qui saura vous guider et vous aider à reprendre confiance en votre dos en toute sécurité.

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​​Quelle est l'importance de la posture en voiture ?

​Ad'Just et Comprendre Son Dos ne diffusent pas les mêmes messages concernant le mal de dos et la posture en voiture. ​Il m'est impossible de faire un article sur ce sujet sans en parler.

​Le mal de dos dépend de nombreux facteurs.

Le raisonnement qui est présenté dès la page d'accueil puis développé au fil des pages et des brochures est :

" Si vous avez mal au dos, c'est que vous êtes mal installés. "

Si vous connaissez déjà Comprendre Son Dos, vous savez que le rôle de la posture est controversé et qu'il ne s'agit que d'un facteur parmi d'autres.

Si​ ce n'est pas le cas, je vous conseille de commencer par cet article : Faut-il vraiment se tenir droit pour ne pas avoir mal au dos ?

Le mal de dos est complexe et dépend d'une multitude de facteurs.

Beaucoup de personnes qui ont mal au dos ne sont pas mal installées. Bien au contraire ! Elles font souvent des efforts démesurés pour adopter une position étiquetée "bonne posture". Ces personnes ont déjà une activité musculaire plus importante que les autres.

On peut également être mal installé et ne pas avoir mal au dos : le corps est en mesure de s'adapter et de faire abstraction de certaines choses. 

L'installation dans la voiture peut jouer un rôle, ​mais le lien n'est pas aussi univoque.

​La colonne vertébrale n'est pas un jeu de Jenga.

On note également de nombreuses références à une supposée fragilité de la colonne vertébrale.

Les explications proposées concernent surtout des mouvements du dos qu'il faudrait éviter, notamment les rotations et la flexion.

Cependant, comme je l'explique dans cet article, nous n'avons pas de preuves convaincantes que ces mouvements sont effectivement dangereux pour notre corps. Ils peuvent être douloureux pour vous, bien entendu, mais cela ne signifie pas qu'ils sont dangereux pour votre dos.

​C'est la dose qui fait le poison.

Chacun d'entre nous peut plus ou moins tolérer ces mouvements, dans un contexte donné.

La bonne nouvelle, c'est que notre corps est extrêmement doué pour apprendre et s'adapter à la demande.

Les mots employés pour décrire quelque chose ont de l'importance. ​Des explications qui ​évoquent une "fragilité" du dos​ risquent de générer de la peur de la douleur, et de la peur du mouvement.

Désigner la voiture comme un "environnement traumatique" ne me semble pas non plus judicieux.

​C'est probablement la seule chose que je reproche à Ad'Just.

Mais alors, comment ça marche ?

Voilà les trois façons par lesquelles ces accessoires peuvent apporter un bénéfice. 

Éviter les mouvements sensibilisés

​Ni la flexion ni les rotations du dos ne sont dangereuses en soi. Cependant, il est parfois utile de les éviter temporairement. 

Le coussin Ad'Just permet justement de limiter la flexion lombaire et les déplacements du corps lors de la conduite.

Gardez bien à l'esprit ​qu'un programme global est à prévoir en parallèle pour pouvoir vous en sevrer progressivement.

Améliorer le confort et la détente musculaire

Les différents renforts, ajustables, permettent d'améliorer le confort sur un siège ancien ou inadapté.

Une position plus confortable est selon moi une position dans laquelle on peut se relâcher. Vous évitez ainsi de maintenir activement et constamment une position "droite". 

Offrir une sensation de sécurité

Ces accessoires procurent une sensation de sécurité. Au point où j'en suis dans ma ​réflexion, j​e considère que ce point est très important. Bien plus qu'on ne le croit.

Le mal de dos, comme toute douleur, est une réaction de protection générée par votre système nerveux central en réponse à une menace perçue.

Plus votre corps a de raisons de penser qu'il faut protéger votre dos, plus vous ressentirez de douleur.

Au contraire, plus votre corps a de raisons de penser que votre dos est en sécurité, moins vous ressentirez de douleur.

Cela ne signifie pas du tout que la douleur est imaginaire, ou "dans la tête". À ce sujet je vous conseille l'article La douleur, c'est dans la tête ? 

​Conclusion

​​Les accessoires Ad'Just peuvent être utiles dans différentes situations, à condition de les accompagner d'une prise en charge spécialisée, d'un travail sur soi et d'une explication moderne sur le mal de dos.

​Ces accessoires modifient votre posture et vos mouvements. Pour cette raison, vous devez avoir une vision éclairée de la douleur.

Pourquoi ? Afin de reprendre progressivement confiance en son dos et de ne pas rentrer dans ​le cercle vicieux du mal de dos chronique.

Dans ces conditions, les coussins deviennent un outil parmi d'autres pour désensibiliser la région lombaire.

Pendant ce temps-là, d'autres moyens permettent d'augmenter la tolérance de cette partie du corps.

J'espère que cet article vous aura éclairé sur ce sujet, et je vous invite à partager cet article à tous ceux qui seraient intéressés.

À bientôt.

Eric

Voici les mouvements à (ne pas) éviter pour préserver votre dos

​Les mouvements à éviter sont au cœur des préoccupations des personnes qui souffrent du dos.  Personne n'a envie de se "bloquer le dos", ou simplement de réveiller la douleur.

C'est tout à fait normal. ​

Il paraît donc intuitif d'éviter certains mouvements, notamment ceux qui font mal et/ou ceux qui sont étiquetés "mouvement dangereux".  

​Quels sont les mouvements habituellement déconseillés ?

Sur le banc des accusés, on retrouve : se pencher en avant, soulever un objet sans plier les genoux, creuser le dos, se tourner, courir, faire des abdos, et bien d'autres encore.

Ces mouvements, positions et activités sont constamment décriés et désignés par de nombreuses personnes comme des causes du mal de dos. Est-ce que cela signifie que c'est forcément vrai ? Non ! Heureusement pour vous, la popularité de certaines théories n'est en aucun cas une preuve de leur véracité.

​Êtes-vous concerné(e) par cela ? Évitez-vous certains mouvements ou activités pour ne pas "abîmer" votre dos ? Si oui, la suite vous est dédiée.

​Peut-on se faire mal en évitant un mouvement ?

​L'hypervigilance

​Les ​activités qui sont déconseillées par de nombreuses personnes (se pencher en avant, se tourner, être avachi, courir,etc) sont typiquement des choses que nous faisons régulièrement dans la journée !

S'il faut réellement les éviter, cela nécessite de faire constamment attention à ce que l'on fait, à nos mouvements, à nos positions et à nos efforts.

​La vie devient alors un ensemble de règles contraignantes, un peu comme si vous jouiez au Docteur Maboul tout au long de la journée. Je ne le souhaite à personne !

Ce que je viens de décrire s'appelle l'hypervigilance.

Nous perdons ce que nous n'utilisons pas 

​La conséquence est simple : vous bougez moins pour être sûr de ne pas faire de "faux mouvement". Par précaution, vous évitez de vous pencher en avant, de faire des efforts trop intenses, de courir, etc.

Vous remarquez que vous ressentez moins de douleurs​, donc vous ​ne changez rien.

​En parallèle, cela entraîne une diminution progressive de vos capacités physiques.

C'est le côté ingrat du corps humain : nous perdons ce que nous n'utilisons pas. Bien entendu, ce n'est pas définitif : vous pouvez tout à fait regagner ces capacités par la suite.

​Logiquement, votre tolérance aux différents mouvements et positions diminue elle aussi. Lorsque vous refaites un mouvement "interdit" par inattention, cela vous fait toujours aussi mal, voire pire !

Cela vous conforte dans l'idée qu'il faut éviter ces mouvements : cela s'appelle une prophétie auto-réalisatrice.


De la douleur vers le handicap

​Chacune de ces expériences douloureuses renforce vos idées négatives à propos de votre dos. 

Plus le temps passe, et plus vous avez l'impression que votre dos est fragile et qu'il en faut de moins en moins pour vous faire mal. 

Cela peut être extrêmement décourageant, notamment si vous faites l'effort de suivre scrupuleusement les consignes que l'on vous donne. Ces consignes sont généralement de plus en plus restrictives au fur et à mesure que votre douleur s'intensifie.

​Le champ de vos possibilités se réduit peu à peu, ce qui vous fait ressentir une cohorte d'émotions négatives. De la frustration, car vous ne pouvez plus vivre votre vie et bouger normalement. De la colère, car vous ne comprenez pas pourquoi vous ne vous en sortez pas malgré vos efforts. Et de la peur, car "si la douleur est aussi forte malgré mes précautions, c'est que je dois avoir quelque chose de grave".

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​Quelques exemples de mouvements à (ne pas) éviter

​Prenons quelques exemples de mouvements injustement déconseillés.

Se pencher en l'avant

​Image tirée de yogaindailylife.org

​Probablement la star des mouvements "déconseillés"

Le plus souvent, l'explication est la suivante : la flexion du rachis serait délétère pour les disques intervertébraux. Quelques études biomécaniques sont habituellement citées pour appuyer ces propos.

Cependant, nous savons maintenant que ce n'est pas aussi simple que cela. Notre corps est capable de s'adapter aux contraintes auxquelles il est soumis, et ce n'est pas une machine qui s'use progressivement jusqu'à être hors service.

La flexion du rachis N'EST PAS MAUVAISE en soi. Comme toute chose, ce sont la dose et la tolérance de chaque personne qui font la différence.

Se pencher en avant pour ramasser un stylo est un mouvement parfaitement normal.

Soulever un objet sans plier les genoux

​Il s'agit de la suite du point précédent.

Tenter de garder le dos droit peut être intéressant en cas de charge lourde, ne serait-ce que parce que l'on développe beaucoup plus de force et de stabilité avec la technique "dos droit".

Néanmoins, ce sujet est très controversé, et il faut savoir que soulever un objet "avec le dos" est beaucoup moins dangereux que ce qui est affirmé ​sans cesse dans les médias.

​J'ai développé ce sujet en détail dans l'article Faut-il réellement garder le dos droit quand on soulève un objet ? .

Cela ne signifie pas que l'on peut du jour au lendemain se mettre à tout soulever sans plier les genoux. Cela signifie que ce mouvement n'est pas dangereux en soi et qu'il ne faut pas en avoir peur. 🙂


​Courir

​Les sports à impacts sont très fréquemment déconseillés voire interdits ( ! ) aux personnes qui souffrent du dos. Naturellement, la course à pied en fait partie.

​Que reproche-t-on à la course ? Les impacts à chaque foulée seraient néfastes pour les disques intervertébraux, et devraient être évités autant que possible par quiconque ayant mal au dos.

​Le problème ? Il n'existe aucune preuve que la course est néfaste pour les disques intervertébraux. En réalité, nous avons même quelques preuves du contraire.

Une étude australienne de 2017 a comparé des IRM de personnes qui couraient régulièrement à celles de personnes qui ne couraient pas. Les joggeurs avaient en moyenne des disques en meilleure santé : plus épais, mieux hydratés et avec une meilleure composition chimique.

Que peut-on en conclure ? Que le corps humain est capable de s'adapter aux contraintes  en modifiant son métabolisme et sa structure.

​Peut-être, mais quand cela me fait mal quand même !

​Bien entendu, un mouvement peut être douloureux même s'il n'est pas dangereux.

​La douleur est une alarme qui sert à protéger votre corps. Pour bien remplir son rôle, elle se déclenche AVANT qu'une lésion ne survienne.

Dans certains cas, notamment si vous avez mal au dos depuis très longtemps, cette alarme se déclenche de plus en plus tôt, même si vous êtes en réalité loin de vous blesser. Cela s'explique par le fait que votre système nerveux (les neurones qui transmettent les informations à travers votre corps) se sensibilise et devient "hyperactif".

Cela explique pourquoi vous pouvez ressentir une douleur, parfois intense, lors de mouvements ou d'activités qui ne sont pourtant pas dangereux pour votre dos.

Cela n'enlève RIEN au caractère handicapant, frustrant et démoralisant de la douleur !

​Se recentrer sur l'essentiel

​L'approche que je défends consiste à se concentrer sur les facteurs qui semblent réellement avoir un impact sur l'apparition de la douleur. Cela nécessite de s'intéresser aux individus dans leur globalité, en abandonnant les notions de "bons" ou "mauvais" mouvements.

Il me semble que cette approche serait très utile dans le monde du travail, que je vais prendre en exemple dans les points qui vont suivre.

Voilà 6 points sur lesquels, à mon avis, nous devrions accorder BEAUCOUP plus d'importance.

1) ​La tolérance à l'activité

​Il s'agit de permettre à chacun d'augmenter sa tolérance à l'activité qu'il doit réaliser. Nous pouvons tous nous habituer à un mouvement dans une certaine mesure (unique à chaque individu). Répéter le mouvement en l'adaptant et en augmentant très progressivement son intensité est une façon d'y parvenir. ​

Comment vous y prendriez-vous si vous deviez vous préparer à courir un marathon ? Vous augmenteriez très progressivement votre volume d’entraînement, tout en améliorant certains aspects de votre style de vie.

Il n'y a pas de raison qu'il en soit autrement si l'on vous demande de réaliser un travail très physique.

​2) La récupération

​Le temps de récupération est souvent négligé dans le monde du travail. Il est souvent assimilé, à tort, à une perte de temps, qui fait diminuer la productivité de l'entreprise.

​Lorsqu'on l'on s'intéresse aux statistiques liées aux troubles musculo-squelettiques, on se rend très vite compte que ce temps de récupération devrait être impératif. Il s'agit d'un investissement d'une valeur inestimable, que ce soit pour les travailleurs ou pour l'entreprise.

Enfin, avoir suffisamment d'heures de sommeil est essentiel pour permettre au corps et à l'esprit de récupérer convenablement d'un jour à l'autre.

Le temps de sommeil recommandé pour un adulte est d'au moins 7 heures. En deçà de ce seuil, la prévalence des douleurs et de diverses pathologies augmente.

​Il existe beaucoup de choses que vous pouvez essayer pour améliorer votre sommeil (Voir : Comment bien dormir quand on a mal au dos ?)

3) ​La variabilité

​Savez-vous ce qui est pire que de répéter la même tâche 100 fois ?

Répéter la même tâche 100 fois de la même manière.

​Par exemple, les façons de ramasser un objet sont multiples et variées. Alterner entre plusieurs méthodes permet de faire varier les muscles et les tendons que vous utilisez, la position de vos articulations,etc.  Vous pouvez par exemple soulever un objet en vous accroupissant, puis en vous penchant en avant, puis en mettant un genou à terre,... 

Il s'agit d'ailleurs du sujet de la cinquième vidéo bonus (que vous pouvez recevoir gratuitement en vous inscrivant ici, si cela vous intéresse).

4) Identifier les facteurs de stress

Vous l'aurez compris, l'apparition de douleurs liées au travail dépend de beaucoup plus de choses que les simples gestes professionnels. Le contexte, l'environnement et l'organisation jouent également un rôle prépondérant.

​Un problème d'organisation, de communication entre les équipes, ou de turnover peut participer. Une mauvaise gestion de l'éclairage, de la température, ou des nuisances sonores le peuvent également.

Ces facteurs de stress sont parfois très personnels, et vous êtes peut-être en train d'imaginer vos propres facteurs de stress liés à votre travail.

​5) Savoir être à l'écoute de ses sensations

​Lorsque nous sommes exposés à une tâche répétitive et, disons-le, ennuyeuse, il est tentant de passer en mode "automatique".

​Être capable de se défocaliser de son dos est évidemment utile, et je vous encourage régulièrement à travailler sur ce point.

​Pourtant, rester en mode automatique pendant toute la journée de travail n'est peut être pas la meilleure des solutions. Faire varier votre façon de bouger nécessite de savoir quand vous devriez le faire. Cela nécessite de rester en contact avec ses propres sensations. 

Autrement, vous risquez de dépasser votre seuil de tolérance, de déclencher vos douleurs et de vous décourager.

Je vous encourage à poser votre attention alternativement sur votre corps (on parle de focus interne) et sur d'autres choses comme votre environnement, votre tâche, etc (focus externe).

Ne passez pas votre journée en dehors de votre corps.

6) Apprécier l'activité

​Enfin, apprécier l'activité et trouver du plaisir dans sa réalisation est ​également un point important.

​Prendre du plaisir dans la réalisation d'une activité peut passer par la réalisation même de la tâche (accomplir quelque chose, se sentir utile, voir les fruits de son travail,..), ou par l'environnement dans lequel vous baignez (le lieu, vos collègues,..).

​Sor​tir d'une vision binaire

​Ma conviction est de dépasser une vision binaire et dépassée, avec d'un côté les "bons" mouvements et de l'autre les "mauvais" mouvements.

​Définir des mouvements interdits n'est en réalité ni efficace ni justifiable d'un point de vue scientifique.

Je préfère amplement vous aider à tolérer les mouvements et les activités qui vous plaisent et qui vous définissent.

​Soyez un optimiste du mouvement

Les mouvements habituellement interdits ne sont pas mauvais en soi. Ils peuvent être douloureux et difficilement réalisables aujourd'hui pour certains d'entre vous, notamment si vous ​souffrez de douleurs chroniques, mais ils ne devraient pas rester inaccessibles pour toujours !

Ils demandent plus ou moins de préparation en fonction de votre sensibilité et de votre tolérance actuelle. Cette sensibilité et cette tolérance évoluent en fonction de ce que vous faites, et de tout ce qu'il se passe dans votre vie. Elles ne sont pas fixes !

​Conclusion

Plutôt que de considérer certains mouvements comme interdits et inaccessibles, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour mieux les tolérer et pour pouvoir les intégrer à votre panoplie de mouvements.

Identifiez les facteurs de stress qui diminuent votre tolérance à ces mouvements, et modifiez ceux qui sont modifiables.

Vous pouvez également adapter certains aspects de votre style de vie pour vous aider à mieux tolérer le reste (sommeil, récupération, gestion du stress, alimentation, développement personnel, social,etc).

​Un kinésithérapeute peut vous guider et vous aider dans cette aventure.

Soyez vous aussi un optimiste du mouvement.

À bientôt,

Eric.

10 choses que vous n’avez probablement pas besoin de changer pour avoir moins mal au dos

Il est fréquent de voir pointés du doigt certains éléments du corps humain, une activité, une position, etc.. comme responsables de la douleur. Cela laisse sous-entendre que vous aurez toujours mal au dos tant que ce facteur est présent.

Ces accusations sont-elles fondées ?

J’approuve

Devriez-vous en tenir compte ?

Au milieu de toutes ces incitations au changement, je pense qu’il est temps de rappeler que certaines choses n’ont pas besoin de changer pour que vous ayez moins mal.

1) Votre posture

Commençons avec un sujet controversé comme on les aime. L’importance de la posture dans l’apparition des douleurs est très probablement mal comprise. Il existe bien entendu des situations où un changement postural est utile, notamment pour éviter de retourner systématiquement dans une position que vous ne supportez pas, et permettre au système nerveux de se désensibiliser. Toutefois, certaines positions comme la position assise sont diabolisées, souvent à tort. N’importe quelle position prolongée devient douloureuse si elle est maintenue, le mouvement est la clé !

Pour savoir si votre posture contribue ou non à votre douleur, mon conseil est de consulter un professionnel de santé (tel qu’un kinésithérapeute) spécialisé dans la prise en charge des lombalgies/dorsalgies/cervicalgies.

Pour en savoir plus sur le réel rôle de la posture dans la douleur, je vous invite à lire cet article : Doit-on se tenir droit ?

2) L’état de vos disques

Les disques intervertébraux sont longtemps été considérés comme une source majeure de douleur. Il existe effectivement de nombreux cas où le disque joue un rôle prépondérant dans le mal de dos, mais également de très nombreux cas où il n’est pas en cause.

Beaucoup de personnes présentent des anomalies des disques intervertébraux à l’IRM sans avoir mal (voir le post du 14 novembre sur la page Facebook). Ils ne sont pas plus à risque de développer des douleurs par la suite que ceux qui n’ont pas d’anomalie. Cela signifie qu’il est possible d’avoir moins mal au dos même si rien ne change à l’IRM, en jouant sur d’autres facteurs !

 

3) L’arthrose

Les mêmes remarques sont valables pour l’arthrose, souvent présente au niveau des articulations zygapophysaires des étages L4-L5-S1. L’arthrose est parfois pertinente, c’est-à-dire qu’elle explique bien les symptômes, mais elle est parfois simplement une adaptation indolore du corps aux contraintes présentes à cet endroit.

Une prise en charge adaptée permet de diminuer l’inconfort lié à ce phénomène, et pourtant le cartilage ne se régénère pas miraculeusement.

4) Une légère inégalité de longueur des membres inférieurs

On estime que 40% à 90% de la population possède une différence de longueur de 5.2mm en moyenne entre ses deux jambes. Peut-on encore appeler cela une anomalie ?

Pour beaucoup, cette inégalité ne posera jamais problème. Le lien avec les lombalgies est très controversé. Il semblerait que cela commence à poser problème lorsque la différence dépasse 2 cm.

5) Vos abdominaux

Pendant de nombreuses années, les patients souffrant de lombalgie se voyaient prescrire d’office un « renforcement de la ceinture abdominale ».

Douloureux souvenirs ?

L’idée sous-jacente étant que la ceinture abdominale est trop faible pour stabiliser le dos, ce qui provoque des douleurs. En réalité, votre colonne vertébrale est déjà stable et solide même si vous n’avez pas le fameux 6-pack.

Il y a probablement mieux à faire que de cibler spécifiquement un groupe musculaire, sauf cas particulier (sportifs notamment).

Enfin, ce genre de prescription induit la croyance néfaste que votre dos a besoin de renforcement pour être stable.

6) La météo

Une petite prière au dieu du soleil et tout est réglé

Le lien entre mauvais temps, humidité et douleur est une idée reçue extrêmement tenace que j’ai entendue maintes et maintes fois de la part de mes patients.  Parmi toutes les études réalisées sur le sujet, une seule a trouvé un très faible effet de l’humidité  sur les douleurs arthrosiques du genou.

Rien sur le dos ! Plusieurs facteurs permettent d’expliquer pourquoi certaines personnes ressentent plus de douleurs en cas de mauvais temps, mais il ne s’agit probablement pas de ceux invoqués habituellement.

7) La tension de vos muscles

Si j’te dis que t’es tendue, t’es tendue !

Combien de fois a-t-on entendu « J’ai mal au dos parce que mes trapèzes sont tendus. » ? Il parait intuitif de relier la tension des muscles dorsaux à la douleur ressentie. Ce lien est pourtant très controversé: certains muscles hypertoniques (trop « tendus ») ne sont pas douloureux et certains muscles hypotoniques (moins « tendus » que la normale) sont douloureux.

De plus, une étude publiée en 2017 a montré que la perception de la raideur d’une partie du corps était modulée par de nombreux facteurs autres que la raideur réelle de cette région. Écoutez un bruit de porte qui grince pendant que vous bougez une articulation, et cette dernière vous paraîtra plus raide ! Étonnant, non ?

8) vos semelles

Beaucoup de semelles orthopédiques sont prescrites pour soulager ou prévenir le mal de dos. Des déformations au niveau des pieds provoqueraient un déséquilibre des articulations sus-jacentes, résultant en une douleur lombale. Hélas, il existe des preuves assez conséquentes que les semelles n’ont pas d’effet préventif sur le mal de dos.

9) Votre souplesse

Zéro mal de dos ?

On entend parfois que des hypoextensibilités musculaires (comprendre : un muscle peu souple, qui ne se laisse pas assez étirer) sont responsables du mal de dos.

Aucune étude ne permet d’affirmer que cette « raideur » musculaire serait à l’origine des maux de dos, ni que des étirements permettraient de diminuer la survenue des douleurs.  Dans la majorité des cas, un gain de souplesse n’a d’intérêt que s’il sert à réaliser un mouvement spécifique (professionnel ou sportif par exemple).

En conclusion : bougez, dépensez-vous, et faites-vous plaisir ! Votre kinésithérapeute vous expliquera si vous avez besoin d’un gain de souplesse pour une raison spécifique.

10) Votre façon de ramasser des objets

Je constate que de nombreuses personnes considèrent qu’elles ont mal au dos, parce qu’elles feraient régulièrement des « mauvais gestes ». Ces personnes-là sont pourtant quelque fois celles qui font le plus attention !

L’un des plus emblématiques est celui de ramasser un objet.

Ramasser des objets légers ne devrait pas être associé avec autant de prudence et de peur : votre dos est solide et est conçu pour ce genre d’activité !

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à lire le dernier article en date : Faut-il réellement garder le dos droit quand on soulève un objet ?

 

Article à venir : 10 choses que vous avez peut-être besoin de changer pour avoir moins mal au dos…

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Analyse du tee-shirt Percko : est-ce vraiment efficace ?

​De nombreuses personnes ont développé des produits pour tenter de résoudre l’énigme que représente le mal de dos (qu’il s’agisse des lombalgies ou des cervicalgies). Chacune de ces innovations reflète une vision particulière de ce problème : leur mode d’action met en évidence ce que le développeur considère comme étant la « cause » de la douleur.

​C’est ainsi que d’innombrables produits ont vu le jour : de l’appareil de traction à la ceinture lombale, en passant par les semelles d’acupression.  Bien entendu, certains peuvent vous soulager. Force est de constater cependant que le produit miracle n’a pas encore été trouvé.

​Compte-tenu de l’idée reçue selon laquelle il faut se tenir droit pour ne pas avoir mal, certaines entreprises se sont tout naturellement tournées vers cette voie. Des exemples récents en sont Upright (un petit boitier collé au dos) et Percko (un tee-shirt seconde peau). Ce dernier ayant été plutôt bien médiatisé en France, j’ai choisi de l’étudier dans le reste de l’article.

Que peut-on attendre de ces accessoires ?

Y a-t-il des preuves d’efficacité ?

​Ma démarche pour cet article

​L’objectif est d’analyser un accessoire correcteur de posture, le tee-shirt Percko, et de le confronter aux données actuelles de la science. Je ne possède aucun conflit d’intérêt envers cette entreprise et je n’ai aucun intérêt à critiquer négativement leurs produits. Le seul but est d’éclairer vos choix et d’améliorer votre compréhension du corps humain.

J’ai échangé avec l’équipe de Percko par mail et par téléphone avant d’écrire cet article, pour mieux comprendre leur raisonnement.

​Présentation du tee-shirt

​La page de présentation du produit remplit sa fonction mieux que je ne saurais le faire. Cet article n’a pas non plus pour vocation de détailler précisément les caractéristiques techniques du produit.

​Pour résumer, il s’agit d’un tee-shirt très fin, qui se porte sous les vêtements sans occasionner de gêne. Il est équipé de « tenseurs », qui sont en quelque sorte des élastiques intégrés dans la structure du tissu.

Lorsque le porteur du tee-shirt adopte une posture avachie ou penchée en avant, il ressent la tension de ces structures élastiques, et ces dernières l’aident à se redresser.  Cela permet de « prendre conscience de votre mauvaise posture ».  

Ces stimulations quotidiennes sont censées améliorer votre posture au long terme et diminuer votre douleur.

​Il est destiné à toutes les personnes souffrant de lombalgies, sauf celles atteintes de pathologies rhumatismales inflammatoires.  Il ne se substitue pas à une prise en charge thérapeutique, mais agit en complément.

​Parmi les conseils délivrés avec le produit, Percko suggère de ne pas porter le tee-shirt tous les jours.  Je trouve qu’il s’agit d’une bonne idée pour éviter de développer une dépendance au produit.

​L’étude réalisée par l’entreprise pour tester son produit est abondamment citée pour affirmer une « efficacité » de son produit. Or cette étude, comme nous allons le voir, ne permet en aucun cas de tenir un tel discours

​Explication du mode d'action par Percko

​Pour l’instant, laissez moi détailler objectivement le raisonnement des créateurs, sans critique de ma part. Percko a réalisé une étude (disponible ici) en collaboration avec une école d’ostéopathie, dans laquelle ils décrivent leur raisonnement.

​Le produit repose entièrement sur l’idée qu’une « mauvaise posture » (comprendre : une position penchée en avant)  est responsable de la plupart des maux de dos.

​Explication par Percko

Raisonnement simplifié : « Les lombalgiques ont une moins bonne posture, ce qui créé une hyper-activité musculaire à l’origine de leurs douleurs. Il faut donc corriger leur posture pour diminuer leur douleur ».

Conclusion simplifiée : « Le tee-shirt arrive à améliorer la posture, donc il est efficace sur la douleur ».

​​À propos de l'étude réalisée

Le positif : On peut saluer la démarche des créateurs qui ont cherché à tester leur produit. Il est déjà difficile de réaliser une étude de qualité en étant professionnel de santé chercheur, alors en étant commercial…

Le négatif : L’étude est très mauvaise, remplie d’incohérences, d’aberrations et démontrant un raisonnement douteux. Comme je l’ai dit plus haut, on ne pouvait pas s’attendre à un essai clinique phénoménal. Cependant les nombreuses failles du raisonnement n’ont pas de lien avec un manque de moyens.

​Ce qui m’embête le plus est que Percko cite cette étude pour affirmer l’efficacité de son produit, alors qu’elle ne permet pas du tout d’arriver à cette conclusion. La variable évaluée dans cette étude est la posture. Percko tire des conclusions sur la douleur. Il y a quelque chose qui coince !  C’est donc l’exploitation de l’étude plus que l’étude elle-même que je critique (on ne tire pas sur l’ambulance, comme on dit…).

​Pour une critique plus axée sur la méthodologie de recherche par un ostéopathe, voir cet article.

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​À propos du raisonnement

Est-ce qu’une « mauvaise posture » génère forcément de la douleur ? Non, comme nous l’avons vu dans le précédent article. Pas besoin d’y revenir ici. La statistique diffusée par Percko dans leurs publicités (80% des maux de dos dus à une mauvaise posture) est absolument ​INFONDÉE.

Est-ce qu’une « mauvaise posture » entraine forcément une hyperactivité musculaire ? Non, vous pouvez être habitués à une posture atypique et réussir à vous détendre dans celle-ci. Par ailleurs, certaines postures jugées mauvaises sont en réalité des solutions très économiques en énergie musculaire (telles que la position des cueilleurs de riz, vue dans l’article précédent).

Est-ce qu’une hyperactivité musculaire est forcément douloureuse ? Non, vous pouvez avoir (et vous avez probablement en ce moment) des muscles dits « tendus », ou « contracturés » sans même le sentir. Néanmoins, ce point est encore sujet à débat, car nous ne comprenons pas encore tout à fait le rôle des fameux trigger points dans le mal de dos. Affaire à suivre !

En définitive, il est possible que certaines postures soient retrouvées chez les personnes qui ont mal, mais nous ne pouvons pas dire que l’un est CAUSÉ par l’autre !

​Les anglo-saxons disent « correlation does not imply causation » (Corrélation ne veut pas dire causalité). Sachez par exemple que le taux de divorce dans le Maine aux États-Unis est corrélé à la consommation par habitant de margarine. Peut-on en tirer quelque chose ? Non.

​Explication alternative

Pourquoi ne pas reprendre le raisonnement de Percko à l’envers ?

La douleur tend à s'accompagner d'une hyperactivité musculaire pour protéger la zone concernée. Cette augmentation de l’activité musculaire peut tout à fait altérer la posture, augmenter la raideur du tronc et empêcher d’adopter certaines positions. Ce qui donne :

Explication alternative plus plausible

Ce second schéma n’est pas une vérité absolue, mais il est bien plus vraisemblable au vu des connaissances actuelles.

​Conclusion sur les promesses faites par Percko

Soyons bien clairs : je ne dis pas que le tee-shirt Percko est inutile ou qu’il n’est pas efficace. Je n’ai pas les moyens de faire une telle affirmation. Cependant, j’apporte plusieurs arguments qui viennent tempérer les promesses faites par l’entreprise.

Le but n’est pas de dire « Cela ne marche pas« , mais plutôt « Ce n’est pas aussi simple que cela » et « Il y a sûrement mieux à proposer« .

​De la même manière, je ne vous conseille à aucun moment d’acheter ou de ne pas acheter ce produit. Comme toujours, le but est de vous informer pour que vous puissiez prendre une décision éclairée.

​Je pense qu’il faut absolument changer les discours à propos de la posture. Stigmatiser certaines postures comme étant « mauvaises » et inciter les gens à tendre vers la sacro-sainte rectitude est contre-productif. Cela renforce les croyances négatives et génère un effet nocebo.

​Pour rappel, cela signifie que pour une même posture, vous aurez plus mal si vous pensez que cette posture est mauvaise pour vous.  À une époque où de nombreuses personnes n’ont pas d’autre choix que d’être assis pour travailler, diffuser ce genre de message contribue réellement à la progression des pathologies liées au travail !

​Il existe bien d'autres moyens pour mieux supporter une position assise prolongée.

​En quoi le tee-shirt Percko peut-il quand même être utile ?

​Il ne serait toutefois pas honnête de conclure cet article en dépeignant ce tee-shirt comme le mal absolu. Il existe un point sur lequel je peux rejoindre les concepteurs de ce produit.

​Le rappel élastique peut faciliter une prise de conscience de plusieurs positions, notamment « avachie » et « redressée ». Mieux ressentir la partie du dos endolorie et savoir différencier plusieurs postures légèrement différentes a un effet positif prouvé sur la douleur chronique.

De nombreuses personnes traversent leur existence sans jamais se soucier de ce que leur corps leur communique. La sensibilité de leur dos passe complètement à la trappe, et la seule sensation qui leur provient de cette région est la douleur. On fait difficilement mieux en termes d’association négative.

​Ensuite, le fait de porter un tee-shirt « correcteur de posture » peut selon moi apporter une sensation de sécurité. Il est donc logique que cela influence le cerveau lorsqu’il décide ou non de créer de la douleur (rappelez-vous, le cerveau génère de la douleur lorsqu’il considère qu’une partie du corps est en danger). Qu’est-ce qui contribue à ces « messages de sécurité » ?

  • Le fait d’avoir une « seconde peau » protectrice
  • Le message de vente de l’entreprise, les promesses et les témoignages positifs de clients
  • Le prix payé
  • La sensation de se sentir plus droit
  • Les sensations tactiles liée au port du tee-shirt
  • ​Mon avis personnel

    ​En définitive, je pense que la balance avantages/inconvénients penche beaucoup trop du côté négatif pour que je puisse conseiller ce produit.

    Avez-vous déjà essayé un produit similaire ?

    N’hésitez pas à réagir et à partager ! À bientôt