En lisant votre compte-rendu d'IRM, vous tombez sur un terme étrange : "Modic". Vous cherchez des explications, et contrairement à la hernie ou à la discopathie, vous ne trouvez pas grand chose concernant ce fameux Modic ! 

Autant vous prévenir tout de suite : nous ne savons pas encore tout sur la nature de ces signes ni sur le traitement idéal à choisir. Je vous présente dans cet article les connaissances actuelles sur le sujet. Comme toute donnée scientifique, ce contenu n'est pas définitif et il est amené à être complété ou réfuté dans le futur.

Cet article est destiné au grand public. Pour les professionnels qui passent par là, les références bibliographiques sont disponibles dans l'article.

Nature des signes de Modic

Compte-rendu d'IRM qui mentionne un Modic 1

Qu'est-ce que c'est ?

Les signes de Modic sont des modifications observées à l'IRM au niveau des plateaux vertébraux d'une ou plusieurs vertèbres. Les plateaux vertébraux se trouvent, schématiquement, au dessus et en dessous de chaque vertèbre (voir le schéma ci-dessous)

Visuellement, les plateaux vertébraux apparaissent soit éclaircis soit plus foncés que d'habitude, en fonction du réglage de l'IRM et du type de Modic.

Ces signes reflètent l'évolution d'une discopathie présente à cet étage-là. 

Les étages L4-L5 et L5-S1 sont les plus souvent concernés.

Ils tirent leur nom d'un médecin radiologue américain, Michael T. Modic, qui les a décrit en 1986.

Où se trouve le plateau vertébral d'une vertèbre ?

Schéma du disque intervertébral, siège des signes de Modic

Comment repère-t-on les signes de Modic ?

Ces signes ne sont visibles que sur une Imagerie par Résonance Magnétique.

Les médecins sont les personnes à consulter pour analyser votre examen. Encore une fois, ne montrez pas vos résultats d'IRM à tout le monde.

Quels sont les différents signes de Modic et leur signification ?

Modic 1

On observe de l'inflammation et un œdème de la moelle osseuse dans la région du plateau vertébral.

Cela semble correspondre à un stade de progression de la discopathie au niveau du disque intervertébral concerné.

Modic 2

On retrouve une infiltration graisseuse au niveau de la moelle osseuse, toujours sous le plateau vertébral.

Cela semble correspondre à un stade de stabilisation de la discopathie au niveau du disque intervertébral concerné.

Modic 3

On observe une condensation de l'os sous-chrondral, c'est-à-dire une augmentation de la densité de l'os présent sous le plateau vertébral. Il s'agit d'une modification également observable en cas d'arthrose au niveau d'autres articulations, pour mieux absorber les contraintes.

Ce type, bien que décrit dans les études, est rarement retrouvé en pratique. 

Quel pourcentage de la population possède cela ?

D'après une revue systématique (ici), ces signes sont présents chez environ 6% de la population générale et chez environ 43% de la population lombalgique (ceux qui ont mal au dos). Il semble donc que ces signes soient plus fréquemment retrouvés chez les personnes ayant mal au dos. 

Parmi eux, on retrouve une majorité de types 2, puis des types 1 et enfin de rares types 3. On voit aussi des mélanges de type 1 et 2 (mixtes).

Quels sont les facteurs de risques des signes de Modic ?

Les facteurs de risque sont encore sujets à discussion. (réf, réf, réf)

Les signes de Modic surviennent quasi exclusivement à un étage où il existe déjà une discopathie dégénérative

La survenue d'une hernie discale augmente le risque de développer un Modic 1 dans l'année qui suit. De même, un geste invasif sur un disque intervertébral (chirurgie, infiltration, etc) semble augmenter le risque de développement de signes de Modic par la suite.

L'avancée en âge semble être un facteur de risque. Ceci paraît logique, vu que nous avons de plus en plus en dégénérescence discale au fil des années (y compris chez les personnes qui n'ont pas mal au dos).

Enfin, l'association tabac + surpoids semble également  constituer un terrain propice au développement de ces modifications des plateaux vertébraux. Ces deux facteurs sont connus pour altérer le métabolisme et la santé de notre corps.

En revanche, l'activité physique ne semble pas être un facteur de risque, y compris les charges importantes de travail physique. 

Être exposé à des vibrations au travail n'est apparemment pas non plus un facteur de risque. (réf)

Pourquoi les signes de Modic apparaissent-ils ?

Le mécanisme d'apparition de ces signes n'est pas encore élucidé à ce jour. Plusieurs hypothèses sont encore en train d'être étudiées par les chercheurs. (réf)

L'inflammation qui caractérise le Modic de type 1 pourrait persister pour différentes raisons :

  • La persistance de micro-fissures au niveau du plateau vertébral que le corps continuerait à guérir au fil du temps
  • Une réaction du système immunitaire qui se met à cibler des éléments du disque intervertébral
  • Une infection bactérienne au niveau du plateau vertébral

Je rappelle qu'aucune de ces hypothèses ne fait encore consensus dans le milieu professionnel.

Par ailleurs, ces points ne doivent pas changer quoique ce soit à vos activités du quotidien. Par exemple, inutile de limiter les mouvements ou l'activité physique parce que j'évoque des "micro-fissures", cela n'aiderait pas votre corps.

Au contraire !

Est-ce que c'est cela qui cause la douleur ?

Dans le cadre des lombalgies chroniques, il existe rarement une unique cause de la douleur. On observe plutôt plusieurs facteurs qui participent à la douleur et créent ce que l'on ressent au quotidien.

Les signes de Modic semblent associés à la douleur (réf). C'est-à-dire que les personnes chez qui on détecte ce signe ont plus de chances d'avoir mal au dos que les autres, notamment en cas de type 1. Cela est probablement dû à la présence d'inflammation dans ce type en particulier.

Néanmoins, comme tout résultat d'imagerie, un signe de Modic doit être interprété et mis en perspective par un professionnel de santé. Repérer un signe de Modic ne signifie pas que ce signe est 100% responsable de la douleur.

On retrouve également ces signes chez des personnes sans douleur. Par conséquent, cela signifie que tous les Modic ne sont pas accompagnés de douleurs. 

La douleur reste le fruit d'une multitude de facteurs, dont votre style de vie, votre santé générale, les mouvements que vous faites ou non, votre façon de réagir à la douleur, etc. Ce n'est pas un reflet fiable de l'état de votre dos !

Comment cela évolue au fil du temps ?

Les signes de Modic

Les changements observés au niveau des plateaux vertébraux ne sont pas figés dans le temps. Le type 1 en particulier possède la capacité de se convertir en type 2, ou plus rarement de revenir à une absence de Modic.

Une première étude du fameux Dr Modic (réf) avait trouvé que la majorité des types 1 se convertissaient au moins partiellement en type 2. Malheureusement, l'échantillon de patients est trop faible (6) pour s'arrêter là.

Une deuxième étude (réf) a suivi 48 signes de type 1 sur plusieurs années. 37.5% se sont convertis en type 2, tandis que 39.6% sont devenus plus marqués. 14.6% se sont partiellement convertis en type 2, et enfin 8.3% n'ont pas évolué.

Enfin, une autre étude (réf) s'est intéressée à l'évolution des signes de Modic chez 60 personnes souffrant de sciatalgie.  Cette fois-ci, 14% des disques intervertébraux étudiés ont changé de signe Modic : soit du type 1 vers le type 2, soit l'inverse.

Ces études ne sont pas suffisamment grandes pour nous permettre de nous prononcer avec certitude sur l'évolution des signes au fil du temps. Nous pouvons en tout cas conclure que ces choses PEUVENT changer. Elles ne sont pas définitives.

La douleur et le handicap

Selon une étude publiée en 2016 (réf), 64% des personnes présentant un type 1 ont vu leurs douleurs diminuer dans un délai d'un an.

D'après cette étude, la diminution de la douleur était associée à une régression du type 1. Lorsque le Modic 1 ne changeait pas, les douleurs persistaient. Cela laisse penser qu'il faut que le Modic disparaisse pour que la douleur s'en aille également.

Ces personnes semblent également mettre plus de temps à récupérer que les autres. (réf)

Toutefois, toutes les études ne vont pas dans ce sens. Une autre étude, montrait que l'évolution de la douleur n'était pas nécessairement reliée à l'évolution du Modic de type 1. (réf)

Autrement dit, il est possible de se sentir mieux que le Modic 1 disparaisse ou non, car d'autres facteurs peuvent changer en parallèle.

Combien de temps cela peut-il mettre pour changer ?

L'évolution des plateaux vertébraux se fait au long terme.

L'étude de Modic a observé les conversions d'un type 1 à un type 2 dans un délai de 14 mois à 3 ans. Les deux autres études citées deux paragraphes plus haut ont respectivement suivi les patients pendant 1 à 6 ans, et pendant 3 ans.

Tout comme certaines hernies discales lombaires, il semble que l'évolution naturelle des signes de Modic puisse prendre jusqu'à plusieurs années. À ma connaissance, les traitements n'ont pas encore montré d'influence sur la durée d'évolution de ces changements.

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Traitement des signes de Modic

Le traitement des Modic reste encore à établir plus précisément

Existe-t-il des médicaments spécifiques aux signes de Modic ?

Les médicaments proposés sont les mêmes que pour les lombalgies habituelles. Aucune étude solide n'a proposé de traitement médicamenteux particulier dans cette situation. La piste des antibiotiques est actuellement étudiée par les chercheurs (réf).

Les conclusions sont alors les mêmes que d'habitude (HAS 2019) : seuls les anti-inflammatoires non stéroïdiens (Voltarène, Diclofénac, etc) et les opioïdes légers (Lamaline, Tramadol, etc) peuvent avoir un intérêt sur la plus petite durée possible et en respectant les doses prescrites ++++.  L'auto-médication est fortement déconseillée.

Je comprends tout à fait la tentation de prendre plus de médicaments pour tenter de faire partir cette satanée douleur (pour rester poli). Néanmoins, les accidents liés aux prises médicamenteuses sont une réalité. Soyez vigilants, et discutez-en avec votre médecin dans tous les cas

La chirurgie est-elle utile dans ce cas ?

Les deux opérations qui ont intéressé les chercheurs dans le cadre des signes de Modic sont la prothèse discale et l'arthrodèse.

Malheureusement les résultats des études cliniques sur ces opérations sont pour l'instant décevants. Ils ne permettent pas de recommander la chirurgie dans cette situation (au vu des coûts et risques associés). 

Actuellement, il y a peu de place pour la chirurgie (arthrodèse ou prothèse discale) chez les patients souffrant des lombalgies non spécifiques.  (réf)

Les injections de corticoïdes sont-elles efficaces ?

Certains médecins proposent des injections de corticoïdes en cas de signe Modic de type 1 résistant au traitement conservateur. Des équipes françaises sont particulièrement investies dans cette voie (réf)

Le principe est simple : injecter de puissants médicaments anti-inflammatoires (les corticoïdes) dans le disque intervertébral pour tenter d'agir sur l'inflammation.

Les études scientifiques semblent retrouver un bénéfice au court terme, mais les effets au long terme sont soit décevants, soit inconnus. Les résultats varient en fonction des études. (réf, réf)

À ma connaissance, les études se sont surtout intéressées à l'évolution de la douleur et du handicap, mais pas à l'évolution du signe de Modic.

Un autre point important à considérer est qu'un geste invasif sur le disque intervertébral est ... un facteur de risque de dégénérescence discale et potentiellement de Modic de type 1. (réf)

En définitive, les injections intra-discales de corticoïdes sont à discuter avec une équipe médicale spécialisée, en pesant le pour et le contre.

Les injections de PRP sont-elles efficaces ?

Les injections de Plasma Riche en Plaquettes (PRP) dans le cadre des signes de Modic sont une approche relativement récente.

En principe, l'injection de PRP est censée favoriser la cicatrisation et la régénération du disque intervertébral, et ainsi progresser d'un Modic de type 2 vers une absence de Modic tout court. 

Une étude clinique a déjà été réalisée (réf), mais elle ne concernait pas spécifiquement les signes de Modic.

Globalement, la recherche scientifique sur les injections de PRP est encore jeune. D'autres études sont nécessaires avant de recommander le recours à ces injections.

Peut-on faire de l'exercice ?

C'est une excellente question, car on aurait vite tendance à conclure qu'il faut éviter de faire de l'exercice. Pourtant, il semble que le repos complet ne soit, une fois de plus, pas une bonne idée.

D'une part, les mouvements et les efforts ne sont pas dangereux pour le dos, tant que vous respectez une progression suffisante. Au contraire, l'activité physique semble aider votre dos à rester en bonne santé. Le mouvement et la charge permettent à vos disques intervertébraux de s'hydrater et de se renforcer.

D'autre part, l'exercice physique possède de nombreux bienfaits sur la douleur et sur la santé en général (santé mentale y compris !). Il serait dommage de se priver de ces effets positifs sans avoir de raison solide de le faire.

Il n'y a pas de preuve, à ma connaissance, que l'activité physique ait une influence négative sur l'évolution des signes de Modic.

Ce qui est sûr, c'est que le dosage de l'exercice semble particulièrement important en cas de signes de Modic de type 1.

L'activité physique va-t-elle aider à faire disparaître la douleur ?

L'exercice physique est l'un des moyens anti-douleur les plus accessibles et les plus bénéfiques pour la santé en général. Les recommandations internationales concernant la prise en charge du mal de dos soulignent toutes l'importance de l'activité physique.

Dans le cadre des signes de Modic de type 1, il se pourrait que l'activité physique soit moins efficace que d'habitude sur l'intensité de la douleur.

Dans une étude (réf), les personnes qui s'adonnaient à de l'activité physique évoluaient de la même manière que les personnes qui se reposaient et évitaient les efforts.

Cependant, les bénéfices de l'activité physique s'étendent bien au delà de la douleur :

  • Pouvoir (re)faire certaines activités de loisir avec un niveau tolérable de douleur
  • Pouvoir (re)travailler dans des conditions satisfaisantes
  • Par conséquent, pouvoir sociabiliser de nouveau, se faire plaisir et être en contact avec des amis/collègues/etc.
  • Prendre confiance en son corps et ressentir moins d'appréhension à bouger
  • Améliorer son style de vie (dont un aspect important, le sommeil)
  • Se sentir plus fort au quotidien, plus endurant, moins essoufflé
  • Diminuer le risque de nombreuses pathologies
  • Améliorer sa santé mentale
  • Etc

Les thérapies alternatives peuvent-elles m'aider ?

Les thérapies alternatives forment une grande famille de thérapies non conventionnelles aux principes et aux moyens différents. Je vais pourtant les traiter comme une seule entité dans cette question. 

Il est envisageable d'avoir recours à de telles thérapies pour le bien-être, tant qu'elles n'interférent pas avec le reste de la prise en charge (dans leurs moyens et dans leur discours).

Il est également important que ces thérapies ne prétendent pas "soigner" ou corriger la "cause du problème". De nombreuses personnes se perdent dans les dérives de thérapeutes qui prétendent avoir une action sur une discopathie, par exemple.

Le soulagement procuré par ces thérapies est en grande partie dû à des effets contextuels (dont l'effet placebo) ou à des effets neurophysiologiques temporaires. Si ces effets ne sont pas inutiles, les surestimer ou mal les interpréter peut avoir de fâcheuses conséquences.

En définitive, que pouvez-vous faire à partir d'aujourd'hui ?

Cet article peut vous donner l'impression que "rien ne fonctionne". Ce n'est pas le message que je souhaite vous transmettre. Cet article reflète surtout le manque d'informations de qualité à notre disposition en 2020.

Si aujourd'hui nous ne connaissons pas le traitement idéal en cas de signes de Modic, cela ne veut pas dire qu'il n'y a rien à faire. Voilà plusieurs points qui résument les meilleures choses à faire si vous êtes dans ce cas de figure.

Une prise en charge pluridisciplinaire raisonnée

Il est important de travailler avec des professionnels de santé formés à la prise en charge des douleurs persistantes et qui connaissent les signes de Modic. Chaque professionnel (médecins, kinésithérapeute, psychologue, etc) vient alors travailler sur les aspects de la douleur qui le concernent.

Lorsque vous voyez différents thérapeutes dont les discours se contredisent, vous réduisez vos chances de bien récupérer.

Des objectifs bien posés

Établir des objectifs en termes de loisirs et d'activité physique permet de ne pas viser uniquement la disparition de la douleur (objectif sur lequel nous ne sommes actuellement pas très bons !). 

Vous pouvez choisir différentes activités qui vous plaisent, les trier par difficulté, et progresser vers les plus accessibles en faisant équipe avec votre kinésithérapeute.

Une approche globale de la douleur

Améliorer certains aspects de votre style de vie peut vous aider à soulager la douleur. Les troubles du sommeil sont connus pour favoriser la persistance des douleurs. Si vous ne dormez pas suffisamment (en quantité et/ou en qualité de sommeil), cela peut augmenter la douleur que vous ressentez. 

Parfois, la douleur elle-même peut vous empêcher de bien dormir, et il existe alors un cercle vicieux. Mieux dormir quand on a mal au dos fait l'objet d'une fiche pratique.

Une meilleure compréhension de la douleur

Mieux comprendre le fonctionnement de la douleur permet de se libérer de certaines idées reçues. Si le dos peut parfois être sacrément sensible, il n'en reste pas moins solide. Ces deux choses vous paraissent-elles incompatibles ? Les articles Comprendre Son Dos regorgent d'explications sur la douleur. 

Il est difficile de recommencer à bouger librement si l'on a peur de se blesser à chaque mouvement !


Conclusion  

Il reste encore beaucoup de points d'interrogation concernant les Modic en 2020

Il y a encore beaucoup à apprendre sur les signes de Modic et sur leur traitement. 

Néanmoins, je ne souhaite pas terminer cet article sur une note défaitiste. Gardons à l'esprit que l'évolution naturelle est globalement favorable, dans des délais malheureusement conséquents.

Les signes de Modic ne sont pas l'unique facteur qui peut participer à l'apparition de la douleur et à sa persistance. D'autres facteurs dans votre vie ont de l'importance. Peut-être même une importance aussi grande que ces signes ! Le Modic n'a pas besoin de disparaître pour que des choses commencent à changer dans votre vie et dans vos sensations au quotidien. 

Ne pas se voir proposer d'option claire et efficace peut être sérieusement frustrant. Pire, vous pourriez essuyer des rejets de la part du corps médical en cas de non-amélioration de votre état. Cela ne signifie ni que vous êtes un mauvais patient, ni que tout cela est de votre faute. 

L'un des principaux risques que je perçois ici est la tentation de se tourner vers les thérapies alternatives. Certains thérapeutes affirmeront peut-être détenir la solution parfaite à votre problème. Leurs discours seront parfaitement rodés et séduisants. Restez vigilants face aux traitements miracles, et prenez soin de vous.

Une autre question ?

La section commentaires ci-dessous est un espace d'échange dans lequel vous pouvez poser vos questions supplémentaires sur le sujet des signes de Modic.

Professionnels, c'est également ici que je vous invite à déposer vos remarques et/ou vos questions concernant cet article. S'il manque des informations ou si des erreurs se sont glissées dans ces lignes, je suis tout à fait disposé à rectifier ou compléter l'article.

Catégories : L'origine de la douleur

30 commentaires

Chris · février 25, 2021 à 6:12

Bonjour, article très intéressant j’ai une discopathie modic1 et suspicion SPA .. j’envisage une séance de NIROMATHE , le kiné spécialisé dit pouvoir me soulager de la douleur .
Ma kiné actuelle me masse et lors d’une séance de ballon de 15 min j’ai souffert 4h plus tard, impossible de marcher . .on m’a dit qu ‘en modic 1 le ballon était fortement déconseillé…je souffre au quotidien surtout après plusieurs heures de travail ou activité à la maison ,qui croire …elle elle dit que si le lendemain je n’ai plus mal …pas de contre indication …merci

    Eric Bouthier · mars 4, 2021 à 11:19

    Bonjour Christel,
    À mon sens, une séance de Niromathé peut apporter un soulagement au court terme, mais n’a peu de chances de changer qqchose à plus long terme.
    Je comprends que vous vous sentiez perdue vis-à-vis de la conduite à tenir face à la douleur. On entend parfois qu’il faut éviter toute activité qui déclenche la douleur, parfois l’inverse..

    Reprendre progressivement les mouvements et sortir de séances de massage exclusif est une bonne idée. Concernant votre expérience avec le ballon, c’est assez difficile à résumer en une réponse. Un exercice inhabituel peut déclencher des douleurs temporaires. Parfois c’est la répétition d’un certain mouvement qui provoque cela, et on cherche alors à refaire ce mouvement très progressivement, pour éviter une trop grosse augmentation des douleurs et pour permettre au corps de s’y réhabituer. Si les douleurs n’ont pas augmenté le lendemain, c’est vrai que c’est plutôt bon signe.

    En tout cas, pas de contre-indication au ballon en cas de Modic 1 à ma connaissance.
    Que faire ? Voilà une piste : réessayer un mouvement en position assise qui reste facile à faire pour vous, le faire par exemple 10 fois, et voir comment vous vous sentez ensuite. Si cela se passe bien, vous pouvez le faire de temps en temps dans votre journée, pour offrir un peu plus de mouvement à votre dos.

Guigardet · novembre 27, 2020 à 9:05

Merci pour votre article Qui peut aider les personnes à y voir un peu plus clair.
Savez-vous quels antibiotiques ont été utilisés dans les essais ? Auriez-vous de la bibliographie à ce sujet?
Docteur GUIGARDET

    Eric Bouthier · novembre 28, 2020 à 5:35

    Bonjour,

    Il me semble que l’étude emblématique est celle Albert & al en 2013 ( https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3631045/ ). Le traitement du groupe test consistait en 100 jours d’antibiotiques oraux (Amoxicilline + acide clavulanique, Bioclavid). L’étude avait fait parler d’elle car unique en son genre, avec une réduction significative de la douleur en faveur du groupe expérimental. Néanmoins, d’autres essais cliniques ont tenté de répliquer ces résultats depuis, avec moins voire pas de succès. Notamment une étude norvégienne en 2019, utilisant le même antiobiotique pour une durée similaire ( https://www.bmj.com/content/367/bmj.l5654 ).

    Une revue de la littérature danoise de 2020 semble conclure contre l’utilisation des antibiotiques, mais malheureusement je n’arrive pas à y accéder. ( https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33046199/ )

    Merci pour votre question, effectivement je n’ai pas mentionné les antibiotiques dans l’article en raison de cette controverse.

      Lise · mai 20, 2021 à 2:50

      Bonjour, je viens d’avoir les résultats de mon irm qui suspecte un modic 1.
      A côté de cela, j’ai régulièrement des angines et prends de l’Amoxiciline (sur prescription).
      J’avais déjà évoqué à mon médecin que j’avais l’impression que lorsque je prenais ces antibiotiques, je ne ressentais plus ces douleurs cervicales et vertiges (certainement une conséquence du modic)… Je suis ravie de lire que ce n’était pas que dans ma tête. Votre article me confirme bien mes sensations. Je vais en discuter avec mon médecin et faire des examens complémentaires.
      Après 7ans de symptômes, d’incompréhension / contradictions et de mauvaise médication avec les spécialistes rencontrés, à 33ans, j’avance enfin !

        Eric Bouthier · mai 20, 2021 à 5:25

        Bonjour Lise,
        Je suis ravi que l’article vous ait apporté des informations utiles.
        Sachez que dans tous les cas, ce que l’on ressent n’est pas “dans la tête” ou “imaginaire” : les sensations sont bien réelles. C’est comprendre ce qu’il se passe qui peut s’avérer délicat. Comme je l’explique dans l’article, les explications du modic sont encore des hypothèses.

        Je vous souhaite une bonne progression
        Éric

          Sandra · juillet 17, 2021 à 8:24

          Bonjour Eric,
          je prends connaissance de cet article hyper complet, comme tous ceux de votre site, merci.
          C’est assez interpellant, car j’avais parlé de cette étude qui relevait une corrélation entre la présence de la bactérie “Propionibacterium acnes” et la pathologie Modic à un rhumatologue; il ne semblait pas être au courant. Pourtant, une recherche sur internet dégage plusieurs résultats à ce sujet.
          J’ai moi-même été intégrée dans une étude d’injection de PRP au niveau lombaire (en Belgique, au CHU de Liège). j’ai reçu cette injection en septembre 2020, mais aucun résultat (ni à l’image, ni au niveau des douleurs) n’en ressort.
          J’ai entamé depuis une revalidation (école du dos), qui jusqu’ici à plutôt accentué mes douleurs…
          Au niveau de la pris de l’antibiotique, savez-vous quel dosage a été testé ?
          Je pense que je vais en parler à mon généraliste et tenter cette médication avec son accord.
          Merci !

          Sandra

          Eric Bouthier · juillet 17, 2021 à 10:40

          Bonjour Sandra,
          Dans l’étude emblématique d’Albert & al en 2013 ( https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3631045/ ), les patients prenaient du Bioclavid à 500mg d’amoxicilline et 125mg d’acide clavulanique, 3 fois par jour (prises espacées de 8 heures) pendant 100 jours. L’étude avait fait parler d’elle car unique en son genre, avec une réduction significative de la douleur en faveur du groupe expérimental. Néanmoins, d’autres essais cliniques ont tenté de répliquer ces résultats depuis, avec moins voire pas de succès. Notamment une étude norvégienne en 2019, utilisant le même antibiotique pour une durée similaire ( https://www.bmj.com/content/367/bmj.l5654 ).

          Une revue de la littérature danoise de 2020 semble conclure contre l’utilisation des antibiotiques, mais malheureusement je n’arrive pas à y accéder. ( https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33046199/ ).

          En définitive, vous pouvez tout à fait en parler avec votre médecin généraliste de ces choses là et prendre une décision éclairée par les études disponibles aujourd’hui.
          Je vous souhaite une bonne progression, avec ou sans médicament 🙂
          Eric

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