Au programme

​1) Qu'est-ce que la sciatique ?

Le terme de "sciatique" n'est pas un terme médical, et il est utilisé à tort et à travers. Sciatique est le nom d'un nerf, rien de plus.

Ce que l'on désigne habituellement par "sciatique" est une douleur provoquée par une sensibilisation du nerf sciatique. Ce nerf est issu des racines nerveuses L4, L5, S1 et S2.

Le terme correct est "sciatalgie".  Elle peut suivre différents trajets qui ont en commun de descendre plutôt derrière la fesse et le long de la jambe, parfois jusqu'au pied. Vous pouvez également n'avoir mal que sur une partie de ce fameux trajet (on parle alors de sciatique tronquée).

Il existe une autre entité qui s'abrite parfois sous ce terme parapluie : la radiculopathie. Lorsque le nerf sciatique est comprimé, la transmission des influx nerveux peut être altérée, et la fonction du nerf est dégradée. Il en résulte dans un premier temps une perte de sensibilité cutanée dans les zones innervées par ce nerf . Dans un second temps, on observe une perte de force musculaire au niveau de certains muscles : les muscles releveurs du pied lorsque l'atteinte porte sur les fibres nerveuses issues de l'étage L4-L5 (d'où le "pied tombant"), ou le muscle triceps sural alias le mollet, lorsqu'il s'agit de S1 (impossible alors de monter sur la pointe du pied).

La radiculopathie est différente de la sciatalgie, même si les deux peuvent coexister !


2) Qu'est-ce que la cruralgie ?

​La cruralgie est une douleur provoquée par une sensibilisation du nerf fémoral (anciennement appelé nerf crural, d'où le nom). Le nerf fémoral naît des racines nerveuses L2, L3 et L4.

Cette fois-ci, le trajet de la douleur se dirige en avant de la hanche pour descendre le long de la face antérieure de la cuisse, ​parfois légèrement vers l'intérieur de la cuisse. La douleur ne descend pas plus bas que le genou dans la grande majorité des cas.

Il existe également la radiculopathie L2, L3 ou L4, qui provoque des déficits sensitifs et moteurs.


3) Quelles sont les causes de la sciatique/cruralgie ?

​Dans la plupart des articles, il est fait un lien direct entre ces douleurs et une compression nerveuse par une hernie discale au niveau de la colonne vertébrale. Sachez que cette compression nerveuse n'est ​qu'un facteur parmi d'autres.

​Une compression de la racine nerveuse par une hernie discale peut participer à la douleur, SURTOUT s'il y  a inflammation.  Sans inflammation, la compression peut être asymptomatique.

​En cas d'arthrose, des ostéophytes (sortes d'excroissances osseuses que le corps développe pour mieux répartir les contraintes) peuvent également irriter les racines nerveuses.

Des mouvements répétitifs peuvent ​générer des contraintes de manière répétée sur le système nerveux, ce qui peut également le rendre plus sensible. Par exemple, des flexions de hanche répétée de grande amplitude peuvent sensibiliser le nerf sciatique qui est mis en tension à chaque fois, surtout s'il n'en a pas l'habitude.

​Les nerfs ont des rapports assez étroits avec certains muscles. Des contractions intenses et/ou répétées de certains muscles peuvent donc​ participer à la sensibilisation. Le lien le plus connu et cité est évidemment la proximité entre le nerf sciatique et le muscle piriforme, au milieu de la fesse. 

D'autres causes en pagaille : piqûre dans la fesse qui touche le nerf sciatique, compression par la tête du foetus lors de la grossesse, tumeur du plancher pelvien (très très rare, je ne fais que le citer).

​Dans tous les cas, n'oubliez pas que ce ne sont que des facteurs parmi d'autres, et qu'il est possible de ne plus avoir mal même s'il y a toujours un contact entre une structure et le système nerveux !


4) Dois-je me faire opérer ?

​​​​La chirurgie en cas de sciatalgie/cruralgie est la dernière option, quand tous les traitements pertinents ont été essayés et se sont soldés par un échec au bout de plusieurs mois.

Il n'y a normalement que deux indications à la chirurgie :  

- Perte de force musculaire importante et/ou progressive : cela témoigne d'une compression sévère et évolutive du système nerveux, dans ce cas pas de temps à perdre.

- Syndrome de la queue de cheval : cela témoigne également d'une compression sévère, cette fois-ci des racines nerveuses descendant dans le canal vertébral (au centre des vertèbres puis du sacrum). Les signes sont évocateurs : anesthésie de la région génitale, incontinence ou au contraire difficulté à uriner/déféquer, perte de force importante,... L'une des rares urgences chirurgicales.

​La troisième indication, discutée et à ne pas prendre à la légère, est donc l'échec des autres traitements au bout de plusieurs mois de prise en charge adaptée.


5) Dois-je passer une radio ou un IRM ?

​Je vous invite à lire l'article sur le sujet pour avoir la réponse détaillée. 

En résumé, il est probable que vous n'ayez pas besoin de radio ou d'IRM.

Les examens complémentaires devraient être utilisés quand:

- vous présentez des signes de compression sévère du système nerveux (cités dans la réponse précédente).

- vous présentez des signes pouvant évoquer une pathologie nécessitant un traitement spécifique (fracture, infection, cancer,..).

Cela parait contre-intuitif, mais le fait de faire des examens complémentaires de façon injustifiée peut avoir des effets néfastes, à cause de l'effet nocebo induit par les résultats.


6) Je me suis déjà fait opérer et j'ai toujours ces douleurs , pourquoi ?

​L'opération permet d'enlever la compression de la racine nerveuse, mais comme dit précédemment ce n'est qu'un facteur parmi tant d'autres. Le nerf sciatique ou le nerf fémoral peuvent rester sensibilisés par d'autres facteurs tels que ceux cités dans la question 4, le stress, l'anxiété, la sédentarité,...

Il faut savoir que si la douleur est présente depuis longtemps (plusieurs mois/années), alors elle ne disparait pas du jour au lendemain. C'est probablement le cas si vous vous êtes fait opéré.

Votre système nerveux est devenu de plus en plus fort pour créer cette même douleur, et maintenant il lui faut du temps pour dés-apprendre tout cela.  Cela reste POSSIBLE, vous n'avez pas à vous coltiner cela toute votre vie.


7) Combien de temps peut durer une douleur sciatique ?

​Cette durée est différente pour chaque personne, car elle dépend de l'ensemble des facteurs qui contribuent à votre douleur.

S'il s'agit d'une douleur aigüe (quelques semaines tout au plus), alors les études suggèrent qu'elle disparaitra rapidement dans la majorité des cas ! Bonne nouvelle !

​En cas de douleur chronique (plus de trois mois), le système nerveux s'est adapté et cela prend un peu plus de temps pour qu'il revienne à son état antérieur. Globalement, plus la douleur est ancienne, plus elle mettra du temps à partir.

Le plus important à retenir est que votre corps reste capable de s'adapter et de se modifier même si vous avez mal depuis des années : c'est la bioplasticité.

 Une progression lente n'est pas un signe d'échec ! Pour ce genre de souci, il n'existe malheureusement pas de solution miracle.  Plusieurs mois, un an, deux ans,... sont parfois nécessaires pour se débarrasser d'une sciatalgie/cruralgie tenace.


8) Pourquoi la douleur descend-elle plus ou moins bas en fonction des jours ?

​Vous avez peut-être remarqué que la douleur descend plus ou moins bas dans la jambe certains jours. Peut-être même en fonction des mouvements (c'est l'un des critères d'évaluation de la méthode McKenzie).

Nous savons maintenant que plus la douleur descend bas, plus le nerf est irrité.  A contrario, moins le nerf est irrité, plus la douleur se rapproche de la colonne (on dit qu'elle se centralise).  Ce phénomène peut être assez déroutant car il dépend de nombreux facteurs, pas uniquement de la compression.

Si vous passez une sale journée, pleine d'anxiété et de stress, vous remarquerez peut-être que la douleur s'aventure plus loin que d'habitude. Rien n'aura changé au niveau de la compression du tissu nerveux.


9) Pourquoi la douleur irradie dans de nouveaux endroits ?

​Un autre phénomène très déroutant, dont peu de monde parle dans les articles.

Lorsqu'une douleur telle qu'une sciatalgie ou une cruralgie persiste dans le temps, il est possible que la douleur s'étende à des territoires qui n'appartiennent pourtant pas au nerf irrité. Il est tentant de se dire : "J'ai aggravé mon cas, je me suis fait une autre blessure, etc", pourtant ce n'est probablement pas le cas. 

​Les messages qui transitent par les nerfs sciatiques et fémoraux pénètrent la moelle épinière avant de remonter vers le cerveau. Lors de cette entrée dans la moelle épinière, ils côtoient d'autres neurones qui sont responsables d'une autre partie de la jambe, et qui n'ont rien demandé !

L'excitation constante d'un groupe de neurones peut finir par sensibiliser les neurones adjacents. De plus, votre cerveau finit par s'intéresser de plus près à ce qu'il se passe en bas, et décide de réveiller toute cette section de la moelle épinière.  

Vous pouvez alors ressentir des symptômes dans une partie de la jambe qui ne correspond pas au nerf initialement irrité.


10) Quels mouvements éviter en cas de douleur sciatique ?

​En soi, très peu de mouvements sont mauvais pour la colonne vertébrale. Un ​geste ne devient néfaste que lorsque son intensité, son amplitude, ou sa fréquence excède ce que vous pouvez supporter à un instant t.

Néanmoins, si vous souffrez de sciatalgie ou de cruralgie, force est de constater que votre système nerveux vous rappelle à l'ordre dès que vous tentez de bouger librement. Je distingue deux stratégies principales :

- La première est celle de l'exposition graduelle. Vous ne supportez plus tel ou tel mouvement, alors vous vous y ré-exposez très progressivement, pour permettre à votre corps de mieux le supporter.

De la même manière que l'on traite une allergie par exposition graduelle à l'élément allergène, il est possible d'améliorer la tolérance du corps à un mouvement en le ré-introduisant suffisamment progressivement.

- La deuxième est d'éviter temporairement les mouvements et les positions douloureuses. Parfois, il est préférable de faire un pas en arrière, pour mieux pouvoir avancer ensuite. L'idée est retourner ensuite à la première stratégie.

​Une prise en charge avec un professionnel de santé spécialisé (un kinésithérapeute formé) vous permet de faire les bons choix et de mettre toutes les chances de votre côté.


11) Quelle activité physique puis-je faire ?

​L'activité physique possède une myriade d'effets bénéfiques pour le corps qu'aucun médicament ne peut apporter.

La durée et la fréquence importent beaucoup plus que le type d'activité physique. L'idéal est de pouvoir réaliser une activité physique qui vous plaît, car vous aurez beaucoup plus de motivation pour la pratiquer ! Ce n'est malheureusement pas toujours possible, alors voilà quelques propositions en fonction des positions que vous supportez:

- Si vous préférez la flexion (avoir le bas du dos arrondi), le vélo est une possibilité intéressante.

-Si vous préférez l'extension (avoir le bas du dos bien droit), vous pouvez essayer la marche, la natation ou encore le vélo elliptique.

Là encore, un professionnel de santé sera plus à même de vous conseiller de manière personnelle. Vous avez peut-être un sport ou une activité favorite qui n'est ni la marche, le vélo ou la natation, et vous voulez savoir si vous pouvez continuer à le/la pratiquer. Vous avez tout à fait raison ! Demandez conseil à un professionnel de santé formé à ce sujet.



12) Que puis-je faire pour diminuer la sensibilité du nerf sciatique ?

​N'oubliez pas que la douleur est une alarme servant à protéger une partie du corps.

Lorsque vous apprenez pourquoi vos nerfs sont sensibilisés, vous êtes déjà sur le chemin de la récupération. Si vous gardez à l'esprit que votre douleur est plus due à des nerfs sensibilisés qu'à une blessure,  vous éprouvez moins de peur et d'anxiété, ce qui contribue à calmer cette alarme.

​Vos nerfs ont également besoin de suffisamment d'apport sanguin et d'oxygène, et pour cela l'activité physique est un choix en or ! Pas besoin de courir un marathon ou d'escalader le Mont Blanc ! Une marche rapide, un peu de natation ou un tour en vélo permettent de bien oxygéner votre corps.

Votre cerveau reste, dans tous les cas, le PDG de votre corps. Il est capable de produire ​sa propre morphine (les molécules "endorphines"), ce qui permet à certaines personnes de subir des blessures importantes en ne ressentant que très peu de douleur.

​Le cerveau est en temps normal "imbibé" de ces substances saines et il est prêt à les libérer pour vous aider à faire face à la douleur. Cependant, nous savons maintenant que les personnes souffrant de douleurs chroniques ont un cerveau plus "sec", ce qui rend les réactions de protection moins contrôlées. L'activité physique et les émotions positives aident le cerveau à redevenir "imbibé"

Des médicaments peuvent aussi permettre de calmer la sensibilité du système nerveux, en stabilisant la membrane des neurones (ce qui les empêche d'envoyer des messages sans arrêt). Certains de ces médicaments sont des anti-dépresseurs. Si votre médecin vous en prescrit, cela ne signifie donc pas qu'il pense que c'est "dans votre tête" !


13) J'ai mal depuis longtemps et de plus en plus : ma colonne vertébrale s'abîme de plus en plus ?

​Il est normal de s'inquiéter lorsque la douleur ne disparait pas, et encore plus lorsqu'elle empire au fil du temps. Souvenez-vous que l'intensité de la douleur est mal corrélée à la sévérité d'une éventuelle lésion dans le corps. Beaucoup d'informations sont prises en compte par votre cerveau lorsqu'il décide ou non de protéger la zone en question.

À force de transmettre les mêmes messages, le nerf sciatique/fémoral et le système nerveux central le font de manière plus efficace et plus rapide. Vous pouvez avoir l'impression que le nerf est de plus en plus comprimé, alors que ce n'est probablement pas le cas. Je vous rappelle au passage que cette modification du système nerveux n'est jamais définitive, et que le changement en sens inverse est toujours possible.


14) Est-ce que ma sciatique/cruralgie dépend du stress ?

​Le stress, l'anxiété, la dépression, la frustration... Toutes ces émotions participent à faire pencher la balance du côté "danger" lorsque le cerveau décide s'il faut protéger la zone ou non. 

​Ces émotions négatives (bon, le stress n'est pas une émotion mais une réaction physiologique, d'accord..) ont aussi une répercussion sur le système endocrinien : vous sécrétez par exemple plus de cortisol et d'adrénaline. Cela peut avoir des conséquences sur les différents systèmes de votre corps, et contribuer à sensibiliser votre système nerveux.

​Il est tentant de se dire : "Je ne pense pas être concerné par cela, je ne suis pas si stressé que ça". Les réactions de stress ont pourtant lieu inconsciemment, bien avant que l'on ne s'en rende compte. Avez-vous déjà vu un détecteur de mensonges dans un film ? Il est possible de détecter des réponses neurophysiologiques et endocriniennes bien avant que tout cela vienne à la conscience.


15) Quelles thérapies alternatives sont efficaces pour la sciatique ?

​Le sujet des thérapies alternatives est un vaste débat et il n'existe pas de consensus. ​Voilà une liste de thérapies alternatives en vrac pour illustrer mon propos : chiropractie, ostéopathie, acupuncture, reiki, kinésiologie, étiopathie, homéopathie, etc... Difficile de rester entièrement objectif sur cette question ! Je vais vous donner mon avis.

Si vous n'avez jamais essayé aucune thérapie alternative, voilà mes conseils:

- Choisissez quelque chose qui vous fait plaisir.

- Considérez cela comme un complément à une bonne prise en charge.

- N'en attendez pas un changement drastique, mais plutôt une aide pour diminuer l'anxiété et le stress.

Si vous êtes friand(e) de thérapie alternative, je n'ai aucun problème avec cela tant que :

-le thérapeute ne prétend pas trouver et traiter LA cause de votre problème, que les autres n'auraient pas remarqué.

- le thérapeute ne véhicule pas de messages néfastes susceptibles de ralentir votre progression, tels que "Faites attention à votre dos", "Votre vertèbre est déplacée",...

- le thérapeute n'interfère pas avec les prises en charge par des professionnels de santé. Exemple classique: "Éviter de trop bouger et ne faites pas de séances de kiné pendant une semaine, le temps que votre corps se rééquilibre".

Si cela vous intéresse, voilà 6 effets secondaires des thérapies alternatives sur le mal de dos chronique.

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16) Que peut faire mon kinésithérapeute pour m'aider ?

​Le but du kinésithérapeute est de vous accompagner, de vous permettre de reprendre vos activités et de vous donner les moyens de gérer votre douleur.

Voilà une liste de choses que votre kiné peut faire pour vous :

- Trouver des gestes et des positions qui soulagent votre douleur

-Vous expliquer ce que signifie la douleur et les facteurs qui y contribuent

- Utiliser diverses techniques pour vous redonner de la mobilité (mobilisations, manipulations, massages,...)

-Vous apprendre à bouger différemment, de manière plus relâchée par exemple

- Créer avec vous un programme d'exercices à réaliser en autonomie, pour progresser vers la reprise de vos activités et loisirs favoris

- Vous apprendre à gérer un pic de douleur


17) Dois-je prendre des médicaments ?

​Chacun d'entre nous a un rapport particulier avec les médicaments, et je sais que certains d'entre vous refusent parfois d'en prendre, pour diverses raisons. ​ Dans tous les cas, vos questions concernant les médicaments devraient être adressées en priorité à votre médecin traitant.

Faisons un tour du côté des études scientifiques.

Aucune étude n'a comparé le paracétamol à un placebo pour la sciatalgie et la cruralgie. Pourtant, il est très fréquemment prescrit et également pris en auto-médication. Le choix qui me parait le plus sage est de faire quelques essais et de voir si vous ressentez un soulagement. Si c'est le cas, profitez-en pour augmenter vos activités. Si ce n'est pas le cas, pas la peine d'insister, votre foie ne s'en portera que mieux.

Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens ont fait l'objet d'une méta-analyse en 2016. Les résultats sont assez décevants par rapport à un placebo, et le risque d'effets secondaires est non négligeable. Il n'y a donc que peu de raisons de prendre des anti-inflammatoires non-stéroïdiens de manière régulière, et c'est même déconseillé du fait des effets secondaires.

Les corticoïdes semblent améliorer la reprise des activités, mais le soulagement de la douleur est surtout présent à court terme. Si votre médecin vous a prescrit des corticoïdes, c'est probablement un traitement d'attaque durant quelques jours maximum. Les effets secondaires n'apparaissent que pour les traitements plus longs qu'une semaine. Profitez du soulagement pour reprendre doucement vos activités préférées.

Les benzodiazépines n'ont que très peu été évalués, et le résultat n'est pas glorieux : aucune différence avec le placebo, voire moins bien...

Les anti-épileptiques ont des résultats mixtes. Le topimarate et la pregabaline ne semblent pas faire mieux qu'un placebo, tandis que la gabapentine a montré une efficacité sur la réduction de la douleur dans une seule étude.

Les anti-dépresseurs apportent un petit bénéfice dans certaines études. Ce genre de médicaments aide à stabiliser la membrane des neurones sensibilisés, ce qui est potentiellement très utile ! Si votre médecin vous en prescrit, cela ne veut pas dire qu'il vous croit fou/folle.

​En définitive, il n'existe pas de médicament miracle pour la sciatalgie et la cruralgie, hélas. Les médicaments devraient donc être considérés comme une option parmi d'autres dans le traitement de ce genre de problème. Si vous et votre médecin choisissez de tester un traitement médicamenteux, le choix de la molécule doit prendre en compte la durée et l'intensité de la douleur, votre âge, vos antécédents et vos préférences. Une bonne information concernant les potentiels effets secondaires est nécessaire.

Des anti-inflammatoires ou du paracétamol peuvent être proposés, avec une information adéquate.

​Si vous souffrez d'une sciatalgie ou d'une cruralgie aigüe, les corticoïdes peuvent vous apporter un soulagement significatif.

En cas de douleur chronique, les anti-dépresseurs représentent une option raisonnable, pour leurs propriétés stabilisatrices sur la membrane des neurones.

N'oubliez pas qu'il existe également plusieurs moyens de soulager sa douleur sans médicament (Voir : Comment soulager sa douleur sans médicament ? )

18) Les manipulations sont-elles efficaces sur la sciatique ?

​Le craquement dans le dos au cours de certains mouvements n'a pas de signification particulière, à part que vos articulations bougent.

Concernant les manipulations vertébrales réalisées par divers thérapeutes manuels : le bénéfice est surtout présent à court terme.

Il est important de garder à l'esprit qu'une telle manipulation se "remet" rien en place, et n'a aucun effet démontré sur la structure de votre dos. Les bénéfices que vous pouvez ressentir juste après la manipulation sont liés à une modification de l'activité du système nerveux.

Cela peut être utile pour soulager temporairement la douleur et récupérer un peu de mobilité, tant que la manipulation est accompagné d'un discours adapté et d'un encouragement à reprendre ses activités.


19) Dans quelle position dormir ?

​​​​La position allongé(e) sur le dos avec les jambes tendues peut être assez désagréable.

Plusieurs modifications peuvent être apportées à cette position :

- Plier légèrement la jambe et la laisser retomber sur le côté. Le fait d'avoir la jambe légèrement écartée et tournée vers l'extérieur permet de détendre le nerf sciatique et le muscle piriforme.

- Placer un coussin sous le bas du dos pour épouser et supporter la lordose lombaire.

La position allongé(e) sur le côté avec les jambes repliées est adoptée spontanément par nombre d'entre vous. Ce qui peut être modifié :

​- Faire varier le degré de flexion des jambes : plus vous repliez les jambes, plus vous êtes en position de flexion lombaire, ce qui peut soulager certains d'entre vous. Si vous gardez les jambes dans le prolongement de votre tronc, vous détendez certaines structures et vous restez en position neutre au niveau lombaire.

​- Lorsque vos jambes sont pliées, essayez de placer un coussin entre vos genoux. Plus le coussin est gros, plus votre jambe côté plafond est écartée. Cela permet de détendre le piriforme et le nerf sciatique, ce qui peut vous soulager.

​La position allongé(e) sur le ventre peut également faire l'affaire, si vous en avez l'habitude. Vous pouvez aussi tenter de replier légèrement une jambe sur le côté, un peu à la manière d'une grenouille ;).

​Dans tous les cas, préférez une position qui vous laisse un peu de liberté de mouvement. Si vous vous forcez à rester dans une seule position à force de coussins et autres, vous dormirez probablement mal et le manque de mouvement se fera ressentir au matin.

​Il existe de nombreuses astuces et techniques à utiliser pour améliorer son sommeil de façon générale (Voir : Comment bien dormir quand on a mal au dos ? )


20) Pourquoi est-ce que je ressens des fourmillements/picotements/décharges même sans bouger ?

Le fonctionnement de base d'un nerf est le suivant : les récepteurs qui se situent à la périphérie détectent une variation (de contrainte, de température, d'acidité, etc), et génèrent un message sous forme d'influx électrique. Ce message parcourt le nerf de la périphérie vers la moelle épinière et pénètre dans le système nerveux central.

Lorsqu'un nerf est irrité (notion expliquée à la question 3), il peut générer des impulsions électriques en plein milieu de son trajet, là où il n'y a même pas de récepteurs ! Quel rebelle... Ces messages aberrants font croire au cerveau qu'il se passe quelque chose à l'extrémité du nerf alors qu'il n'en est rien. Cela génère des symptômes tels que des picotements, des fourmillements, des décharges, ou même des sensations plus étranges telles que de l'eau glacée qui coule le long de la peau.

​Nous appelons cela des paresthésies. Elles disparaissent au fur et à mesure que la sensibilité du nerf retrouve un niveau normal.


21) Dois-je me tenir droit(e) pour avoir moins mal ?

Le conseil de se tenir droit n'est pas complètement à jeter, mais il est beaucoup, beaucoup trop présent. Tellement présent qu'il en devient néfaste.

Si vous avez mal au dos et/ou à la jambe, vous êtes déjà contractés à cause de la douleur. Vos muscles se contractent automatiquement pour protéger la zone douloureuse. Si vous faites attention à votre manière de bouger, ou si vous faites attention à bien rester droit, vous allez encore plus vous contracter, et potentiellement rajouter de la contrainte sur une zone déjà sensibilisée !

​Éviter de s'avachir peut éventuellement être une bonne décision TEMPORAIRE, lorsque la flexion aggrave vos symptômes. C'est le travail du kinésithérapeute de vous guider à ce sujet.

De manière générale, varier les postures régulièrement et rester décontracté sont deux bons conseils. Consultez un kinésithérapeute spécialisé pour savoir si une adaptation de votre posture serait utile.

​Il existe beaucoup d'astuces bien plus efficaces que simplement "se tenir droit", et vous pouvez apprendre à les maîtriser avec un peu de pratique. (Voir : Comment supporter un long trajet assis ? )


22) Est-ce que la marche est utile pour soulager la sciatique ?

La marche est une activité simple qui apporte des bénéfices sur la douleur lorsqu'elle est prolongée (au moins 20-30 minute) et que la vitesse de marche entraine au moins une petite élévation de votre fréquence cardiaque.  Profitez-en pour vous vider la tête, respirer un air frais et/ou passer du temps avec vos proches afin de combiner plusieurs facteurs positifs ;).


23) Dois-je mettre du chaud ou du froid ?

Le niveau de preuve scientifique de l'application de chaleur ou de froid pour la lombalgie, la sciatique ou la cruralgie est excessivement bas, pour ne pas dire inexistant. Quiconque vous dit que mettre un pack de chaud/froid sur le dos est une technique prouvée ne fait que répéter ce qu'il a lu dans une revue non scientifique. Néanmoins, on peut garder cette technique pour sa facilité d'utilisation et la sensation de bien-être qu'elle procure.

​La chaleur semble être bien mieux acceptée que le froid, surtout dans le dos. Dans notre culture occidentale, ce qui est chaud est réconfortant et aide à la détente, tandis que le froid est plutôt perçu comme un danger. Par ailleurs, le froid risque plutôt de donner un coup de pied au système nerveux et de "réveiller la ruche".

La seule situation dans laquelle le froid serait plus indiqué est une blessure (mineure) au niveau du dos. Ce qui est rarement le cas !

Vous pouvez placer la source de la chaleur dans le bas du dos et/ou sous la fesse. Attention cependant mesdemoiselles et mesdames, évitez de faire ceci en période de règles.

​Si jamais vous craignez d'augmenter l'inflammation en utilisant un hot pack, sachez que ce n'est pas possible. Votre corps possède une excellente capacité de thermorégulation, et que la température en profondeur ne change pas d'un iota !  

Attention à ne pas vous brûler !


24) Est-ce qu'une sciatique peut être grave ?

La sciatalgie et la cruralgie en elles-mêmes ne sont pas graves, c'est-à-dire qu'elles ne témoignent pas d'une pathologie grave pouvant avoir des conséquences très néfastes sur la santé. Ce sont toujours les signes qui les accompagnent qui peuvent faire suspecter une pathologie en particulier.

Ces signes sont toujours recherchés par les professionnels de santé au début d'une consultation, pour écarter ce risque. J'ai listé ces signes et ces symptômes dans un article, et dans un quiz.


25) Est-ce que les infiltrations sont efficaces ?

Les infiltrations épidurales semblent efficaces lorsqu'elles sont bien indiquées.  

Si l'inflammation présente autour de la racine nerveuse contribue fortement aux symptômes, alors une infiltration d'anti-inflammatoire puissant à cet endroit est très efficace.  Nous avons vu cependant que de nombreux facteurs participaient à vos symptômes.

Si l'inflammation est peu présente, alors c'est un coup d'épée dans l'eau. 

Seul un examen par des professionnels de santé peut permettre de décortiquer les composantes de la douleur, et ainsi de prendre une décision éclairée et rationnelle.

 

26) Peut-on avoir une sciatique des deux côtés ?

C'est possible ! Cela n'arrive pas souvent, mais cela arrive.

Plusieurs mécanismes peuvent en être à l'origine :

- Une hernie discale volumineuse et centrale peut venir irriter l'émergence des 2 racines d'un étage et peut générer des symptômes bilatéraux. À noter que ce n'est pas forcément le cas, et qu'une compression bilatérale peut aussi ne donner des symptômes que d'un côté.

- Lors de la grossesse, la tête du foetus peut venir comprimer les deux nerfs sciatiques contre le sacrum.

- Une sciatique carabinée et persistante peut sensibiliser les neurones adjacents dans la moelle épinière, et donner des symptômes similaires de l'autre côté, de façon symétrique !

- Une sciatique à bascule (c'est-à-dire qui alterne entre la gauche et la droite) peut évoquer un rhumatisme inflammatoire lorsqu'elle est accompagnée d'autres détails caractéristiques. Ce diagnostic différentiel est réalisé par votre médecin.

- Un spondylolisthésis, c'est-à-dire un déplacement vers l'avant d'une vertèbre par rapport à la vertèbre du dessous, peut affecter les racines nerveuses des deux côtés.


27) Est-ce que j'ai une sciatique/cruralgie à cause de mon hyperlordose/scoliose ?

​L'hyperlordose et la scoliose ont en commun de réduire le calibre de certains foramens intervertébraux (les trous par lesquels passent les racines nerveuses).

Cependant, en temps normal, les racines nerveuses n'occupent qu'un tiers au maximum de ces trous. Il y a de la marge ! Seule, une réduction du calibre des foramens intervertébraux n'a d'impact que si elle est très importante, ce qui n'est habituellement pas le cas.

L'hyperlordose ou la scoliose ne sont pas des causes de sciatalgie ou de cruralgie, mais on peut les considérer comme des facteurs favorisants lorsqu'elles sont associées à d'autres facteurs de sensibilisation nerveuse.

Une prise en charge adaptée de ces autres facteurs permet habituellement de soulager la douleur. De toute façon, il y a peu de chance que vous puissiez modifier votre posture si elle est présente depuis des années. Est-ce grave ? Non.  Beaucoup de personnes ont une hyperlordose ou une scoliose sans avoir mal, alors pourquoi pas vous ?


​28) ​Est-ce qu'aller à la piscine est utile pour avoir moins mal ?

​La nage permet de recruter de nombreux groupes musculaires, et, lorsque vous nagez plus de 20-25 minutes, permet de travailler en aérobie. C'est un bon choix, notamment si vous avez moins de douleur en extension lombale (le bas du dos légèrement creusé) qu'en flexion lombale (le bas du dos arrondi).

​Je rappelle cependant que ce n'est pas non plus une panacée, et que d'autres sports procurent les mêmes bénéfices. Le plus important est que vous choisissiez une activité qui vous plaît !

Si vous détestez nager, vous risquez de n'y aller que deux-trois fois avant d'abandonner : frustration et sentiment d'échec seront au rendez-vous.

La régularité est très importante, alors choisissez une activité qui vous motive et qui vous fait plaisir ! Y aller à plusieurs ou bien faire des séances de groupes renforcer l'engagement et l'intérêt que vous trouverez dans cette activité.

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29) Est-ce que le nerf sciatique ou crural peut se coincer ?

Nos nerfs sont très souples ! Si vous pliez votre coude à fond, les nerf qui passent par là sont quasiment pliés à 180°, et ils ne bronchent pas. 

Il est quasiment impossible de les coincer car ils sont insaisissables : ils glissent, coulissent, se déplacent,... C'est comme essayer d'attraper un lychee avec des baguettes !

La raison pour laquelle nous avons parfois l'impression qu'ils se coincent est qu'ils peuvent devenir beaucoup plus sensibles au mouvement, et ils peuvent réagir en produisant une décharge. Vous pouvez retirer le terme "nerf coincé" de votre vocabulaire.


30) Est-ce qu'un surpoids participe au problème ?

Le surpoids est un facteur à ne pas négliger, mais il semble que le mécanisme par lequel le surpoids influence la douleur n'est pas si évident.Pour clarifier ce qui va suivre, le surpoids est défini par un IMC entre 25 et 30, et l'obésité par un IMC supérieur à 30. 

Les études épidémiologiques retrouvent une plus grande prévalence des lombalgies chez les sujets en surpoids ou obèses. ​Une méta-analyse retrouve une prévalence encore plus grande chez les sujets obèses (par rapport aux sujets en surpoids). Que se passe-t-il ?

​L'explication qui vient tout de suite  à l'esprit est l'augmentation des contraintes sur le dos ! Le poids du tronc génère plus de contraintes de compression au niveau du bas du dos, ce qui stimule davantage les neurones nocicepteurs. Cela contribue en effet à la douleur, mais ce n'est pas tout !

​Nous savons que chez les personnes en surpoids, une inflammation systémique se met en place. La graisse blanche qui entoure les viscères sécrète des molécules pro-inflammatoires qui augmente les risques de maladies cardio-vasculaires ainsi que d'autres soucis de santé. Cela fait partie du syndrome métabolique. Cela a deux conséquences principales :

- Favoriser la dégradation des différentes structures lombaires, et limiter leur capacité d'auto-guérison.

​- Sensibiliser le système nerveux central et périphérique : les neurones nocicepteurs vont alors plus facilement envoyer des messages de danger alors que rien ne change au niveau du récepteur !

Enfin, être en surpoids ou en obésité peut être un facteur d'anxiété, de dépression et peut influencer négativement les relations sociales, dans une société toujours plus perfectionniste à l'égard de son image.

Je rappelle néanmoins que l'obésité est une maladie avec des conséquences néfastes multiples. Cela peut également limiter l'engagement dans une activité physique ou dans des modifications du style de vie qui pourraient apporter des bénéfices.


Ressources complémentaires 

La vidéo Lumbago & Sciatique de WhyDoc : https://www.youtube.com/watch?v=LgGg8gmqskM

​Une autre question ?

J'espère que cet article a été riche en nouvelles informations pour vous. Si vous avez une question supplémentaires, n'hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous !

À bientôt.

Eric


  • Anne dit :

    Bonjour
    Bravo pour vos articles !
    J ai une hernie avec sciatique depuis 7 mois. Je suis abonnée aux lombalgies en tps normal. Je suis très sportive, 49 ans ( pilate, sports en salle et GOLF que j ai commencé il y a 1.5 ans et que je pratique avec assiduité . J avais commencé les competitions). J ai tout arrêté avec la hernie ( douleurs) mais je continuais le golf qui ne me faisait pas mal. L IRM en juillet a été le coup de grâce. J ai pris concience du pb. J ai arrêté le golf et j attends que ça passe. Les mois passent…. et le fait de ne plus faire de sport me ronge le moral. Je le supporte mal mais tant que la douleur est là… ma question: je suis passionnée par le golf, je n avais pas de douleur lorsque je jouais…… mais bon ….. C est peut être pas non plus un sport conseillé pour une hernie, s est peut être même l élément déclencheur … d apres vous , je peux reprendre tranquilement ou pas…. ( ma hernie me fait tjrs mal, peut être un léger mieux, j arrive en fin de nuit à m allonger sur le dos ). J ai RDV chez chirurgien ds 3 mois, je ne peux pas être bien ds ma tête si je ne fais pas de sport. Je voudrais que la douleur passe sans opération et je ne voudrais pas que le golf l a grave ou l entretiene. Quel est votre avis ? Mille mercis

    • EricBouthier dit :

      Bonjour Anne,
      Merci pour votre commentaire !
      J’imagine que la situation est très tendue pour vous sans activité sportive, surtout si le sport a une grande place dans votre vie habituellement.
      Si je comprends bien, vous vous trouvez dans un dilemme où vous avez très envie de reprendre le sport, mais vous ne voulez pas griller vos chances de récupérer sans opération.

      Mon avis est qu’il est important de reprendre progressivement ses activités après un épisode très douloureux. Les mouvements et l’activité physique sont même importants pour la bonne guérison du disque intervertébral.

      Peut-être pouvez-vous réessayer de petites séances de golf ? (quitte à commencer par du 9 trous, du putting, etc) 🙂 À vrai dire, vous aviez continué le golf jusqu’à juillet sans souci, ce serait dommage de se priver d’une activité physique que vous tolérez bien. Vous avez maintenant arrêté depuis plusieurs semaines, donc reprenez progressivement et profitez. N’hésitez pas à consulter un kinésithérapeute (de préférence qu’il s’y connaît en golf, tant qu’à faire) pour travailler sur certains mouvements qui vous font encore peur.

  • Charles dit :

    Bonjour
    Merci pour cet article limpide
    J ai eu le 4 octobre 2019 exactement une violente douleur a la jambe gauche qui m empêchait de mettre le pied par terre
    J en pleurait presque de douleur
    Le généraliste a diagnostiqué une sciatique due à une hernie discale
    J ai pendant plus de 2 mois environ pris divers antalgiques allant du doliprane à la morphine et j ai fait en novembre une infiltration
    Je suis mmele allé aux urgences a l hopital un jour ou mes douleurs étaient horribles
    Les choses se sont nettement améliorées à Noel
    Je pouvais faire des marches de 500 à 800 m
    Puis une semaine tout d un coup violente douleur a la même jambe mais parcours de la douleur different
    On diagnostique alors une cruralgie
    De nouveau : antalgiques et infiltration 3 semaines après sur deux autres vertèbres L3 -L4 l ( donc voilà une semaine)
    Ça fait donc déjà presque 4 mois que je vis ces douleurs avec une mobilité tres réduite: douleur qui « casse » le muscle anterieur de la cuisse
    un sommeil qui se fait de plus en plus difficile ( sorte de fourmillements et d insensensibilite périodique dans la cuisse)
    Croyez vous que je verrai le bout du tunnel un jour et de l ordre de combien de temps : encore 1 mois ou 1 an ou jamais ?
    Serais je contraint à une chirurgie que j appréhende vu mon age (75a)
    Il est clair que mon moral est chaque jour plus bas
    Merci de vos observations
    Charles

  • Laurent dit :

    Merci pour cet article très intéressant !
    J’ai eu une hernie foraminale L2 L3 pendant 6 mois. La décision d’opérer a été difficile à prendre. Je n’avais pas beaucoup de douleurs au repos mais la moindre activité physique déclenchait une cruralgie.
    Après 3 semaines correctes après l’opération, les douleurs sont revenues.?Aucune récidive mais souvent des crises qui durent 3 à 4 semaines. J’étais très sportif mais là ça fait un an que je ne fais plus rien à part cogiter et souffrir. L’article sur la mémoire du nerf m’intéresse.
    Je suis perdu dans les méandres de la médecine.
    Que m’arrive-t-il ?

    • Eric Bouthier dit :

      Merci pour votre commentaire Laurent !
      Effectivement vous devez être perdu et frustré depuis que les douleurs sont revenues après votre opération. Surtout si la décision d’opérer fut difficile à prendre.
      La douleur dépend de nombreux facteurs, la présence d’une hernie n’en étant qu’un seul parmi d’autres. Certaines personnes ressentent des douleurs intenses alors qu’il n’y a pas de récidive de la hernie. D’autres personnes n’ont plus mal, même si la hernie est réapparue au même endroit..
      Si vous avez eu mal pendant 6 mois avant de vous faire opérer, votre système nerveux est dans un état plus sensible : à force de créer la même douleur, il est devenu meilleur pour la créer. Et il peut la créer à partir de beaucoup de choses : de la fatigue, une activité physique inhabituelle, du stress, une position prolongée, etc etc. Cependant, votre système nerveux peut désapprendre ce qu’il a appris à faire. C’est très important de garder cela en tête : la douleur est quelque chose qui peut changer.

      Comment faire pour désensibiliser votre système nerveux ? Plusieurs choses dont : comprendre un peu mieux ce qu’il se passe, les mouvements, l’activité physique, le sommeil, le style de vie en général, vos activités sociales, etc. C’est parfois un chemin long et sinueux, mais je suis persuadé qu’il existe des choses à faire dans votre situation pour aller mieux. Je vous envoie ça par mail également au cas où vous ne repasseriez pas par la section commentaires.

  • Julie dit :

    Bonjour, j’ai 23 ans et j’ai une discopathie L4 L5 L5 SI avec protrusion discale, cela fait maintenant 4 ans que j’ai des douleurs permanentes dans le bas du dos accompagné d’une sciatique dans la jambe gauche, je suis obnubilée par mon dos, chaque mouvement ou déplacement que je fais, ma seule pensée est mon dos ! J’ai peur d’aggraver mon cas et que cela se transforme en hernie discale, pour cela je fais donc très attention à toutes mes postures, je travail en position debout, cela me provoque de la sciatique, je supporte mieux la position assise ! Pensez vous que je devrais donc écouter mes douleurs ? Et pensez vous qu’un jour il est possible que je n’ai plus de douleurs ?
    Merci d’avance.

    • Eric Bouthier dit :

      Bonjour Julie, je comprends que vous soyez très inquiète pour votre dos, et que vous fassiez tout pour éviter une aggravation au niveau du disque. Si je comprends bien, vous avez progressivement limité les mouvements et les situations problématiques pour être sûr de ne pas faire de bêtise, et vous focalisez votre attention sur votre dos. Si cela ne pose pas de souci au court terme, cela peut devenir une partie du problème à part entière au long terme.

      Je pense qu’il faut écouter son corps, mais en prenant du recul par rapport à certaines sensations comme la douleur. Ressentir de la douleur ne signifie pas que l’on est en train d’abîmer la partie du corps en question. Cela dépend de très nombreux facteurs, ce que j’essaie de transmettre au travers de mes articles. Par ailleurs, la passage de la protrusion à la hernie est très incertain (difficile à prédire) et il ne dépend pas de vos mouvements quotidiens (à moins que vous ne fassiez des activités extrêmes).

      Est-ce qu’il est possible de ne plus ressentir de douleurs un jour ? Oui, bien sûr, mais vu que je ne vous connais pas, je n’ai aucun moyen de savoir combien de temps cela peut prendre et/ou si c’est réellement possible. J’ai un point de vue plutôt optimiste à ce sujet.

      Je vous invite à lire cet autre article : https://comprendresondos.fr/2018/10/09/mouvements-ne-pas-eviter/ et à continuer à échanger par mail si vous le souhaitez, bien entendu. Je vous envoie cette réponse par mail également.

  • Stéphanie dit :

    Bonjour,
    Depuis quelques mois, je souffre de douleur sur le devant de la cuisse droite jusqu’au genou et au niveau du bas du dos. Rien d’invalidant, aucune perte de sensibilité. Ca ne m’empêche nullement de dormir, je n’ai pas mal au réveil. La gêne, voir la douleur s’accentue au fil de la journée. Ca a commencé par une douleur sur le côté droit, presque au niveau des côtes, le dos me faisant également souffrir par intermittence. Je consulte ma généraliste qui pointe du doigt une éventuelle cruralgie. Par acquis de conscience, elle me fait passer une échographie abdomino-pelvienne. Aucun signe de calculs, tout va bien, je n’ai rien, les organes sont nickel. Du coup, elle me prescrit des séances de kiné. Le thérapeuthe, après une séance, dévit sur l’osthéopathie. Il s’interroge néanmoins au niveau de mon coccyx qui serait « déplacé ». Il me demande si j’ai eu un accident, un choc, une chute mais je n’ai rien eu de tout cela. Au bout de deux ou trois séances, je ressens une amélioration. Je stoppe les séances.
    Et puis la douleur revient, à laquelle s’ajoute des fourmillements vers le pied droit. Reconsultation chez le médecin. Elle me prescrit encore des séances de kiné (j’attends toujours une date de rendez-vous, le cabinet est overbooké, je suis sur liste d’attente). La généraliste me fait passer une radio du rachis et des lombaires, afin de chercher la présence d’une hernie. Résultat : aucun pincement discal, pas d’hernie mais une bascule de la hanche de 6 mm, du côté droit, bizarrement. Une semaine d’anti inflammatoire a calmé un peu mes douleurs à la cuisse et au dos. Mais elles sont revenues une fois le traitement terminé. Je suis allée voir un osthéopathe qui m’a dit sentir des tensions nerveuses par endroit. Il a été très à l’écoute, très doux. Si au sortir de la séance, j’étais détendue, la douleur, elle, est encore présente. Elle ne l’est pas tous les jours, et à des degrés plus ou moins forts.
    A la lecture de certains témoignages sur internet, je me rend compte que la déviance du bassin est légère mais peut provoquer les douleurs que je ressens et s’accompagner d’une cruralgie (diagnostic de départ). Est-ce possible que cette bascule puisse me générer les douleurs que je décris ? Et comment y remédier ?
    J’avoue être inquiète, je lis un peu de tout et du n’importe quoi sur internet. J’ai besoin d’être rassurée, je souffre de trouble anxieux et bipolaire, une forte angoisse face aux examens médicaux et l’évocation du mot Scanner, pire IRM, me tétanise, je suis même capable de ne pas y aller.
    Comment puis-je soulager ses douleurs ? Je ne souffre pas le martyr mais je ne voudrais pas en arriver là non plus. Des exercices particuliers ? Du vélo elliptique ? D’appartement ? Acupuncture ?…
    Merci d’avance pour votre réponse 🙂

    • Eric Bouthier dit :

      Bonjour Stéphanie,
      Je comprends que vous soyez perdue avec les différentes explications et les différents messages que vous avez reçus. Une bascule de bassin de 6 mm est tout à fait anodine : la grande majorité de la population possède une inégalité de longueur des membres inférieurs de l’ordre de 5 mm. Par ailleurs, cela semble très peu corrélé à la douleur en dessous de 2 centimètres.
      Mon conseil serait de ne pas vous inquiéter à propos de cette petite bascule qui pourrait bien être là depuis très longtemps sans que cela n’ait jamais posé problème.

      Pour soulager la douleur, il existe peut-être des mouvements particulièrement adaptés à votre situation. C’est délicat de vous donner des exercices ici et maintenant, car cela découle normalement du bilan kinésithérapique. Si j’ai bien compris votre message, vous avez pour l’instant bénéficié de traitements passifs (ostéopathie). Cela vaut le coup de consulter un kinésithérapeute qui saura vous proposer une approche plus active, avec des mouvements adaptés et progressifs.
      Il n’existe pas d’exercice « ultime ». Vous pouvez commencer par effectuer les mouvements qui sont les plus faciles pour vous, mais au final il n’y a pas de mouvements interdits. Il faut juste y aller progressivement pour laisser le temps à votre corps de s’y habituer.
      Les activités type cardio (elliptique, vélo, etc) sont également tout à fait indiquées, car elles ont une action anti-douleur et anti-inflammatoire.
      Je vous invite à essayer différentes choses et à voir comment vous les tolérez. S’il n’y a pas de douleur, ou bien une légère douleur, c’est tout bon. S’il y a une douleur intense, ou bien qui persiste deux jours après l’activité, essayez autre chose 🙂
      Et bien entendu je vous encourage à consulter un kinésithérapeute spécialisé dans la prise en charge des douleurs persistantes !

      • Stéphanie dit :

        Bonjour,
        Je vous remercie pour votre réponse rapide. La mienne l’est un peu moins :/. Je suis allée effectivement voir un ostéopathe. Comme vous, il me rassure : une bascule du bassin de 6 mm n’a pas d’incidence, rien de bien « méchant ». En revanche, il me déconseille d’aller voir un kiné. Il localise des tensions au niveau de certaines terminaisons nerveuses, un impact sur le système digestif, me préconise d’effectuer un exercice bien spécifique (un peu compliqué à décrire à l’écrit) et procéder à une courte séance de respiration abdominale car je fais trop jouer mon diaphragme. Du coup, ostéo et pas kiné dixit l’ostéo, kiné et en aucun cas ostéo dixit ma généraliste… Et vous, vous me conseillez les deux. Au final, il n’y a pas de mauvaises démarches :). Et l’acupuncture, qu’en pensez-vous ?
        A l’issue du rdv avec l’ostéo, je n’ai pas réellement senti d’amélioration les jours qui ont suivi (il y a une semaine). Tout dépend des jours en fait. Les fourmillements, idem. Ces fourmillements sont-ils normaux d’ailleurs ?C’est assez fluctuant, cela peut même varié dans la même journée. Je suppose qu’il n’y a rien d’alarmant et si la réponse à ses douleurs se basent sur la pratique régulière d’exercices spécifique, je vais m’y astreindre, même si je ne suis pas une grande sportive, voire pas sportive pour un sou 🙂
        Dans tous les cas, je vous remercie pour votre réactivité et pour la qualité de vos réponses.
        Vous souhaitant une bonne journée.
        Stéphanie

        • Eric Bouthier dit :

          Un non professionnel de santé qui déconseille d’aller voir un professionnel de santé.. Il ne le réalise pas mais c’est peut-être illégal de sa part. Faites attention à vous.
          Je n’ai pas conseillé d’aller voir un ostéo, mais bien un kinésithérapeute 🙂 Et je maintiens mon conseil, surtout si vous n’avez pas encore bénéficié d’un bon traitement kiné.

          L’acupuncture ne semble pas plus efficace qu’un placebo dans les études scientifiques rigoureuses. Je ne le conseille donc pas, sauf peut-être pour le bien-être uniquement et en complément d’une bonne prise en charge.

          Les fourmillements sont normaux en cas de sciatalgie car la sensibilité du nerf est modifiée. Le nerf peut alors vous envoyer des messages aberrants, que votre cerveau interprète comme des picotements, des fourmillements, etc. Et en effet cela peut changer d’un jour à l’autre, d’une position à l’autre ,etc.

          Je serais curieux de connaître cet exercice spécifique que vous mentionnez. Pouvez-vous m’en parler, par mail même, si c’est ok pour vous ?

  • astier daniel dit :

    cela fait 7 ans que suis opérée d une spondilolistésie toujour froid sur les pieds, fourmillement mal aux fesses quand je suis assis très désagréable combien de temps encore je vais devoir supporté cela et que faut il faire merci daniel

    • Eric Bouthier dit :

      Je ne peux pas vous dire combien de temps cela peut prendre pour aller. Voilà cependant quelques pistes à explorer, d’après les détails que vous m’avez donné :
      * Voir si le fait d’alterner entre plusieurs positions assises vous aide à tolérer la position assise plus longtemps. Il n’y a pas de position assise idéale, il vaut mieux bouger régulièrement.
      * Effectuer des mouvements simples en position assis tels que des mouvements de bassin (vidéo bonus n°1) pour offrir du mouvement au bas de votre dos.
      * Chercher une direction de mouvement que vous préférez : peut-être que les mouvements en flexion (qui enroulent le bas du dos) sont plus agréables pour vous et vous aident à avoir moins mal. Ou au contraire, peut-être que des mouvements en extension (qui creusent le bas du dos) vous aideraient à vous sentir mieux. Si vous trouvez une direction qui est plus agréable, alors vous pouvez répéter le mouvement dans cette direction. Je vous conseille de voir cela avec un kinésithérapeute habitué à ce genre de prise en charge et qui vous proposera des exercices adaptés et individualisés.

      N’hésitez pas à revenir vers moi par mail (contact@comprendresondos.com) si vous souhaitez une précision.

  • Blanquer Monique dit :

    très intéressante votre documentation une question svp supplémentaire différence entre cruralgie et sciatique, et compression médullaire (suite à un méningiome dorsal opéré en 2006) ayant laissé des séquelles comparables avec les symptômes cités pour les atteintes des nerfs (cruralgie surtout) . est-ce très différent ? quelle gravité ? merci

    • Eric Bouthier dit :

      Bonjour Monique,
      Cela ne me semble pas très différent. Les conséquences d’une compression nerveuse sont les mêmes, peu importe la cause de la compression. Ce qui importe surtout, c’est la gravité de la compression et la durée. Plus la compression est importante, plus les troubles observés (perte de sensibilité et perte de force) sont importants. Plus la compression dure longtemps, plus cela met du temps à récupérer et plus il peut y avoir des séquelles.
      La rééducation consiste également à stimuler la fonction du nerf, avec entre autres du renforcement des muscles qui ont été atteints.

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