Une douleur dans la jambe vous gâche la vie, et le diagnostic du médecin tombe : c'est une sciatique (ou une cruralgie). Chaque personne a des sensations différentes : douleur derrière la cuisse pour certains, douleur dans le mollet voire dans le pied pour d'autres, etc. 

La sciatique et la cruralgie font peur car elles sont associées à des explications plutôt angoissantes, en plus de la souffrance terrible qu'elles peuvent entrainer. Afin de gérer la situation et de guérir dès que possible, vous avez besoin des meilleures informations disponibles en 2021.

Cet article répond à la plupart des questions que vous vous posez. Si ce n'est pas le cas, je vous invite à écrire un commentaire tout en bas de l'article. Je vous répondrai avec plaisir. Excellente lecture à vous !

(article mis à jour en 2021)

Comprendre la sciatique et la cruralgie

Qu'est-ce que la sciatique ?

Notre langage commun contient une grosse approximation. "Sciatique" est le nom d'un nerf, pas d'une douleur !

Ce que l'on désigne habituellement par sciatique est une douleur provoquée par une sensibilisation du nerf sciatique. Ce nerf est issu des racines nerveuses L4, L5, S1 et S2.

Le terme correct est sciatalgie.  Elle peut suivre différents trajets qui ont en commun de descendre plutôt derrière la fesse et le long de la jambe, parfois jusqu'au pied. 

Qu'est-ce qu'une sciatique tronquée ?

On parle de sciatique tronquée lorsque la douleur n'est ressentie que sur une partie du trajet "classique". Par exemple, vous avez uniquement mal au mollet et au pied, sans avoir mal derrière la cuisse et la fesse.

À quoi est due une sciatique tronquée ? Ce phénomène reste mal défini. Une douleur localisée sur une portion du trajet classique pourrait refléter la sensibilisation d'une seule partie du nerf (et pas de la totalité de celui-ci). D'autres mécanismes peuvent mimer une sciatique tronquée. Il convient donc de s'assurer que c'en est bien une !

Qu'est-ce qu'une radiculopathie ?

Ne confondez surtout pas la sciatalgie et la cruralgie avec la radiculopathie !

Lorsqu'un nerf est comprimé, il transmet moins bien les informations. La conséquence ? Vous commencez par perdre la sensibilité au toucher dans la zone desservie par le nerf concerné, puis les muscles concernés perdent de la force. C'est ça, une radiculopathie.

Les professionnels de santé évaluent une radiculopathie de deux façons. La première est un examen neurologique précis : sensibilité, force et réflexes. La deuxième est le fameux EMG : ElectroMyoGramme.

La radiculopathie est différente de la sciatalgie, même si les deux peuvent coexister !

Quelle est la différence entre une sciatalgie L4, L5 et S1 ?

Trajet de la douleur et/ou de la perte de sensibilité

L4 : Côté extérieur de la cuisse, genou puis côté intérieur du mollet.

L5 : Fesse, côté extérieur-arrière de la cuisse, côté extérieur du mollet et le dessus du pied avec le gros orteil

S1 : Fesse, derrière la cuisse et le mollet, talon et sous le pied vers les orteils

Voulez-vous savoir une chose qui n'est pas expliquée dans beaucoup d'articles ? En réalité, ces trajets ne sont pas aussi précis que l'on aimerait le croire ! Le trajet de vos symptômes peut tout à fait être différent.

Muscles de la jambe potentiellement touchés

L4 : Les releveurs du pied, qui sont les muscles qui permettent de ramener la pointe du pied vers soi

L5 : Les extenseurs des orteils, qui sont ceux qui relèvent les orteils

S1 : Le triceps sural, c'est-à-dire le muscle de votre mollet, qui vous permet entre autres de monter sur la pointe des pieds

Les test habituels réalisés par les professionnels de santé évaluent leur force, en la comparant avec le côté opposé.

Qu'est-ce que la cruralgie ?

La cruralgie est une douleur provoquée par une sensibilisation du nerf fémoral (anciennement appelé nerf crural, d'où le nom). Le nerf fémoral naît des racines nerveuses L2, L3 et L4.

Cette fois-ci, le trajet de la douleur se dirige en avant de la hanche pour descendre le long de la face avant de la cuisse. Parfois, elle se dirige légèrement vers l'intérieur de la cuisse. La douleur ne descend pas plus bas que le genou dans la grande majorité des cas (voir illustration précédente).

Comment savoir si on a une sciatique ou une cruralgie ?

Le corps humain est infiniment complexe ! Dès lors, vous pouvez ressentir une douleur dans une partie donnée de votre corps pour différentes raisons. Prenons un exemple.

Une douleur derrière la cuisse peut avoir différentes causes possibles : une sensibilisation du nerf sciatique, une lésion des muscles ischio-jambiers, un trouble vasculaire, un canal lombaire étroit, un hématome, etc. Il est parfois difficile de comprendre exactement ce qui participe à la douleur, même pour un professionnel !

Un indice qui peut vous mettre sur la piste de la sciatique ou de la cruralgie est le type de douleur que vous percevez. Ressentez-vous un ou plusieurs symptômes parmi les suivants : brûlure, froid douloureux, décharges électriques, fourmillements, picotements, engourdissements ou démangeaisons ? Si oui, il s'agit d'une information utile à communiquer avec vos professionnels de santé.

Quelles sont les causes de la sciatique/cruralgie ?

La plupart des articles expliquent qu'il s'agit d'une compression nerveuse par une hernie discale au niveau de la colonne vertébrale. Si c'était aussi simple, on ne se prendrait pas tant la tête ! Il est important de lire cette section jusqu'au bout.

Quelles sont les causes mécaniques de sensibilisation de ces nerfs au niveau du dos ?

La compression d'une racine nerveuse par une hernie discale peut participer à la douleur lorsqu'il y a de l'inflammation au niveau du nerf (sinon la compression peut être indolore). L'inflammation seule peut d'ailleurs être suffisante pour rendre le nerf plus sensible.

Cette fameuse inflammation peut se produire lors de la formation de la hernie discale. Elle peut aussi survenir lors de plus petits changements au niveau du disque intervertébral. Finalement, votre dos évolue au fil du temps, et c'est normal. Les autres articulations font la même chose !

D'autres phénomènes peuvent participer à cette sensibilisation. Il arrive aussi que le foramen intervertébral, le trou par lequel sort le nerf, se retrouve rétréci. En cas d'arthrose, des ostéophytes (des excroissances osseuses que le corps développe pour mieux répartir les contraintes) ou un spondylolisthésis peuvent participer à cela.

Quelles sont les causes mécaniques de sensibilisation de ces nerfs ailleurs que dans le dos ?

Des mouvements répétitifs peuvent générer des contraintes de manière répétée sur le système nerveux, ce qui peut également le rendre plus sensible. Par exemple, des flexions de hanche répétées de grande amplitude peuvent sensibiliser le nerf sciatique qui est mis en tension à chaque fois, surtout s'il n'en a pas l'habitude.

Des contractions intenses et/ou répétées de certains muscles peuvent participer à la sensibilisation. Le lien le plus connu et cité est évidemment la proximité entre le nerf sciatique et le muscle piriforme, au milieu de la fesse. 

D'autres causes en pagaille : un appui prolongé/répété au niveau de la fesse, une piqûre dans la fesse qui touche le nerf sciatique, une compression par la tête du foetus lors de la grossesse, ou une tumeur du plancher pelvien (très très rare, je ne fais que le citer).

Existe-t-il des causes non mécaniques de sciatique ou de cruralgie ?

Plusieurs facteurs du style de vie ont un impact énorme sur la façon dont notre corps se régule et fonctionne. L'anxiété et le manque de sommeil sont deux facteurs pro-inflammatoires. Or, vous avez lu un peu plus haut que l'inflammation joue un rôle important dans la douleur.

Lorsque la douleur persiste depuis longtemps, elle est de moins en moins reliée à une cause mécanique ou à une blessure. Il arrive qu'une hernie discale se résorbe (ce qui a 67% de chances de se produire en moyenne), mais que la douleur persiste. Par ailleurs, beaucoup de personnes souffrent encore de névralgies après l'ablation de la hernie.

Enfin, certaines pathologies peuvent participer à ce type de douleur : diabète, problèmes hormonaux et quelques pathologies neurologiques comme la sclérose en plaques. Il s'agit naturellement d'un pourcentage extrêmement faible des sciatiques.

Combien de temps dure une douleur sciatique ?

Lorsque la douleur est liée à une simple sensibilité nerveuse, c'est très variable : de quelques jours à quelques semaines.

Lorsqu'il y a une atteinte du nerf, cela met en moyenne plus de temps à disparaître qu'une simple contusion ou entorse. Il faut parfois compter 8 à 12 semaines pour que la douleur se fasse moins ressentir. La disparition totale de la douleur peut prendre quelques mois de plus.

Ces durées semblent interminables, mais la dernière chose dont j'ai envie est de vous inquiéter. Donner une durée trop courte pour le rétablissement, c'est prendre le risque de vous faire peur ! "J'ai encore mal alors qu'on m'a dit que cela devait partir en 10 jours.. Je dois avoir un problème grave !"

Pourquoi la douleur descend-elle plus ou moins bas en fonction des jours ?

Vous avez peut-être remarqué que la douleur descend plus ou moins bas dans la jambe certains jours. Peut-être même en fonction des mouvements ?

Nous savons maintenant que plus la douleur descend bas, plus le nerf est irrité. A contrario, moins le nerf est irrité, plus la douleur se rapproche de la colonne.  Ce phénomène peut être assez déroutant car il dépend de nombreux facteurs.

Si vous passez une sale journée, pleine d'anxiété et de stress, vous remarquerez peut-être que la douleur s'aventure plus loin que d'habitude. Rien n'aura changé au niveau du nerf.

Pourquoi la douleur irradie dans de nouveaux endroits ?

Lorsqu'une douleur telle qu'une sciatalgie ou une cruralgie persiste dans le temps, il est possible que la douleur se propage dans de nouvelles zones. Cela peut être sacrément angoissant ! Il est tentant de se dire : "J'ai aggravé mon cas, je me suis fait une autre blessure, etc", pourtant ce n'est probablement pas le cas. 

Quand une partie du corps envoie beaucoup de messages au cerveau, cela a tendance à réveiller et à exciter les neurones qui s'occupent des parties adjacentes. 

Voilà une façon simplifiée de concevoir cela. Si vous vous cognez le coude, vous aurez mal à l'endroit qui a tapé, et possiblement tout autour de cette zone. Pourtant, il ne s'est rien passé autour du point d'impact.

Vous pouvez alors ressentir des symptômes dans une partie de la jambe qui ne correspond pas au nerf initialement irrité. Par exemple : avoir mal sur le côté de la hanche, alors que d'habitude cela passe uniquement derrière la fesse.

J'ai mal depuis longtemps et de plus en plus : ma colonne vertébrale s'abîme de plus en plus ?

Il est normal de s'inquiéter lorsque la douleur ne disparait pas, et encore plus lorsqu'elle empire au fil du temps. Pourtant, plus la douleur persiste longtemps, moins elle est en lien avec des "lésions" ou des "blessures", et plus elle est en lien avec une plus grande sensibilité du système nerveux.

À force de transmettre les mêmes messages, le nerf sciatique/fémoral et le système nerveux central le font de manière plus efficace et plus rapide. Vous pouvez avoir l'impression que le nerf est de plus en plus comprimé, alors que ce n'est probablement pas le cas. Je vous rappelle au passage que cette modification du système nerveux n'est jamais définitive.

Quelle est la signification d'une sciatique à droite ou à gauche ?

J'ai été surpris pendant mes recherches pour cet article. Il semble que certaines personnes attribuent une signification particulière à une douleur localisée dans la jambe droite par rapport à une douleur localisée dans la jambe gauche.

Chacun est libre d'avoir des croyances personnelles sur la signification symbolique de la douleur. Il me semble important de rappeler que ces interprétations restent entièrement basées sur l'imagination de la personne qui les propose.

Je comprends tout à fait que nous puissions avoir envie de trouver un sens à une épreuve difficile que nous traversons. Néanmoins, je crains que chez certaines personnes ce type d'explications puisse être culpabilisateur et anxiogène. Par exemple : "vous avez cette douleur parce que vous avez une peur du manque". Sur Comprendre Son Dos vous ne trouverez que des informations fiables et vérifiables.

Est-ce que la sciatique/cruralgie dépend du stress ?

Le stress, l'anxiété, la dépression, la frustration... Ce n'est pas uniquement "dans la tête" !

Toutes ces émotions existent physiquement dans votre corps, sous la forme d'influx électriques et d'hormones.

Ces émotions négatives (bon, le stress n'est pas une émotion mais une réaction physiologique, d'accord..) participent à faire pencher la balance du côté "danger" lorsque le cerveau décide s'il faut protéger la zone ou non. 

Elles ont aussi une répercussion sur le système endocrinien : vous sécrétez par exemple plus de cortisol et d'adrénaline. Cela peut participer à la douleur.

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Pourquoi est-ce que je ressens des fourmillements/picotements/décharges même sans bouger ?

Savez-vous comment fonctionne un nerf sensitif ? Prenons un exemple au niveau de votre peau.

Les récepteurs présents dans votre peau détectent une variation (de contrainte, de température, d'acidité, etc). Cette variation est suffisamment importante pour être transformée en un influx électrique. Ce message est expédié le long du nerf jusqu'à arriver à la moelle épinière où il sera traité.

Lorsqu'un nerf est irrité, il peut générer des impulsions électriques en plein milieu de son trajet, là où il n'y a même pas de récepteurs ! Quel rebelle…

Ces messages aberrants font croire au cerveau qu'il se passe quelque chose à l'extrémité du nerf alors qu'il n'en est rien. Cela génère des symptômes tels que des picotements, des fourmillements, ou d'autres sensations étranges.

Nous appelons cela des paresthésies. Elles disparaissent au fur et à mesure que la sensibilité du nerf retrouve un niveau normal.

Est-ce qu'une sciatique peut être le signe d'une maladie grave ?

Dans 95% des cas, la sciatalgie et la cruralgie ne reflètent pas une pathologie inquiétante, bien qu'elles puissent rendre votre quotidien infernal pendant quelques temps. 

Il existe des signes et des symptômes qui peuvent évoquer des pathologies comme une tumeur, un syndrome de la queue de cheval ou une infection.

Ces signes sont toujours recherchés par les professionnels de santé au début d'une consultation, pour écarter ce risque. Un article existe à ce sujet : Quand faut-il s'inquiéter ?

J'ai mal dans les deux jambes : peut-on avoir une sciatique des deux côtés ?

C'est possible ! Cela n'arrive pas souvent, mais cela arrive. Plusieurs mécanismes peuvent en être à l'origine :

  • Une hernie discale volumineuse et centrale peut venir irriter l'émergence des 2 racines d'un étage et peut générer des symptômes bilatéraux. À noter que ce n'est pas forcément le cas, et qu'une compression bilatérale peut aussi ne donner des symptômes que d'un côté.
  • Lors de la grossesse, la tête du foetus peut venir comprimer les deux nerfs sciatiques contre le sacrum.
  • Une sciatique carabinée et persistante peut sensibiliser les neurones adjacents dans la moelle épinière, et donner des symptômes similaires de l'autre côté, de façon symétrique !
  • Une sciatique à bascule (c'est-à-dire qui alterne entre la gauche et la droite) peut évoquer un rhumatisme inflammatoire lorsqu'elle est accompagnée d'autres détails caractéristiques. Ce diagnostic différentiel est réalisé par votre médecin.
  • Un spondylolisthésis, c'est-à-dire un déplacement vers l'avant d'une vertèbre par rapport à la vertèbre du dessous, peut affecter les racines nerveuses des deux côtés.

Est-ce que j'ai une sciatique/cruralgie à cause de mon hyperlordose/scoliose ?

L'hyperlordose et la scoliose ont en commun de réduire le calibre de certains foramens intervertébraux (les trous par lesquels passent les racines nerveuses).

Cependant, en temps normal, les racines nerveuses n'occupent qu'un tiers au maximum de ces trous. Il y a de la marge ! Seule, une réduction du calibre des foramens intervertébraux n'a d'impact que si elle est très importante, ce qui n'est habituellement pas le cas.

L'hyperlordose ou la scoliose ne sont pas des causes de sciatalgie ou de cruralgie. De nombreuses personnes présentent ces particularités pendant des années sans ressentir de douleur. Ce sont plutôt les autres facteurs qui gravitent autour qu'il faut blâmer : manque de sommeil, stress, activité physique inhabituelle ou mal dosée, etc.

Est-ce que le nerf sciatique ou crural peut se coincer ?

Vos nerfs sont très souples et résistants ! Si vous pliez votre coude à fond, les nerf qui passent par là sont quasiment pliés à 180°, et ils ne bronchent pas. 

Il est quasiment impossible de les coincer car ils sont insaisissables : ils glissent, coulissent, se déplacent,... C'est comme essayer d'attraper un spaghetti huilé avec des baguettes !

La raison pour laquelle nous avons parfois l'impression qu'ils se coincent est qu'ils peuvent devenir beaucoup plus sensibles au mouvement, et ils peuvent réagir en produisant une décharge. Vous pouvez retirer le terme "nerf coincé" de votre vocabulaire.

Faut-il perdre du poids pour avoir moins mal ?

Si je vous disais que l'influence du poids sur le mal de dos est matière à débat, me croiriez-vous ?

Les études épidémiologiques retrouvent une plus grande prévalence des lombalgies chez les sujets en surpoids ou obèses. Une méta-analyse retrouve une prévalence encore plus grande chez les sujets obèses (par rapport aux sujets en surpoids). Que se passe-t-il ?

L'explication qui vient tout de suite  à l'esprit est l'augmentation des contraintes sur le dos ! Le poids du tronc génère plus de contraintes de compression au niveau du bas du dos, ce qui stimule davantage les neurones nocicepteurs. Cela contribue en effet à la douleur, mais ce n'est pas tout !

Comment le surpoids favorise-t-il la douleur ?

Nous savons que chez les personnes en surpoids, une inflammation systémique se met en place.

La graisse blanche qui entoure les viscères sécrète des molécules pro-inflammatoires qui augmente les risques de maladies cardio-vasculaires ainsi que d'autres soucis de santé. Cela a deux conséquences principales :

  • Favoriser la dégradation des différentes structures lombaires, et limiter leur capacité d'auto-guérison.
  • Sensibiliser le système nerveux central et périphérique : les nerfs de votre corps vont alors plus facilement envoyer des messages de danger alors que rien ne change au niveau du récepteur !

Enfin, être en surpoids peut être un facteur d'anxiété, de dépression et peut influencer négativement les relations sociales, dans une société toujours plus perfectionniste à l'égard de son image. Cela peut également limiter l'engagement dans une activité physique qui pourrait apporter des bénéfices.

J'ai toujours des douleurs après l'opération , pourquoi ?

Il faut savoir que si la douleur est présente depuis longtemps (plusieurs mois/années), alors elle ne disparaît pas du jour au lendemain.

Le nerf sciatique ou le nerf fémoral peuvent rester sensibilisés par d'autres facteurs tels que le stress, l'anxiété, la sédentarité, le style de vie, le rapport avec la douleur, etc.

Votre système nerveux est devenu de plus en plus doué pour créer cette douleur, et maintenant il lui faut du temps pour dés-apprendre tout cela.  Cela reste POSSIBLE, vous n'avez pas à vous coltiner cela toute votre vie.

Souvenez-vous du jour où vous avez passé votre baccalauréat (ou autre examen) : un grand nombre d'informations était solidement ancré dans votre esprit. Pourriez-vous le passer à nouveau demain ? Non, car malgré tout votre cerveau a évolué et éliminé ces informations.


Traitements de la sciatique et de la cruralgie

Quels médicaments sont efficaces ?

Quel est votre rapport personnel avec les médicaments ?

Je sais que certains d'entre vous refusent d'en prendre, pour diverses raisons. Dans tous les cas, vos questions concernant les médicaments devraient être adressées en priorité à votre médecin traitant.

Que disent les études scientifiques ?

  • Aucune étude n'a comparé le paracétamol à un placebo pour la sciatalgie et la cruralgie. Pourtant, il est très fréquemment prescrit et également pris en auto-médication. Le choix qui me parait le plus sage est de faire quelques essais et de voir si vous ressentez un soulagement. Si c'est le cas, profitez-en pour augmenter vos activités. Si ce n'est pas le cas, pas la peine d'insister, votre foie ne s'en portera que mieux.
  • Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens ont fait l'objet d'une méta-analyse en 2016. Les résultats sont assez décevants par rapport à un placebo, et le risque d'effets secondaires est non négligeable. Il n'y a donc que peu de raisons de prendre des anti-inflammatoires non-stéroïdiens de manière régulière, et c'est même déconseillé du fait des effets secondaires.
  • Les corticoïdes semblent améliorer la reprise des activités, mais le soulagement de la douleur est surtout présent à court terme. Si votre médecin vous a prescrit des corticoïdes, c'est probablement un traitement d'attaque durant quelques jours maximum. Les effets secondaires n'apparaissent que pour les traitements plus longs qu'une semaine. Profitez du soulagement pour reprendre doucement vos activités préférées.
  • Quant aux benzodiazépines, ils n'ont que très peu été évalués. Le résultat n'est pas glorieux : aucune différence avec le placebo, voire moins bien…
  • Les médicaments anti-dépresseurs apportent un petit bénéfice dans certaines études. Ce genre de médicaments aide à stabiliser la membrane des neurones sensibilisés, ce qui est potentiellement très utile ! Si votre médecin vous en prescrit, cela ne veut pas dire qu'il vous croit fou/folle, ou qu'il pense que la douleur est dans votre tête.

En définitive

Il n'existe pas de médicament miracle pour la sciatalgie et la cruralgie, hélas.

Les médicaments sont une option parmi d'autres dans le traitement de ce genre de problème. Une bonne information concernant les potentiels effets secondaires est nécessaire.

Faut-il passer une radio ou une IRM ?

Je vous invite à lire l'article sur le sujet pour avoir la réponse détaillée. 

En résumé, il est probable que vous n'ayez pas besoin de radio ou d'IRM.

Quand faut-il passer une radio ou une IRM (ou d'autres examens complémentaires) ?

  • Si vous présentez des signes de compression sévère du système nerveux : perte de force importante dans les jambes, vous ne parvenez plus à monter sur la pointe des pieds ou à relever la pointe du pied, etc.
  • Si vous présentez des signes qui évoquent une pathologie nécessitant un traitement spécifique (fracture, infection, cancer,..).

Cela parait contre-intuitif, mais le fait de faire des examens complémentaires de façon injustifiée peut avoir des effets néfastes, à cause de l'effet nocebo induit par les résultats. Et si jamais vous en avez déjà passé, ne montrez pas vos résultats à tout le monde !

Faut-il aller aux urgences ?

Il est très rare de devoir aller aux urgences à cause d'une sciatalgie, bien que la douleur puisse vous faire voir des étoiles. Quand s'inquiéter réellement ? Voilà les symptômes qui rendent obligatoire un passage aux urgences :

  • Une perte de sensibilité au toucher, voire une anesthésie complète dans la région génitale, fessière et/ou péri-anale.
  • Une perte de force aux niveau des jambes, par exemple : ne pas être capable de monter sur la pointe des pieds en étant debout, avoir le pied qui "tombe" lors de la marche, ou le genou qui se dérobe sans pouvoir soutenir le poids du corps.
  • Depuis l'apparition des douleurs, vous avez remarqué l'apparition d'une incontinence urinaire et/ou fécale (une difficulté à retenir les urines ou les selles). Pour d'autres personnes, c'est au contraire une constipation ou une rétention urinaire.

Faut-il se faire opérer ?

La chirurgie en cas de sciatalgie/cruralgie est la dernière option, quand tous les traitements pertinents ont été essayés et se sont soldés par un échec au bout de plusieurs mois.

Quelles sont les deux indications urgentes à la chirurgie ?

  • Perte de force musculaire importante et/ou progressive : cela témoigne d'une compression sévère et évolutive du système nerveux : dans ce cas, pas de temps à perdre.
  • Syndrome de la queue de cheval : cela témoigne également d'une compression sévère, cette fois-ci des racines nerveuses descendant dans le canal vertébral (au centre des vertèbres puis du sacrum). L'une des rares urgences chirurgicales !

Maintenant, il y a une chose que vous avez certainement remarqué. Beaucoup de personnes se font opérer sans être concernées par ces deux situations. Les indications non urgentes sont matière à débat. Je préfère traiter ce sujet dans un futur article.

J'ai une sciatique aigüe : que faire ?

Souffrir d'une sciatique aigüe est un évènement très angoissant, voire traumatisant, du fait de l'intensité de la douleur. Heureusement, l'évolution naturelle est rassurante : la majorité des sciatiques disparaissent d'elles-mêmes. Que faire pour optimiser sa guérison ?

Un examen médical est nécessaire pour s'assurer de la santé de vos nerfs. Une douleur intense ne signifie pas forcément que le nerf est abimé !

Poursuivez vos activités quotidiennes autant que possible pendant cet épisode douloureux. Bien entendu, si vous peinez à marcher, vous ne pourrez pas tout faire. Dans ce cas, essayez de continuer ce qui est à votre portée; en vous adaptant (faire des pauses, faire l'activité assis au lieu de debout ou inversement...)

D'une part, le repos complet au lit est formellement déconseillé (voir cet article : Faut-il se reposer quand on a mal au dos ?). D'autre part, le passage en force en ignorant la douleur n'est pas non plus conseillé si cela majore vos douleurs sur plusieurs jours. Tout est une question de dosage, d'adaptation et de confiance.

J'ai une sciatique qui dure : que faire ?

En cas de douleur chronique (plus de trois mois), le système nerveux s'est adapté et cela prend un peu plus de temps pour qu'il revienne à son état antérieur. Globalement, plus la douleur est ancienne, plus elle mettra du temps à partir.

Une progression lente ne signifie pas que cela restera pour toujours ! Plusieurs mois, un an, deux ans,... sont parfois nécessaires pour se débarrasser d'une sciatalgie/cruralgie tenace.

Une prise en charge pluridisciplinaire (médecin, kinésithérapeute, etc) est souvent nécessaire pour créer un plan d'action efficace.

Le plus important à retenir est que votre corps reste capable de s'adapter et de se modifier même si vous avez mal depuis des années : c'est la bioplasticité.

Que peut faire mon kinésithérapeute pour m'aider ?

Le but du kinésithérapeute est de vous accompagner, de vous permettre de reprendre vos activités et de vous donner les moyens de gérer votre douleur.

Comment votre kinésithérapeute peut-il vous aider ?

  • Trouver des gestes et des positions qui soulagent votre douleur
  • Donner du sens à votre douleur et trouver avec vous quels sont les facteurs qui y participent
  • Utiliser diverses techniques pour vous redonner de la mobilité (mobilisations, manipulations, massages,...)
  • Vous apprendre à bouger différemment, de manière plus relâchée par exemple
  • Créer avec vous un programme d'exercices à réaliser en autonomie, pour progresser vers la reprise de vos activités et loisirs favoris
  • Vous apprendre à gérer un pic de douleur

Est-ce que les infiltrations sont efficaces ?

Si l'inflammation présente autour de la racine nerveuse contribue fortement aux symptômes, alors une infiltration d'anti-inflammatoire puissant à cet endroit est très efficace. Parfois, ce n'est pas le cas, et c'est un coup d'épée dans l'eau !

Là où le bât blesse, c'est au niveau de la durée de l'effet. Le soulagement est surtout présent au court terme, mais pas au long terme. (revue systématique de 2012)

Les manipulations sont-elles efficaces sur la sciatique ?

Le craquement dans le dos au cours de certains mouvements n'a pas de signification particulière, à part que vos articulations bougent.

Concernant les manipulations vertébrales réalisées par divers thérapeutes manuels : le bénéfice est surtout présent à court terme.

Il est important de garder à l'esprit qu'une telle manipulation se "remet" rien en place, et n'a aucun effet démontré sur la structure de votre dos. Les bénéfices que vous pouvez ressentir juste après la manipulation sont liés à une modification de l'activité du système nerveux. Voir cet article La fabuleuse histoire du bassin déplacé

Cela peut être utile pour soulager temporairement la douleur et récupérer un peu de mobilité, tant que la manipulation est accompagnée d'un discours adapté et d'un encouragement à reprendre ses activités.

Quelles thérapies alternatives sont efficaces pour la sciatique ?

Le sujet des thérapies alternatives est un débat qui fait rage depuis des années. Qu'est-ce que je désigne par cette appellation ? Chiropractie, ostéopathie, acupuncture, reiki, kinésiologie, étiopathie, homéopathie, et bien d'autres.

Elles ont en commun de ne pas avoir démontré leur efficacité au delà de l'effet placebo. Par conséquent, les thérapies alternatives ne sont là ni pour soigner ni pour remplacer une prise en charge par des professionnels de santé.

Voilà mon point de vue sur le sujet. 

  • Si vous souhaitez utiliser une thérapie alternative, choisissez quelque chose qui vous fait plaisir et qui vous procurera du bien-être. Elles peuvent peut-être vous aider à soulager l'anxiété et le stress.
  • Le thérapeute ne doit pas prétendre trouver et traiter "la cause" de votre problème que les autres n'auraient pas remarqué.
  • il/elle ne véhicule pas de messages néfastes susceptibles de ralentir votre progression, tels que "Faites très attention à votre dos", "Votre vertèbre est déplacée",...
  • le thérapeute n'interfère pas avec les prises en charge par des professionnels de santé. Exemple classique: "Éviter de trop bouger et ne faites pas de séances de kiné pendant que votre corps se rééquilibre". La plupart des thérapeutes alternatifs n'étant pas professionnels de santé, c'est illégal.

Vivre avec une sciatique/cruralgie

Que faire pour soulager la douleur ?

Lorsque vous apprenez pourquoi vos nerfs sont sensibilisés, vous êtes déjà sur le chemin de la récupération. Si vous gardez à l'esprit que votre douleur est plus due à des nerfs sensibilisés qu'à une blessure, vous éprouvez moins de peur et d'anxiété. Cela contribue à calmer votre système nerveux.

Êtes-vous soulagé(e) par certains mouvements ou par certaines positions ? Si oui, il est important de les identifier afin d'avoir ces outils à votre disposition. Pour certains d'entre vous, il s'agit de se retrouver en flexion (les genoux ramenés contre la poitrine, la position de la prière, etc), pour d'autres ce sera différent.

Vos nerfs ont également besoin de suffisamment d'apport sanguin en oxygène, et pour cela l'activité physique est un choix en or. Pas besoin de courir un marathon ou d'escalader le Mont Blanc ! Une marche rapide, un peu de natation ou un tour en vélo permettent de bien oxygéner votre corps.

Des médicaments peuvent faire partie du traitement. Certains de ces médicaments sont des anti-dépresseurs. Ils agissent en stabilisant la membrane des neurones (ce qui les empêche d'envoyer des messages sans arrêt). Si votre médecin vous en prescrit, cela ne signifie donc pas qu'il pense que c'est "dans votre tête" !

Quels exercices pour une sciatique ou une cruralgie ?

Saviez-vous combien d'exercices existent pour le mal de dos ? Beaucoup trop pour être comptés… 

Il ne vous aura pas échappé que la plupart de ces mouvements sont présentés comme LA chose à ne pas manquer. L'idée est séduisante. Hélas, la recherche scientifique n'a pas encore identifié de type d'exercice plus efficace que les autres.

Il est important de choisir quelque chose qui vous convienne personnellement car les exercices doivent être pratiqués pendant plusieurs semaines. Nous sommes loin de la manipulation miracle : les bénéfices de l'activité physique apparaissent surtout au moyen et long terme.

  • Mobilisations et étirements du dos : ce sont des exercices que beaucoup d'entre vous connaissent : la "prière", le "cobra", dos rond dos creux, etc.  Lorsque la douleur est intense, privilégiez les mouvements les plus faciles et agréables. Vous progresserez ensuite vers les mouvements plus intenses.
  • Renforcement musculaire des jambes, mais aussi du reste du corps : squat, chaise, exercices pour le haut du corps avec un élastique, etc. Il n'y a pas besoin de toujours faire travailler la jambe concernée pour que cela soit utile !
  • Exercice aérobie :  marche, vélo, course, vélo elliptique, natation... À partir d'une vingtaine de minutes, une activité physique continue et modérément intense active des mécanismes très utiles dans votre corps : diminution de la douleur, de l'inflammation, etc.
  • Mobilisations du nerf sciatique : ce sont des mouvements qui visent à mobiliser le nerf sensibilisé pour potentiellement améliorer les sensations et soulager la douleur. Elles sont présentées dans cette vidéo. Commencez par quelques répétitions seulement.
  • D'autres types d'exercices que peuvent vous proposer les kinésithérapeutes en fonction de leur approche

Faut-il porter une ceinture lombaire ?

D'une facon générale, la ceinture lombaire n'est pas obligatoire et devrait être portée pour la plus petite durée nécessaire. Cela est utile uniquement si cela vous permet de poursuivre davantage vos activités quotidiennes.

Un article entier sera dédié à la ceinture lombaire. S'il n'y a pas de lien ici, c'est qu'il n'existe pas encore.

Faut-il se tenir droit(e) pour avoir moins mal ?

Le conseil de se tenir droit n'est pas complètement à jeter, mais il est beaucoup, beaucoup trop présent. Tellement présent qu'il en devient néfaste.

Si vous avez mal au dos et/ou à la jambe, vous êtes déjà contractés à cause de la douleur. Vos muscles se contractent automatiquement pour protéger la zone douloureuse. Si vous faites attention à toujours rester droit, vous allez encore plus vous contracter et rajouter de la contrainte sur une zone déjà sensibilisée !

Éviter de s'avachir peut éventuellement être une bonne décision TEMPORAIRE, lorsque la flexion aggrave vos symptômes. C'est le travail du kinésithérapeute de vous guider à ce sujet.

De manière générale, varier les postures régulièrement et rester décontracté sont deux bons conseils. Consultez un kinésithérapeute spécialisé pour savoir si une adaptation de votre posture serait utile.

Il existe beaucoup d'astuces bien plus efficaces que simplement "se tenir droit". Vous pouvez apprendre à les maîtriser avec un peu de pratique.

Faut-il marcher pour soulager la sciatique et la cruralgie ?

La marche est une activité simple qui apporte des bénéfices sur la douleur lorsqu'elle est prolongée (au moins 20-30 minute) et qu'elle fait travailler votre cœur.  Profitez-en pour vous vider la tête, changer d'environnement et/ou passer du temps avec vos proches afin de combiner plusieurs facteurs positifs.

Si vous ne parvenez pas à marcher aussi longtemps à cause de la douleur, je vous conseille de débuter par une courte durée. Vous pouvez ensuite augmenter progressivement la durée de marche au fil du temps.

Dans quelle position dormir ?

Sur le dos

La position allongé(e) sur le dos avec les jambes tendues peut être désagréable pour certains d'entre vous. Plusieurs modifications peuvent être apportées à cette position :

  • Placer un coussin sous le bas du dos pour épouser et supporter la lordose lombaire.
  • Placer un coussin sous les jambes pour modifier légèrement vos sensations dans le bas du dos
  • Plier légèrement la jambe et la laisser retomber sur le côté. Le fait d'avoir la jambe légèrement écartée et tournée vers l'extérieur permet de détendre le nerf sciatique et le muscle piriforme.

Sur le côté

La position allongé(e) sur le côté avec les jambes repliées est adoptée spontanément par nombre d'entre vous. Que pouvez-vous modifier ?

  • Faire varier le degré de flexion des jambes: plus vous repliez les jambes, plus vous êtes en position de flexion lombaire, ce qui peut soulager certains d'entre vous. Si vous gardez les jambes dans le prolongement de votre tronc, vous détendez certaines structures et vous restez en position neutre au niveau lombaire.
  • Lorsque vos jambes sont pliées, essayez de placer un coussin entre vos genoux. Plus le coussin est gros, plus votre jambe côté plafond est écartée. Cela permet de détendre le piriforme et le nerf sciatique, ce qui peut vous soulager.

Sur le ventre

La position allongé(e) sur le ventre peut également faire l'affaire, si vous en avez l'habitude. Vous pouvez aussi tenter de replier légèrement une jambe sur le côté, un peu à la manière d'une grenouille !

Bien que cette position soit régulièrement diabolisée, c'est une option comme une autre. Sentez vous libre de l'adopter si vous dormez bien comme cela !

Celle que vous voulez !

Dans tous les cas, préférez une position qui vous laisse un peu de liberté de mouvement. Si vous vous forcez à rester dans une seule position à force de coussins et autres, vous dormirez probablement mal et le manque de mouvement se fera ressentir au matin.

Y a-t-il des mouvements à éviter ou des positions à éviter ?

En soi, très peu de mouvements sont mauvais pour la colonne vertébrale. Un geste ne devient néfaste que lorsque son intensité, son amplitude, ou sa fréquence excède ce que vous pouvez supporter à un instant t.

Néanmoins, si vous souffrez de sciatalgie ou de cruralgie, force est de constater que votre système nerveux vous rappelle à l'ordre dès que vous tentez de bouger librement. 

Quelles sont les deux stratégies principales pour y faire face ?

La première est celle de l'exposition graduelle. Vous ne supportez plus tel ou tel mouvement, alors vous vous y ré-exposez très progressivement, pour permettre à votre corps de mieux le supporter.

De la même manière que l'on traite une allergie par exposition graduelle à l'élément allergène, il est possible d'améliorer la tolérance du corps à un mouvement en le ré-introduisant suffisamment progressivement. ( Voir cet article : Quel est le point commun entre la phobie des araignées, l’allergie au pollen et le mal de dos chronique ? )

La deuxième est d'éviter temporairement les mouvements et les positions douloureuses. Parfois, il est préférable de faire un pas en arrière, pour mieux pouvoir avancer ensuite. L'idée est de retourner ensuite à la première stratégie.

Une prise en charge avec un professionnel de santé spécialisé (un kinésithérapeute formé) vous permet de faire les bons choix et de mettre toutes les chances de votre côté.

Faut-il mettre du chaud ou du froid ?

Le niveau de preuve scientifique de l'application de chaleur ou de froid pour la lombalgie, la sciatique ou la cruralgie est excessivement bas, pour ne pas dire inexistant.

Quiconque vous dit que mettre un pack de chaud/froid sur le dos est une technique prouvée ne fait que répéter ce qu'il a lu dans une revue non scientifique. Néanmoins, on peut garder cette technique pour sa facilité d'utilisation et la sensation de bien-être qu'elle procure.

La chaleur semble être bien mieux acceptée que le froid, surtout dans le dos. Dans notre culture occidentale, ce qui est chaud est réconfortant et aide à la détente, tandis que le froid est plutôt perçu comme un danger. Au niveau physiologique, la chaleur semble aider au relâchement musculaire.

Vous pouvez placer la source de la chaleur dans le bas du dos et/ou sous la fesse. Attention mesdames, évitez de faire ceci en période de règles.

Si jamais vous craignez d'augmenter l'inflammation en utilisant un hot pack, sachez que ce n'est pas possible. Votre corps possède une excellente capacité de thermorégulation, et que la température en profondeur ne change pas d'un iota !  

Le froid, quant à lui, procure un soulagement en ralentissant la vitesse de transmission des messages au sein du système nerveux.

Dans tous les cas, attention à ne pas vous brûler !

Quelle activité physique puis-je faire ?

La durée et la fréquence importent beaucoup plus que le type d'activité physique. L'idéal est de pouvoir réaliser une activité physique qui vous plaît, car vous aurez beaucoup plus de motivation pour la pratiquer ! Ce n'est malheureusement pas toujours possible, alors voilà quelques propositions en fonction des positions que vous supportez:

  • Si vous préférez la flexion (avoir le bas du dos arrondi), le vélo est une possibilité intéressante.
  • Si vous préférez l'extension (avoir le bas du dos bien droit), vous pouvez essayer la marche, la natation ou encore le vélo elliptique

Là encore, un professionnel de santé sera plus à même de vous conseiller de manière personnelle. Vous avez peut-être un sport ou une activité favorite qui n'est ni la marche, le vélo ou la natation, et vous voulez savoir si vous pouvez continuer à le/la pratiquer. Vous avez tout à fait raison ! Demandez conseil à un professionnel de santé formé à ce sujet.

La natation est-elle efficace pour avoir moins mal ?

La nage permet de recruter de nombreux groupes musculaires, et, lorsque vous nagez plus de 20-25 minutes, permet de travailler en aérobie. C'est un bon choix, notamment si vous avez moins de douleur en extension lombale (le bas du dos légèrement creusé) qu'en flexion lombale (le bas du dos arrondi).

Je rappelle cependant que ce n'est pas non plus une panacée, et que d'autres sports procurent les mêmes bénéfices. Le plus important est que vous choisissiez une activité qui vous plaît !

Si vous détestez nager, vous risquez de n'y aller que deux-trois fois avant d'abandonner : frustration et sentiment d'échec seront au rendez-vous.

La régularité est très importante, alors choisissez une activité qui vous motive et qui vous fait plaisir ! Pratiquer cette activité à plusieurs peut également renforcer l'engagement et l'intérêt que vous y trouverez.


Une autre question ?

J'espère que cet article a été riche en nouvelles informations pour vous. Si vous avez une question supplémentaire, n'hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous !

À bientôt.

Eric


Ressources complémentaires

La vidéo Lumbago & Sciatique de WhyDoc : https://www.youtube.com/watch?v=LgGg8gmqskM


33 commentaires

Charles · janvier 24, 2020 à 10:51

Bonjour
Merci pour cet article limpide
J ai eu le 4 octobre 2019 exactement une violente douleur a la jambe gauche qui m empêchait de mettre le pied par terre
J en pleurait presque de douleur
Le généraliste a diagnostiqué une sciatique due à une hernie discale
J ai pendant plus de 2 mois environ pris divers antalgiques allant du doliprane à la morphine et j ai fait en novembre une infiltration
Je suis mmele allé aux urgences a l hopital un jour ou mes douleurs étaient horribles
Les choses se sont nettement améliorées à Noel
Je pouvais faire des marches de 500 à 800 m
Puis une semaine tout d un coup violente douleur a la même jambe mais parcours de la douleur different
On diagnostique alors une cruralgie
De nouveau : antalgiques et infiltration 3 semaines après sur deux autres vertèbres L3 -L4 l ( donc voilà une semaine)
Ça fait donc déjà presque 4 mois que je vis ces douleurs avec une mobilité tres réduite: douleur qui “casse” le muscle anterieur de la cuisse
un sommeil qui se fait de plus en plus difficile ( sorte de fourmillements et d insensensibilite périodique dans la cuisse)
Croyez vous que je verrai le bout du tunnel un jour et de l ordre de combien de temps : encore 1 mois ou 1 an ou jamais ?
Serais je contraint à une chirurgie que j appréhende vu mon age (75a)
Il est clair que mon moral est chaque jour plus bas
Merci de vos observations
Charles

    Eric Bouthier · janvier 24, 2020 à 11:09

    Bonjour Charles et merci pour votre témoignage.
    Je vous ai répondu par mail.
    À bientôt.

Anne · septembre 1, 2019 à 8:39

Bonjour
Bravo pour vos articles !
J ai une hernie avec sciatique depuis 7 mois. Je suis abonnée aux lombalgies en tps normal. Je suis très sportive, 49 ans ( pilate, sports en salle et GOLF que j ai commencé il y a 1.5 ans et que je pratique avec assiduité . J avais commencé les competitions). J ai tout arrêté avec la hernie ( douleurs) mais je continuais le golf qui ne me faisait pas mal. L IRM en juillet a été le coup de grâce. J ai pris concience du pb. J ai arrêté le golf et j attends que ça passe. Les mois passent…. et le fait de ne plus faire de sport me ronge le moral. Je le supporte mal mais tant que la douleur est là… ma question: je suis passionnée par le golf, je n avais pas de douleur lorsque je jouais…… mais bon ….. C est peut être pas non plus un sport conseillé pour une hernie, s est peut être même l élément déclencheur … d apres vous , je peux reprendre tranquilement ou pas…. ( ma hernie me fait tjrs mal, peut être un léger mieux, j arrive en fin de nuit à m allonger sur le dos ). J ai RDV chez chirurgien ds 3 mois, je ne peux pas être bien ds ma tête si je ne fais pas de sport. Je voudrais que la douleur passe sans opération et je ne voudrais pas que le golf l a grave ou l entretiene. Quel est votre avis ? Mille mercis

    EricBouthier · septembre 1, 2019 à 10:36

    Bonjour Anne,
    Merci pour votre commentaire !
    J’imagine que la situation est très tendue pour vous sans activité sportive, surtout si le sport a une grande place dans votre vie habituellement.
    Si je comprends bien, vous vous trouvez dans un dilemme où vous avez très envie de reprendre le sport, mais vous ne voulez pas griller vos chances de récupérer sans opération.

    Mon avis est qu’il est important de reprendre progressivement ses activités après un épisode très douloureux. Les mouvements et l’activité physique sont même importants pour la bonne guérison du disque intervertébral.

    Peut-être pouvez-vous réessayer de petites séances de golf ? (quitte à commencer par du 9 trous, du putting, etc) 🙂 À vrai dire, vous aviez continué le golf jusqu’à juillet sans souci, ce serait dommage de se priver d’une activité physique que vous tolérez bien. Vous avez maintenant arrêté depuis plusieurs semaines, donc reprenez progressivement et profitez. N’hésitez pas à consulter un kinésithérapeute (de préférence qu’il s’y connaît en golf, tant qu’à faire) pour travailler sur certains mouvements qui vous font encore peur.

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